Tout dire

Jeremías Gamboa · Chapitre 4 sur 45

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Tout dire

Chapitre 4

 

Quand la période des vacances a touché à sa fin et que je suis retourné au mois d’avril à l’université de Lima pour y accomplir mon deuxième cycle, j’ai eu l’impression d’entrer dans une cour de récréation peuplée de morveux ignorant tout du monde réel. Avec leurs sandales et leurs shorts, leurs lunettes noires sur un nez enduit de crème solaire, leurs polos moulants sur une peau hâlée, je me rappelle les avoir considérés avec une certaine rancune : ils étaient assurément chez eux dans cet endroit où je ne me sentais pas à ma place ; la plupart avaient passé leurs vacances dans le nord du pays ou dans leur maison en bord de mer au sud de Lima ; quelques-uns étaient allés en Europe ou aux États-Unis ; d’autres avaient couru l’aventure ou fait des virées nocturnes dont je ne pouvais même pas rêver, mais cette fois je savais qu’aucun d’entre eux n’avait pu vivre aussi intensément que moi cet été-là, un été de risques, d’enrichissement et d’expériences auprès de gens aussi magnifiques que Silvio Carranza, De Rivera ou Vegas ; pour la première fois, je me sentais en possession de quelque chose qui leur manquait et qui allait me permettre de me battre dans le monde où je devais retourner.

J’avais quitté Proceso après avoir publié deux ou trois autres articles signés de mon nom et, le dernier jour, comme je venais de dire au revoir à mes compagnons de Mar adentro, Francisco de Rivera m’avait informé que tout le monde, y compris le directeur, était satisfait de mon travail, et que l’été prochain je serais rémunéré. À ces mots, j’ai compris que plus jamais je n’exercerais un de ces emplois qui me rendaient si terriblement et secrètement honteux quand je rentrais au campus de l’université par la porte de l’avenue Olguín avec le désir d’effacer de mon esprit ces viles besognes pour que l’humiliation qu’elles m’infligeaient ne puisse pas se lire sur mon visage. Cette année-là, mon retour à l’université fut tout autre. Le couloir d’entrée étroit, les pavillons de cinq étages aux vitres teintées où j’avais suivi le programme interdisciplinaire du premier cycle, les rampes d’accès, les vastes jardins avec leurs bancs de bois et leurs bassins, l’allée qui menait au pavillon où l’on enseignait les sciences de la communication, les grandes salles aérées avec leurs pupitres individuels et leurs tableaux nickel, d’où la vue s’étendait sur les cafétérias, les espaces verts resplendissants et, plus loin, sur les aires de stationnement où la plupart de mes camarades garaient leur voiture étaient toujours les mêmes. Eux aussi étaient les mêmes, ils suivaient les mêmes cours que moi et comme moi choisiraient en fin de cycle une spécialité – design, cinéma, journalisme, télévision –, et s’ils me saluaient encore avec une courtoisie que je trouvais froide et distante, je sentais que l’atmosphère était moins menaçante. Quelque chose avait changé, qui n’était autre que moi. Je n’étais plus le même.

La première fois que j’avais mis les pieds sur le campus de l’université de Lima, je m’étais senti pareil à un invertébré pris dans une charge de bisons. Pendant les premiers jours où je ne connaissais encore personne et où il m’en coûtait de me sentir si peu semblable aux autres étudiants, j’avais détesté l’oncle Emilio de toutes mes forces. Les vêtements que je portais me faisaient honte, tout comme mon accent, qui venait d’un quartier qu’aucun d’eux ne connaissait et d’un collège dont ils n’avaient jamais entendu parler.

Bien des fois, les premiers temps, je me suis demandé si l’oncle Emilio aurait eu le même cran et la même hardiesse pour me faire inscrire à cette université si j’avais vraiment été son fils, s’il avait songé à la douleur que pouvait m’infliger le contraste entre ma vie antérieure et les conditions que m’imposait l’université. Mais quand j’ai réussi à obtenir une bourse en plus du prêt universitaire, les reproches que je lui adressais mentalement pour m’avoir envoyé dans ce milieu ont disparu, la course pour y rester a alors commencé et, soutenue par la foi que ces études me sortiraient de ma situation de précarité, elle n’a plus dépendu que de moi.

J’avais fait des études secondaires un peu brouillonnes à Santa Anita, le quartier où vivaient ma tante et mon oncle. Le collège Manuel Encinas était un établissement qui avait toutes les caractéristiques des écoles publiques : des toilettes en piteux état et des salles de classe aux carreaux cassés qui laissaient passer le froid et dans lesquelles s’entassaient près de quarante-cinq élèves sur des pupitres pour deux. Après y avoir terminé le secondaire, j’ai préparé l’examen d’entrée à l’université San Marcos, considérée comme la meilleure de celles, publiques, auxquelles pouvaient aspirer les candidats de mon niveau social. Avec le peu d’argent que ma mère réussissait parfois à envoyer de sa province, j’ai pu effectuer cette préparation dans une vieille université du centre de Lima où se pressaient dans une chaleur écrasante quatre-vingts adolescents venus de toutes les écoles publiques du pays sans la moindre idée de ce qu’ils voulaient faire de leur vie.

Je me suis inscrit en histoire sans grande conviction, me laissant guider par l’intuition, parce que c’était la matière qui m’avait le plus intéressé au lycée. À la différence des autres endroits où j’avais échoué quand la relation entre ma mère et mon père était devenue explosive et qu’ils avaient tous deux disparu de ma vie, il y avait chez l’oncle Emilio une bibliothèque dans laquelle s’entassaient de nombreux livres d’histoire qu’il achetait d’occasion, ainsi que des encyclopédies et des dictionnaires. J’ai alors trouvé un asile très confortable dans les biographies historiques que mon oncle couvait des yeux, mais qu’il m’encouragea vivement à lire dès mes premiers jours chez lui. Peut-être ne l’a-t-il jamais su, mais je les ai toutes dévorées, le plus souvent après la sortie du collège, pendant les fins d’après-midi moroses, ou après les petits boulots que je trouvais dans le coin pour les mois d’été, et qui me permettaient en partie de subvenir aux frais de mon séjour chez eux (ma mère me l’avait maintes fois dit : « Montre-toi reconnaissant, fais-toi une place, ne sois pas comme ton père. ») Après avoir lu toutes ces vies de personnages historiques, je suis passé à des ouvrages plus volumineux, reliés en maroquin bleu, qui traitaient de la Seconde Guerre mondiale, sujet qui nous passionnait tous deux, mon oncle et moi. M’est venue alors l’idée que je pourrais m’inscrire en histoire et, pourquoi pas, envisager un avenir relativement assuré de professeur d’université ou de collège.

À dix-sept ans, en 1992, j’étais depuis peu curieux de découvrir le monde, de savoir enfin ce qu’il y avait dans Lima, au-delà du quartier de Santa Anita. La ville qui se découvrit alors à moi – immense ensemble urbain désordonné devenu presque par hasard la capitale d’un pays pour ainsi dire ingouvernable – était dégradée, sur le point de succomber à l’assaut des groupes subversifs d’extrême gauche. À peine arrivé sur le campus de ma « prestigieuse » université, j’ai eu froid dans le dos. Les murs des tristes édifices des diverses disciplines répartis sur des gazons à peine ponctués de quelques buissons étaient couverts d’inscriptions violentes. Une main agressive y appelait chacun à se joindre à la lutte du peuple et à la guérilla menée contre le gouvernement du Pérou. Dans les cours, des polycopiés placardés partout lançaient des consignes en majuscules, avec des points d’exclamation, des faucilles et des marteaux. Quand je suis arrivé à l’auditorium où devait avoir lieu le discours de bienvenue, les quelques étudiants qui étaient comme moi des nouveaux venus semblaient contrariés ; d’ailleurs, tous ceux qui empruntaient la rampe d’accès à la salle regardaient d’un air navré les bâtiments, au loin, lacérés de couleurs, les vitres brisées lors des affrontements avec les forces de l’ordre, et les espaces nus où s’étaient trouvés les jardins. Une fois les portes de l’auditorium ouvertes, nous avions gagné nos places et attendions qu’un éminent archéologue prenne la parole quand une bande de types au visage cagoulé a fait irruption. Certains sont allés écrire au tableau des consignes relatives à la lutte armée et aux affrontements qui se déroulaient dans les environs de Lima, pendant que d’autres distribuaient des tracts appelant à l’affiliation à la Juventud Sanmarquina, le groupe contestataire de l’université populaire, et haranguaient les nouveaux, après quoi ils étaient tous repartis comme ils étaient venus, et le professeur s’était lancé dans une allocution assommante, complètement indifférent aux slogans qui couvraient le tableau derrière lui.

Quelques jours plus tard, je venais de raconter l’épisode à table quand l’oncle Emilio dévoila un plan, auquel ma tante Laura s’opposa aussitôt. Il avait appris, par le fils du gérant de la pizzeria qui faisait son droit à l’université de Lima, qu’il existait un système de prêt universitaire pouvant couvrir en totalité ou en partie le coût des études, à condition que le bénéficiaire s’engage à le rembourser une fois dans la vie active. L’oncle Emilio était sûr, au vu de mes résultats au concours d’entrée à l’université San Marcos, que je pouvais y prétendre. De toute manière, qu’avais-je à perdre ? Au pire, je ne serais pas admis à l’université de Lima et resterais inscrit à San Marcos. Et mon oncle avait l’intuition que ça marcherait, et il croyait en moi.

– Tu auras au moins le plaisir d’y avoir fait tes études, dit-il en me lançant un regard complice.

Un soir, l’oncle Emilio m’apporta la brochure de l’université de Lima et en regardant les photos des installations, en étudiant la liste des perspectives professionnelles qu’elle offrait, j’ai fini par me décider pour des études en sciences de la communication. J’ai préparé l’examen seul, à la maison, comme je l’aurais fait pour n’importe quelle épreuve à San Marcos, et j’ai été admis en août, parmi les dix derniers. Dans un discours adressé aux nouveaux, le responsable de la sécurité de l’université nous a expliqué les plans d’évacuation du campus prévus au cas où un groupe du Sentier lumineux chercherait à s’en emparer. « Vous savez, nous a-t-il dit, qu’il y a dans les salles de notre université des fils d’hommes politiques et d’hommes d’affaires parmi les plus importants du pays », ce qui a déclenché parmi nous de petits rires nerveux. C’était un mois avant l’arrestation du leader sentiériste Abimael Guzmán Reynoso, ce dont personne ne pouvait encore se douter.

Dès lors, tout se ramena à lutter pour garder la tête hors de l’eau. J’étais incapable de me mélanger à ces étudiants issus des plus riches familles et des collèges privés les plus chers du pays, et en même temps je me persuadais que rien ne me distinguait d’eux pour ce qui était d’assister aux cours et d’y participer. Je refusais tout contact avec les garçons qui m’entouraient – et que je ne considérai bientôt plus que comme des rivaux dans la course aux avantages universitaires –, et me livrais à un exercice d’indéfectible concentration, presque obsessionnel et maladif, en vue d’obtenir, avec les qualifications nécessaires, une bourse complète qui me libérerait du prêt universitaire. J’avais été classé en catégorie E, celle des rares étudiants issus des collèges publics, ce qui représentait une dette qui, bien que non négligeable, pouvait être qualifiée de raisonnable. À la fin du premier semestre, j’étais classé sixième, ce qui m’a valu automatiquement une demi-bourse. Au second semestre, après un effort aussi soutenu que ceux que j’allais devoir fournir pendant toutes mes études, j’étais le deuxième de ma classe et j’obtenais la bourse entière ; par la suite, je me tiendrais parmi les cinq premiers. L’été, je travaillais pour payer mes vêtements, participer aux frais de déplacement et avoir mon argent de poche, en notant tout ce que je devais à l’oncle Emilio afin de le lui rendre un jour, comme je rendrais à l’université ce qu’elle m’avait avancé pendant le temps où je n’avais perçu qu’une demi-bourse. Je croyais que cette alternance études-petits boulots allait durer jusqu’à l’obtention de mon diplôme sans me douter que tout allait changer à partir du soir où l’oncle Emilio, en rentrant de la pizzeria, nous avait annoncé qu’il avait demandé à Francisco de Rivera s’il n’y aurait pas une petite place pour moi à Proceso.

C’est aussi à ce moment-là que j’ai commencé à lire de la littérature. Je ne sais plus très bien comment j’y suis venu. Il se peut que je me sois dit, à un certain moment, que cela m’aiderait à suppléer à mes insuffisances de langage, évidentes en présence des autres étudiants et des professeurs, mais il me semble aujourd’hui que dans le fond c’est une sensation de solitude irrémédiable et de malaise qui m’y a poussé. À la maison, je parlais un peu de ma vie étudiante, surtout pour satisfaire l’insatiable curiosité de l’oncle Emilio, mais je gardais pour moi beaucoup de choses. En réalité, je me sentais réellement perdu, habité par des forces contradictoires en perpétuel affrontement qui me soumettaient à des sautes d’humeur constantes et imparables. Le collège et l’université San Marcos étaient des fragments de mon passé qui d’une certaine manière avaient cessé de m’appartenir et, en même temps, je n’avais pas le sentiment de faire partie de l’université dans laquelle je faisais mes études. Je me suis réfugié dans la lecture. D’abord quelques romans, entre les cours et pendant l’été, dans des éditions bon marché ou d’occasion. J’y trouvais des personnages d’origine humble à l’ambition démesurée, qui réussissaient à s’introduire et à s’imposer dans les salons les plus respectables de Paris ou de Milan, et leur nature et leurs actes hantaient aussi inlassablement mon esprit que les questions que je me posais sur moi-même. Je pensais souvent à eux quand je me sentais désolé pendant les pauses, quand il me venait des envies de pleurer, ou plus tard à la bibliothèque, ou encore quand je ne désirais plus qu’une chose : quitter le campus en courant, gagné par la colère et un sentiment d’impuissance.

Ce fut pendant mon troisième semestre à l’université, alors que j’étais entré à la faculté des sciences de la communication et que je commençais à suivre des cours d’art et de lettres, que je crois avoir vu pour la première fois le poète Santiago Montero, un garçon un peu trop maigre, à la peau translucide, assis dans le fond de la salle de cours, jambes croisées, portant des jeans élimés et chaussé de Converse, complètement absorbé par les diapositives de peintures et de sculptures projetées sur le mur. La scène a peut-être été réelle. Dans ce cours d’histoire de l’art, nous étions les deux seuls étudiants à ne pas bâiller, et il se peut que ce soit ce qui nous a rapprochés. Il nous arrivait, dans les escaliers, d’échanger des impressions probablement inspirées par une anecdote liée à la vie d’un peintre ou par le détail d’un tableau, et Montero avait l’art de s’éclipser en un éclair. Il ne suivait que certains cours à l’université de Lima, parce qu’il voulait en même temps terminer ses études de lettres à San Marcos, université à laquelle j’avais définitivement tourné le dos. Il avait étudié le droit pendant deux ans à celle de Lima, mais s’était rendu compte que les débouchés ne lui convenaient pas, et il avait choisi les sciences de la communication.

Je savais qu’il écrivait. Il avait été le lauréat d’un concours de poésie – Jeux Floraux organisés par les étudiants – grâce à quelques poèmes publiés dans le petit journal mural du département, imprimés sur des feuilles volantes et que presque tout le monde avait déjà oubliés. Nous avons échangé quelques mots pour la première fois le jour où, fort de ma nouvelle assurance, ou de ma nouvelle façon d’être, je l’ai abordé près de la cafétéria avec un naturel quelque peu surfait et lui ai posé à brûle-pourpoint une question qui l’a mis aussi mal à l’aise que si je lui avais demandé s’il souffrait d’une maladie honteuse.

– Tu es poète, n’est-ce pas ?

À voir son expression, je m’en suis aussitôt repenti : Montero avait eu un mouvement de recul comme pour esquiver un coup.

– Nous sommes tous poètes jusqu’à preuve du contraire, a-t-il répondu. Des poètes, il y en a partout, jusque sous les pierres du chemin. À Lima, ils apparaissent par génération spontanée.

Montero a tiré sur sa cigarette, a regardé autour de lui, et m’a montré un garçon qui s’approchait de l’endroit où nous nous trouvions. Rien en lui ne retenait l’attention, sinon la présomption de sa démarche. De près, il avait toute l’apparence du matheux de génie ou du fort en chimie que chacun évite, de tristes cheveux lisses, des lunettes en écaille noire qui lui mangeaient presque les yeux, et sa chemise aux manches longues passait sous la ceinture de son pantalon avec la plus grande rigueur.

– En voilà un, me dit Montero, qui était poète.

J’ai eu une expression dubitative, et il m’a assuré qu’il disait vrai. Le garçon s’appelait Rafael Callirgos et il y en avait des centaines comme lui, a-t-il ajouté, des centaines de poètes ou d’aspirants au titre de poète, nichés dans les couloirs et les salles de l’université. Je m’étais fait des poètes une image de types dépourvus de prestance, légers ou chétifs (comme Santiago Montero), ou bien extrêmement sombres, voire tragiques, avec un faciès sévère à la César Vallejo, mais en aucun cas semblables à ce petit gars imberbe qui avait tout d’un fort en thème. Ce que j’ai dit à Montero.

– Attends de voir Tête de poète, un ami qui a eu la vocation le jour où il s’est bien regardé dans un miroir, a-t-il rétorqué. Il s’est rendu compte qu’avec la tête qu’il a il ne lui restait plus qu’à écrire des vers.

Callirgos est passé près de nous et, sans dire un mot, d’un geste vif des mains qu’il a aussitôt enfouies dans ses poches, a salué Montero, lequel s’est contenté en réponse de lever les sourcils, avant d’éclairer ma lanterne.

– Nous avons fait connaissance à l’atelier de poésie d’Ignacio Parra.

– Il y a un atelier de poésie à l’université de Lima ? ai-je demandé, surpris.

Il n’y avait pas d’espace culturel ou éducatif à Lima sans atelier de poésie, m’a-t-il expliqué. Celui de l’université existait depuis des années, mais dans une sorte de clandestinité et sans le moindre retentissement, parce que celui qui le dirigeait était par trop délirant. Il l’avait fréquenté pendant quelques mois, avant de comprendre qu’il valait mieux découvrir la poésie en la lisant, ou en discutant avec ceux qui s’y connaissaient. C’était ce qu’il faisait de temps en temps avec Mateo Ramírez Ganoza – un poète plus âgé qu’eux, en fin d’études, qui avait publié un recueil de poèmes –, quand celui-ci avait un peu de temps à lui consacrer, bien entendu.

L’idée de demander à Montero de me présenter à son mentor ne m’est pas venue à l’esprit. Mais je lui ai dit que j’aurais beaucoup aimé aller à cet atelier de poésie pour rencontrer ceux qui voulaient se consacrer à l’écriture. Montero a tiré sur sa cigarette et m’a demandé si j’étais libre le mercredi suivant à dix-huit heures. Je lui ai dit que oui, avant de chercher à savoir pourquoi.

– C’est le jour et l’heure de l’atelier de Parra.

J’allais en perdre le sommeil pendant plusieurs nuits.

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