Toi, moi et nos traumas (French Edition)

Julie Legrisson · Chapitre 32 sur 38

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Toi, moi et nos traumas (French Edition)

Chapitre 32 Travail de fond

Chapitre 32

 

 

Travail de fond

 

« Patience et longueur de temps valent mieux que force ni que rage »,

morale de Jean de la Fontaine.

Et la patience, ça s’achète où ? Mes parents l’ont oubliée dans le cahier

des charges…

 

deux enfants pleins de vie, un chien obsédé par la nourriture et beaucoup de Après cette semaine qui a démarré sur les chapeaux de roues, ma vie ressemble étrangement à un long fleuve tranquille. Enfin aussi tranquille que possible avec frustrations. Sur ce dernier point, Roger m’est d’un secours inestimable. Et source de grands moments de solitude aussi…

Oui, ma cachette que je pensais pourtant introuvable n’a pas résisté aux côtés fouine spécialisée en furetage de pointe de mes enfants. Je ne vous raconte pas ma tête lorsque j’ai retrouvé Roger détourné pour former un pont sous lequel mon fils faisait passer ses karts électriques… Il trouvait très amusant de simuler un séisme et une tornade en même temps… La honte donc ! J’ai bien entendu changé de cachette immédiatement. Steph, en revanche, n’a toujours pas fini d’en rire…

Plusieurs semaines ont passé, durant lesquelles ma mère n’a pas failli. Ces séances de psychothérapie familiale me font un bien inestimable. J’ai enfin l’impression de pouvoir parler à ma mère sans fard, sans crainte d’être jugée ou critiquée. Ce qui est totalement inédit. J’ai encore un peu de mal à m’adapter à ce changement, mais c’est pour le mieux. En revanche, il faut avouer que ce dragage de fond monopolise une quantité astronomique de ressources psychiques. J’avance donc à la vitesse d’un escargot léthargique dans mon boulot. Néanmoins, je relativise, puisque j’avance quand même, c’est l’essentiel. Et puis mon dernier roman marche très bien, donc je ne m’inquiète pas outre mesure.

En revanche, je dois bien avouer que ma dernière résolution qui consistait à me remettre au sport, tout étant relatif bien entendu, ne m’apporte pas le bien être espéré. En effet, bien que Fnouf, lui, soit aux anges, mes balades me conduisent systématiquement sur le chemin de chez Raphaël. Je me surprends régulièrement à lorgner du côté de son domicile, juste pour voir s’il est là, si sa voiture est stationnée, si je peux l’apercevoir, on ne sait jamais. Je suis pathétique, oui, en effet…

Mais force est de constater que son passage éclair dans mon existence y a créé un vide et un manque. D’autant que mon manuscrit en cours d’écriture me fait souvent penser à lui et à ses travaux graphiques. J’imagine sans difficulté l’une de ses couvertures illustrer la nouvelle série qui a pris corps dans mon esprit. Malheureusement, aucune rencontre fortuite, aucune coïncidence, rien. Si je veux le revoir, je vais devoir me décider à forcer la main au destin, et je ne m’y suis pas encore résolue. Principalement parce que je ne sais pas comment, soyons francs. Et parce que je rechigne à me frustrer davantage puisque nous nous sommes quittés sur des objectifs antinomiques parfaitement clairs. Je n’ai jamais été adepte de remuer le couteau dans la plaie. C’est totalement improductif et très douloureux.

J’ai revu Franck aussi. Plusieurs jours après sa garde à vue, il m’a envoyé un message pour me demander si j’accepterais de le voir afin de discuter. J’aurais pu refuser, prendre peur, me braquer. Néanmoins, le ton de son message me laissait penser que quelque chose avait changé. Et comme je suis d’un naturel curieux, ou complètement maso, je n’ai pas réussi à trancher…

Je me suis donc retrouvée dans sa voiture un soir, en direction d’un petit resto-bar que nous avions l’habitude de fréquenter au début de notre relation.

Repenser à cette soirée a un effet apaisant sur moi. Ouais, je sais, ça paraît inconcevable et pourtant…

Après nous être installés à une table, Franck plonge son regard dans le mien. Je le soutiens, ou du moins j’essaye de le soutenir sans être remuée jusqu’au tréfonds par l’intensité que j’y perçois.

— Alors, tu vas me dire pourquoi nous sommes là ? entamé-je, n’ayant pas une envie dévorante de replonger dans nos vieux travers.

— Je voulais te dire que je suis désolé, j’ai merdé.

Effectivement… et ce depuis le début de notre relation, mais bon, je m’abstiens de mentionner ce détail temporel, hein ! Inutile de déclencher les hostilités pour si peu. Je me tais donc, le laissant poursuivre.

Nonobstant, sa démarche est intéressante. Jamais Franck ne m’a invitée au restaurant, et encore moins pour s’excuser. C’est donc inédit et tout à fait délectable. Même si c’est bien trop tard pour changer quoi que ce soit.

— Je… Je t’aime toujours Judith.

— Okééé… ponctué-je, embarrassée.

— Pas toi ?

Il dégaine le regard de chien battu, classique. Allez, Judith, un peu de fermeté, tu peux le faire.

— Écoute Franck…

— Je sais que c’est terminé entre nous. Je sais que je t’ai fait trop de mal… Mais je…

— Comme tu l’as dit, c’est terminé, le coupé-je fermement avant qu’il ne s’empêtre dans un laïus inextricable qui nous mettrait mal à l’aise tous les deux. Nous sommes adultes, Franck. Il est temps de voir les choses en face et d’arrêter de se mentir. Il est fort probable que je t’aime toujours et que tu garderas une place quelque part dans mon cœur. Parce que quand on aime aussi fort, c’est inoubliable. Mais on se fait trop de mal Franck. On n’est pas fait pour être ensemble.

Je vois ses épaules s’affaisser. Sérieusement ? Il espérait encore ?

— Je vois… Il ne se passera plus jamais rien alors ?

— Non. Pourquoi ? Tu en doutais ?

— Non, me répond-il fermement en se redressant, affichant un air bravache.

Je sais qu’il n’en pense pas un mot. Mais peu importe. Je fais semblant de le croire, ça m’arrange.

— On a essayé, de plein de manières différentes. Y a rien à faire, ça se termine toujours mal et dans la douleur. Or, je mérite mieux que ça, Franck. Et toi aussi, très certainement.

Il accuse le coup, avec un aplomb impressionnant. Je le connais cependant trop bien pour ne pas voir les signes de sa déception.

— Il te rend heureuse ?

— Qui ça ?

— Eh bien, lui, tu sais ? Il prend soin de toi comme il se doit ?

— Je ne suis avec personne, Franck. Et personne ne prend soin de moi à part moi.

Ses yeux s’éclairent. Merde ! Mauvais message.

— Et je ne veux personne ! J’ai des choses à réparer chez moi, et je ne peux le faire que seule. Tu devrais d’ailleurs faire pareil…

— J’y travaille…

— Ah bon ? C’est vrai ? relevé-je en écarquillant les yeux de surprise.

— Oui, je règle mes merdes. Au boulot, tu vois, y a…

Et blablabla… Au temps pour les progrès potentiels. À partir de là, Franck ne fait que se plaindre, rejetant la faute sur les autres, toujours et encore. Plus il m’en raconte, plus je me rends compte qu’en réalité, il a régressé.

Lassée de ses jérémiades sans fin, je finis par lui demander de me raccompagner.

Au moment de se dire au revoir, il me caresse la joue du bout des doigts. Les frissons irrépressibles qu’il déclenche me renvoient plusieurs mois en arrière. J’ai un mouvement de recul involontaire. Son regard s’éteint.

— Au revoir, Franck, dis-je d’une voix neutre en m’extirpant de la voiture.

Je n’entends pas sa réponse. Je vois juste son regard empli de regrets. Je le sens peser sur moi jusqu’à ce que je referme la porte de chez moi. Je m’adosse à celle-ci, poussant un profond soupir de soulagement. La sensation qui domine est celle que l’on ressent à la fin d’un livre lorsqu’on le replace dans la bibliothèque, en sachant qu’on ne le relira jamais. C’est bel et bien fini cette fois-ci. Un poids s’ôte de mes épaules, et c’est bien plus légère que je gagne mon lit.

Je repense régulièrement au parcours de ma dernière héroïne. Il semblerait que, si j’ai eu le pouvoir à un moment de provoquer des choses dans ma vie en écrivant, ce pouvoir a bel et bien disparu. La fin de l’histoire était tout de même plus stimulante que la mienne… Quoique, je n’aie pas à me plaindre, pour la première fois de ma vie, j’ai l’impression d’être sur le bon chemin. Ça change ! Et puis, je n’ai peut-être pas d’homme dans ma vie, mais j’ai des super amis. Steph et Sacha se relayent pour faire prendre l’air au grizzli…

D’ailleurs, Steph ne m’a pas laissé le choix. Elle organise mon anniversaire avec un peu de retard chez elle dimanche midi, à savoir demain. Je suis sommée de pointer le bout de mon nez ainsi que celui de mes enfants et la truffe de Fnouf à midi et demi.

En attendant, il fait un temps magnifique, et je compte bien en profiter avec les enfants.

C’est donc avec une joie palpable que chacun des enfants enfourche son vélo et ouvre la route à mon fidèle Fnouf et à moi. Ayant enfin décidé que je n’étais définitivement pas masochiste et que rien ne viendrait gâcher ma journée ni ma bonne humeur, nous bifurquons du côté opposé de chez Raphaël.

Mon chien truffe et oreilles au vent renifle frénétiquement toutes les odeurs qui traînent. Sa queue dressée fièrement, brandissant son pinceau blanc oscille de droite et de gauche, témoignant de sa félicité.

Je pourrais presque faire comme lui… nez en l’air, flânant tout en contemplant la nature en ce mois d’avril reprendre vie, je me promène en gardant tout de même un œil sur Will et Rosy. Mais non, tout va bien, les oiseaux chantent, les bourgeons fleurissent sur les arbres. Je profite pleinement de tout ce fourmillement, car il résonne en moi. Je frétille comme un têtard avide de découvrir sa nouvelle mare.

Soudain, mon chien tire sur sa laisse. Vers l’avant, je précise, c’est pour cela que c’est surprenant. Car, le cas échéant, étant donné que c’est un mâle, les arrêts sont fréquents pour déposer trois gouttes afin de marquer son territoire. Si je veux être honnête, nous sommes d’ailleurs plus souvent à l’arrêt qu’en promenade. Ce chien à une microvessie…

— Maman ! Maman ! crient mes enfants en chœur. Regarde !

Tous deux me montrent du doigt un animal au milieu de la route.

— Regarde maman ! Y a un autre Fnouf en liberté !

Entraînée par mon chien qui, contrairement à moi, est doté d’une sociabilité éblouissante, je trottine jusqu’à rattraper mes enfants qui se sont sagement arrêtés sur le bas-côté. Je dois louer leur bon sens, c’est effectivement bien plus prudent d’être à l’arrêt pour lâcher le guidon afin de montrer des choses du doigt... Nous sommes entourés de champs de chaque côté et le trafic n’est pas franchement intense sur cette partie de la route.

Je fais la mise au point, scrute avec attention l’animal en question dont la silhouette ressemble effectivement à mon chien. Pinceau blanc en l’air, truffe au vent, la bestiole remue la queue tous azimuts en regardant dans notre direction. Il n’y a bien qu’un beagle pour faire la fête à n’importe qui de cette façon…

Après un instant d’observation, j’ouvre des yeux ronds comme une chouette. Ah ben merde alors… Et dire que je pensais devoir forcer le destin…

— Vénus ! Viens ici ma belle ! Qu’est-ce que tu fais là toute seule ?

Ayant reconnu son nom, la petite femelle se dirige ventre à terre vers nous. Ouais, ça peut arriver, sur un malentendu… Les beagles n’ont aucun rappel, mais genre vraiment aucun. Nonobstant, celle-ci vient saluer son pote à quatre pattes avec jovialité.

— Maman ?

— Oui, mon chéri ?

— Tu connais cette chienne ?

— En effet…

— Et tu crois vraiment qu’elle va te répondre ? me demande Will avec un air profondément dubitatif.

— Non, m’esclaffé-je, Je peux néanmoins te dire qu’elle a fugué en creusant sous le grillage, en témoigne toutes ces taches de boue sur ses pattes et son museau.

— Ohhhh ! D’accord ! T’es trop forte maman !

Je souris à mon fils avec un air fat.

— Comment on va faire ? On ne peut pas la laisser là, surtout si tu sais qui est son maître, souligne ma fille, future Brigitte Bardot en herbe. On peut la ramener à la maison ? Dis ?

— Non, ma chérie. Je sais où elle habite, on va la reconduire chez elle.

Se pose maintenant la question de savoir comment je vais réussir cet exploit… Je n’ai qu’une laisse, et je ne suis pas Mac Guyver. Même pas inspecteur Gadget. Mon fils en revanche…

Will descend de son vélo et me tend fièrement une ficelle qu’il sort de la poche de son manteau. En tombent plusieurs Lego, des prospectus, des morceaux de circuit Mario… J’attrape la ficelle en le remerciant. Il se dépêche de remettre ses trésors dans sa poche. Au vu de la quantité d’objets hétéroclites qui y ont trouvé refuge, je me fais la réflexion que, même si mon fils est un accumulateur compulsif, je ne dois pas laver assez souvent leurs manteaux…

Je passe la ficelle dans le collier de Vénus, puis l’attache à la laisse d’Ulysse.

Compte tenu de l’inconfort et de la fiabilité toute relative et très aléatoire de mon dispositif, nous faisons immédiatement demi-tour et prenons la direction de chez Raph. Ouais, exactement ce que je voulais éviter… Enfin bref…

Les deux chiens surexcités zigzaguent sur la route en se croisant sans arrêt. Je manque de me vautrer un nombre de fois absolument indécent. Mes enfants, prudents, pédalent derrière nous. C’est effectivement plus sage si nous voulons éviter le saucissonnage généralisé…

Je n’ai pas revu ni eu de nouvelles de Raphaël depuis ce fameux jour où nous avons déposé plainte contre Franck et que nous nous sommes quittés sur une fin de non-recevoir réciproque. J’appréhende légèrement ce face-à-face improvisé.

Lorsque nous arrivons dans son allée, je constate que sa voiture est stationnée. Bien, au moins il est là, je n’aurais pas à emmener Vénus chez moi et à lui téléphoner. Quoique, à bien y réfléchir, ça aurait été plus facile à gérer comme situation.

Enfin, bref, il est trop tard pour reculer. J’appuie sur le bouton de la sonnette et patiente.

C’est le jeune garçon, Clément donc, qui ouvre la porte.

— Bonjour, nous salue-t-il en observant tout notre petit groupe.

— Clément ?! C’est qui ? crie une voix d’homme du fond de la maison.

— Bonjour, je suis une voisine, et j’ai…

— Vénus ! Papa ! Une dame nous a ramené Vénus ! se met à crier Clément en ne dissimulant ni sa joie ni son soulagement de retrouver sa chienne.

Une ombre apparaît derrière la porte, puis la silhouette de Raph se détache pour finalement imposer sa stature toujours aussi impressionnante face à moi. Ses yeux s’écarquillent. Sa bouche s’entrouvre, mais pas un son n’en sort.

Clément s’est précipité sur Vénus et la câline avec entrain, collant de la boue partout sur ses vêtements.

— Bonjour, Raphaël, brisé-je le silence qui s’éternise. On se baladait et on est tombé sur cette demoiselle… Alors, on te l’a ramenée.

J’explique tout cela en concentrant mon attention sur le bout de ficelle que j’essaye vainement de dénouer. D’une, ça m’évite de soutenir son regard, et deux, eh bien, il faut au moins ça pour détricoter le merdier… Et encore, c’est franchement pas gagné.

— Bonjour, Judith, finit-il par articuler de sa voix grave qui me fait vibrer. Merci, c’est super gentil. J’étais en train de réparer la clôture, on allait partir à sa recherche.

— Eh bien, voilà qui t’évite une battue effrénée, dis-je, en me bagarrant de plus belle avec les touillons que forment la ficelle et la laisse de Fnouf.

— Est-ce que tu veux que j’aille te chercher des ciseaux ? l’entends-je me proposer sur un ton aussi attentionné qu’ironique.

Je lève la tête dans sa direction. Son sourire en coin illumine son visage. Il se fout ouvertement de ma poire, mais ses yeux pétillent d’amusement. Mes souvenirs ne lui rendaient pas justice. Il est encore plus beau qu’avant… Le printemps a des effets tout à fait pervers sur mon comportement.

— J’ai bien peur que cela s’avère nécessaire, accepté-je en dissimulant au mieux mon émoustillement.

Il se marre, puis disparaît pour réapparaître presque aussi vite avec une paire de ciseaux. Je me redresse, abandonnant sans scrupule cette tâche herculéenne. Il s’accroupit, sectionne en plusieurs endroits la ficelle, puis récupère sa chienne. Clément est parti discuter avec mes enfants un peu plus loin. Je ne sais pas de quoi ils parlent, mais Will et lui ont l’air d’avoir trouvé un sujet passionnant si j’en juge par les grands gestes qu’ils font tous les deux sous les yeux critiques de ma fille.

— Bon, eh bien, voilà. Mission accomplie. Cette coquine ne sera pas partie longtemps, déclaré-je, commençant à me sentir mal à l’aise sous le regard scrutateur de Raph.

Non, scrutateur, ce n’est pas tout à fait vrai. Il est plutôt en train de me déshabiller du regard, comme s’il comptait me bouffer. Mon bas ventre se contracte sous son examen à la limite de l’impudeur. Mes joues s’enflamment. Je n’ai qu’une envie, c’est de prendre mes jambes à mon cou et de m’enfuir pour aller me noyer sous une douche glacée. Foutu printemps !

— Bon, eh bien, nous allons vous laisser, décrété-je en reculant. Bon week-end !

— Encore merci. Et… Judith ?

— Oui ? lancé-je par-dessus mon épaule.

— Ça m’a fait plaisir de te voir, me déclare-t-il en me fixant sans ciller.

Son regard me donne très chaud… Le ton sur lequel il a prononcé cette phrase me déclenche des frissons dans tout le corps. Je suis beaucoup trop réceptive, là, ça ne va pas du tout ! Comment peut-il me faire autant d’effet avec une seule pauvre petite phrase anodine, par-dessus le marché ! Enfin, anodine… Si l’on cumule le ton, le regard voilé, le sourire enjôleur et toute son attitude en général, il n’y a clairement plus rien d’anodin là-dedans. Les signaux qu’il m’envoie sont clairs comme de l’eau de roche. Et ma réactivité est proche de la nanoseconde… Je m’enfuis plus que je ne m’en vais, quittant cette tentation qui n’a absolument aucune chance d’aboutir à l’heure actuelle. Roger va encore devoir se sacrifier. Le pauvre, c’est de l’esclavagisme que je lui inflige en ce moment… Je retire ce que j’ai dit, je déteste le printemps !

 

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