Toi, moi et nos traumas (French Edition)
Chapitre 25 Pourquoi faire simple ?
Chapitre 25
Pourquoi faire simple ?
« C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures », proverbe.
Y a pas à dire, l’expérience a du bon… Même si ce n’est pas très flatteur
pour les vieux pots, hum, hum…
m’éviterait de me poser mille et une questions débiles. Soudain, encore une fois, il me repousse. Je ne comprends pas. C’est d’un pénible cette cyclothymie ! J’apprécierais grandement qu’il sache ce qu’il veut, ça
— Qu’est-ce qu’il y a ? murmuré-je, blessée par ce deuxième rejet en une seule soirée.
— Écoute… Je… balbutie-t-il, hésitant.
— Je ne te plais pas ?
— Ça n’a rien à voir. Tu devrais pourtant le savoir. Je te l’ai déclaré pas plus tard que ce midi. C’est juste que… enfin… Tu n’es pas prête, je pense. Je ne veux pas profiter de ta vulnérabilité, et je souhaite encore moins être une béquille pour surmonter tes traumas.
— Hein ?! Mais…
— Ne me dis pas que la visite de ton ex ne t’a pas déstabilisée, je ne te croirai pas. Or, quand on se sent vulnérable, on ne fait pas des choix judicieux. Et je veux être un choix judicieux, en pleine conscience. Pas un rempart pour te protéger et combler tes failles.
Je le fixe avec une franche contrariété. Tout ce qu’il dit est très sensé, certes, et je sais pertinemment qu’il a raison. Néanmoins, mon bas ventre n’est clairement pas d’accord avec cette conclusion. De ce que je peux en apercevoir, le sien non plus d’ailleurs…
À défaut d’argument convaincant, c’est une moue boudeuse qui se peint sur mes traits. Bravo Judith ! Si j’espère le convaincre que mon choix est éclairé, je ne peux pas plus mal m’y prendre.
— Tu as très certainement raison, et il me faudra encore du temps avant d’être débarrassée de toutes les séquelles que cette histoire m’a laissées, mais…
— Judith, ce n’est pas une bonne idée…
— À cet instant précis, franchement, je m’en contrefous. J’ai bientôt quarante ans, donc, honnêtement, j’ai passé l’âge d’agir sur un coup de tête. Et même si c’était le cas, je suis assez mature pour l’assumer. Néanmoins, tu me plais, depuis le jour où l’on s’est rencontré, et oui, j’ai envie de toi, déblatéré-je, en m’empourprant violemment en prononçant la dernière partie de cette phrase. Maintenant, si ce n’est pas ton cas, dis-le-moi, je comprendrai, ne t’inquiète pas. Je rentrerai chez moi et on en restera là.
Je lui lance un regard de défi, nez en l’air, expression farouche à l’appui. Il me sourit affectueusement, puis son sourire en coin se dessine. Il me fixe les yeux pétillants, luisants d’un éclat plus trouble qui fait jaillir des papillons dans mon bas ventre. Il se passe un nombre de trucs positivement effrayants dans cette zone depuis un moment…
— Est-ce que tu me crois hypocrite au point de nier éhontément l’évidence ? rit-il en jetant un coup d’œil non équivoque à son entrejambe enflé.
Un sourire coquin se peint sur mes lèvres. Je me mordille la lèvre inférieure, émoustillée par ce que cette vision fait naître en moi. Il se redresse, pose une main sur ma joue et attire mon visage à quelques centimètres du sien. Ses yeux sont vissés aux miens.
— Je meurs d’envie de te faire l’amour, là, sur ce canapé, énonce-t-il d’une voix suave qui me chamboule. Mais je pense vraiment qu’il vaut mieux y aller doucement. Je suis passé par là, je sais quels dégâts cela peut faire de…
Je lui coupe brutalement la parole en collant mes lèvres aux siennes. J’en ai assez de tergiverser. Je n’ai aucune envie de me retourner le cerveau pour savoir si c’est judicieux ou non. J’ai envie de lui, là, maintenant, tout de suite. Et lui aussi.
Je pose une main inquisitrice sur son entrejambe. Un grognement lui échappe alors que sa bouche prend possession de la mienne avec une ardeur renouvelée. Je change de position, l’assaille littéralement en le chevauchant, abandonnant ma retenue, ma bonne éducation et mes questionnements sous les coussins du canapé. L’une de ses mains empoigne ma chevelure alors que l’autre se glisse avidement sous mon pull.
Lorsque ses doigts atteignent mon mamelon, je ne peux retenir un gémissement de plaisir. Il empoigne mon sein avec sensualité. Je soulève son pull, lui enlève, puis parcours son torse de mes doigts savourant le contact de sa peau, de ses muscles qui tressaillent sous mes caresses. Je me retrouve rapidement torse nu. Sa bouche plonge pour flatter ma poitrine de ses lèvres, de sa langue. Je ferme les yeux, savourant ce toucher absolument exquis.
Nous sommes interrompus cavalièrement par un concert de « Fnouf » dans nos oreilles. Raph relève la tête, hilare. Je ne peux que rire à mon tour de voir nos deux compagnons tenter de se mêler à la fête.
— Je crois que mon fantasme ne verra pas le jour ce soir. Si on veut être peinard… viens, me dit-il en m’invitant à me lever.
J’obtempère docilement. Il se lève, puis, sans crier gare, m’attrape et me soulève dans ses bras. Je passe les miens autour de son cou, savourant cet instant magique. Oui, parce que, pour une fois, je suis avec un gaillard suffisamment costaud pour que cette scène ne tourne pas au vaudeville en se terminant en vautrage lamentable.
Il m’emmène ainsi jusqu’à sa chambre. Il me jette sur le lit. Je rebondis, puis une fois stabilisée, m’apprête à râler sur ce traitement manquant cruellement de délicatesse. Les mots restent coincés dans ma gorge face au tableau que m’offre son corps d’athlète. La vache ! Qu’est-ce qu’il est bien gaulé ! Mon corps d’addict à l’oisiveté fait pâle figure à côté de cette gravure de mode. Il ne me laisse néanmoins pas le loisir ni de me plaindre ni de ruminer. Il me défait de mon pantalon avec une dextérité qui me laisse rêveuse, puis reprend son exploration en partant du bout du lit.
Je soupire d’abord d’aise, puis rapidement mes soupirs se muent en halètements et en gémissements. Non seulement ce mec est beau à tomber raide, mais en plus il est d’une dextérité… Et comment on dit quand on est doué avec sa langue, hein ? D’une linguinité époustouflante ? Mouais, c’est bizarre quand même… Bref, on s’en fout complètement, l’essentiel n’est pas là.
Les prémices d’un orgasme ravageur se font sentir. Je tremble comme une feuille. Puis soudain, je me cambre violemment sous l’effet de l’explosion de lumière et de sensations extrêmes que provoque son savoir-faire.
Pantelante et haletante, je le regarde progresser vers moi le regard enfiévré. J’en frémis d’impatience. Mais le fourbe s’arrête en chemin, butinant ma poitrine, mordillant, léchant. Je me tortille comme un ver de terre. Ça le fait rire.
— C’est de la torture, ronchonné-je pour la forme.
Il glousse, puis se décide enfin à remonter jusqu’à moi. Il me surplombe, appuyé sur un coude.
— Il paraît que plus c’est long…
J’interromps ses galéjades en empoignant son sexe, il pousse un râle de plaisir lorsque je commence à le caresser suavement.
— Je te conseille vivement d’arrêter tout de suite si tu ne veux pas que je déclare forfait par KO, me susurre-t-il à l’oreille d’une voix qui me liquéfie instantanément.
— Et pourquoi ne pourrais-je pas te rendre la monnaie de ta pièce ?
— Tu auras d’autres occasions, mais là, c’est moi qui prends soin de toi, me rétorque-t-il en déposant une pluie de baisers de mon oreille jusqu’à ma clavicule.
D’une main agile, il attrape un préservatif dans sa table de nuit. Je ne peux m’empêcher de noter ce fait qui vient assombrir mon plaisir. La prudence, c’est très bien. Du prêt à l’emploi directement dans la table de chevet, ça sous-entend quoi ? Est-il un habitué de ce genre de pratiques ? Personnellement, sur ma table de chevet, y a mon chargeur de téléphone, un livre et un vieux couple de boules quies datant de l’époque où Franck dormait à côté de moi.
Il enfile la protection en latex, puis son regard se pose sur moi.
— Y a un problème ? me demande-t-il en me voyant froncer les sourcils.
Saleté de visage trop expressif !
— Non, non, pas du tout, nié-je, tentant au mieux d’éluder le malaise.
— Je vois bien que si. Qu’est-ce qu’il y a ? C’est le fait que j’ai des capotes dans ma table de nuit qui te chagrine ?
Je me mords la lèvre, incapable de réfuter sa supposition.
— Je ne suis pas un moine, tu sais ? Et généralement, vous les filles, n’avez jamais ce qu’il faut. Je suis juste prévoyant et bien organisé.
— Oui, oui, et je n’ai rien à redire à cela, c’est très bien ; balbutié-je, embarrassée.
Il se laisse glisser sur le côté, s’appuyant sur son coude pour m’observer avec agacement.
— Je ne suis pas vierge, Judith, j’ai un gosse… Et je n’ai pas fait vœu de chasteté en divorçant, OK ?
— Oui, je sais, je suis désolée. Je… je ne sais pas pourquoi je réagis comme ça, c’est stupide…
— Ton ex, il t’a trompée ?
Je tourne vivement mon visage dans sa direction. Mes traits sont crispés. Ma bouche est scellée. Mais comment fait-il pour taper en plein dans le mille à chaque fois ?
— Je ne suis pas ton ex. Je ne suis pas non plus un queutard invétéré, d’accord ? me déclare-t-il d’une voix plus douce. J’ai eu quelques aventures depuis mon divorce, et je préfère être équipé. C’est tout.
— Oh… je suis donc une aventure supplémentaire ? réagis-je involontairement.
Raph soupire, puis me jette un regard navré. Ouais, à sa place je me jetterais aussi un regard navré. Incroyable comme cette peur de l’abandon est nocive et démarre au quart de tour !
— Je n’en ai aucune idée à ce stade Judith, d’accord ? Je t’avais dit qu’il valait mieux y aller doucement. Tu ne peux pas me demander maintenant si c’est du sérieux entre nous alors que notre histoire est à peine en train de démarrer…
Je me sens terriblement conne d’un coup. Mais que je peux être bête ! Qui s’attendrait à un engagement inconditionnel à ce stade d’une relation ? Franchement… C’est tout moi ça ! Tout ou rien, aucun sens de la mesure, pffff ! On dirait ma fille ou ma mère. Oh misère, je suis foutue…
— Je suis désolée, tu as raison. Je ne suis clairement pas guérie du tout… Je, je vais rentrer…
— Arrête… Viens là, m’attrape-t-il alors que je fais mine de me relever.
Je me laisse entraîner dans ses bras. Je pose la tête sur son épaule, me niche dans son cou. J’inspire son odeur, un mélange de cèdre et de musc. J’embrasse doucement la peau de son cou. Il dépose un baiser d’une infinie tendresse sur mon front. Je lève mon visage, trace un chemin de mes lèvres jusqu’à trouver les siennes. Ses doigts effleurent ma poitrine. Je frémis. Il mordille doucement ma lèvre inférieure, je pousse un gémissement de plaisir lorsque ses doigts descendent vers mon entrejambe, retrouvant immédiatement le chemin jusqu’à mes terminaisons nerveuses déjà en feu. Ses doigts s’insèrent en moi me provoquant toujours plus de sensations. Je me redresse, le chevauche avec détermination. Son sourire en coin m’accueille avec délectation. Nous reprenons là où nous nous étions arrêtés. Ses gestes sont empreints tout à la fois d’impatience, d’avidité, de tendresse et de respect. Ce mélange provoque en moi des choses que je n’ai encore jamais ressenties jusque-là. Je me positionne alors, prenant le contrôle de sorte que son sexe se trouve à l’orée du mien.
Je plonge dans son regard, m’y perds, m’y noie. Je me laisse glisser doucement, percevant chaque centimètre de son avancée en moi. Sa bouche s’entrouvre. Ses mains se positionnent sur mes hanches. Il reprend les rênes, me pénétrant profondément. Un cri m’échappe. Son regard langoureux me liquéfie. Après plusieurs va-et-vient, il me fait rouler sur le côté. Il me domine, plonge son visage vers le mien. M’embrasse avec avidité alors qu’il prend toujours plus possession de moi. De plus en plus vite, de plus en plus fort. Je me laisse emporter, bouleversée, chavirée par le plaisir qui me submerge. Dans un râle étouffé, il jouit en même temps que moi.
Il est évident que ça aurait été dommage de rater ça…
Trop de tout, trop d’émotions, trop de fatigue, trop de bouleversements. Je m’endors dans ses bras sans même m’en rendre compte, pour une fois depuis très longtemps totalement insouciante du lendemain.
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