Toi, moi et nos traumas (French Edition)
Chapitre 13 Un si délicieux réveillon
Chapitre 13
Un si délicieux réveillon
« Un bobo pas soigné est un bobo qui va putréfier ». Proverbe de moi.
S’applique à tous les maux du corps et de l’esprit. Même si psychiquement,
c’est vachement plus pernicieux. Quand ça vous pète à la figure, ça fait
bien plus de dégâts qu’un furoncle plein de pus… Ouais, j’ai toujours eu
une âme de poète…
que personne dans la famille ne veut affronter. Du coup, qu’est-ce qu’on Comme chaque année, nous nous répartissons la charge du repas de Noël. J’ai donc hérité de la lourde et pénible tâche de choisir la bûche. C’est un casse-tête fait ? Eh ben, on le refile à la gentille Judith qui ne sait pas dire non. C’est étrange comme tout le monde manie le non à la perfection dans cette famille, sauf moi… À croire que je compense pour tous les autres.
Bref, cette année, j’ai décidé que je n’allais pas me compliquer l’existence en essayant de trouver le mouton à cinq pattes, à savoir une bûche qui réussirait l’exploit de plaire à tout le monde. Ce qui est une mission impossible quand on sait que mon père ne démord pas de sa traditionnelle crème au beurre hérité de sa mère, que ma mère vomit ladite crème au beurre, que mes enfants préfèrent les glacées, que mes neveux, on s’en fout, ils n’ont droit qu’à une demi-part parce que c’est mauvais pour les dents et que mon frère déteste le chocolat. Il ne faut pas s’étonner que mon frère et moi, on ne s’entende pas. Comment peut-on détester le chocolat ? OK, je m’égare… Toutefois, cet insoluble casse-tête a trouvé une solution miraculeuse grâce à mon pâtissier qui m’a concocté un assortiment varié de mini-bûches qui devrait combler chacun d’entre nous. Je l’aurais bien embrassé tant j’étais soulagée, et reconnaissante qu’en cette période de suractivité des fêtes de fin d’année, il prenne le temps de tenir compte de mon cahier des charges « spécial chieur de compétition ». Mais il paraît que ça ne se fait pas… Surtout quand sa femme est à côté. Mouais, OK, j’admets. Note : brider ma spontanéité.
Et si, malgré tout ça, ils ne sont pas contents, eh bien, ils n’auront qu’à se rattraper sur les macarons et les douceurs en pâte d’amande, na ! Oooh, je sens que je suis dans une forme olympique pour affronter un repas de famille moi…
Les enfants et moi sommes passés chercher la commande en fin de matinée. J’ai dû déployer toute ma pédagogie et ensuite toute mon autorité, puisque visiblement la première était largement insuffisante, pour faire comprendre à Rosy que l’on ne devait pas toucher aux bûches avant ce soir. C’est ensuite à ma patience et à mon extraordinaire self-contrôle que j’ai dû faire appel, parce que, quand ma fille a une idée dans la tête... Oui, elle m’a harcelée tout le reste de la journée. Jusqu’à ce que je parvienne à détourner son attention tel Machiavel au sommet de sa puissance en l’envoyant se préparer pour le réveillon. Elle va enfin pouvoir mettre sa robe toute neuve, pleine de paillettes argentées, froufrous moirés et rubans en satin. Robe à usage unique, évidemment. Elle ne survivra jamais à la bûche, si toutefois elle arrive miraculeusement jusque-là sans encombre. Je ne me fais hélas, aucune illusion… les taches de chocolat, ça ne pardonne pas. Surtout quand il y a autant de fanfreluches qui imposent d’entrée, un lavage à la main. Si même une machine à laver ne s’en sort pas, je ne vois pas par quel miracle j’y parviendrais.
Nous nous préparons en famille, dans une ambiance joviale, qui vire légèrement à la surexcitation en ce qui concerne les enfants. Et à la crise d’angoisse plus plus pour moi. Pourquoi, lorsque je me prépare pour un repas chez mes parents, a fortiori le réveillon de Noël, j’ai l’impression de faire des préparatifs pour entrer en guerre ? Peut-être parce que c’est le cas en fait. Une guerre sournoise, insidieuse, à coups de piques acérées, de remarques acerbes et de critiques moins déguisées que les participants.
Je jette un dernier coup d’œil au miroir. Après ces semaines à vivre dans mes fringues cocoon, j’ai la sensation d’être plus endimanchée qu’un pingouin. Je me sens engoncée dans mes vêtements. Ce qui est un comble puisque j’ai perdu du poids. Ça doit être de l’engoncement psychologique… Bon, le résultat n’est pas trop mal tout de même. Mes longs cheveux bruns sont regroupés en un chignon flou qui cascade sur ma nuque et mes épaules en boucles soyeuses. Mon maquillage masque mon teint de macchabée. Mes grands yeux verts mangent mon visage, on ne voit quasiment qu’eux. Conclusion, on ne voit pas les cernes en dessous. Nickel !
J’ai toutefois renoncé à la robe noire, classe, chic et parfaitement inconfortable pour lui préférer un pantalon noir, sobre, à taille élastique et un pull de la même teinte rehaussé de fils d’argent. Quelques bijoux, et hop ! Me voilà présentable. Atteindre le stade suivant est au-dessus de ma volonté. Il faudra donc que mon exigeante famille s’en contente. Oui, j’ai conscience de ne pas mettre toutes les chances de mon côté pour étouffer les conflits dans l’œuf. Mais, franchement, avec le mois que je viens de vivre, je m’en tamponne le coquillard. Quitte à creuser profondément, autant y aller le plus gaiement possible et ratisser très large. Ouais, je me prépare un réveillon d’anthologie, c’est clair…
Mes enfants sont beaux comme des cœurs. Et oui, je suis évidemment hyper objective ! Mon fils a l’air d’un petit homme avec sa chemise blanche dont le col dépasse de son pull bleu marine à col en V. Ou alors c’est son air sérieux qui donne cet effet, c’est possible aussi… Et ma crevette, eh bien, c’est un boulet de démolition en robe de princesse. C’est un mélange très savant qui nécessite un dosage très précis ! Il faut cependant reconnaître qu’elle fait parfaitement illusion. Tant qu’elle ne mange pas… ou qu’elle ne court pas ou… OK, tant qu’elle reste parfaitement immobile, la bouche fermée, etc.
J’habille ma petite troupe chaudement, attrape les boîtes de bûches, confie la laisse de Fnouf à Will et hop ! C’est l’heure d’aller festoyer et réveillonner gaiement… Et non, ce n’est pas du tout ironique, hum…
Le trajet se passe à peu près correctement. Mon chien trône sur le siège avant et mes enfants se chamaillent pour savoir si les cadeaux seront ouverts à l’apéritif ou au dessert. Sachant que les enfants de mon frère croient toujours au père Noël, il est évident que ça sera au dessert. Je rappelle une dernière fois à mes chérubins de faire preuve de retenue et de réserve au sujet de ce conte avec leurs cousins. L’écroulement de ce mythe peut créer de vrais traumatismes…
J’y ai personnellement mis un terme extrêmement vite, car je ne supportais pas de mentir à mes enfants. Je ne voulais pas que papa Noël soit le premier schisme entre eux et moi, la première grosse trahison à l’origine d’une brèche dans la confiance qu’ils m’accordaient. En revanche, inutile d’essayer de convaincre ma famille du bien-fondé de ma démarche, ils sont complètement hermétiques à mes arguments pourtant sensés.
Nous allons donc, comme chaque année, assister stoïquement et avec force indulgence à cette mascarade pathétique. Je me demande bien qui ils auront recruté cette année pour se déguiser en bonhomme ventripotent. J’espère que le concierge de leur immeuble aura refusé… Il est dévoué et très serviable, mais il a une haleine de chacal faisandé. Ma fille a refusé de l’approcher en hurlant que papa Noël était cannibale et devait avoir un morceau de viande avariée coincé dans les dents pour puer autant. J’étais à la fois écroulée de rire et consternée pour ce pauvre Gustave. Bref, un grand moment enregistré dans les annales !
Histoire de mettre tout le monde d’accord, et afin de finir le trajet sur une note de gaieté, je dégaine ma playlist chansons de Noël. Jusqu’à présent, je n’avais pas le cœur à me plonger dans cette ambiance mièvre à souhait, mais pour la première fois depuis… ouais, bon, on ne rajeunit pas… Dooonc, depuis que la décence m’interdit de mentionner une date, je me sens enfin libre de me ridiculiser joyeusement. Nous entonnons donc à tue-tête « We wish you a merry christmas », suivi par plusieurs autres chants que nous transformons avec un enthousiasme juvénile exubérant en crime contre tous les tympans à trois lieues à la ronde. Notons également que c’est tout à fait pédagogique puisque ça fait travailler leur anglais à mes enfants. En effet, tous les prétextes sont bons pour justifier l’assassinat en règle de la chanson incontournable de Mariah Carey, « All I want for Christmas is you ».
Aussitôt, je me sens envahie par un sentiment de vive satisfaction et une envie de faire un gigantesque pied de nez à beaucoup de gens. Notamment ceux qui ont une tronche de bouledogue frustré ou l’attitude de harpies frigides et empressées. C’est dingue comme ils ont tous l’air enchantés d’aller réveillonner… Je me retiens, néanmoins, j’ai déjà l’air assez givrée en dodelinant de la tête en rythme face à mon volant.
J’avoue cependant prendre un malin plaisir à renvoyer un sourire extravagant et provocateur aux gens qui me fixent avec des yeux ronds, l’air éberlué à chaque feu rouge. On dirait des vieilles chouettes obséquieuses et guindées, avec des balais coincés dans le cul. C’est tordant !
C’est donc légèrement surexcités et un poil décoiffés que nous débarquons chez mes parents. Seul Fnouf arbore un poil parfaitement ordonné. Il en faut bien un pour rattraper le niveau. Qu’il s’agisse de mon chien ne m’embarrasse aucunement. Ce qui n’est pas le cas de ma mère qui nous observe sous toutes les coutures avec une moue aussi chiffonnée que nos coiffures. Oui, effectivement, je n’ai pas conservé grand-chose de son éducation pourtant dispensée avec beaucoup d’opiniâtreté, on ne peut pas le lui retirer. Toutefois, ça fait bien longtemps que j’ai fait mien le fameux slogan « ça sert à quoi d’avoir des vêtements si on ne peut rien faire dedans ? ». D’où la robe à usage unique de Rosy. Je savais très bien, le jour où je l’ai achetée, qu’elle ne survivrait jamais à la bûche de Noël. Est-ce une raison pour obliger ma fille à se vêtir avec des nippes qui ressemblent à des sacs à patates ? Non, on est bien d’accord. Ce n’est pas parce qu’elle est pleine de vie, bon, OK, qu’elle déborde de vie comme un volcan en éruption, qu’elle ne doit pas avoir le droit de ressembler à une princesse déguisée en guirlande de Noël. Oui, les paillettes, c’est super important ! J’ai tout de même dit non à la ceinture clignotante, faut pas charrier non plus…
J’adresse un sourire extravagant à ma mère, lui dépose un baiser sur la joue et lui colle mes cartons de bûches dans les bras avant qu’elle n’ait le temps de faire une réflexion. Je m’enfuis ensuite afin de saluer mon père. Je m’autocongratule deux secondes pour cette esquive de haut niveau. Je laisse honteusement mes enfants se débrouiller avec leur grand-mère. Je sais très bien qu’ils vont jouer sur la fibre mamie gâteau, ils savent très bien faire, ils s’en sortiront avec brio.
Lorsque j’arrive dans le salon, suivi de près par mon pot de glu à quatre pattes, j’avise immédiatement mon père en costard cravate. Toujours d’une rare élégance, il se tourne dans ma direction et m’adresse un sourire sincère en me tendant les bras. Je me coule dans son accolade affectueuse avec ravissement. Lorsqu’il me relâche, je m’aperçois que Fnouf est en train de repérer toutes les failles potentielles à exploiter lorsque l’apéritif sera servi. Je ne suis pas certaine d’avoir fait un choix judicieux en emmenant mon chien…
Il se rue ensuite sur les trois daltons engoncés dans leurs habits de fête, à savoir les trois rejetons de mon frère, mes neveux donc… Partagés entre la joie de pouvoir caresser un animal domestique dont ils sont privés et la peur de salir leurs vêtements coûteux, ils se dandinent, ne sachant visiblement pas quoi faire. Alors oui, ma belle-sœur déteste les chiens, elle en a peur. Est-ce que j’ai amené Fnouf pour l’emmerder ? Ça se pourrait bien… Ai-je décidé de lâcher une avalanche de pavés dans la mare ce soir ? Pas consciemment, quoique…
— Vous pouvez le caresser, vous savez ? Il est super gentil, les rassuré-je en gratouillant la tête de mon chien qui remue la queue comme un métronome bien huilé.
— Tu n’y penses pas ?! Les garçons, éloignez-vous de ce chien tout de suite ! s’insurge ma belle-sœur que je n’avais pas vue.
Oups… Prise en flagrant délit de pousse-au-crime… Et oui, il m’arrive d’avoir une vue très sélective… La bécasse en chef, rigide de la tête aux pieds, corsetée dans une robe noire et blanche de styliste au prix très probablement indécent, se précipite pour faire un louable et courageux barrage de son corps à mon chien.
Celui-ci étant très bien élevé, il se hâte d’aller saluer la nouvelle venue en collant sur le tissu noir un filet de bave gluant d’une extrémité à l’autre.
— Bonsoir, Élodie, la salué-je aussi aimablement que possible, essayant de dissimuler au mieux ma réticence et mon irritation à voir mon adorable compagnon ainsi repoussé arbitrairement.
Bon, c’est un échec critique, mais la bave de mon preux chevalier fait remarquablement office de diversion. Mes salutations disparaissent sous les cris d’orfraie de la dinde de Noël. Je ricane affreusement en la voyant déguerpir sur ses louboutins qui laissent des trous dans le tapis à chacun de ses pas. Mon père rigole sous cape alors que mes neveux en profitent pour câliner Ulysse et coller au passage plein de poils blancs sur leurs mini costards.
— Eh bien, Ju, pour une arrivée toute en discrétion… ricane la voix grave de baryton de mon frère. Au moins, on ne peut pas louper que tu es là ! Aurais-tu l’amabilité de ne pas traumatiser ma femme dès les premières minutes ?
— Salut, Simon, salué-je mon frère. Je plaide non coupable sur ce coup-là. C’est mon chien le responsable. Néanmoins, je vais tâcher de faire un effort, désolée pour le jeu de mots pourri…
Tache, tâcher… je sais, c’est subtil, hum, bref. Mon frère m’adresse un rictus aussi moqueur que sceptique. Ouais, je ne peux pas saquer ma belle-sœur. Cette espèce de poule de luxe, snob, bouffie de suffisance, hyper maniérée et psychorigide à souhait me sort par les trous de nez. Heureusement, ils habitent dans la banlieue parisienne. En conséquence, on ne se voit que rarement.
— Isaac, Aaron, Benjamin, arrêtez de vous coller à ce chien, vous savez bien que Maman ne va pas être contente si vos costumes sont pleins de poils, ordonne mon frère à sa tribu de mâles coincés.
Les trois garçons reculent docilement, un air profondément déçu et frustré peint sur leurs traits. Un irrépressible lever de sourcils exaspéré anime mon visage.
— Alors, vous êtes là depuis longtemps ? Qu’avez-vous fait depuis que vous êtes ici ? fais-je un effort pour m’intéresser à la vie de mon frère et de sa délicieuse famille.
— Ça fait deux jours. Mais tu sais, avec les activités des enfants, on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer…
— Oh, oui ! C’est admirable tout ce qu’ils font ces petits ! Et Élodie a du mérite tu sais, s’extasie ma mère en arrivant avec un plateau empli de coupes de champagne pour le moment vide.
Je hausse un sourcil interrogateur dans sa direction, masquant mon agacement à l’entendre vanter ainsi les mérites de Bécasse première. Je redoute soudain de connaître la teneur de ces fameuses activités. Je suis déjà au courant que mon frère et sa femme se sont lancés dans l’élevage de singes savants dès la naissance du premier. Néanmoins, j’ai toujours espoir qu’un soupçon de bon sens les atteigne un jour.
— Figure-toi que, chaque matin, dès huit heures, Élodie emmène les enfants courir pendant une heure. Ensuite, c’est entraînement de golf, ou tennis en salle si le temps est mauvais, puis ils se douchent, et chacun entame son solfège sur l’instrument qu’il a choisi. Isaac au violon, Aaron à la trompette, et Benjamin s’est mis à la flûte traversière !
Je grimace, horrifiée par tant de cruauté. Ils ont réussi à choisir les trois pires instruments en cas de fausse note ! Grands Dieux ! Et mes parents ont encore toutes leurs facultés auditives ?!
Les enfants arborent tous un air aussi sage qu’abattu. Est-ce que je dois appeler la protection de l’enfance ? Je me mords les lèvres pour ne pas laisser échapper une réflexion sarcastique. Et c’est une torture. J’en ai dix mille qui se bousculent dans mon crâne cynique.
— Tu te rends compte Judith ? Quelle discipline ! Et à un âge aussi tendre ! continue de fantasmer ma mère avec force gestes grandiloquents et roulement de pupilles.
— Dis-moi, Simon, tu comptes monter un orchestre avec tes gosses plus tard ? Parce qu’il va manquer des participants… Le prochain pourrait peut-être jouer du triangle ? persiflé-je, incapable de me retenir plus longtemps.
— Non, je ne compte pas monter d’orchestre. Mais dis-moi, que font les tiens comme activités extrascolaires ?
— Eh bien, du tampon sur parquet… Merci maman, grincé-je en lui jetant un regard de reproche.
— Qu’est-ce que j’ai encore fait ? s’offusque-t-elle, avec un air contrarié.
— Eh bien, tu sais les tampons que tu as offerts à Rosalie ? Est arrivé exactement ce que je prévoyais… Ma fille a décidé de redécorer le parquet du salon « motif dadas multicolores » parce qu’il était, je cite, « beaucoup trop terne »… Et non, je ne sais pas comment Rosalie a appris le mot terne…
Mon frère et mon père éclatent de rire. Moi, légèrement jaune, le rire, parce que j’ai passé un temps fou à nettoyer ledit parquet. C’est hyper difficile à faire partir cette foutue encre ! Ma mère prend un air choqué et indigné.
— Parce que tu laisses ta fille sans surveillance ? crache Élodie, dont l’ouïe est pire que celle d’une chauve-souris, en revenant parmi nous, l’air toujours aussi psychorigide et hautain.
La prochaine fois, vu la vitesse à laquelle elle a nettoyé la bave de mon chien, je dirai à ce dernier d’en laisser plusieurs litres. Comme ça, on ne la verra pas de la soirée !
— Elle n’est pas sans surveillance, elle était avec son frère ! rétorqué-je en lui lançant un regard mauvais.
Elle s’apprête à répliquer, sur le point de déclencher officiellement les hostilités parce qu’on peut m’accuser de beaucoup de choses, mais sûrement pas de mère indigne, ha, mais ! Je n’accepterai aucune critique sur ce sujet, surtout venant de la part d’une mère tyrannique et castratrice au possible ! Toutefois, ma horde de Wisigoths suspend avec brio la montée sur le ring en débarquant afin de donner un coup de main à leur mamie avec les premiers pains surprises. Parce que, oui, mes enfants sont super bien élevés et adorent rendre service à leur mamie, contrairement aux trois potiches inhibées qui n’ont pas bougé d’un cil depuis l’arrivée de leur dragon de mère. Et comme le nom des pains ne l’indique pas, sans surprise donc, celui de Rosy est déjà entamé…
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