THE Wish T4 -Catori

Audrey Carlan · Chapitre 22 sur 32

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THE Wish T4 -Catori

Chapitre 20

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Trois mois plus tard…

– Tu es prête, mon soleil ? On va savoir si tu vas avoir un petit frère ou une petite sœur ! dit Adam en chatouillant le ventre d’Evie qui est assise dans son siège auto.

Elle hurle de rire et tapote la joue de son père en gazouillant. Ses cheveux dorés, qui forment désormais de jolies boucles sur ses joues, volent dans le vent. Adam détache le harnais et la prend dans ses bras.

– Pa… pa… pa… pa… ! chante-t-elle joyeusement.

Notre petite famille entre dans la salle d’attente et nous sommes bientôt invités à passer dans le cabinet du médecin. Je m’assois sur la table d’examen, Adam s’installe sur la chaise et donne un jouet à Evie.

– Tout va bien, chérie. On n’est pas obligés de connaître le sexe du bébé si tu n’en as pas envie, dit Adam. On ne l’a pas su, pour Evie. C’est toi qui décides.

– Non, cette fois, je veux savoir, je réponds. Le Créateur avait son plan et, nous, on avait le nôtre. Un second bébé ne faisait pas partie de notre projet, mais on s’est adaptés et on va former une jolie petite famille.

Adam me répond par un sourire resplendissant. Il n’a pas eu le temps de se raser car il était occupé à faire petit-déjeuner Evie et à la préparer pour venir chez la gynéco. Nous avons prévu d’aller faire du shopping, car il lui faut de nouveaux vêtements. Cette gamine grandit comme un pissenlit après la pluie. Si elle continue comme ça, elle sera grande et mince comme son père.

Le médecin frappe à la porte.

– Entrez ! je réponds.

Elle entre avec un grand sourire.

– Madame Ross, je suis ravie de vous revoir, dit-elle en me serrant la main puis celle d’Adam.

Elle s’accroupit ensuite devant ma fille et prend sa main pour l’agiter délicatement.

– Tu dois être Evie. La dernière fois que je t’ai vue, tu étais minuscule. Tu deviens une belle fille, à ce que je vois.

Evie tend la main vers moi.

– Piiiiaaaa, crie-t-elle en ouvrant et en refermant sa main, m’indiquant qu’elle veut que je la prenne.

– Pas maintenant, Taabe. Le docteur doit voir le bébé dans le ventre de pia, je dis en désignant mon ventre.

– Béééé béééé béééé, répète-t-elle en frappant dans ses mains.

– C’est ça, le bébé, j’acquiesce.

– Elle est superbe, dit la gynéco en se relevant. Allons-y. Allongez-vous et soulevez votre tee-shirt, s’il vous plaît. Comme vous êtes à dix-huit semaines, on peut faire l’échographie un peu plus tôt et voir le sexe du bébé, si vous le voulez. Vous ne vouliez pas le savoir, la dernière fois. Cette fois…

– On veut savoir. Merci, Docteur, je dis en m’allongeant avant de remonter mon te-shirt sous mes seins.

La gynéco commence par mesurer mon ventre avant d’y étaler du gel. Elle pose la sonde sur ma petite bosse et étale le lubrifiant en cliquant sur les boutons de sa machine. Je tourne la tête vers l’écran et vois aussitôt ce qui ressemble à un bébé parfaitement formé, avec sa tête ronde, son dos courbé, ses petits bras et ses petites jambes qui bougent dans tous les sens.

– Regarde, Evie, c’est le bébé, dit Adam en désignant l’écran.

Il se lève avec Evie dans les bras et il attrape ma main pour embrasser le bout de mes doigts.

La gynéco prend quelques minutes pour nous montrer les différentes parties du bébé en immortalisant les clichés sur son ordinateur.

– Si vous ne voulez pas connaître le sexe, c’est votre dernière chance ! dit-elle en haussant les sourcils.

Je regarde l’écran et je sais déjà, sans l’ombre d’un doute, ce qu’elle s’apprête à nous dire.

– C’est une fille, je déclare.

– Maman a raison, acquiesce la gynéco en riant. La famille Ross va accueillir une autre fille.

– Une autre fille, je répète en souriant.

– Mes trois filles, dit Adam avec un sourire béat.

Il se baisse pour m’embrasser et Evie colle sa bouche à la joue de son père pour lui offrir un baiser mouillé qui ressemble plutôt à une léchouille gluante, mais il s’en fiche. Il aime tout chez sa fille, et je sais qu’il ressentira la même chose pour celle-ci.

Evie saisit alors mes cheveux dans sa main potelée et m’attire vers elle. Elle bave sur ma bouche et mon nez, puis elle tapote ma joue en entamant un monologue dont je ne comprends que la conclusion : « Piiiiaaaa ».

Mes yeux se remplissent de larmes de joie et je me redresse, faisant mine de mordre son cou et sa joue, la faisant hurler rire. Une mère ne se lasse jamais des éclats de rire de son enfant. La joie de vivre de ma fille suffit à faire disparaître toutes mes douleurs, physiques comme mentales. Car, émotionnellement, je suis toujours perdue. Je dois encore rappeler Ian pour savoir si les trois derniers mois lui ont permis d’atteindre les mêmes conclusions qu’Adam et moi.

– Tu vas avoir une petite sœur, ma chérie, dit Adam en désignant mon ventre. Sœur, répète-t-il.

– Seu… seu, dit-elle en collant ses mains sur les joues de son père.

Evie a toujours besoin de toucher nos visages. Elle tient sans doute ça de son père, qui est constamment en train de nous toucher, l’une et l’autre.

– Tout semble parfait, Madame Ross. Avez-vous prévu d’accoucher à l’hôpital ? Vous n’avez pas eu le temps de rentrer chez vous, la dernière fois, dit la gynéco en souriant.

– À l’hôpital, oui, je réponds.

Adam sourit jusqu’aux oreilles, ravi d’entendre la décision que j’ai prise. Ma mère va être déçue de ne pas pouvoir aider son deuxième petit-enfant à venir au monde, mais, quoi qu’elle puisse dire, elle a ralenti, ces derniers mois. Sa tumeur a grossi et lui donne des migraines paralysantes au moins deux fois par semaine. Elle semble également de plus en plus fatiguée. Elle a quarante-deux ans, et ce serait un miracle qu’on ait encore cinq ans avec elle.

Je ferme les yeux et sens la main d’Adam sur mon bras.

– Ça va, ma chère épouse ?

Je glousse et lui souris tristement.

Le déclin de ma mère est inévitable, mais il n’en est pas moins douloureux. Au moins, elle aura connu ses petites-filles. À présent, j’espère que ce deuxième bébé n’aura pas la même malformation génétique que ma grand-mère, ma mère et moi. Ma mère avait beau avoir lu dans les étoiles qu’Evie était sauvée, Adam a quand même tenu à ce qu’un médecin le confirme. Je dois croire que si le Créateur a voulu que j’aie ce bébé, ce n’est pas pour la condamner à une courte vie.

– Très bien. Je suis ravie, je réponds d’un ton qui manque d’enthousiasme. Allons fêter ça, mon cher mari.

– Tu veux une glace, mon soleil ? demande-t-il à notre fille.

– Ouiiiii ! crie-t-elle en frappant dans ses mains.

La gynéco essuie mon ventre, puis elle me tend les clichés de l’échographie. Je baisse mon tee-shirt et les étudie en traçant les contours de son corps du bout du doigt.

– Elle est parfaite, je chuchote.

Adam se penche pour m’embrasser sur la tempe.

– Comme sa mère et sa sœur.

Je ferme les yeux et laisse son compliment effacer une partie de l’obscurité qui envahissait mon cœur au fur et à mesure ce que ce rendez-vous approchait. La culpabilité que j’éprouve vis-à-vis de Ian menace de m’engloutir et de me replonger dans l’enfer que j’ai vécu après la naissance d’Evie et le départ d’Adam. Toutefois, Adam refuse de me laisser sombrer. Il me soutient sans faillir depuis mon retour et me prend dans ses bras quand mes sanglots m’empêchent de respirer. Il m’a accompagnée durant les nausées du premier trimestre, il a pris soin d’Evie et a incarné le père parfait. Il a même passé du temps avec mon père pour apprendre nos traditions ainsi que le comanche. Si seulement Ian voyait le père merveilleux qu’il est et sera pour ce second bébé… peut-être que cela simplifierait la situation.

La gynéco sort de la pièce et Adam m’aide à me relever. On s’arrête au secrétariat pour fixer les rendez-vous suivants, et on file au centre commercial pour fêter la bonne nouvelle.

Toutefois, je ne suis pas d’humeur à fêter quoi que ce soit. Je n’ai qu’une seule envie : appeler Ian. Néanmoins, pour Adam et Evie, je me force à sourire, parce que ce bébé mérite d’être célébré. Elle fait partie de moi, d’Evie et d’Adam, aussi. Ian sera d’accord avec nous.

Il le faut.

 

– Merci d’avoir appelé, dit Ian d’une voix rauque, comme si je le réveillais.

Or, il est vingt heures passées.

Adam donne son bain à Evie avant de la coucher. Il sait que j’ai besoin d’appeler Ian et il m’a laissée le faire en privé. Ian mérite d’être tenu au courant en ce qui concerne le bébé. Quoi qu’il arrive, il est légalement son père tant qu’il n’en aura pas décidé autrement.

– Pookie, tu vas trop kiffer. J’ai les champis et l’ecstasy, bébé. Allez, viens faire la fête ! dit une voix de femme tout excitée.

J’entends alors une série de baisers mouillés.

– Tawny, chut. Merde, euh, installe-toi sur le canap’, ouais. J’arrive. Oooh, ouais, secoue ton cul, comme ça, lance Ian avant de fredonner longuement.

Or, je connais ce bruit : c’est celui qu’il faisait quand il s’apprêtait à me sauter dessus pour me faire grimper aux rideaux.

– Tu as dit que tu voulais t’envoler, ce soir, alors j’ai trouvé ce qu’il faut, dit la femme. Viens, on se défonce et on baise jusqu’à l’aube. Wouhou ! crie-t-elle. J’attrape la tequila !

– Des champis, de l’ecstasy et de l’alcool ? Tu es sérieux, Ian ? C’est comme ça que tu règles tes problèmes et te prépares à l’arrivée d’un enfant ? je dis d’un ton grinçant.

– Ne l’écoute pas. Tu ne sais pas ce qui se passe, Catori. Tu es partie. Avec mon gosse dans le bide ! bafouille-t-il. Et maintenant, tu veux que ton mari l’élève. Espèce de garce. Tu veux que je fasse quoi ? Que j’arrête de vivre ? Tu es folle, meuf. C’est moi l’homme, hein, bébé ? crie-t-il d’une grosse voix.

– Carrément, avec la meilleure bite du monde ! répond la femme.

– Ian, tu n’es pas en état de parler, tu dis n’importe quoi.

– Qu’est-ce que ça peut te faire ? Tu es partie. Tu as pris mon cœur. Mon bébé. Tu as pris tout ce que j’avais.

– C’est faux. Je ne t’ai jamais promis qu’on resterait ensemble. Tu savais que je partirais. Et le bébé n’était pas prévu. Il faut que tu remettes ta vie en ordre. Tu as trouvé du boulot ? Tu es toujours à la fac ?

– J’ai arrêté. Je bosse à plein temps dans un garage. Ils me paient une misère, mais je sais qu’ils vont m’augmenter.

– Mais oui, bébé ! Et y a que toi qui sais prendre soin de moi ! dit la fille.

J’entends à nouveau des bruits de baisers et je grince des dents en reprenant ma respiration.

– Je voulais juste que tu saches que le bébé est une fille. Mon mari est en train de préparer les papiers pour obtenir les droits parentaux. Que tu les signes ou pas, c’est le nom d’Adam qui sera sur son certificat de naissance. Tu ne la verras pas et tu ne seras pas dans sa vie. Ma fille mérite mieux qu’un junkie pour père. Qu’est-ce que tu es devenu, bon sang ?

– Tu ne peux pas faire ça, Catori ! C’est mon bébé. C’est moi le père ! hurle-t-il.

– Alors, comporte-toi comme tel. Je te rappellerai.

Je raccroche si fort le téléphone qu’il tombe par terre en plusieurs morceaux. Comme mon cœur.

Ça fait des mois que je culpabilise de briser son rêve de famille, et lui a passé son temps à boire et à se droguer avec des femmes ? À noyer ses soucis dans l’alcool plutôt que d’essayer de s’en sortir et de prouver qu’il a ce qu’il faut pour être un père ?

Déçue et furieuse, je m’assois au bord du lit et regarde les clichés de l’échographie.

La porte s’ouvre, mais je n’ai pas la force de lever la tête. J’entends Adam allumer le babyphone, puis je sens le matelas s’affaisser derrière moi. Il passe ses jambes de part et d’autre des miennes et ses bras m’entourent. Je m’appuie contre lui sans quitter des yeux les photos.

– Il picole et se drogue avec une certaine Tawny qui, apparemment, aime sa queue. Je le sais seulement parce qu’elle l’a crié après avoir annoncé qu’elle avait trouvé des champis et de l’ecstasy pour qu’ils se défoncent toute la nuit. Et il a arrêté la fac.

– Putain, bébé, je suis désolé. Je sais que ce n’est pas ce que tu espérais entendre.

Je secoue la tête et saisis son avant-bras.

– Est-ce que c’est moi qui l’ai poussé à faire ça ?

– On ne peut pas pousser les gens dans une direction ou dans l’autre. S’il voulait vraiment être là pour son enfant, ça fait trois mois qu’il aurait pris sa voiture et qu’il serait venu dans le Colorado.

– Il n’a pas de voiture. Il habite à Chicago, on peut aller partout en transports en commun.

– Peu importe, il aurait trouvé un moyen. Chérie, il a choisi de ne pas chercher de solution. Si c’était mon bébé, je ne lui tournerais jamais le dos. Rien ne m’empêcherait de le voir. Mais ça, c’est moi. Et Ian est différent.

– Je sais que c’est quelqu’un de bien. Je sais qu’il serait un bon père, mais…

– S’il déménageait ici, qu’il trouvait du boulot et une maison près de la réserve pour pouvoir voir sa fille régulièrement, je dirais ok. Tant mieux. Mais ce n’est pas ce qu’il a décidé de faire il y a trois mois, Catori.

– Je ne lui ai pas laissé le choix !

– Chérie, on ne peut pas dire à un homme comment être un père. Tu lui as dit ce qu’on comptait faire étant donné les circonstances. Il a eu trois mois pour trouver une autre solution ; une solution qui lui aurait permis d’être dans la vie du bébé. Et il a gâché cette occasion en faisant la fête et en vivant librement. Il a vingt-trois ans. Ce n’est pas un gamin de dix-huit ans qui sort tout juste du lycée. Tu as dit toi-même qu’il a grandi en famille d’accueil. Qu’il n’a pas de famille et de maison convenable pour un enfant. Il joignait à peine les deux bouts. La fac était son meilleur moyen de s’en sortir, et il a arrêté. Ce n’est pas toi qui as fait ces choix. C’est lui.

– Mais peut-être que si je lui avais dit qu’on pouvait trouver une solution, il aurait essayé…

Adam me serre plus fort contre lui.

– Bébé, arrête. Rien de tout ça n’est de ta faute. De la même façon que mon départ l’an dernier n’était pas de ta faute. On prend tous des décisions pour nos propres vies. Certaines sont bonnes, d’autres le sont moins. Certaines nous apprennent des leçons difficiles, mais peuvent nous rendre meilleurs. Ian en est à ce stade. Tu ne peux rien pour empêcher le mal qu’il est en train de se faire. Il doit apprendre de ses erreurs. Pour le moment, notre rôle est de protéger ce bébé. J’ai promis de prendre soin d’elle, dit-il en posant sa main sur mon ventre rebondi. Elle ne ressentira rien de tout ça. Elle a une mère et un père qui l’aiment, une sœur et des grands-parents qui vont l’adorer. Ce sera ça, sa réalité. Et c’est sur ça qu’on doit se concentrer. Si Ian se ressaisit un jour, on en reparlera. Pour l’instant, on s’occupe seulement de toi, d’Evie et du bébé. Ok ?

Je déglutis et hoche la tête.

– Tu as raison. Il a fait son choix. Je lui ai dit que je le rappellerais, peut-être dans deux mois.

– Comme tu veux. Fais ce qu’il faut pour te soulager et t’aider à mieux dormir. Tu ne peux pas endosser les problèmes du monde entier. Tu dois penser à ta famille. Profitons de ce moment autant que possible. Je n’étais pas là pour Evie ; je veux savourer chaque minute avec vous et notre bébé. On peut se concentrer là-dessus ?

– Bien sûr. Toi, moi, Evie et notre deuxième fille.

– Maintenant que tu sais que c’est une fille, tu as pensé à des prénoms ?

Le changement de sujet est le bienvenu, en plus d’être nécessaire.

– Eh ben, comme on a appelé Evie d’après ta mère, j’ai pensé qu’on pouvait peut-être nommer sa sœur d’après ma famille ?

– Topsannah est une de mes personnes préférées sur terre. Je serais on ne peut plus ravi de lui faire ce cadeau. Elle a été incroyable avec notre fille ; on ne pourra jamais la remercier pour tout ce qu’elle a fait.

Je hoche la tête et souris, ravie que ma mère et mon mari se soient rapprochés ces derniers mois.

– Pia préférerait qu’il en soit autrement.

– Comment ça ? demande Adam.

– Mon père est son âme sœur. Tahsuda. Elle aimerait beaucoup que l’on nomme un de nos enfants d’après lui.

– Ok, c’est intéressant, glousse Adam. Ton père est un homme génial. Tu pensais à quoi ? Tahsuda n’est pas très féminin, chérie.

– Non, c’est vrai, j’admets en riant. Mais Suda, oui. Tu penses quoi de Suda Mae ? je demande en me tournant vers lui.

Son nez est retroussé et il grimace.

– Suda Mae ne sonne pas hyper bien.

– Non, tu as raison… Si je me souviens bien, en grec, Suda signifie forteresse, ou place forte. Ce qui convient très bien à mon père. Il est l’épine dorsale de la famille et de notre communauté. Kaye est un prénom féminin qui signifie pure. Ensemble, ça donnerait « force pure ». Suda Kaye.

Je pose ma main sur mon ventre et Adam la recouvre à son tour.

– Suda Kaye, je déclare à voix haute.

Soudain, je sens un petit papillonnement dans mon ventre.

– Tu as senti ?

Adam secoue la tête et je remplace ma main avec la sienne.

– Suda Kaye, je répète.

Les papillons s’envolent de nouveau dans mon ventre.

– Et là ?

– Non, répond-il en riant. Ça doit être à l’intérieur. Mais c’est le signe qu’elle aime le prénom Suda Kaye.

– Elle aime, oui, je déclare en souriant. Suda Kaye Ross.

– Ça sonne à merveille avec Catori Ross et Evie Ross.

Je me tourne et pose mes mains sur ses joues pour le regarder dans les yeux.

– On vient de trouver le prénom de notre fille ?

– On dirait, oui, répond-il en souriant jusqu’aux oreilles. Je crois qu’on devrait fêter ça, poursuit-il en jouant des sourcils.

Il se décale et m’allonge sur le côté, puis sur le dos.

– Deux célébrations dans la même journée ? je dis d’un ton enjoué alors que mon mari enlève mon pantalon pour le jeter derrière lui.

Il empoigne ensuite le bas de son tee-shirt et répète son geste, m’offrant une vue splendide de son torse.

– Eh toi, Evie et Suda Kaye, vous avez eu votre gourmandise. Maintenant c’est à mon tour ! s’exclame-t-il avec ce sourire machiavélique qui me fait fondre.

Il promène ses mains sur mes cuisses jusqu’à empoigner ma culotte pour la baisser. Je me redresse pour enlever mon tee-shirt et dégrafer mon soutien-gorge, libérant ma poitrine toujours plus grosse.

– Tu mérites une petite gâterie, en effet. Viens par ici, mon cher époux.

– J’ai cru que ça ne viendrait jamais.

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