THE Wish T4 -Catori
Chapitre 9
La gynécologue enduit mon ventre d’un gel froid et y pose sa sonde reliée à l’ordinateur. Soudain, comme par magie, une ombre circulaire contenant un petit point blanc apparaît à l’écran.
– C’est notre bébé ? je demande, tout émue.
– Oui, répond la gynéco en poursuivant son examen.
Adam serre ma main et se penche pour rapprocher son visage du mien.
– Qu’est-ce que tu vois ? chuchote-t-il.
– Ça, c’est le placenta, répond le médecin en désignant la forme noire et circulaire. Et ce petit haricot est votre bébé. Au vu de ses mensurations, vous êtes enceinte d’environ sept semaines et cinq jours.
Adam éclate de rire.
– Donc, on l’a conçu durant notre nuit de noces, comme on le pensait.
Je souris jusqu’aux oreilles sans quitter le minuscule haricot des yeux.
– Est-ce qu’il est en bonne santé ?
La gynéco hoche la tête.
– Vous voyez cette chose qui clignote ? demande-t-elle en désignant un petit point noir qui pulse à l’écran. C’est le cœur de votre bébé. Dans quelque temps, on pourra l’entendre.
– Vraiment ? je demande, pleine d’espoir.
– Oui. Dans un mois, environ. Et à vingt-deux semaines, vous pourrez connaître le sexe du bébé.
– On préfère attendre, je réponds.
Adam et moi en avons parlé hier soir, et nous sommes d’accord pour attendre sa naissance étant donné que lui ne pourra pas être là lors des rendez-vous. Et je préfère découvrir ce que nous réserve le Créateur dans les délais qu’il choisit, et pas ceux de la science.
– On a également décidé que j’accoucherais à la maison. Ma mère est doula, et nous avons des soigneurs sur la réserve, en cas de besoin.
– Ce n’est pas ce que je recommande, mais c’est votre choix. Néanmoins, j’aimerais vous voir régulièrement pour m’assurer que le bébé et vous êtes en bonne santé. De cette façon, si vous avez besoin d’aller à l’hôpital durant la grossesse ou à l’accouchement, nous aurons votre historique.
– Ça semble raisonnable, n’est-ce pas, chérie ? demande Adam.
Il n’est pas emballé à l’idée que j’accouche à la maison, mais cela fait des siècles que mon peuple le fait. Personnellement, je fais confiance à ma mère pour prendre soin de moi et de mon bébé. Néanmoins, Adam ne demande pas grand-chose et je préfère prendre toutes les précautions nécessaires.
– Oui, on est d’accord.
– Bien. En partant, passez voir la secrétaire pour prévoir tous vos rendez-vous de grossesse.
– Merci, docteur. Et, euh… pour l’autre chose ? L’anomalie génétique ? je demande avant de me mordre la lèvre.
– C’est trop tôt pour le savoir. On doit attendre qu’il soit né pour faire les tests, mais j’ai déjà un très bon neurologue sous la main. Je vous promets que l’on va tout faire pour vous et votre bébé.
Elle enlève ses gants en les retournant, puis elle les jette dans la poubelle près de l’évier et se lève pour se laver les mains.
– Merci d’avoir pris le temps de nous voir aujourd’hui, dit Adam en lui serrant la main.
– Je préférerais que le bébé naisse à l’hôpital, si possible. Je vous encourage à y réfléchir durant la grossesse. La secrétaire vous donnera une brochure à propos des naissances à domicile.
Adam hoche la tête et me regarde, l’air de dire : « Tu vois, même la gynéco veut que le bébé naisse à l’hôpital. »
– Je vous laisse vous rhabiller. Appelez-moi si vous ressentez des douleurs, des crampes ou des saignements. Ces choses peuvent arriver durant le premier trimestre.
– Merci, Docteur, je n’hésiterai pas.
La gynéco sort du bureau et j’enlève la blouse en papier pour me rhabiller.
– Catori, j’aimerais vraiment que tu réfléchisses à accoucher à l’hôpital, dit Adam en se massant la nuque et en faisant les cent pas.
– Tu sais que c’est important pour ma famille et moi de l’avoir à la maison, je soupire.
– Mais ta mère a eu des complications sévères à ta naissance et elle a dû subir une hystérectomie. Peut-être que ça ne serait pas arrivé si elle avait été suivie à l’hôpital.
Il n’a pas tort ; c’est vrai que ma mère a eu de graves complications.
– Je ne suis pas ma mère, je rétorque.
Adam ferme les yeux, son dos se voûte légèrement.
– Je sais, chérie, mais vous avez la même anomalie génétique. Peut-être que les problèmes qu’elle a rencontrés sont génétiques aussi, dit-il d’un ton inquiet. C’est juste que… je serais rassuré de savoir que tu es à l’hôpital, avec des médecins sous la main, plutôt qu’à trente minutes de route. Tout peut arriver pendant le temps qu’il faudra pour t’emmener à l’hôpital.
Je grince des dents, mais me force à prendre sa demande en considération. Après tout, je partage ses peurs. Est-ce qu’un accouchement à la maternité retirerait certaines de ces peurs ? Peut-être.
– Je vais y réfléchir. On a le temps.
Adam sourit jusqu’aux oreilles et ouvre grand les bras au moment où la gynéco frappe à la porte et entre dans le bureau, tenant dans ses mains des photos noir et blanc.
– Voici les clichés de votre échographie.
Je prends les photos et les regarde attentivement en retraçant les contours du petit haricot blanc.
– Notre bébé haricot, dit Adam en me serrant contre lui. J’aimerais prendre une des photos avec moi, demain. Je veux aussi emporter une photo de notre mariage.
Mes yeux se remplissent de larmes et je niche ma joue contre son torse.
– Je veux t’emmener quelque part, sur la réserve. Je veux te montrer quelque chose avant que tu partes.
Il hoche la tête et allonge son bras sur mes épaules.
– Ça me va. Prenons rendez-vous avec la secrétaire, et on rentre à la maison.
La maison.
Est-ce que je m’y sentirai encore chez moi sans Adam ?
Adam me suit le long du sentier, portant notre tente, nos affaires et notre panier de pique-nique. De mon côté, mon sac à dos contient nos duvets, un matelas et deux oreillers. J’ai également pris une petite lanterne.
– Camper dans le désert pour notre dernière nuit est très romantique, Madame Ross, dit-il quand nous parvenons au sommet de la colline.
Le soleil brille encore assez fort pour éclairer l’endroit où je veux planter la tente.
– Merci, Monsieur Ross. Je vous prie de planter la tente là. C’est suffisamment loin de la falaise pour ne pas être balayé par le vent, mais nous pourrons quand même profiter de la vue.
– Ça marche, ma chère épouse.
J’adore qu’il m’appelle ainsi. Je me sens toute joyeuse, à chaque fois.
Pendant qu’Adam plante la tente, j’étends le plaid sur le sol et pose des pierres à chaque coin. J’ouvre ensuite le panier contenant des sandwichs à la dinde et au gruyère dans le pain fait par ma mère, la salade de fruits et les brownies au chocolat que j’ai préparés avant notre rendez-vous à l’hôpital. Mon mari a un faible pour le chocolat, et je veux lui offrir une nuit superbe avant son déploiement, demain soir.
Je sors le tout du panier et lui sers un verre de ce vin rouge amérindien qu’il apprécie presque autant que mon père. Je me sers ensuite un jus de fruit, pas d’alcool durant ma grossesse. Toutefois, je tiens à trinquer avec mon mari pour fêter ce moment merveilleux.
Adam ouvre mon sac à dos et déroule le tapis de sol ainsi que le duvet et les oreillers.
Je m’assois en tailleur sur le plaid et me délecte de la vue du superbe fessier de mon mari dans son jean moulant.
Je fronce les sourcils, consciente que lui dire au revoir va être très difficile.
– Eh, efface-moi cette grimace, femme ! C’est notre dernière soirée à deux, rien ne doit la gâcher, déclare-t-il.
Il frappe dans ses mains avant de les frotter et de s’agenouiller à côté de moi. Il empoigne ma nuque et m’attire vers lui pour m’offrir un baiser frais et mouillé. Il fredonne avant de reculer, et je souris en me léchant les lèvres pour savourer le goût de l’homme que j’aime.
Il enlève ses bottes et les pose au bord du plaid, je lui tends son verre lorsqu’il se rassoit.
– À nous, à notre bébé, à notre mariage et à ton retour sain et sauf dans six mois, je déclare en levant mon verre.
– À nous, acquiesce-t-il en trinquant avec moi.
Il passe son bras dans mon dos et désigne les falaises d’un hochement de tête.
– C’est ce que tu voulais me montrer ?
J’acquiesce et appuie ma tête à son épaule.
– C’est mon endroit préféré sur terre. Je voulais le partager avec le bébé et toi.
– La vue du soleil se couchant sur les falaises et la vallée est la plus belle chose que j’aie jamais vue, après toi, Catori. Merci de m’avoir amené ici, dit-il avant de m’embrasser sur la tempe. C’est ce que je verrai la nuit quand je fermerai les yeux pour m’endormir.
Il saisit mon menton.
– Tu vas me manquer chaque seconde, chaque jour. Je vous aime tellement, toi et ce bébé…
– Je lui parlerai tous les jours de toi, je te le promets.
– Ça me plaît, dit-il en souriant et en posant sa main sur mon ventre. Je suis désolé de devoir partir.
– C’est ton destin. Tu dois le faire. Et moi, je dois être ici, à couver notre enfant. C’est ce que veut le Créateur, sinon ça ne se serait pas produit.
– Oui, on est censés avoir ce bébé, acquiesce-t-il. Et tu étais destinée à être ma femme. Je le sens au plus profond de moi.
Je prends le verre des mains d’Adam et le pose à côté du mien, près du panier. Je soulève ensuite ma longue jupe et m’installe à cheval sur lui pour prendre son visage dans mes mains. Il plonge ses mains dans mes cheveux et tient ma tête.
– Qu’est-ce que tu fais ?
– Je séduis mon mari dans mon endroit préféré. C’est à ça que je veux que tu penses chaque fois que tu fermeras les yeux, je dis avant de l’embrasser.
Le baiser devient rapidement sulfureux et je me lève rapidement pour qu’Adam puisse déboutonner son jean et l’enlever. J’ai choisi ma culotte précisément pour cette occasion, car je n’ai qu’à défaire les nœuds sur les côtés pour l’enlever. Je la jette par-dessus mon épaule avant d’enlever mon tee-shirt à manches longues. Adam enfouit alors sa tête entre mes seins pour les embrasser, les mordiller et les lécher. Il défait d’un claquement de doigts l’agrafe de mon soutien-gorge et prend aussitôt un téton dans sa bouche chaude.
Je pousse un cri et lève la tête vers la nuit tombante tandis que mon mari s’occupe de ma poitrine avec plus de force qu’il ne la fait depuis qu’on sait que je suis enceinte. Je gémis et plonge mes mains dans ses cheveux tout en frottant mon sexe à son érection.
Il lâche mes seins en poussant un grognement et glisse ses mains sous ma jupe. Je me soulève juste assez pour qu’il place son gland entre mes lèvres trempées et je retiens mon souffle tandis qu’il s’enfouit en moi. Il me semble tellement plus épais, dans cette position, j’ai l’impression de le sentir partout.
Je me sens comblée.
Physiquement, émotionnellement et spirituellement.
Il contracte sa mâchoire, et ses veines se gonflent sur ses avant-bras tandis qu’il soulève son bassin et que je m’assois sur lui.
– Adam ! je crie quand il s’enfonce encore plus loin en moi.
Son visage est niché dans le creux de mon cou et il respire fort et vite contre ma peau, une main dans mon dos, l’autre sur ma hanche.
– Bouge, bébé, gronde-t-il en soulevant un peu mes fesses, laissant la gravité faire le reste.
Je m’empale sur sa verge et des étincelles jaillissent devant mes yeux tandis qu’un mélange de douleur et d’extase explose dans mon bas-ventre, remontant dans mon dos et ma poitrine avant de se propager jusqu’à la pointe de mes doigts et de mes orteils. Une poussée d’adrénaline déferle dans mes veines et je me soulève et me rassois, suivant le rythme choisi par mon mari.
– Tes yeux et ta bouche, ordonne-t-il.
Je baisse la tête et ouvre les yeux, découvrant que ses iris bleus reflètent le coucher du soleil derrière moi. Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau. Mon cœur bat la chamade et je plaque ma bouche contre la sienne, l’embrassant alors que nous bougeons à l’unisson, d’avant en arrière, de haut en bas, renforçant le lien qui nous unit.
Nous faisons l’amour jusqu’à ce que le plaisir soit insoutenable. Adam pousse un grognement dans ma bouche et accélère ses allers-retours en les amplifiant. Ses ongles se plantent dans la chair de ma hanche et de mon épaule et je prends appui sur ses épaules pour le chevaucher plus vite, toujours plus vite, jusqu’à ce que je ne puisse plus respirer et que le plaisir devienne trop intense.
Adam resserre son étreinte et prend les rênes pour me marteler plus fort. Sa bouche est nichée dans le creux de mon épaule et il m’y mord, fort, suscitant une douleur brûlante qui déclenche un des orgasmes les plus spectaculaires de ma vie.
Mon mari tient mon corps tremblant et jouit à son tour tandis que je l’entoure avec mes bras et mes jambes pour sceller notre union. Je tourne la tête pour l’embrasser dans le cou et le goûter tout en respirant son parfum qui envoûte mes sens. Je n’oublierai jamais cette soirée.
– Putain, Catori, je suis sans cesse chamboulé de te faire l’amour. Je pense toujours qu’on ne peut pas se surpasser, et c’est pourtant ce qu’on fait à chaque fois.
– C’est pareil pour moi, je chuchote en souriant contre sa peau.
Il m’entoure de ses bras et nous restons longtemps ainsi, à nous tenir, la tête tournée vers les falaises et le coucher du soleil. Le ciel prend des tons rose, violet, orange et rouge tandis que le reste du monde se met au repos.
Lorsque le soleil a complètement disparu, nous nous rhabillons et dînons avant de passer la soirée à parler et à rire, éclairés par la petite lanterne, puis nous nous blottissons sous le sac de couchage, dehors, sous le ciel étoilé.
– Est-ce que tu as déjà confié un vœu à une étoile ? je demande.
Il prend ma main et la porte à sa bouche pour embrasser la pointe de mes doigts.
– Non.
– Il y a longtemps, ma mère m’a appris que toutes les étoiles du ciel nous ont été offertes par Première Femme. Elle avait pour mission de couvrir le ciel d’étoiles pour que le peuple du Créateur puisse comprendre ses règles et ses souhaits. Tu vois celles-là ? je demande en désignant la Grande Ourse et la Grande Casserole. Chez nous, on les appelle l’Ourse et l’Homme Pivot. Il incarne le guerrier, le meneur, le père, le chasseur et le protecteur. Il y a longtemps, c’est à lui que mon peuple adressait ses prières avant une chasse, ou ce genre de chose.
– Vraiment ?
– Oui. Et, tu vois celles-là ? je poursuis.
– Les Pléiades ?
J’aurais dû me douter que mon mari s’y connaîtrait en astronomie.
– Oui. Ce regroupement de sept étoiles servait de calendrier à mon peuple. Selon leur emplacement dans le ciel, ils savaient s’il était temps de planter ou de récolter certains légumes.
– C’est intéressant.
– Mon peuple pensait aussi que ces étoiles-là…
– Cassiopée ?
– Oui. Comme tu le sais sans doute, l’histoire de Cassiopée est tourmentée, en particulier dans la mythologie grecque. Pour nous, la constellation s’appelle la Femme Pivot, et elle représente la maternité, la force, la régénération, la paix et la sérénité au sein du foyer.
– J’aime la façon dont ton peuple voit le ciel. Que dit-il du reste des étoiles ?
– Eh bien, il y a de nombreuses légendes au sein des différentes tribus. Moi, j’ai toujours retenu l’histoire de Premier Homme et Première Femme. Première Femme pensait qu’il était important que le peuple connaisse les lois du Créateur pour se guider. Premier Homme était occupé à fabriquer la première case et le premier village. Alors, il a suggéré à Première Femme qu’elle utilise les bijoux qu’elle transportait et qui étaient en fait une couverture pleine d’étoiles. Il lui a dit de les placer dans le ciel pour que tout le monde les voie. Première Femme a trouvé l’idée brillante, donc elle a commencé à les positionner méticuleusement dans le ciel en leur donnant des formes qui seraient faciles à suivre pour le peuple.
Adam me serre plus fort contre lui, de sorte que mon oreille est collée son torse.
– Premier homme avait beaucoup à faire, donc il a laissé Première Femme à sa tâche monumentale. Toutefois, Coyote était caché derrière un arbre. Chez nous, Coyote est un farceur, un loup coquin dont les intentions peuvent être parfois bonnes, parfois mauvaises. Il est allé voir Première Femme et lui a demandé s’il pouvait l’aider. Elle était ravie, car elle savait qu’écrire les lois du Créateur dans le ciel lui prendrait beaucoup de temps, peut-être toute une vie. Elle était soulagée d’avoir l’aide de Coyote.
– Pourquoi j’ai l’impression que ça va mal tourner ? glousse Adam.
– Chut ! J’y viens.
Adam ricane et je souris jusqu’aux oreilles.
– Donc, pendant plusieurs jours, Coyote et Première Femme ont positionné les étoiles dans le ciel afin que tout le monde puisse les lire. Mais quand Coyote s’est lassé de ce travail fastidieux, il a eu une idée. Il a saisi la couverture d’étoiles et l’a secouée, projetant les astres dans le ciel dans des motifs aléatoires.
– Petit sacripant ! grommelle Adam.
– Première Femme était désespérée, parce qu’elle ne pouvait pas les enlever pour recommencer. Coyote l’a laissée en larmes. Première Femme savait qu’à cause du chaos dans le ciel, son peuple serait perdu lorsqu’il chercherait les réponses dans la nuit.
– C’est triste, dit Adam.
– Toutefois, je poursuis en hochant la tête, le travail de Première Femme n’a pas été vain, car notre peuple a appris à lire dans le ciel pour trouver son chemin, chasser, planter et récolter. Ma mère pense que Première Femme leur a transmis, à ma grand-mère et à elle, le don de lire dans les étoiles, de voir à travers la confusion apparente pour trouver le guide laissé par elle avant la farce de Coyote.
– Waouh. C’est incroyable. Je ne peux pas dire que j’y croie, mais je ne dirai jamais que c’est faux, parce que je n’en ai pas la preuve non plus.
Je souris et me redresse pour l’embrasser.
– Je n’ai jamais su lire dans les étoiles, mais ma mère a enseigné son art à mon père. Quand le bébé sera né, elle lira dans le ciel et nous dira quel est le destin de notre bébé.
– Tu y crois de tout ton cœur ? demande-t-il en me caressant le dos.
– Oui. Elle ne s’est jamais trompée.
– Alors, on lui demandera de lire le destin de notre enfant. En attendant, est-ce qu’on peut faire quelque chose ? Tu as parlé de confier un vœu à une étoile. Ça implique quoi, au juste ?
Je souris jusqu’aux oreilles et me blottis contre lui tout en cherchant ma petite étoile dans le ciel, celle à laquelle j’ai confié mon souhait quand j’étais petite.
– Ok. Regarde le ciel et choisis une étoile qui t’appelle. Une seule, j’explique avant de lui laisser quelques secondes. C’est bon ?
– Ouais, j’en ai une qui me plaît.
– Maintenant, répète après moi : Je souhaiterais beaucoup, je désire vraiment, avoir ce vœu, rêvé cette nuit.
– Je souhaiterais beaucoup, je désire vraiment… dit-il en me regardant du coin de l’œil.
– Avoir ce vœu… rêvé cette nuit, je dis avant de le laisser répéter. Maintenant, ferme les yeux et confie ton vœu à l’étoile. Mais ne le dis à personne, sinon il ne se réalisera pas. Et tu n’as droit qu’à un seul souhait, donc ne triche ; le Créateur le saura.
J’observe Adam regarder le ciel quelques secondes avant de fermer les yeux. Je devine qu’il formule son souhait, car ses lèvres bougent légèrement.
– C’est fait. Et maintenant ? demande-t-il.
– Maintenant, on attend que ton souhait se réalise, je réponds en soupirant et en étudiant le ciel étoilé.
– Est-ce que le tien a été exaucé ?
Je plonge dans mes souvenirs, remontant à la nuit où ma mère m’a révélé que ma vie serait courte, ici même, face aux falaises. Elle m’a parlé des étoiles et elle m’a appris à en choisir une pour faire un souhait. Étant petite, mon vœu était plutôt grandiose et je voulais mettre le destin au défi, puisque je venais d’apprendre que je ne vivrais pas longtemps.
J’avais fait le vœu de rencontrer un homme comme mon père, qui n’aimerait que moi et qui me donnerait trois petites filles qui ne seraient pas atteintes par ma maladie. Ainsi, je vivrais à travers elles et les regarderais mener de longues vies heureuses, perchée pour l’éternité sur mon étoile. C’était bête, mais même à vingt ans, j’espère que mon rêve deviendra réalité.
Je glisse ma main dans le duvet et la pose sur mon ventre.
– D’une certaine façon, oui. Il s’est en partie réalisé. Il faudra voir pour le reste. J’y crois.
– Et moi, je crois en toi, répond Adam en me serrant dans ses bras.
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