Sonia
Chapitre X
Cette lutte de deux heures contre la mauvaise volonté du petit garçon avait lassé Boris. Son esprit, triste depuis quelque temps, manquait du ressort habituel ; appuyant sa tête découragée sur ses deux mains, il ferma les yeux.
Un léger bruit lui fit tourner la tête ; il aperçut Lydie. Le pauvre étudiant oublia soudain sa fatigue et ses ennuis. Dans cette salle d’étude maussade, un rayon de soleil semblait être entré avec celle qu’il aimait.
– Lydie, murmura-t-il tout bas en cachant son visage dans les plis de la robe de la jeune fille debout près de lui, Lydie, tu es ma joie et ma consolation. Tu ne m’abandonneras pas, dis ?
Une vive rougeur envahit le visage de Lydie. Pour toute réponse, elle posa sa main sur la tête du jeune homme. Il leva les yeux ; le regard qu’il rencontra, mal assuré d’abord, se raffermit peu à
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peu, et Lydie appuya doucement ses lèvres sur le front de son fiancé.
– Tu m’aimes, n’est-ce pas ? lui dit-il à voix basse.
– Je t’aime, répondit-elle, subjuguée par la force de cet amour qu’elle sentait confusément supérieur à ses propres sentiments.
– J’ai mille choses à te dire, Lydie ; tu viendras à la source après dîner, n’est-ce pas ?
– Oui, fit-elle.
– Écoute, j’ai beaucoup souffert ces derniers temps, je n’osais pas te parler...
Le visage de Lydie rougissait de plus en plus ; ses joues étaient brûlantes, – un peu de honte sans doute ; – elle détourna la tête.
– J’ai eu tort de douter, continua-t-il. Il m’a semblé que tu m’aimais moins... pardonne-moi, Lydie, tu n’es pas fâchée, dis-moi ? Tu me pardonnes ?
Et il couvrait de baisers passionnés les mains de la jeune fille, qu’il portait à ses yeux humides. Il avait tant souffert que tout son organisme en
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était ébranlé. La scène du matin avait achevé de l’affaiblir ; s’il se fût laissé aller, il eût pleuré comme un petit enfant ; mais il se redressa soudain et enlaça Lydie de ses deux bras.
– Je t’aime ! fit-il avec ardeur : tu es ma vie, et pour toi je lutterais contre le monde entier. Donne-moi un baiser.
La joue de Lydie s’abaissait vers lui. Il fit un brusque mouvement et pressa ses lèvres brûlantes sur celles de sa fiancée.
La porte s’ouvrit toute grande.
– Maman, regarde, mon précepteur qui embrasse ma sœur ! cria Eugène de sa voix la plus perçante.
Madame Goréline se précipita sur eux comme une lionne furieuse : le couple enlacé n’eut pas le temps de se dégager, avant qu’elle l’eût aperçu.
– Misérable ! s’écria-t-elle en s’avançant sur Boris la main levée.
Elle allait le souffleter très probablement ; mais il saisit cette main menaçante, la rabattit d’un geste ferme, et, pendant qu’elle essayait
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vainement de l’atteindre avec l’autre bras :
– Madame, lui dit-il d’une voix profonde où une indicible colère se mêlait à l’émotion d’une démarche décisive, je vous demande la main de votre fille Lydie.
– Misérable ! répéta la mère en fureur.
Boris lui lâcha la main et la regarda tranquillement,
– Je suis gentilhomme, reprit-il, et je ne suis pas absolument pauvre ; d’ailleurs, j’ai du courage, et l’avenir est devant moi. Je vous demande la main de votre fille Lydie ; – sans dot, ajouta-t-il après un court silence.
Suffoquée par la rage, madame Goréline avait reculé de quelques pas et s’était laissée tomber sur un canapé. Elle regardait le jeune homme avec des yeux terribles. Lydie s’était sauvée, et un cri perçant d’Eugène témoignait qu’en reconnaissance de sa belle conduite, elle tirait probablement les oreilles à son frère. En toute autre circonstance, ce cri aurait bouleversé le cœur maternel de madame Goréline ; mais elle ne
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l’entendit seulement pas. Les yeux fixés sur Boris debout devant elle, elle cherchait des paroles et n’en pouvait trouver de propres à exprimer ses sentiments.
– Va-nu-pieds, brigand, dit-elle enfin, voilà comment vous vous introduisez dans les familles pour séduire les jeunes demoiselles de bonne maison !
– Je ne séduis personne, puisque je vous demande la main de votre fille, répondit tranquillement Boris.
Il était arrivé à ce degré d’exaltation où l’on possède un calme surprenant, où l’on plane au-dessus des misères mortelles, qu’on regarde avec dédain.
– La main de ma fille ! Vous croyez qu’elle est faite pour un pauvre diable comme vous ! Ah ! ah !...
Et madame Goréline éclata d’un rire nerveux.
– Alors, vous me la refusez ? dit Boris imperturbable.
Madame Goréline continua à rire en faisant un
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signe de tête affirmatif.
– Fort bien, continua le jeune homme. Je vais la demander à votre mari.
Plus furieuse que jamais, madame Goréline bondit sur ses pieds.
– À mon mari ? Je vous le défends !
– Je ne reçois d’ordre de personne, fit Boris en se dirigeant vers la porte.
– Vous ne verrez pas mon mari ! Je vous chasse !...
– Raison de plus pour ne pas vous obéir, continua le jeune homme sans se troubler.
Madame Goréline le suivit en l’accablant d’invectives. À bout de ressources :
– Du reste, fit-elle avec dédain, si mon mari est assez bête pour vous écouter, ce sera exactement comme s’il n’avait rien dit. C’est un imbécile, et ce n’est pas lui qui commande ici.
– J’ai déjà eu occasion de m’apercevoir qu’en effet ce n’est pas lui qui est ici le maître, continua tranquillement Boris, et j’ai eu plus d’une fois
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aussi l’occasion de le regretter.
Les domestiques, ameutés par les cris de leur maîtresse, regardaient avec une curiosité malveillante cette promenade de Boris, que madame Goréline suivait pas à pas. Il ne put obtenir d’eux aucun renseignement sur l’endroit où se trouvait le général, qui n’était pas dans la maison, et il rebroussa chemin, toujours accompagné de madame Goréline
– Allez-vous-en ! lui répétait-elle avec rage.
– Quand vous me donnerez des chevaux ! dit-il enfin, en se retournant pour lui faire face.
– Des chevaux ? À vous ?... Vous pouvez bien vous en aller à pied, avec vos bottes au bout d’un bâton sur votre épaule, comme un paysan que vous êtes ! lui cria la dame, violette de fureur.
– Nous sommes de bonne noblesse, répliqua-t-il sans s’émouvoir, et si vous ne voulez pas me donner des chevaux, j’en trouverai dans le village.
– Vous n’en aurez pas, reprit-elle avec un méchant rire ; je fais battre à coups de verges le
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premier qui ose vous en fournir.
– Vous n’êtes pas de votre époque, madame, lui répondit poliment Boris. Grâce au ciel, il y a plusieurs années qu’on ne peut plus battre impunément des paysans ; mais vous semblez l’avoir oublié.
– Vous n’aurez pas de chevaux dans mon village, répéta-t-elle ; je ruinerai celui qui vous en prêtera.
– J’en trouverai chez le prince, votre voisin, lui dit brusquement Boris, à bout de patience, et il lui ferma sur le nez la porte de sa chambre, dont il tourna la clef dans la serrure.
Sonia, toute tremblante, se tenait sous la fenêtre basse, et, n’entendant plus de bruit, elle appela le jeune homme par son nom.
Il s’approcha de la fenêtre.
– Mon maître, on vous renvoie aussi ? dit-elle tout bas.
– Comment, aussi ? fit Boris étonné.
– Oui, on m’a chassée ce matin, et vous...
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– Très bien, interrompit Boris ; alors, je l’emmène. Dès à présent, tu es à mon service. Tiens, voici cinq roubles, va de l’autre côté de la rivière, au premier village du prince Armianof, dire qu’on me trouve sur-le-champ une télègue et un cheval pour aller à la station de poste. Cours vite, montre l’argent, mais ne le donne pas.
Sonia partit comme un trait, et Boris se mit à empiler fiévreusement ses effets dans sa valise. Il ne savait pas bien ce qu’il avait dans la tête et dans le cœur ; au milieu de la confusion de ses idées, une souffrance atroce lui causait par moments un brusque tressaillement : de même, dans la fumée épaisse d’un incendie, les malheureux qui ne peuvent s’échapper sentent de temps en temps une langue de flamme lécher leur corps engourdi par la terreur et l’asphyxie.
Il n’avait plus qu’une pensée bien nette, quitter cette maison maudite. Mais il y laissait Lydie ! Alors, un désir poignant, dévorant, le prenait d’enlever Lydie dans ses bras, de l’asseoir dans cette humble charrette qui allait l’emporter et de fuir avec elle n’importe où...
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Oui, n’importe où ! Le ciel était bleu, la route était large, et l’horizon reculerait toujours devant eux. Ne se trouverait-il pas un toit modeste pour abriter deux cœurs heureux ?
Il songea à sa mère, – et le désir d’emporter Lydie se fondit dans une inexprimable aspiration vers sa vieille mère, si bonne, si digne, triste parfois, calme toujours... Quand les verrait-il, à l’ombre de ses bouleaux, assises sur le même banc, ces deux femmes adorées, sa fiancée et sa mère ?
– Jamais ! se dit-il découragé ; jamais !
Il sortit de sa chambre pour essayer de voir Lydie, ne fût-ce qu’une seconde, l’apercevoir par une porte entrouverte... Peine perdue, toutes les portes étaient fermées ; à l’autre bout de la maison on entendait la voix aigre de madame Goréline qui houspillait son mari.
Boris rentra dans sa chambrette et s’assit près de la fenêtre.
Ce jardin, l’allée qui menait à la source, ces fleurs d’été presque passées, les fleurs d’automne
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déjà brillantes, tout cela se gravait indélébilement dans sa mémoire, comme le cadre du tableau où il avait aimé Lydie. Il se souvint alors qu’il avait oublié des livres dans la salle d’étude, et sortit pour les chercher.
Qu’elle était triste et froide maintenant, cette salle où il avait été outragé, où son bonheur s’était brisé entre ses mains comme une coupe de verre !
S’interdisant toute pensée, car il se sentait bien près d’être vaincu par la douleur, il s’occupa machinalement à réunir ce qui lui appartenait. Le cahier de dictées de Lydie était sur la table où elle l’avait posé en entrant ; il le prit, le regarda une minute, puis le mit soigneusement dans sa poche.
Que de longues nuits il passa depuis à relire ces lignes, – et que de fois il s’arrêta, le cœur trop plein, sur les vers de Lamartine qui avait chanté pour eux le printemps de l’amour ! Mais plus fort ce jour-là, il sut se forcer à ne rien voir, à ne rien lire, et prit le petit volume jaune, le Jocelyn qui les avait trahis, écrivit dessus le nom de Lydie, puis il le mit entre une grammaire et un livre
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d’exercices, afin qu’il échappât aux yeux de madame Goréline, et sortit de la chambre sans jeter un regard derrière lui, de peur de faiblir.
Sonia l’attendait sous la fenêtre, et l’appela quand il ouvrit la porte de sa chambre.
– La télègue est en face, de l’autre côté de la rivière, dit-elle ; le paysan qui vous mènera n’a pas osé venir jusqu’ici.
– Pourquoi ? dit Boris, irrité de ce dernier et insignifiant obstacle plus que de tout le reste. S’il veut gagner son argent, qu’il vienne ici, par la grande porte : sinon, qu’il s’en retourne, j’irai à pied.
Sonia repartit, et dix minutes après, la charrette entra bruyamment dans la cour. Le paysan murmura quelques humbles excuses que Boris n’écouta pas ; il fit charger sa valise et sa petite caisse de livres, il installa Sonia sur la banquette, au milieu des risées des domestiques, et, d’un ton de maître, se tournant vers la valetaille :
– Qu’on prévienne le général que je veux lui
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parler.
Sous le regard menaçant du jeune homme, les rires cessèrent, les gens s’éparpillèrent, et, au bout d’un instant, le général apparut sur le perron. Sa femme marchait sur ses talons. Quant à Eugène, il avait complètement disparu ; sa malice avait trop bien réussi, et il pleurait à chaudes larmes, dans un coin, le départ de son précepteur, qu’au fond il aimait bien.
– Général, dit Boris, d’abord je veux vous remercier pour l’estime que vous m’avez témoignée, – et sa brave main loyale s’avança vers le général, qui y mit la sienne, sans bien savoir pourquoi il avait eu un instant la pensée de la retirer. – J’ai demandé, ce matin, à votre épouse la main de mademoiselle votre fille ; j’ai reçu un refus formel. Je vous réitère cette demande : que me répondrez-vous ?
Madame Goréline allait s’interposer ; Boris lui dit poliment :
– Je crois, madame, que l’affaire est réglée entre nous. C’est à votre mari que j’ai l’honneur de parler. J’attends votre réponse, général.
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– Mais, balbutia le vieillard, ma femme dit...
– C’est votre réponse à vous que je désire connaître, dit Boris avec insistance.
– Moi, je ne sais pas, je vous aimais bien et je vous tiens pour un parfait honnête homme, mais je ne me mêle pas de ces affaires-là, ce sont les affaires de ma femme ; et puis, le prince...
– Vous refusez ? dit Boris avec le même sang-froid apparent.
– Mais...
– Oui, cria madame Goréline, combien de fois faudra-t-il vous le dire ?
Le général baissa la tête en silence.
– Bien, dit Boris. J’ai encore une demande à vous adresser. Madame votre épouse a chassé de la maison et de l’étendue de ses terres la petite orpheline que voici. Je vous prie de me remettre ses papiers, afin que je puisse l’emmener chez ma mère, où elle aura tous les soins que réclament son âge et son dénuement.
Le général regarda tristement Sonia, qui, assise dans la charrette, pleurait à chaudes
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larmes.
Les domestiques ne riaient plus ; la fibre hospitalière, qui vibre si fort au cœur de tout vrai Russe, avait été touchée en eux par les dernières paroles de Boris.
– C’est vrai, qu’elle est orpheline, pensaient-ils chacun à part soi, et Dieu aime les pauvres et les orphelins !
– Vous voulez l’emmener ? cria madame Goréline, je ne veux pas ! Je l’ai chassée, c’est vrai, mais je vous défends de l’emmener. Sonia ! arrive ici, petite malheureuse !
Le général Goréline se redressa de toute sa chétive hauteur, et pour la première fois de sa vie, peut-être, il regarda sa femme en face et osa lui tenir tête.
– Et pourquoi ce jeune homme n’emmènerait-il pas cette enfant, puisque vous l’avez chassée ? dit-il d’une voix si nette que toute la valetaille échangea des regards surpris.
– Je ne veux pas qu’il emmène la petite parce que cela lui ferait plaisir, et...
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– C’est une mauvaise action que vous voulez faire, Julie, dit le général d’un ton sévère, et vous avez été cruelle pour l’orpheline...
– Comment ! vous vous permettez de me blâmer, et en présence de mes gens ? C’est trop fort ! Et pour cette vagabonde !... Arrive ici, petite scélérate !
– Je ne veux pas, moi ! dit le général de la voix tonnante dont il commandait jadis sa batterie. L’enfant suivra ce jeune homme, qui a été bon pour elle et qui veut la conduire chez sa mère.
– Mais... Stépane Pétrovitch...
– Seul, j’ai droit de juridiction dans ce domaine, qui est à moi, et je veux que ce jeune homme emmène la petite. Vous pouvez être sans inquiétude, Boris Ivanovitch, dit-il à l’étudiant ; avant huit jours, vous aurez les papiers en règle. Donnez-moi votre adresse.
Madame Goréline écumait de rage, mais elle sentait qu’ici la résistance serait vaine. Jamais elle n’avait vu son mari lui parler ainsi ; et son
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mépris habituel faisait place à une sorte de considération pour cette volonté si ferme. Elle se tut, rongeant son frein.
– Je vous remercie, général, dit Boris, soulagé d’un grand poids ; adieu.
Il allait monter dans la charrette, quand madame Goréline lui cria brusquement :
– Et votre argent ? Il faut bien qu’on vous le donne !
Cette femme acariâtre était un honnête homme en affaires.
– Non ! répondit Boris, je n’ai pas besoin d’argent, vous ne me devez rien. J’emmène une servante, – je suis payé. Adieu.
Pour la seconde fois de la journée, madame Goréline sentit son dédain faire place au respect. Ce jeune homme était vraiment désintéressé.
Le général prit des mains de sa femme le paquet de roubles destiné à Boris, en fit deux parts, dont il remit l’une à sa moitié stupéfaite, et s’approchant de la télègue, il déposa l’autre sur les genoux de Sonia, qui sanglotait plus fort que
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jamais en baisant les mains de son premier protecteur.
– J’irai te voir, lui glissa-t-il à l’oreille ; chut ! n’en parle pas.
– Adieu, général, dit Boris d’une voix émue, vous êtes un brave homme.
– Au revoir, fit mystérieusement le général en clignant de l’œil.
– Vous n’avez pas encore fini, général ? cria aigrement madame Goréline restée sur le perron.
Boris souleva sa casquette et d’un regard salua les assistants. Tous, – domestiques et paysans, se découvrirent.
– Touche ! dit-il au cocher : avec l’aide de Dieu !
La télègue s’ébranla, le petit cheval maigre prit le trot, et le toit de la maison de Lydie s’effaça derrière la verdure du taillis.
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