Toi, moi et nos traumas (French Edition)

Julie Legrisson · Chapitre 31 sur 38

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Toi, moi et nos traumas (French Edition)

Chapitre 31 Crevage d’abcès

Chapitre 31

 

Crevage d’abcès

 

« Tout vient à point à qui sait attendre », morale de Jean de La Fontaine.

Alors, oui, mais ça serait bien que ça arrive avant que je sois complètement

fossilisée, hein…

 

éclair dont je suis victime. Comment, après tous les fiascos qui jalonnent Je tourne en rond comme un lion en cage jusqu’à l’heure du rendez-vous avec maman. Je me repasse en boucle les évènements. J’ai un peu de mal à comprendre le crash ma vie amoureuse, je peux encore tomber dans le panneau aussi facilement ? C’est affligeant.

Bon, il faut bien reconnaître que Raph est assez irrésistible dans son genre. Seulement, une fois qu’on gratte le vernis, eh bien, il s’avère aussi cinglé que son ex. Je ne sais pas qui, du bourreau ou de la victime est le plus à blâmer. Le plus dérangeant dans cette histoire, c’est que ça fait douloureusement écho à ma propre situation. Le cercle vicieux des relations dysfonctionnelles qui conduisent à des relations toxiques n’a plus vraiment de secrets pour moi. Ce n’est pas pour autant que je possède les clés pour sortir de ce merdier… On ne peut pas dire que j’aie brillé par mes capacités à m’extraire de ce piège sordide… J’ai même plutôt tendance à faire pire à chaque fois…

Par association d’idées, ça me rappelle les propos de Sophia, la cousine de Raph au sujet des flammes jumelles. Finalement, je n’arrive pas à savoir lequel des deux, de Franck ou de Raph, me provoque le plus cet effet miroir qui me renvoie mes propres failles à la figure. Tout ce que je sais, c’est que ce n’est pas agréable…

J’ai très envie de verser quelques larmes… La sécurité que j’ai éprouvée auprès de Raph samedi soir me manque déjà. Et soyons honnêtes, ce n’est pas la seule chose que je regrette de voir me glisser entre les doigts. Ce con a réussi l’exploit de me faire vibrer encore plus puissamment que ce que j’ai connu avec Franck. Ce qui est loin d’être anodin, je peux vous le dire…

Je m’ébroue, mentalement et physiquement, car me remémorer tous ces moments m’émoustille beaucoup trop pour ma santé mentale. Finalement, je vais peut-être apprécier le cadeau de Steph à sa juste mesure… D’ailleurs, il est temps de sortir Roger de sa cachette et de le mettre à disposition plus facilement que dans un carton de décoration de Noël au fond de mon garage.

Je cesse mon manège et range mon intense frustration au placard lorsque l’heure de déjeuner arrive. Je grimpe dans ma voiture et me rends au restaurant convenu. J’adore cet endroit, on y mange bien, pour un prix raisonnable, le décor est chaleureux et les patrons sont hyper sympas.

Ma mère, comme à son habitude, est en avance et déjà installée à table en train de siroter un porto.

— Ah ma chérie ! Te voilà ! Je ne t’ai pas attendue, tu ne m’en veux pas ? pépie-t-elle joyeusement en me montrant son verre.

— Pas du tout. Tu as bien fait, la dédouané-je en l’embrassant.

Je défais mon manteau et m’assois face à elle. Un léger blanc s’installe. Je ne sais pas trop pourquoi je suis là. Je commande un apéritif. Ma mère sirote son porto comme un bébé son biberon. C’est son péché mignon.

Mon mojito arrive. Je plonge mes lèvres dedans pour me donner du courage. Je ne sais pas à quelle sauce je vais être bouffée, et vu comme la journée à commencer, je crains le pire…

Ma mère repose son verre et dirige son regard vers moi. Elle me fixe avec un mélange de gravité et de sentimentalisme qui font grimper ostensiblement ma tension.

— Alors, maman, de quoi voulais-tu parler ? décidé-je de lancer les hostilités, parce que ce suspense est par trop insoutenable pour mon système nerveux déjà fortement malmené.

— Eh bien, comme je te l’ai dit, j’ai beaucoup réfléchi ces derniers temps. Ton coup d’éclat à Noël a, comme qui dirait, mis un coup de pied dans la fourmilière de mon cerveau… Et lire tes ouvrages m’a aidée à poser des mots et à comprendre un certain nombre de tes réactions, développe-t-elle en préambule, sur un ton qui se veut détaché.

— Okééé, ponctué-je avec appréhension, face à cette entrée en matière qui augure le déballage des vieux dossiers.

Autrement dit, ça pue…

— Je suis désolée, ma chérie. Il semble que je n’aie pas été la mère attentionnée que je pensais… m’avoue-t-elle en plongeant le nez dans son porto, l’air contrit.

Je tique. Mes sourcils se froncent, j’attends la suite, intriguée par ce mea culpa inattendu.

— J’ai bien peur que tes soucis récurrents ne soient que la conséquence de notre modèle familial un brin dysfonctionnel…

— Tu t’es mise à la psychologie récemment ? ironisé-je, face à ce constat des plus évidents.

— Tes livres m’y ont poussée, oui, admet-elle humblement, mais avec un rictus sarcastique qui souligne ma responsabilité dans son initiative surprenante. J’ai fait quelques recherches. Et puis j’ai discuté un peu avec Marie-Jo, tu sais, celle qui…

— Je sais qui est Marie-Jo, maman, la coupé-je, jugeant inutile qu’elle me décrive le pedigree de la femme du concierge.

Je crains le pire pour la suite si c’est Marie-Jo la source d’informations et de réflexion de ma mère…

— Eh bien, je crois que j’ai malheureusement reproduit avec toi, ce que j’ai vécu avec ma propre mère. Mamido était… enfin… Elle vous adorait, mais son comportement de grand-mère était aux antipodes de celui qu’elle avait en tant que mère. Avec moi, elle a toujours été d’une exigence qui frôlait la tyrannie absolue. Si tu veux mon avis, Castro aurait été un débutant à côté de Mamido.

J’écoute ses confessions au sujet de son enfance avec une attention renouvelée. Jamais je n’aurais imaginé ma mamie gâteau en tyran despotique. Ni ma mère en enfant rabrouée à la confiance en soi rachitique. Ces aveux apportent un tout nouvel éclairage sur ma famille que j’étais loin d’imaginer.

— Enfin, bref, il semble que j’ai involontairement reproduit le schéma mère-fille que j’ai subi… Ce qui explique que ton frère n’en ait pas fait les frais, puisque j’étais fille unique.

— Ouais, enfin pour Simon, je vois quand même deux trois autres explications… grincé-je, laissant ma phrase en suspens, pleine d’accusations non formulées explicitement.

— Tu fais référence à son accident ?

— Entre autres choses, oui. Cet accident a eu une incidence désastreuse sur l’équilibre familial, déclaré-je, amère, mais aussi sobrement que possible, gardant pour moi les paroles bien plus acerbes que cet évènement m’inspire.

— Je sais, soupire-t-elle, la mine désolée. Ton père n’a pas été à la hauteur. Il est de la vieille garde. Les hommes ne géraient pas le foyer avant, tu comprends… Mais tu n’étais pas malheureuse chez papou et mamido.

— Non, je n’étais pas malheureuse. J’étais choyée, dorlotée, chouchoutée à l’extrême. Ce qui ne m’a pas empêchée d’avoir l’impression d’être un encombrant paquet dont on devait se débarrasser parce qu’on n’avait pas de temps à lui consacrer. Il fallait s’occuper de Simon, le fils chéri, craché-je, me surprenant moi-même par l’animosité qui dégouline de mes propos.

— Mais enfin, voyons, pas du tout ! se récrit ma mère, les yeux exorbités, visiblement choquée par mes mots acides. Comment as-tu pu penser ça ?

Elle semble aussi scandalisée que consternée. Moi, je n’ai aucun contrôle sur les émotions putrides que je suis en train de déverser. À croire que la cocotte-minute dans laquelle tout était stocké vient d’exploser. Je poursuis donc dans la même veine, sans parvenir à contenir mon fiel et mes ressentis toujours aussi vivaces malgré toutes ces années.

— Oh, bah, facile, dès que t’étais pas là, Papa me déposait illico chez Papou et mamido pour une durée indéterminée parce qu’il avait trop de travail. Et quand Simon est revenu à la maison pour sa convalescence, c’était même combat, parce qu’il fallait qu’il se repose et que je faisais trop de bruit…

Ma mère plonge le nez dans son assiette vide, puisqu’il n’y a plus de porto pour y noyer sa culpabilité. Je ne pensais vraiment pas que tous ces souvenirs étaient encore aussi chargés en amertume et rancœur de tout bord. Je suis à deux doigts de montrer les dents, comme un rottweiler à qui l’on aurait piqué sa gamelle. Moi qui croyais avoir digéré tout ça depuis longtemps, j’en suis pour mes frais.

— Il n’y en avait que pour lui ! J’étais le trublion, le vilain petit canard, toujours en trop, ajouté-je encore, déversant tout mon mal-être en une bile acide.

— Tu n’as jamais été en trop, souffle ma mère à peine audible, l’air totalement accablée. C’est juste que…

— Que quoi maman ? Parce que moi je n’ai pas eu la malchance de me faire renverser en deux roues par un chauffard, ça justifiait qu’on me prive de moyen de locomotion, qu’on me critique sans arrêt ou qu’on me range dans un placard ?!

— Mais non enfin ! Mais, on a bien failli perdre ton frère. C’est un miracle qu’il n’ait gardé que si peu de séquelles.

— Et voilà… Simon par ci, Simon par là… Mais il ne fallait pas me faire si vous ne vouliez pas de moi ! persiflé-je, abasourdie par mon propre comportement qui frôle la bêtise de l’impulsivité prépubère.

— Arrête ! Ça suffit ! s’emporte-t-elle, les yeux emplis de larmes, mais avec une expression furibonde. Simon et toi êtes les plus belles réussites de ma vie ! Je t’interdis de remettre en cause les raisons de ta naissance. Nous te désirions profondément avec ton père. Mais…

Elle marque un temps d’arrêt, me laissant le temps d’avaler sa petite crise d’autorité. Il me faut au moins ça, car j’ai clairement passé l’âge de me faire sermonner comme une écolière dissipée.

Elle reprend ensuite, plus doucement, ses traits s’affaissant brutalement :

— Je ne pouvais pas me couper en deux… je ne pouvais pas à la fois être avec toi et être avec Simon. Qu’aurais-tu fait à ma place ? Est-ce que tu aurais réussi à faire mieux ?

— Indéniablement, cinglé-je, furieuse. Enfin…

Je me reprends, percutée de plein fouet par le dilemme qui a déchiré ma mère à cette époque. Transposant le problème à ma situation actuelle, je me rends compte que l’équation est autrement plus compliquée que ce que mon ressenti d’enfant à l’époque avait paramétré. Comment m’y prendrais-je si cela devait m’arriver ? Je blêmis. En tant que mère célibataire, le problème me paraît encore plus inextricable.

— Aurais-tu renoncé à aller au chevet de ton enfant blessé ? Réponds-moi sincèrement, comment aurais-tu voulu que je fasse les choses ? insiste-t-elle, les yeux larmoyants, semblant réellement en quête d’une solution magique.

Je reste muette, pétrifiée par les conséquences du changement de point de vue. Ma mère se tait, attendant ma réponse qui ne vient pas. C’est fou comme certaines choses inextricables peuvent se résoudre facilement lorsqu’on se décide à bouger ses fesses et les mettre sur une autre chaise… Tout le panorama semble alors complètement différent.

— Je suis désolée maman, articulé-je finalement d’une petite voix. Je n’avais pas compris… Je… Je ferais exactement comme toi, évidemment…

— Et tu ne pouvais pas comprendre, m’interrompt-elle en secouant la tête, navrée. Tu avais à peine plus de dix ans. Tu as éprouvé des sentiments, des angoisses, des questions, avec la maturité émotionnelle et la vision du monde d’un enfant d’un âge aussi tendre. Il est parfaitement normal que tu n’aies pas compris à l’époque, ma chérie. C’était à ton père et à moi de prendre le temps nécessaire pour t’expliquer les choses. Nous ne l’avons pas fait, probablement parce que nous-mêmes nous étions dépassés par les évènements, nos ressentis, nos peurs… Et je crains malheureusement que cette omission ait eu des conséquences sur ta construction et ton équilibre.

— C’est le moins que l’on puisse dire… grimacé-je, dépitée. J’ai bien l’impression que ma peur de l’abandon et ma dépendance affective viennent tout droit de ce quiproquo et de ces non-dits.

— Eh bien, je veux que tu saches qu’on ne t’a jamais abandonnée, déclare-t-elle sur un ton affermi en me fixant avec un regard déterminé. On a juste très mal géré nos priorités, et on s’y est pris comme des manches avec toi, parce que tu allais bien et que tu étais en pleine santé. Tu n’avais pas autant besoin de nous que ton frère à ce moment-là.

Cet aveu me touche en plein cœur. Une foule d’émotions remontent à la surface, m’aidant à mettre des mots sur des sentiments qui sortent pour la première fois au grand jour.

— Mais, c’est faux, maman ! J’avais besoin de vous. Au contraire. J’ai cru que j’allais perdre mon frère… Et j’ai aussi perdu mes parents dans la foulée, enfin, façon de parler, mais...

— Je suis désolée, vraiment, me coupe-t-elle en laissant échapper une larme qui coule lentement sur sa joue. Je n’ai pas été là, à l’époque, mais je te promets que je vais tâcher de ne plus jamais faillir à partir de maintenant.

Je blêmis derechef, très inquiète au sujet de ce que cela implique pour l’avenir.

— Ce qui sous-entend ? frémis-je, avec appréhension.

— Qu’il est temps que nous ayons une vraie relation mère-fille, un truc épanouissant, qui te fournisse des bases solides afin de t’aider à déployer tes ailes.

Ah, finalement, son plan n’a pas l’air cataclysmique. Ça semble même plutôt prometteur en fait. Un sourire confiant et reconnaissant se dessine sur mes lèvres. Je m’autorise enfin à espérer un réel changement. C’est pour le moins inattendu, et très rassérénant.

Elle reprend, les yeux brillants d’émotions et d’admiration. Ouais, je sais, ça fait beaucoup pour mes nerfs à fleur de peau.

— Ma chérie, tu es pleine de talents, tu es belle, intelligente, créative. Tu as fait deux merveilleux enfants. Tu n’as pas besoin d’un homme pour t’épanouir ni pour te mettre en valeur.

Je sens les larmes m’envahir insidieusement à mon tour. Ma mère attrape ma main sur la table et la serre. Tant d’émotions transpirent dans ce geste que c’en est bouleversant.

— J’ai été une mère beaucoup trop exigeante. J’ai reproduit ce que ma mère m’a infligé, je suis désolée. J’ai commis tellement d’erreurs… Mais, malgré cela, tu es là, debout, resplendissante. Je suis si fière de toi, ma chérie, et je dis cela tout à fait objectivement, sans m’octroyer le moindre mérite là-dedans. Je n’ai vraiment pas fait ce qu’il fallait pour ça, mais en dépit de moi, tu es devenue une femme extraordinaire.

Et voilà, les larmes coulent le long de mes joues sans discontinuer. J’ai rêvé si souvent d’entendre ces mots sortir de la bouche de ma mère… Et voilà qu’au moment où j’ai l’impression d’être en perdition totale, elle se décide enfin à me tendre une bouée de sauvetage. Je n’en reviens pas…

— Si tu le veux bien, j’aimerais qu’on déjeune plus souvent ensemble, afin de creuser et d’évacuer tous nos dossiers moisis. Nous pourrons alors rebâtir une relation plus saine, qui pourra t’aider à trouver de vraies marques dans ta vie.

J’acquiesce en silence, incapable de prononcer un mot tant ma gorge est comprimée par l’émotion. Ma petite fille intérieure danse la samba parce qu’elle vient enfin de retrouver sa maman, ou de la trouver tout court, c’est possible aussi. Je n’en montre rien, évidemment. Ou presque, hum…

— Il est temps que tu révèles tout ton potentiel et que tu en finisses avec ce cycle de relations dysfonctionnelles transgénérationnelles. Tu as la force pour mettre fin à cette malédiction, me déclame-t-elle avec une telle ferveur que j’en perds le peu d’aplomb qu’il me restait.

— Je… Merci maman, bafouillé-je, complètement chamboulée par le revirement de ma mère, ainsi que tout ce qu’il entraîne dans mon psychisme comme chambardements par un effet boule de neige tonitruant.

— Tu n’as pas à me remercier. J’aurais dû m’en rendre compte bien plus tôt et faire le nécessaire en son temps. Je suis navrée qu’on ait perdu autant de temps et que ça t’ait autant coûté.

Je hausse les épaules en un geste nonchalant. Désinvolture que je suis loin de ressentir, bien entendu. Il s’agit plutôt d’un brusque lâcher prise débouchant sur un investissement total de l’instant présent.

— Peu importe, l’important c’est que ça se produise, déclaré-je donc, pensant sincèrement chaque mot que je prononce. Beaucoup n’auront jamais cette chance.

Ma mère m’adresse un sourire d’une bienveillance et d’une reconnaissance époustouflante.

— Et donc, tu vas réussir à glisser un déjeuner hebdomadaire avec ta fille dans ton planning de ministre ? la taquiné-je gentiment, histoire d’alléger un peu l’atmosphère.

— Eh bien, comme je te l’ai dit, il est grand temps de revoir mes priorités. Tu es une priorité. Et j’aurais dû m’en rendre compte bien avant…

— Oh maman… balbutié-je, en essuyant mes larmes qui coulent de plus belle.

Au temps pour ma tentative d’allègement…

— Bon, et comment vont mes petits-enfants chéris ? embraye-t-elle, comprenant, avec un chouïa de retard, mon besoin de dédramatiser au moins temporairement la conversation.

Et je lui en sais gré, parce que, de toute évidence, je vais mettre un certain temps à me remettre de cette révolution !

Nous finissons le déjeuner, alternant les sujets légers et les mises au point plus sérieuses au fur et à mesure que les choses remontent à la surface. Nous avons clairement un gros travail de fond à effectuer, mais j’imagine que la « restothérapie » que ma mère vient d’inventer va grandement nous y aider. Et puis, il faut avouer que c’est quand même vachement plus agréable avec un bon verre et une bonne assiette qu’en fixant le plafond d’une pièce insipide chez un psy quelconque.

Nous crevons tant et tant d’abcès que les patrons, toujours charmants, finissent par nous faire comprendre que le resto va fermer. Oups… Effectivement, nous avons vu le personnel de cuisine se faire la malle il y a déjà un petit moment…

Confuses, nous nous en allons en nous confondant en excuses.

Ma mère et moi nous quittons sur une embrassade qui se transforme en une étreinte pleine d’émotions, à la limite de l’effusion hémorragique. Non, nous ne sommes pas du tout exubérants dans cette famille ! Ça se saurait quand même…

C’est donc dans un état d’intense agitation, et le mot est faible, que je retourne chez moi m’attaquer à un nouveau manuscrit.

 

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