THE Wish T4 -Catori

Audrey Carlan · Chapitre 26 sur 32

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THE Wish T4 -Catori

Chapitre 24

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Un mois plus tard…

J’étudie l’allée en béton qui mène à la jolie maison. Le jardin est verdoyant et semble entretenu par un professionnel, rien à voir avec le désert auquel je suis habituée.

Je prends le temps de me calmer et baisse les yeux sur mon énorme valise qui contient suffisamment de vêtements pour un mois. Il m’a fallu un moment pour convaincre Adam, mais il a fini par comprendre et accepter, même si cela lui déplaît. Cela dit, je ne suis pas étonnée qu’il me soutienne.

À présent, il va passer un peu plus d’un mois à la maison, seul avec les filles.

Il n’a pas été facile de leur dire au revoir en sachant que j’allais rater les moments en famille auxquels je tiens tant. Toutefois, nous avons passé une super-semaine à camper dans les montagnes avec les filles. Je savais qu’elles aimeraient ça. Suda Kaye a adoré pouvoir courir librement dans les bois et découvrir tout ce que Dame Nature peut lui offrir. Quant à Evie, son approche a été plus philosophique. Elle apprécie d’être dans la nature et de l’observer, respirer l’air frais, et simplement faire partie de quelque chose de plus grand qu’elle. Je sais déjà que cette fille prendra racine où elle le décidera, comme sa grand-mère, Topsannah.

Je saisis ma valise et je remonte l’allée d’un pas déterminé. Je m’arrête devant la porte de Ian et Casey, je lève le poing et je frappe trois fois avant de faire un pas en arrière.

La porte s’ouvre et je découvre le visage sublime de Ian. Soudain, tout mon amour et mon amitié pour lui jaillissent à la surface.

– Ian ! je m’écrie en me jetant dans ses bras.

Il me serre contre lui, niche son visage dans mon cou et éclate de rire. Je recule et prends son visage dans mes mains pour admirer ses yeux ambrés, sa peau bronzée et ses cheveux soyeux. Je redécouvre tout ce que j’ai adoré chez lui. Je me mets alors sur la pointe des pieds et l’embrasse sur la bouche.

– Qu’est-ce qui se passe ? demande une voix d’homme derrière lui.

Ian se tourne de côté en m’entraînant avec lui.

– C’est Catori, dit-il d’une voix rauque. Catori, je te présente mon mari et l’amour de ma vie, Casey Collins.

Je souris jusqu’aux oreilles en notant ses cheveux flamboyants, sa peau pâle et ses yeux émeraude. J’ai rêvé de lui. Sans réfléchir, je me précipite dans ses bras, saisis son visage et l’embrasse sur la bouche.

Il garde les yeux ouverts et éclate de rire lorsque je recule.

– Tu avais raison, chéri. Elle débarque comme la brise et laisse aussitôt son empreinte, déclare-t-il.

– Je suis contente de te rencontrer, Casey.

Ian traîne mon énorme valise à l’intérieur.

– Tu as prévu de rester longtemps ? demande-t-il en riant nerveusement.

– Eh bien, je dois rester assez longtemps pour être enceinte de votre bébé, non ?

Casey couvre sa bouche avec ses deux mains et fait les gros yeux. Ian s’adosse au mur le plus proche et y appuie sa main pour ne pas perdre l’équilibre.

– Catori… gronde-t-il.

– On commence par quoi ? je demande en souriant.

 

Ce soir-là, nous sommes tous les trois installés pour dîner à la table de la cuisine. Casey a cuisiné un délicieux poulet grillé, des légumes et un risotto aux quatre fromages qui est tout simplement sublime, et Ian a préparé une salade mélangée.

– Ensuite, Ian a dégainé une phrase d’approche hyper-mielleuse pour me demander de boire un verre avec lui.

– Ce n’était pas mielleux ! C’était mignon. Il faut que tu me croies, Catori, rouspète Ian en buvant une gorgée de vin.

– J’aurais plutôt tendance à croire Casey, je réponds en secouant la tête. Tu étais hyper-dragueur quand on s’est rencontrés.

Casey hoche la tête et remplit le verre de Ian.

– C’était un truc du genre : « Tu crois à l’amour au premier regard ? Non ? Dans ce cas, je vais repasser deux fois devant toi. »

– Mais non ! je m’exclame en riant.

– Si, et il est tout à moi ! répond Ian en posant sa main sur l’épaule de Casey.

Son alliance dorée scintille sur sa peau pâle.

– Euh, comment vont Adam et les filles ? demande Ian.

Je ferme les yeux, pose mes coudes sur la table et appuie mon menton sur mes doigts entrelacés.

– Ils vont bien. Adam est avec elles. Il est à la maison pour six semaines. Espérons que la FIV marche du premier coup, parce que j’aimerais passer du temps avec eux.

Ian recule sur sa chaise et croise les bras. Son geste est protecteur plutôt que défensif, comme s’il doutait de mes motivations.

– Catori, je suis content que tu sois là, mais ce que je t’ai demandé… c’était trop, dit-il en secouant la tête.

J’en fais de même et soupire longuement.

– C’était beaucoup, c’est vrai. Mais ce n’était pas plus gros que ce que je t’ai demandé de faire il y a deux ans. Tu avais raison l’autre jour. J’ai une dette envers toi.

– Ce n’est pas comme ça qu’on voulait s’y prendre, Catori, dit Casey. On ne sait même pas comment obtenir un ovocyte et…

– Pourquoi on en aurait besoin ? C’est moi, votre donneuse d’ovocyte. Je ne vais pas porter l’enfant d’une autre femme dans mon ventre.

Ian se couvre le visage et se met à pleurer.

– Catori, tu ne comprends pas.

– Je crois que si.

Il secoue la tête.

– Abandonner Suda Kaye et laisser Adam l’élever a été la décision la plus difficile de toute ma vie. Je ne souhaite à personne d’avoir à faire ce choix. Je ne dis pas ça pour te blesser, c’est juste la vérité. Chaque jour sans ma fille est un nouveau coup de poignard en plein cœur. Chaque jour.

– Ian…

Je tends la main pour prendre la sienne.

– Je suis désolée, je ne savais pas. Enfin, d’une certaine façon, je comprends. Chaque fois qu’Adam part en mission, je ressens cette douleur et ce vide. Parfois, c’est si fort que j’ai l’impression de me noyer. Puis je regarde mes filles, et ça me rappelle pourquoi on est sur terre. On est là pour aimer. Pour vivre tout ce que le Créateur a offert à ses enfants. C’est pour ça que je voyage et que j’ai besoin de voir le monde.

– Je crois que ce que mon mari essaie de dire, Catori, c’est que si tu nous donnais un ovocyte, tu nous céderais aussi tes droits parentaux. La dernière mère n’en a pas été capable. S’il t’arrivait la même chose, je ne crois pas qu’on y survivrait, et surtout pas Ian.

– J’ai déjà accepté. J’en ai parlé pendant des heures avec Adam et mes parents. Et j’ai beaucoup prié. Puis j’ai reçu un signe.

– Un signe ? demande Casey en fronçant les sourcils.

– Le soir où Ian m’a appelée, j’ai fait un rêve. J’ai rêvé que je donnais naissance à un enfant. Ian me tenait la main et me disait de pousser. Puis le docteur m’a tendu une petite fille parfaite, avec des cheveux rouges, la peau pâle et des yeux verts. Je crois que mon destin est de mettre au monde un enfant pour que vous puissiez former une famille.

– Bon sang… s’exclame Casey en se levant.

Il pose ses mains sur le plan de travail et se penche en avant, les yeux rivés sur le sol. Je tourne la tête vers Ian et regarde les larmes couler sur ses joues.

– La femme qu’on a choisie… elle ne voulait pas qu’on utilise notre sperme. On aurait voulu que Casey soit le père biologique. Je ne me sentais pas de l’être étant donné, euh… étant donné que j’ai déjà un enfant biologique. À l’origine, c’était ce qu’on avait prévu.

Je lui offre un sourire navré et prends sa main dans la mienne.

– Alors, c’est décidé. On utilisera un de mes ovocytes et le sperme de Casey, et on verra si le destin remplit sa part du deal.

– Et ensuite, quoi ? Tu vas partir ?

Mon estomac se noue.

– J’ai des règles. Des conditions.

Casey se tourne et s’adosse au plan de travail.

– Dis-nous.

Je me tiens droite sur ma chaise et ferme les poings sur mes cuisses, plantant mes ongles dans mes paumes. La douleur me rappelle ce qui m’attend, ce que je dois faire pour nous tous. Le destin a établi un plan. Je ne compte pas l’ignorer et lui tourner le dos. Mes sentiments, mes émotions sont secondaires. Qu’a dit mon mari, il y a tout ce temps ? Que si mon cœur était brisé en mille morceaux, il serait là pour les ramasser et les recoller.

Il va avoir du pain sur la planche, après tout ça. Toutefois, ma décision est prise. Je sais que le chemin va être difficile, mais je m’en sortirai… tôt ou tard.

– Une fois que je serai enceinte de votre enfant, je compte rentrer chez moi pour être avec mes filles et ma famille. Quand le terme approchera, je reviendrai et vivrai chez vous jusqu’à ce qu’elle naisse.

– Tu ne peux pas savoir que tu vas tomber enceinte du premier coup, ni que ce sera une fille, ricane Casey.

– Toi, tu ne le sais pas, je réponds en haussant les épaules. Moi si.

Pour moi, mon rêve était un signe. Casey et Ian ne croient peut-être pas à ce genre de chose, mais mon peuple, si.

– Chez nous, les dettes doivent être remboursées et équilibrées. C’est une question de karma. Ian ne peut pas continuer à souffrir alors qu’il a fait ce qu’il fallait pour Suda Kaye, et moi je ne peux pas continuer à me sentir coupable de lui avoir imposé ce choix. Je dois faire ça pour vous.

Ian se lève et rejoint son mari. Il pose une main sur son cœur et l’autre dans son dos.

– Il y a des choses dans la vie qu’on ne peut pas expliquer.

– Tu sais bien que je ne crois pas à ce genre de chose, répond Casey.

– Essaie, s’il te plaît, insiste Ian d’un ton guttural. Je t’en supplie. Sois ouvert d’esprit. Catori nous offre notre plus grand rêve sur un plateau d’argent.

Casey hausse le menton dans ma direction.

– Quoi d’autre ?

– Je reviendrai accoucher du bébé, et je resterai juste assez longtemps pour savoir qu’elle est en bonne santé et heureuse. Vous ne lui parlerez jamais de moi. Vous lui direz que j’étais une donneuse d’ovocyte qui voulait offrir à un couple merveilleux le bébé dont il rêvait.

– Tu ne veux pas qu’on lui parle de toi ? s’étonne Ian.

Mes yeux se remplissent de larmes, mais je les retiens. Je m’effondrerai beaucoup plus tard, quand tout ça sera fini et que je serai dans les bras de mon mari.

– Pourquoi ? demande Casey.

– C’est mon fardeau. Je veux que vous me promettiez qu’elle connaîtra l’amour chaque jour de sa vie, mais qu’elle ne saura rien de moi.

– Catori, non ! Ce que tu nous offres, ce que tu es prête à faire… elle doit le savoir…

– Encore une chose, je déclare en faisant non de la tête.

– Ce que tu veux, chuchote Ian.

– Vous l’appellerez Isabeau. Ça signifie « Dieu est mon serment », ou « promis à Dieu ». Ce bébé sera un don de Dieu. Dans ma culture, on ne renie ni le Créateur ni son destin.

– Isabeau Collins, dit Ian d’un ton émerveillé. C’est magnifique.

Casey craque enfin, sanglotant contre son mari.

– Isabeau. Le don de Dieu. C’est parfait.

Les deux hommes se tiennent l’un l’autre pendant longtemps, puis ils se tournent vers moi et ouvrent leur bras. Je me lève d’un bond et me jette contre eux. Ils me serrent fort et, ensemble, nous pleurons, libérant toute notre peine.

La perte d’un enfant.

La culpabilité.

La souffrance.

Ensemble, nous scellons notre engagement les uns auprès des autres.

Nous allons mettre un enfant au monde.

Le cadeau de Dieu.

Isabeau.

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