THE Wish T4 -Catori

Audrey Carlan · Chapitre 7 sur 32

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THE Wish T4 -Catori

Chapitre 5

 

Ce soir-là, Adam ne me raccompagne pas jusqu’à ma chambre, mais il m’embrasse langoureusement dans le hall de l’hôtel avant de me laisser entre les mains de Stephanie. On veille jusque tard dans la nuit, je la mets au courant de tout ce qui s’est passé avec Adam jusqu’à maintenant, puis on s’endort après s’être gavées des bonbons qu’on a achetés à la supérette, à côté de l’hôtel.

Le lendemain matin, je fais le tour de ma chambre en dansant, préparant du café tout en rangeant mes vêtements. Adam m’a promis de m’appeler en fin de matinée, m’expliquant qu’il avait des choses à faire avant.

Stephanie pousse un horrible grognement en plaquant sa main sur son front.

– C’est déjà le matin ?

Je saisis une tasse de café et la lui apporte, de l’autre côté de mon lit king size où nous avons passé la nuit.

– Ouais. Comment tu te sens ? Je crois que tu avais plus d’alcool que de sang dans les veines, hier soir.

Elle grimace et me tire la langue.

– Pourquoi tu es aussi guillerette, toi ? me demande-t-elle.

J’éclate de rire.

– Steph, je n’ai pas picolé avec toi. Je ne voulais pas mélanger la tequila que j’ai bue avec Adam et la vinasse que tu as achetée pour te saouler. Tu as réussi, d’ailleurs. Bravo !

Stephanie s’assoit contre les coussins, adossée à la tête de lit.

– Il fallait que je profite de mes derniers moments de liberté, dit-elle. Ma mère m’a appelée, elle veut que je rentre plus tôt pour l’aider. Mon père s’est cassé la jambe en tombant d’une échelle, quand il élaguait les arbres du jardin. Maman ne peut pas s’occuper de lui et travailler en même temps, explique Stephanie en soupirant longuement. Tu vas me manquer, Tori. Et ça va me manquer d’être moi-même, de pouvoir croquer la vie à pleines dents.

Je comprends parfaitement ce qu’elle ressent. Ma propre mère est à la maison, malade, alors que je fais le tour du pays avec ma troupe de danse. Cela dit, je le fais, car c’est justement elle qui m’a dit de profiter autant que possible de la vie.

– Tu vas me manquer aussi, mais on se revoit dans quelques mois dans le Colorado, je lui rappelle.

– C’est vrai, dit-elle en souriant. Je prends l’avion ce soir. Il faut que je prépare mes affaires et que je dise au revoir au reste de la bande. À quelle heure Adam vient te chercher ?

– Il devrait m’appeler d’une minute à l’autre, je réponds au moment où le téléphone de l’hôtel sonne sur le bureau.

J’y vais en courant et réponds d’une voix excitée.

– Allô ?

– Contente que je t’appelle ? demande Adam en riant.

– Oui, j’admets en rougissant.

– Tant mieux. Tu es prête ?

– Carrément !

– J’arrive dans quinze minutes. Je pars de l’hôtel. Et… Catori ?

– Oui ?

– Je veux que tu fasses tes bagages et que tu viennes à mon hôtel. C’est idiot de payer chacun une chambre alors que je n’ai pas l’intention de dormir seul à partir de ce soir.

Mon cœur se met à battre la chamade et des papillons s’envolent dans mon ventre.

– Tu veux dire qu’on est enfin « plus tard » ?

– Oui, chérie. C’est précisément ce que je veux dire. Je ne veux plus être sans toi. Le lien qui nous unit ne fait que se renforcer. Tu le sens, toi aussi ? demande-t-il d’un ton un peu inquiet.

Il n’a aucune raison de s’inquiéter. Je suis complètement gaga d’Adam Ross.

– Oui, je le sens aussi. Je suis dans la chambre 414, au cas où tu l’aurais oublié. Il va me falloir plus de quinze minutes pour faire mes valises.

– Ça marche. J’arrive pour t’aider.

– Ok.

– Languis-toi de moi !

– Bien sûr.

– À tout de suite, chérie, répond-il en riant.

Je repose le combiné et fais une pirouette. Stephanie s’est attaché les cheveux. Étant donné qu’elle s’est endormie tout habillée, elle n’a pas besoin de se changer.

– Je suis contente pour toi, Tori. Tu mérites un mec bien. Et tu t’en es trouvé un qui est méga-canon, en plus. Espérons que ce qui se passera à Atlantic City ne restera pas à Atlantic City, hein ?

– Ça devrait aller. C’est clairement beaucoup plus que ce à quoi je m’attendais.

Stephanie finit son café et pose la tasse sur la table de chevet avant de me prendre dans ses bras. Je la serre fort et essaie de m’imprégner de tout ce qu’elle est.

– Écoute mes conseils, ma belle. Vis pour aujourd’hui. Tu ne sais pas ce que te réserve l’avenir. Si tu es heureuse avec Adam, profites-en. Profite de chaque instant.

Vis pour aujourd’hui.

Profite de chaque instant.

– Tu sais quoi, Steph, c’est ce que je vais faire. Et merci. D’être mon amie. D’avoir passé les deux dernières années avec moi.

Elle sourit jusqu’aux oreilles et me prend à nouveau dans ses bras.

– On se voit dans quelques mois ?

– Ça roule.

Je la raccompagne à la porte de ma chambre et la salue quand elle entre dans l’ascenseur, puis je me dépêche de faire ma valise.

« Plus tard » est enfin arrivé, et j’ai hâte !

 

La balle rose fuchsia passe à côté du trou et atterrit dans le petit fossé du minigolf. Je soupire.

– Je croyais qu’on allait à ton hôtel, pas qu’on laissait mes affaires au concierge pour un autre rencard.

Adam ricane et vient derrière moi, il pose ses mains sur les miennes, sur le club de golf, avant de me guider vers le trou dans lequel est coincée ma balle. Il est grand, fort et chaud, et je veux mieux le connaître. De préférence dans le lit moelleux de sa chambre d’hôtel, pas debout, habillé et entouré de dizaines de familles sur le parcours du minigolf.

Il me fait tourner un peu de côté pour me placer devant la balle.

– Concentre-toi sur le trou, pas sur la balle. Une fois que tu t’es alignée, tu dois suivre ton instinct.

Ensemble, nous reculons le club, lentement, pour frapper la balle. Elle fait un bond hors du fossé et file droit dans le trou.

– Bien joué ! dit-il. À moi, maintenant, dit-il en me lâchant.

– Je ne comprends pas. Tu me demandes de partager ta chambre d’hôtel avec toi, et on se retrouve ici. Pourquoi ?

Adam hausse un sourcil blond et rive ses yeux bleus sur moi.

– Je veux te connaître autant sur un plan personnel que dans les aspects plus intimes. Nos relations physiques ont déjà été spectaculaires, mais ce n’est rien à côté de ce que je ressens quand je suis avec toi, comme maintenant. Je veux davantage des deux. C’est si mal que ça ?

Je secoue la tête en soupirant, essayant de réprimer ma libido.

– Tu as raison, j’admets en souriant, alors qu’il réussit d’un coup le parcours que j’ai fait en quatre fois avec son aide. Montre-moi comment tu fais pour que je te mette une raclée.

Il me prend par les épaules et nous avançons ensemble vers le trou suivant.

– Ça marche.

Nous passons les deux heures suivantes à jouer les dix-huit trous du parcours et, si je m’améliore, je suis loin de rivaliser avec lui.

Main dans la main, il m’escorte hors du parc en direction de la promenade en bois. On achète des hot dogs à un vendeur ambulant et on s’assoit sur un banc pour regarder les gens passer.

– C’est quoi ta couleur préférée ? demande-t-il.

– Le rouge. Et toi ? je réponds en buvant une gorgée du Coca qu’on partage.

– Le rouge, admet-il en souriant.

– T’as toujours voulu être dans l’armée ?

– Oui, pour autant que je me souvienne. Mon père s’est battu dans l’armée, mon grand-père et mon arrière-grand-père aussi. La devise de mon père était « Dieu, famille et patriotisme ». Je n’ai jamais été aussi fier que le jour où j’ai dit à mon père que j’avais rejoint l’armée. Il a eu les larmes aux yeux et il m’a mis une tape dans le dos en me disant que si c’était l’armée qui avait fait de lui l’homme qu’il voulait être, c’était moi qui faisais de lui le père qu’il était fier d’être. Un jour, j’espère que mes enfants sauront que je me suis battu pour qu’ils soient en sécurité. Pour qu’ils puissent choisir la vie qu’ils veulent. Pour que les États-Unis continuent d’être libres.

Je déglutis difficilement, essayant de réprimer les émotions qui s’emparent de moi en l’écoutant.

– Mon père est un ancien de la tribu et de notre réserve. Les autres membres s’inspirent de lui et de ma mère pour vivre, mener et travailler au service de notre peuple. Ce qui compte pour nous, c’est la communauté, l’amour et le devoir. Mon père incarne tout ça, et il est grandement respecté pour ça.

Adam prend ma main et entrelace nos doigts.

– C’est incroyable. J’aimerais le rencontrer un jour.

– Ça me plairait aussi.

– Alors, la danse ? À l’évidence, c’est ta passion, et tu es super-douée pour ça. C’est quoi, la suite de ton programme ?

– Voyager, je réponds en haussant les épaules. C’est tout ce que j’ai toujours voulu. La troupe est super-fun, et ça me permet de gagner de l’argent tout en découvrant de nouveaux endroits et en rencontrant de nouvelles personnes.

– Tu veux dire que tu es moins dévouée à ta troupe qu’à ton objectif de voir le monde ?

– Exactement.

– Tu as le 1 Wanderlust , alors ? C’est dur pour un homme de rivaliser avec ça, murmure-t-il.

Il porte nos mains à sa bouche et embrasse la mienne, un geste qui m’obsède désormais.

– Et l’idée de t’installer quelque part, d’avoir une maison à toi ?

– Ça ne fait pas partie de mon projet. D’ailleurs, c’est tout l’inverse de ce que je veux faire. Tu es la première personne que je rencontre avec qui j’ai envie de passer du temps. L’idée de te quitter, d’être sans toi, me fait physiquement mal. Néanmoins, savoir que tu vas faire ce que tu aimes m’apporte un sentiment de paix immense.

Adam se tourne vers moi et je l’imite, et nous oublions nos hot dogs sur le banc. Nous sommes dans notre propre petit univers, blottis l’un contre l’autre, nous confiant nos vérités. Je n’ai jamais connu ça.

– Je veux l’éternité avec toi, Catori.

Je serre ses mains plus fort et secoue la tête.

– Tu ne peux pas me donner l’éternité.

– Mon travail… est dangereux. Il n’est même pas question de bouger d’une caserne à une autre en emmenant ma famille avec moi. Non seulement ce que je fais est confidentiel mais c’est un engagement à vie.

– Et tu ne devrais changer ça pour personne.

– Catori, je t’aime. Je t’ai dans la peau, jusque dans la moelle de mes os. C’est comme si tu faisais déjà partie de mon cœur.

– Je t’aime aussi et je ressens la même chose. Ça n’implique pas qu’on doive s’engager davantage que s’aimer et passer du temps ensemble quand on le peut.

– Qu’est-ce que tu veux dire ? demande-t-il en caressant le dessus de ma main avec son pouce.

J’ai l’impression qu’il caresse mon âme.

– L’amour est ce qu’on décide qu’il est. Il n’y a pas de règles. C’est à nous de décider à quoi ressemble notre amour. À quoi ressemble notre engagement.

– Chérie, je veux t’épouser. Je veux que tu sois la personne auprès de qui je reviens. L’unique personne dans ce monde à qui je manque quand je suis parti. Mais je ne sais pas comment faire ça tout en t’offrant ce dont tu as besoin : la vie, l’amour, les expériences. Tout ce que tu mérites.

Il veut m’épouser.

M’épouser.

Mes yeux se remplissent de larmes qui coulent rapidement sur mes joues.

– En cet instant, il n’y a rien que je désire plus que t’épouser. Que de savoir qu’il y a un homme dans ce monde qui m’aimera toujours, telle que je suis.

– Alors, faisons-le. Marions-nous. Aujourd’hui.

Je réprime un sanglot et appuie mon front contre le sien.

– Il y a tant de choses que tu ne sais pas de moi. Si tu pars en mission pendant des mois, parfois des années, je ne te demanderai pas d’être fidèle. Pas dans ce sens. Et je ne te le promettrai pas non plus. J’ai besoin d’être libre de vivre ce que je suis censée vivre dans le temps qui m’est imparti.

– Le temps qui t’est imparti ? De quoi tu parles ?

Je ferme les yeux et redouble de larmes. Il prend mon visage dans ses mains et lève ma tête vers lui, vers ses yeux bleus illuminés par le soleil.

– Je suis malade, Adam. J’ai une anomalie génétique cérébrale qui a provoqué une tumeur cancéreuse. Une tumeur inopérable, que même la médecine moderne ne peut guérir. C’est incurable. Ma mère a la même chose. Sa mère l’avait aussi, et j’en ai hérité. Ma grand-mère est décédée à quarante-deux ans. Ma mère est très malade et elle n’a que quarante ans. C’est pour ça que je profite de la vie comme si chaque jour était mon dernier.

– Mais il doit y avoir quelque chose à faire. La science change tous les jours… chuchote-t-il d’une voix tremblante.

Il peine à respirer, ravagé par l’émotion.

– J’ai accepté mon sort. Je sais depuis que je suis toute petite que mes jours sont comptés. Mes parents m’ont donné toutes leurs économies pour que je puisse vivre comme je le souhaite durant les vingt prochaines années. Et quand mon temps sera venu, quand je sentirai la maladie me ronger, mon père et ma tribu prendront soin de moi.

– Bon sang, je prendrai soin de toi, moi aussi ! rugit-il si fort que des passants s’arrêtent pour nous dévisager.

Je leur souris timidement et attends qu’ils reprennent leur chemin.

– Adam, c’est adorable et louable, mais ce n’est pas nécessaire. Tu dois l’accepter, comme je l’ai fait ; tout comme mon père et mon grand-père l’ont accepté avant toi. Tout comme je dois accepter que tu as dévoué ta vie au service de ton pays. Si on doit compter l’un pour l’autre, la clé est de s’accepter tels que l’on est.

Adam ferme les yeux et prend plusieurs longues inspirations. Il finit par se détendre, puis je le vois déglutir et hocher la tête.

– C’est dingue. Je n’en reviens pas d’avoir trouvé la seule femme sur terre qui m’accepte et approuve mon métier sans hésitation, qui est prête à être tout pour moi du moment que je l’accepte telle qu’elle est et dont je comprends qu’elle ne sera mienne que peu de temps.

– Si je suis à toi, on doit s’autoriser certaines libertés. Pour vivre, pour aimer, pour s’offrir à d’autres quand on n’est pas ensemble.

– Tu veux dire qu’on serait un couple libre ?

Je hoche la tête, la gorge nouée. Si Adam pouvait démissionner et parcourir le monde avec moi afin qu’on s’aime et qu’on croque la vie à pleines dents ensemble, je saisirais l’occasion sans hésiter. Toutefois, il n’en est pas ainsi. Ce n’est pas notre destin.

– Tu as tes propres rêves et tes désirs à assouvir. Et moi, j’ai les miens.

Néanmoins, je suis sûre qu’il y a un moyen de préserver notre lien sans imposer de restriction au bonheur de l’autre.

– Je veux que tu sois à moi. Que tu n’aimes que moi, dit-il.

Mon Dieu, cet homme ne cesse de me chambouler.

– Il y a différents types d’amour, Adam.

– Alors, ça ne te blesserait pas si je partais pendant quelques mois, que je rencontrais une femme en Allemagne et que je couchais avec elle pour assouvir un besoin primaire ? Si je passais un ou deux mois à lui rendre visite et que je te retrouvais quand je suis en permission ?

– Pas si ton âme et ton cœur m’appartiennent. Je n’ai pas besoin que ton corps soit à moi. Pour moi, ça, c’est de l’alchimie. Tu connaîtras la même chose avec d’autres. Les humains ont besoin de contact physique, et je ne suis pas une exception. On ne peut pas répondre aux besoins de l’autre si on n’est pas sur le même continent. C’est impossible. Ce que je te propose, c’est de t’offrir mon cœur et mon âme et qu’ils n’appartiennent qu’à toi. Je ne tomberai pas amoureuse d’un autre homme, car mon cœur est déjà à toi. Je ne sais ni comment ni pourquoi je suis tombée amoureuse de toi en si peu de temps. Peut-être que c’est le souhait de celui qui nous a créés.

– Chérie… chuchote-t-il en m’embrassant tendrement.

– Je ne révélerai mes secrets et mes vérités à personne d’autre que toi. Toutefois, je vivrai ma vie à fond, sans retenue, et je souhaite que tu en fasses de même. Et quand on sera ensemble, il n’y aura que toi et moi, même si on n’a que très peu de temps ensemble. C’est tout ce que je peux te proposer.

– J’accepte, dit-il avec un mélange de résignation et d’espoir.

Mon cœur bat la chamade et je suis folle de joie. Cet homme ne ressemble à aucun autre. Ses mots me persuadent que ma vie est sur le point de changer pour toujours… et pour le mieux. Je ne serai plus jamais seule avec mes pensées, avec mes peurs, avec ma maladie.

– À une condition…

Il descend du banc pour poser un genou à terre et prendre mes mains dans les siennes.

– Épouse-moi. Prends mon nom. Sois à moi. Quoi qu’il arrive, où qu’on aille, lorsque nos chemins se croiseront, sois à moi. Je veux savoir que tu es la seule personne sur terre qui est faite pour moi.

Adam me propose d’être à moi. D’être l’homme de ma vie.

À moi, et à moi seule.

– Je veux bien t’épouser.

 

1. Obsession pour le voyage, besoin de découvrir de nouveaux lieux et de nouvelles

cultures. (Ndt, ainsi que pour les notes suivantes)

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