Printemps
La veille au soir, pour...
La veille au soir, pour faire court, la fillette a dit qu’elles devaient prendre un hôtel près du zoo d’Édimbourg.
Alors c’est ce qu’elles ont fait.
Toute la nuit, Bret a entendu les cris sourds d’allez savoir quelle bête en provenance d’un enclos et ce matin, des chants d’oiseaux auxquels elle n’est pas habituée.
Mais écoutez ça. Après le petit déjeuner, quand elle est allée payer avec sa carte à la réception, la réceptionniste a fait signe qu’elle n’en voulait pas.
Vous êtes dans la chambre 62 et vous voyagez avec mademoiselle Florence Smith de la 68, elle a dit.
Oui, avait dit Bret.
Alors vous n’avez rien à payer, a dit la femme. Bon voyage.
Mais la femme avait l’air abasourdi, comme quand on est en train de comprendre ce qu’on vient de faire, avant que ça atteigne votre visage.
Elles sont allées prendre un train.
Dans la gare, un type ouvre le portillon pour Florence avec une révérence et laisse également passer Bret. À bord du train, une femme contrôle tout le monde sauf elles. Quand le train prend du retard, la contrôleuse revient et s’arrête au niveau de leur table pour s’excuser auprès de tout le monde, mais surtout auprès d’elles.
Toi et moi, gamine, dit Bret une fois que la contrôleuse repart. Je commence à me dire qu’on pourrait conquérir le monde.
Ça ne m’intéresse pas de conquérir quoi que ce soit, répond Florence.
J’ai l’impression d’avoir fugué pour rejoindre un cirque joyeux, dit Bret. Comment tu fais ça ?
Je ne fais rien, répond Florence.
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