THE Wish T4 -Catori

Audrey Carlan · Chapitre 3 sur 32

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THE Wish T4 -Catori

Chapitre 1

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Deux ans plus tard…

La musique frémit dans mes veines comme un courant électrique. Je tourne sur moi-même, les bras en l’air, faisant tinter mes petites cymbales en rythme avec la mélodie. Le public pousse des « oooh » et des « aaah » émerveillés tandis que nous approchons du final, balançant nos hanches de droite à gauche avant de tourner si vite sur nous-mêmes que la foule ne voit plus que des tourbillons de tissus multicolores et scintillants sous les rayons du soleil.

Mon soutien-gorge est de couleur orange sanguine, incrusté de perles et de sequins dorés et argentés. La jupe est un mélange de soie et de tulle assorti au haut, fendue sur le côté pour permettre de grands mouvements et garantir un sex-appeal.

Vêtue ainsi, je me sens exotique et mystérieuse. Mes cheveux sont attachés en demi-queue-de-cheval de sorte que mon visage est dégagé mais que les mèches chatouillent la peau de mon dos et de ma taille.

Je viens de me placer au coin de la scène lorsque mon regard s’arrête sur une paire d’yeux aussi bleus que le ciel ensoleillé d’Atlantic City. Je suis immédiatement hypnotisée. Ma peau se couvre de chair de poule et une excitation crépite dans mes veines et dans mon ventre.

Ces yeux sont comme des fenêtres sur l’autre moitié de mon âme.

Je poursuis mes mouvements sans quitter des yeux ce grand blond musclé, vêtu d’un short beige et d’un tee-shirt blanc tendu sur son torse massif. Sa mâchoire carrée est couverte d’une barbe de trois jours. Je n’ai jamais vu d’yeux aussi bleus, et ceux-ci ne quittent pas mon corps tandis que j’enchaîne des mouvements plus sensuels les uns que les autres. Au contraire, son regard devient plus intense, plus brûlant. En vingt ans, je n’ai jamais vu ça.

Je ferme les yeux pour éviter de me perdre et je suis la troupe dans le dernier enchaînement, qui se termine alors que nos mains sont paume contre paume au-dessus de nos têtes et que nous ondulons si vite que la foule se met à siffler et applaudir.

Lorsque la musique s’arrête, j’ouvre les yeux et découvre que l’homme a disparu. Mon estomac se tord, comme si j’avais raté quelque chose, une occasion. Un appel, quelque chose qui aurait changé ma vie pour toujours. Je m’oblige néanmoins à ignorer ma déception et je prends ma place dans la file pour sortir de scène.

Comme après chaque représentation, je prends mes partenaires dans les bras et nous nous félicitons pour ce spectacle réussi. Aujourd’hui, les félicitations sont accompagnées de promesses d’amour, d’amitié et de solidarité féminine, car c’était la dernière représentation de la saison. Notre troupe se sépare pendant quatre mois, pour l’hiver. Nous nous retrouverons au printemps, dans le Colorado, pour répéter avant de repartir en tournée, commençant dans l’Ouest avant de traverser le pays jusqu’à la côte Est. Je ne sais pas encore si je vais rentrer à la réserve ou accompagner une de mes partenaires en voyage. Parfois, nous retournons dans les villes par lesquelles nous sommes passées en tournée afin de mieux les découvrir.

J’ai adoré Las Vegas, par exemple, mais je n’y ai pas passé assez de temps. J’aimerais aussi remonter la côte californienne en partant de San Diego. L’hiver en Californie sera plus doux que dans le Midwest, et j’aime sentir la terre sous mes pieds. J’aime encore plus sentir le sable d’un désert ou d’une plage entre mes orteils. Je ne suis pas fan de la neige. Si je pouvais être pieds nus toute l’année, je serais la plus heureuse des femmes.

– Eh, Tori ! dit Stephanie, une de mes amies les plus proches.

J’attrape mon sac à dos et marche vers elle.

Elle me prend dans ses bras et rapproche son visage du mien.

– On est plusieurs à sortir ce soir pour fêter la fin de la saison. Picoler jusqu’à s’effondrer. Tu es partante ?

Ses boucles auburn rebondissent lorsqu’elle parle. De petites taches de rousseur sont parsemées sur son nez et ses joues, ce que les mecs trouvent adorable.

Je suis sur le point de répondre lorsque ma nuque prend feu et que mes poils se dressent sur mes bras. Je regarde derrière moi, le beau gosse aux yeux bleus est là, à me dévisager, adossé au mur qui longe l’océan. Il me sourit et hoche la tête, comme s’il m’invitait à le rejoindre.

Mon cœur bat la chamade et ma peau s’embrase. Je me mords la lèvre, et il penche la tête sur le côté en me reluquant des pieds à la tête, d’un air sérieux, comme un étudiant qui prend des notes. Toutefois, il semble trop âgé pour être à la fac. Je dirais qu’il doit avoir entre vingt-cinq et trente ans.

– Euh, allô ? Tori, tu es toujours parmi nous ? demande Stephanie en riant.

Je tourne de nouveau la tête vers elle, alors que je rêve de continuer à mater le beau blond avant qu’il ne disparaisse de nouveau.

– Désolée, Steph, je… Tu vois le mec derrière moi ? je chuchote pour qu’elle soit seule à entendre.

Je suis de nature très indépendante, et je n’aime pas parler de ma vie amoureuse. Je préfère segmenter les différents aspects de ma vie : mes amis, ma famille, mon boulot de danseuse, mes passe-temps. Comme ça, je suis sûre que ma vie intime reste privée et que mes relations restent sans attaches. En dehors de ma famille, je prends soin de ne pas forger de relations sérieuses et durables, car je n’ai ni l’intention ni l’envie de rester longtemps au même endroit.

Jamais.

Mon but est, et sera toujours, de vivre toutes les expériences que ma courte vie peut m’offrir et de ne pas gâcher un seul instant, comme me l’ont appris mes parents.

– Tu parles de l’Action Man derrière toi ? demande-t-elle en souriant.

Je fronce les sourcils et le regarde de nouveau, remarquant cette fois les médaillons militaires qui pendent à son cou. Ses cheveux sont coupés très court sur le côté et laissés un peu plus longs sur le dessus, ce qui lui donne un air nonchalant. Il croise les bras et il est soudain si beau que j’en ai l’eau à la bouche. J’ai toujours aimé les mecs aux yeux clairs, tout l’inverse de moi et de mon peuple. Cet Action Man est tout à fait mon genre.

Je souris et il me répond par un clin d’œil qui me fait frissonner des pieds à la tête.

– Mon Dieu ! Il vient de te faire un clin d’œil ! Il est canon, Tori. Tu devrais aller lui parler, dit-elle, tout excitée.

– Je ne sais pas… Il a l’air plus vieux. Et puis, à quoi ça sert ? Ce n’est pas comme si j’allais rester ici très longtemps.

– Et alors ? Vis un peu, meuf ! Les mecs se jettent à tes pieds dans chaque ville où on s’arrête et tu ne mords jamais à l’hameçon. Tu kiffes les femmes ? Ça m’est égal, si c’est le cas.

Je glousse en secouant la tête.

– Non, c’est juste qu’avoir des relations me semble risqué. On bouge tellement, on reste rarement plus de deux ou trois jours dans la même ville. Je ne veux pas commencer une histoire alors que je sais que je vais partir.

– Tu sais, tu peux t’amuser avec un mec, passer un court moment avec lui et en rester là, répond Stephanie en grimaçant. La plupart du temps, c’est tout ce qu’ils veulent, de toute façon. S’il te plaît et que tu lui plais, profites-en ! La seule personne qui peut juger ta décision, c’est toi. N’oublie pas, c’est toi qui es maître de ton destin.

Mon destin.

C’est la raison pour laquelle j’ai commencé ce voyage. Pour réaliser mes rêves. Pour profiter de la vie. Pour comprendre ce que désire vraiment mon cœur. Après tout, pourquoi je ne pourrais pas profiter de toutes les rencontres que je fais ? Si je suis honnête avec un mec sur le temps limité que j’ai à lui offrir, ça devrait aller, non ?

– Tu sais quoi ? Tu as raison. Je crois qu’il faut que je profite un peu de la vie. Que je déplie mes ailes et que je m’envole.

Stephanie hoche vigoureusement la tête.

– Carrément, frangine. Et tu devrais commencer par sortir avec ce beau gosse ce soir !

Je souris et j’éclate de rire avant de me rappeler qu’elle m’a proposé d’aller boire un verre.

– Mais tu ne voulais pas que je sorte avec vous ce soir ?

Elle hausse les épaules et agite la main, comme si ça lui était égal.

– La plupart d’entre nous allons passer la semaine à Atlantic City avant de rentrer. On peut se voir demain. Ne laisse pas ce beau gosse s’échapper sans lui avoir parlé. Si ça ne colle pas entre vous, tu peux toujours nous rejoindre, tu as mon numéro, dit Steph avant de saluer le mec derrière moi. Youhou ! Laisse-moi une minute et je t’envoie ma copine ! crie-t-elle.

Je soupire et vois le mec baisser la tête pour rire. Je me surprends à regretter de ne pas entendre son rire. Je parie qu’il est grave, rauque et ultra-sexy. En fait, tout est sexy chez lui, de ses jambes musclées à sa taille fine, ses larges épaules et son visage de mannequin. Ce type est vraiment superbe.

Je saisis mon amie par les bras et la tourne vers moi.

– Ok, je vais lui parler. Vas-y, retrouve la bande et amusez-vous bien. On se voit demain.

Elle sourit et me prend dans ses bras.

– Ok. Fais tout ce que je ferais si c’était moi que ce superbe Action Man dévorait du regard.

Je lève les yeux au ciel. Stephanie connaît bien la gent masculine, car elle couche avec un mec dans chaque ville où on s’arrête. J’admire la facilité avec laquelle elle vit sa vie, sans peur. Elle profite vraiment de chaque instant, c’est clairement une croqueuse d’hommes.

De mon côté, je n’ai couché qu’avec un seul mec, qui n’était même pas mon petit ami. C’était un garçon qui habitait dans la ville la plus proche de la réserve. Je l’ai rencontré lors d’une sortie au cinéma entre amis. C’était le cousin d’une amie, il venait souvent sur la réserve. On n’était pas amoureux et on ne prétendait pas l’être, mais j’étais curieuse à propos des garçons et du sexe. Il avait deux ans de plus que moi et il était mignon. La première fois, c’est moi qui l’ai séduit. J’ai su plus tard que c’était notre première fois à tous les deux. Pendant les deux années suivantes, on se voyait chaque fois qu’il rendait visite à sa famille, ce qui impliquait surtout qu’on batifolait dans tous les endroits secrets qu’on avait trouvés sur la réserve. Les hormones, quoi.

Je respire un bon coup et me tourne vers le grand blond avant de marcher vers lui en essayant de paraître mature, sexy et nonchalante. Il étudie chacun de mes mouvements, comme si j’étais sa proie. Je déglutis et me mords la lèvre avant de saisir mon courage à deux mains pour parler.

– Salut, je dis d’une voix timide que je déteste aussitôt.

– Salut, répond-il en souriant.

Je ferme la bouche et regarde l’océan, derrière lui, cherchant quelque chose à dire.

– L’océan est sublime, sous ce soleil.

– Il ne l’est pas autant que toi, dit-il d’une voix rauque qui me fait frémir d’excitation.

– Merci, je réponds en me sentant rougir. Je m’appelle Catori.

– Catori, répète-t-il. C’est un prénom unique.

– Ça veut dire « esprit libre », je réponds.

– Ah. Et tu l’es ? demande-t-il en haussant ce sourcil blond que je rêve de caresser.

– Comment ça ? je réponds en penchant la tête et en esquissant un sourire ultra-sexy.

– Est-ce que tu es un esprit libre ?

Je hausse les épaules et ne réponds rien, ne sachant quoi dire.

– Je m’appelle Adam Ross, dit-il en me tendant la main.

Nos paumes se sont à peine touchées que mon sang s’embrase, comme si nos énergies respectives se mettaient à danser et à tourbillonner ensemble.

– Eh bien, euh, je suis ravie de t’avoir rencontré, je dis bêtement en essayant de retirer ma main, mais il m’en empêche.

– J’aimerais t’inviter à dîner ce soir.

Je glousse et regarde nos mains jointes.

– Pourquoi ? Tu ne me connais même pas.

– J’aimerais y remédier, justement. J’aimerais beaucoup, en fait, insiste-t-il, et ses yeux bleus scintillent.

Il finit par lâcher ma main, sa chaleur me manque aussitôt.

Sois maligne. Protège-toi.

La voix de ma mère chante dans ma tête, me rappelant une des nombreuses mises en garde qu’elle me répète chaque fois que je l’appelle.

– Pourquoi ?

– Parce que je n’ai jamais vu de femme aussi belle que toi. Parce que tu danses comme si la musique te donnait la vie. Parce que quand je regarde dans tes yeux, j’y vois mon avenir.

La beauté de sa réponse remplit aussitôt ce vide qui m’a toujours accompagnée.

– Je veux bien dîner avec toi.

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