THE Wish T4 -Catori
Chapitre 12
OceanofPDF.com
Six semaines plus tard…
– Elle est parfaite, chuchote Adam en caressant la joue ronde et rose de notre fille.
Il a raison. Je cajole sa tête dont les petites touffes de cheveux blonds chatouillent ma paume. Elle a les cheveux dorés de son père, comme je l’espérais. Elle ouvre les yeux, et c’est comme si les nuages s’écartaient pour laisser percer le plus beau des ciels bleus. Mon Dieu. Des yeux bleu ciel et des cheveux dorés. Ses pommettes sont hautes et rondes, et ses lèvres rouge framboise. C’est un parfait petit ange.
– Oui, elle l’est, je réponds en admirant ses traits, remerciant le Ciel pour un si beau présent.
Notre fille a décidé d’arriver deux semaines plus tôt. Mon ventre a commencé à se contracter de façon régulière alors qu’Adam et moi faisions du lèche-vitrines dans le centre commercial et, quand la douleur a augmenté, je lui ai proposé de rentrer à la réserve pour que ma mère m’ausculte. Je voulais également me préparer pour l’accouchement. Toutefois, j’ai perdu les eaux alors qu’il ouvrait la portière pour me ramener à la maison. Il était mort de peur et m’a suppliée avec tant de ferveur que j’ai fini par céder et l’ai laissé me conduire à l’hôpital. Les contractions n’ont fait qu’accélérer et s’amplifier, et il a bien fait de m’emmener à la maternité car je n’aurais jamais tenu jusqu’à la maison. Lorsque les médecins m’ont auscultée, j’étais complètement dilatée et prête à accoucher. Le bébé est arrivé une heure plus tard en vociférant, toute fripée, rose et absolument parfaite.
– Nous t’appellerons Evie, notre Taabe dorée.
Evie, notre soleil doré. Cela lui va à merveille.
Adam renifle et je note ses traits émus alors que je répète mon souhait de donner à notre fille le diminutif d’Evelyn, le prénom de sa mère, une femme que notre fille ne rencontrera jamais.
– Ma mère serait honorée.
Il caresse délicatement la bouche d’Evie, qui l’ouvre en grand, prête à sucer son doigt.
– Je crois qu’elle a faim, dit-il en gloussant. Est-ce que tu… veux que je sorte ? demande-t-il avant de déglutir.
Je sais combien cela lui coûte de me proposer de rester seule avec notre fille.
Je secoue la tête et lui tends notre précieux paquet.
– Non, bien sûr que non. Mais tiens-la une minute pour que je m’installe.
Il la prend délicatement contre son torse, la tenant dans ses grands bras musclés.
– Je suis ton papa, Evie. Ou ton ahpu, comme dit ton peuple.
Il sourit et la berce tendrement, je me redresse en grimaçant et positionne les oreillers avant d’ouvrir ma blouse.
– Ok, je suis prête.
Je tends les bras et Adam embrasse Evie sur le front avant de me la passer.
Je l’installe contre moi et soulève mon sein. Elle remue aussitôt la tête, comme si elle savait déjà quoi faire. Alors, comme par magie, elle s’empare de mon téton et se met à le sucer. C’est douloureux au début puis, lorsque je lui fais prendre davantage de mon sein, la douleur s’apaise et elle peut se nourrir tranquillement.
Adam s’assoit au bord du lit et allonge son bras sur mes épaules. Je regarde ma fille d’un œil émerveillé et la tient en place pour qu’elle prenne tout ce dont elle a besoin.
Adam m’embrasse sur la tempe et se racle la gorge.
– Catori, le jour où je t’ai vue, je pensais ne jamais connaître quoi que ce soit de plus beau. Mais ce moment est plus beau encore. Te découvrir en tant que mère, donnant le sein à la fille à qui tu as donné la vie… il n’y a rien de plus précieux. Je vous aime toutes les deux, plus que les mots ne peuvent l’exprimer.
Je lève la tête vers lui et il m’embrasse tendrement.
Lorsqu’Evie a fini de manger et s’endort sur mon sein, je la confie à son père.
– Est-ce qu’il fait nuit ? Les étoiles sont sorties ? je demande d’une voix tremblante tandis qu’Adam marche jusqu’à la fenêtre et tire le rideau.
Il se tourne vers moi et hoche solennellement la tête.
– Est-ce que mes parents sont là ?
– Quand elle a ramené Evie après l’avoir examinée, l’infirmière m’a dit qu’ils venaient d’arriver. Ça doit faire une heure qu’ils attendent.
Je me racle la gorge et prends une profonde inspiration.
– Tu peux aller les chercher ?
Il hoche la tête et revient vers moi pour me passer le bébé.
– Promets-moi que quoi qu’il arrive, quoi que tes parents nous disent à propos d’Evie, tu continueras de voir notre fille comme la bénédiction qu’elle est, supplie Adam en posant sa main sur ma joue.
Je baisse la tête pour respirer son parfum de bébé, et ses cheveux chatouillent mon nez.
– Bien sûr. Je suis folle d’elle. Mais j’ai besoin de savoir, Adam. Je ne peux pas attendre plus longtemps pour connaître son destin.
Sa mâchoire se contracte et il serre les poings.
– Je n’aime pas ça. On devrait être fous de joie. Je n’aime pas voir la peur sur ton visage. Je veux revenir au moment où tu lui donnais le sein et où tu étais remplie de paix.
Je soupire et lui souris tendrement.
– J’accepterai la décision, quelle qu’elle soit.
– Dans ce cas, ce que dira ta mère ne devrait pas avoir d’importance… dit-il, essayant de me raisonner.
Toutefois, ça ne marchera pas. Je ne pourrai pas dormir tant que je ne saurai pas la vérité.
Je secoue la tête et lui tends une main tandis que ma fille dort sur mon autre bras. Adam la saisit et la porte à sa bouche pour l’embrasser.
– Je ne veux pas savoir… déclare-t-il d’une voix rauque, les yeux embués de larmes.
– Je ne peux pas ne pas savoir. Je veux pouvoir me préparer, quoi qu’il arrive. Tout ira bien, je te le promets. Va chercher mes parents, s’il te plaît. Ils ont besoin de voir leur petite fille.
Il renifle et essuie ses larmes en se raclant la gorge.
– D’accord.
Quelques minutes plus tard, ma mère et mon père entrent dans la chambre et ma mère se précipite vers le lit. Ça fait des années que je ne l’ai pas vue bouger aussi vite. Elle plaque ses mains sur sa poitrine en se penchant pour étudier le visage endormi de ma fille, puis elle sourit jusqu’aux oreilles.
– Le soleil brille dans ses cheveux, dit-elle d’une voix émerveillée.
– Et le ciel illumine son regard, j’ajoute en hochant la tête.
Mon père arrive derrière ma mère et tend la main pour la poser délicatement sur la tête d’Evie.
– Je peux ? demande-t-il d’une voix plus grave que d’habitude.
Je déglutis et lui tends mon précieux présent. Ma mère se décale sur le côté, les mains jointes sur la poitrine, les yeux remplis de joie, tandis que mon père tient Evie pour la première fois.
– Elle s’appelle Evie Ross, je déclare en souriant jusqu’aux oreilles.
Mon père baisse la tête et l’embrasse longuement sur le front en lui chuchotant des mots en comanche. Adam fait le tour du lit et pour être à mes côtés, prenant ma main dans la sienne tandis que nous regardons mon père rencontrer celle qui sera sans doute sa seule petite fille.
– Tu es de mon sang, dit-il fièrement, remplissant la pièce de son énergie, de sa puissance et de son amour. Tu es comanche, et tu es un rayon de lumière dorée. Le soleil te guidera à jamais. Que sa lumière te réchauffe et te guide chaque jour qui s’offre à toi.
Il l’embrasse de nouveau sur la tête, puis il prend chacune de ses mains pour en embrasser la paume.
– Tu es aimée.
Mes larmes coulent sur mes joues et je ne prends pas la peine de les essuyer.
Mon père se tourne vers ma mère.
– Topsannah. Ton sang, notre faisceau de lumière, dit-il en plaçant Evie dans les bras tendus de sa femme.
Je regarde alors mon père marcher jusqu’à la fenêtre et ouvrir les rideaux. Ma gorge se noue et Adam s’assoit sur le lit pour m’attirer dans ses bras. Je tremble contre lui et attends de connaître le destin de ma fille en silence.
Ma mère chuchote quelque chose en comanche avant de parler en navajo, tout en s’approchant de la fenêtre, le bébé dans les bras. Elle lève ensuite la tête vers le ciel et l’étudie pendant longtemps. Plusieurs minutes passent et ma fille commence à s’agiter. Adam va pour se lever, voulant instinctivement apaiser sa fille, mais je le retiens et secoue la tête.
Ma mère embrasse alors notre fille sur la tête et se tourne vers nous, le visage débordant de joie, une larme coulant sur sa joue.
– Elle aura une longue vie. Le destin a parlé, annonce-t-elle.
Un cri intense et guttural m’échappe tandis que je m’effondre contre mon mari, sanglotant pour me débarrasser de la peur qui ne m’a pas quittée durant ces neuf longs mois, soulagée de savoir que ma fille ne subira pas la malédiction de ma famille.
Adam finit par réussir à me calmer et ma mère me ramène alors ma fille.
– Ce n’est pas tout, dit-elle d’un ton serein. Ta fille n’a pas la malédiction. Toutefois, elle endurera de difficiles épreuves et devra endosser de lourdes responsabilités. Elle affrontera les obstacles de la vie avec grâce et courage. Ce sera votre devoir de la préparer aux choix du destin et au chemin qui l’attend. Sa vie ne sera pas simple.
– On le fera, pia. On la préparera, j’acquiesce, alors que ma mère me tend ma fille.
– Evie, tu es bénie d’une longue vie. Ce sera à toi de choisir comment tu la vivras. Et nous t’aiderons à te montrer la bonne direction, ma Taabe dorée. Tu es aimée, je chuchote à ma fille.
Adam pose sa main sur la petite joue de notre fille.
– Nous ferons tout notre possible pour t’offrir tout ce dont tu rêves, mon soleil. Je te le promets.
Mes parents s’éloignent lentement du lit, à reculons, laissant notre petite famille se découvrir en paix.
Evie Ross aura une longue et belle vie. Nous ferons tout pour cela.
OceanofPDF.com