Un œil bleu pâle
Le récit de Gus Landor 8
Le récit de Gus Landor
8
Le 30 octobre 1830
Le terrain étant déblayé, il ne restait plus qu’à reprendre contact avec ce M. Poe. Hitchcock voulait l’emmener dans les combles pour une séance secrète. Moi, je préférais le rencontrer au vu de tous pour que rien ne transparaisse de nos intentions. Ainsi donc, le samedi matin, je me rendis avec Hitchcock, sans nous être annoncés, au premier cours de sa classe, donné par un certain Claudius Bérard.
Français de naissance, ce M. Bérard était un prince de l’évasion. Jeune homme au temps de Napoléon Ier, il s’était soustrait au service militaire par des moyens civilisés : il avait engagé quelqu’un pour le remplacer. L’idée s’était révélée excellente jusqu’à ce que, dans un moment d’inadvertance, le remplaçant prenne en Espagne un boulet de canon dans la figure. Alors M. Bérard avait été rappelé sous les drapeaux. Futé, il avait disparu sans demander son reste et, arrivé de l’autre côté de l’Atlantique, s’était improvisé professeur de français, d’abord au Dickinson College puis – mais si – à l’Académie militaire des États-Unis. Fuyez tant que vous voudrez, l’armée finira par vous rattraper. Dans ce cas, avait-il dû penser, autant effectuer son service dans les Hudson Highlands, devant ces jeunes Américains qui se feront un plaisir de massacrer la langue de Molière. Pourtant, n’était-ce pas une épreuve plus pénible, et de loin, que celles auxquelles il avait échappé ? Bref, M. Bérard était un homme qui doutait, et un point d’interrogation dansait toujours dans ses pupilles, quand le reste de son corps était parfaitement immobile.
Cela ne l’empêcha pas de se lever, promptement, lorsque le capitaine entra. Sur leurs bancs sans dossier, ses élèves aussitôt l’imitèrent. Hitchcock leur fit signe de se rasseoir, me montra le banc libre à côté de la porte.
M. Bérard se renfonça dans son fauteuil et, sous des paupières veinées de bleu, jeta un regard méprisant au pauvre première année qui, isolé au milieu de la salle, lorgnait sur un in-quarto relié de cuir rouge.
— Continuez, monsieur Plunkett, dit le Français.
Et le malheureux étudiant de repartir dans cette prose aussi broussailleuse qu’exotique :
— Il arriva à une auberge où il mangea un solide repas de pain et de poison.
— Ah, monsieur Plunkett, dit son instructeur. Cela ne serait pas comestible, même pour vous. Fish se dit poisson, voyez-vous, pas poison.
Le susnommé rectifia et se préparait à continuer quand la main blanche et boudinée du maître l’en empêcha.
— Il suffit. Reprenez place, je vous prie. La prochaine fois, vous feriez bien d’étudier un peu mieux vos prépositions. Votre note sera 1,3.
Trois autres victimes se cassèrent après lui les dents sur l’ouvrage en question et furent notées respectivement 2,5 ; 1,9 ; et 2,1. Suivies par deux condisciples qui, au tableau noir, s’échinèrent sur les conjugaisons, sans trop de résultat. Aucun ne parlait un mot de français. S’ils apprenaient cette langue, c’était pour comprendre des ouvrages de stratégie militaire, et ces pauvres garçons se demandaient sûrement pourquoi ils perdaient leur temps avec le pain et le poison, au lieu d’étudier l’Art de la guerre du général Jomini. S’il revenait à M. Bérard de plaider pour Voltaire et Lesage, il semblait trop las pour cela. Une fois seulement, dix minutes avant la fin du cours, il jugea bon de se réveiller. À savoir que, joignant les deux mains, il haussa légèrement le ton :
— Monsieur Poe, je vous prie.
Tout au fond de la classe, une tête se redressa, suivie d’un corps qui se mit au garde-à-vous.
— Monsieur Poe, voulez-vous, s’il vous plaît, nous traduire le passage suivant du chapitre II de Gil Blas de Santillane ?
En trois pas, M. Poe alla se placer au milieu de la pièce – devant Bérard, ses camarades autour de lui, et sous l’œil du capitaine. Il était maintenant le centre d’intérêt et ne l’ignorait pas. Il rouvrit l’ouvrage, se racla la gorge – deux fois – et commença :
— On me prépara des œufs. Pendant qu'on les accommodait, j’engageai la conversation avec la serveuse, que je n'avais point encore regardée. Elle avait une allure charmante…
Aussitôt, deux choses apparurent nettement D’abord, son niveau de français était bien supérieur à celui des autres. Ensuite, il voulait que sa traduction de Gil Blas fit date pour les générations à venir.
— Il s’approcha de moi d’un air avenant : Seigneur écolier, me dit-il, je viens d’apprendre que vous êtes le seigneur Gil Blas de Santillane, la fierté – ou dirons-nous plutôt – l’ornement d’Oviedo et le phare – non, pardon – le flambeau de la philosophie.
Il se prenait si bien au jeu – mâchant ses mots, les mains en mouvement – que je mis un certain temps à voir que Bérard changeait d’expression. Il souriait, certes, toutefois la dureté féline de son regard me fit penser qu’un piège venait de se refermer. J’eus bientôt la confirmation souhaitée quand les premiers gloussements idiots retentirent sur les bancs.
— Est-il bien possible que vous soyez ce savantissime, ce bel esprit dont la renommée est si grande en ce pays ? Vous ne savez pas, poursuivit-il en s’adressant à l’hôte et à l’hôtesse, vous ne savez pas ce que vous possédez.
Les ricanements redoublaient. On se gaussait.
— Vous avez un trésor dans votre demeure !
Ici on se donnait un coup de coude. Là on se mordait le poignet.
— Vous voyez dans ce gentleman la huitième merveille du monde !
On haletait, on s’esclaffait, mais Poe, loin de se décourager, couvrait d’une voix puissante les autres autour de lui.
— Puis, se tournant de mon côté, et jetant ses bras autour de mon cou : Excusez mes transports, ajouta-t-il, je ne suis point maître…
Lorsqu’il s’interrompit enfin, ce fut pour restituer avec force les derniers mots du passage :
— … de la joie absolue que me procure votre présence !
Bérard souriait gentiment pendant que ses élèves couinaient, voire hurlaient franchement. Avec un tel chahut, le toit serait bientôt tombé sur leurs têtes si le capitaine Hitchcock n’avait émis un léger toussotement – court, furtif, à peine audible à mes oreilles. Le silence revint instantanément.
— Merci, monsieur Poe, dit Bérard. Comme d’habitude, vous êtes bien au-dessus de la traduction littérale. Je vous suggère cependant, à l’avenir, de laisser les fioritures à un Smollett, par exemple. Je reconnais quand même que vous avez saisi l’essence de ce passage. Votre note sera 2,7.
Poe ne répondit rien. Il restait là, au centre de la pièce, le regard brûlant, la mâchoire de travers.
— Allez vous rasseoir, monsieur Poe.
Ce qu’il fit, d’un pas lent et raide, sans se soucier de personne.
Une minute plus tard, les tambours battaient le rassemblement pour le déjeuner. Aussitôt les élèves repoussèrent leurs ardoises, firent claquer leurs shakos et se levèrent. Hitchcock attendit que la file s’engage dans le couloir pour ordonner :
— Monsieur Poe, je vous prie.
Ce dernier se figea si vite que son camarade derrière lui dut faire un pas de côté pour éviter la collision.
— Mon capitaine ?
Les paupières plissées, il nous dévisageait en tripotant la visière noire de sa casserole. Ses mains étaient couvertes de craie blanche.
— Pourrions-nous nous parler un instant, s’il vous plaît ?
La bouche parfaitement droite, Poe approcha en regardant le dernier élève qui passait la porte.
— Vous pouvez vous rasseoir.
Hitchcock, je le remarquai, avait pris une voix particulièrement douce en lui indiquant un des bancs. Peut-être est-il difficile de s’adresser sèchement à quelqu’un qui vous a confié deux recueils de sa poésie.
— M. Landor requiert deux minutes de votre temps, dit le capitaine. Vous éviterez la formation du déjeuner, et vous viendrez au réfectoire quand il vous libérera. Avez-vous encore besoin de moi, monsieur Landor ?
— Non, je vous remercie.
— Eh bien, au plaisir, gentlemen.
Je ne m’y attendais pas : voilà que le bon capitaine se retirait. Bérard le suivit au-dehors, nous laissant seuls dans la petite salle au plancher recouvert de sciure. Assis sur nos bancs, nous regardions droit devant nous, comme des quakers au culte.
— Voue interprétation était fort courageuse, dis-je finalement. Dans les deux sens du terme.
— Courageuse ? Je faisais simplement ce qu’on me demandait.
— Je parierais gros que vous connaissez Gil Blas depuis longtemps.
Je vis du coin de l’œil sa bouche s’étirer peu à peu.
— Vous jubilez, monsieur Poe.
— Je pense à mon père, rien de plus.
— Poe Senior ?
— Allan Senior, dit-il. Cette brute mercantile. Il m’a surpris un jour – oh, il y a des années – à lire Gil Blas dans son salon. Voulait savoir pourquoi je perdais mon temps avec ces sornettes. Et je me retrouve maintenant… (D’un geste, il désigna la pièce et au-delà.)… chez ces messieurs du génie, où un Gil Blas est roi.
Il agita ses doigts sous un bref sourire, puis :
— Évidemment, la traduction de Smollett ne manque pas de charme, mais il en rajoute tant et plus, n’est-ce pas ? Si j’en trouve le temps cet hiver, je rédigerai ma propre version. Et j’offrirai le premier exemplaire à M. Allan.
J’arrachai une chique de tabac dans ma blague et la fourrai dans ma bouche. Son goût fort et sucré jaillit contre ma joue en faisant frémir mes dents noires.
— Au cas où un de vos camarades vous poserait la question, voudrez-vous bien lui dire que je vous interroge comme les autres ? Qu’il s’agit de vos relations avec M. Fry ?
— Il n’y a pas eu de relations, je ne le connaissais pas.
— On m’aura induit en erreur, dans ce cas, ce qui est fort malheureux. Alors nous aurons préféré en rire, vous et moi, et nous nous serons quittés bons amis.
— S’il ne s’agit pas de m’interroger, qu’est-ce donc ?
— Une proposition. De travail.
Il me regarda droit dans les yeux. Sans un mot.
— Avant de poursuivre, lui expliquai-je, je suis censé vous informer que – voyons… – « cet exercice particulier fera l’objet d’une évaluation au même titre que l’ensemble de vos activités scolaires ». Oh, et « au cas où vous ne seriez pas à la hauteur de cette mission, vous pourriez en être relevé sans préavis ».
Je l’observai une seconde avant d’ajouter :
— Voilà ce que le colonel Thayer et le capitaine Hitchcock voulaient vous faire comprendre.
Leurs noms produisirent l’effet escompté. J’ai l’impression que, la première année, la plupart des élèves s’estiment indignes de l’attention de leurs supérieurs – Poe comme les autres, même avec ses prétentions. Leur point de vue change par la suite, lorsqu’ils se rendent compte que c’est exactement le contraire.
— Il faut également prendre en compte que vous ne serez pas payé. On vous interdira de vous vanter d’avoir été choisi. Vos camarades ne devront rien savoir de cette mission avant qu’elle arrive à son terme, sinon bien après. Ils vous maudiraient d’ailleurs si on les mettait au courant.
Il afficha un sourire paresseux. Ses yeux gris étincelaient.
— Une telle offre est irrésistible, monsieur Landor. Continuez.
— Monsieur Poe, quand j’étais commissaire à New York, il n’y a pas si longtemps, j’avoue que j’utilisais toutes sortes d’informations. Pas celles qu’on lit dans les journaux, non, celles que les gens vous apportent. Des gens pas nécessairement fréquentables. Pas de ceux qu’on inviterait à dîner ou au théâtre. Pas de ceux avec qui on se montre en public. Non : c’était pour la plupart des criminels endurcis – des voleurs, des receleurs, des fripouilles. Des gens qui, pour trois cents, vendraient à la criée leurs parents, leurs enfants – qui s’inventeraient même des mères qu’ils n’ont pas. Seulement, je ne connais pas un seul policier qui travaille sans ces gens.
Le menton posé sur ses mains jointes, Poe m’écoutait attentivement. Puis, prononçant distinctement chaque syllabe, comme si l’écho allait les lui renvoyer, il répondit :
— Vous voulez me transformer en indicateur.
— En observateur, monsieur Poe. Ce que vous êtes déjà.
— Et je suis censé observer quoi ?
— Cela, je ne peux vous le dire.
— Comment cela ?
— Parce que je ne le sais pas moi-même, pour l’instant.
Me relevant, je me dirigeai vers le tableau noir.
— Me permettez-vous de vous raconter une histoire ? Quand j’étais petit, mon père m’avait emmené dans l’Indiana assister à un rassemblement religieux. Dans un sens, il cherchait certaines informations, lui aussi. C’était la nuit, il y avait de très jolies filles qui sanglotaient, qui gémissaient, qui hurlaient à se briser les cordes vocales. Ce raffut qu’elles faisaient ! Le prédicateur – un beau gentleman respectable – arrivait à les mettre dans un tel état qu’elles finissaient par s’écrouler comme des quilles, ou comme des arbres sous la foudre. Je m’étais dit qu’elles avaient bien de la chance qu’on leur tende les bras, à ce moment-là, parce qu’elles ne regardaient pas où elles tombaient. Toutes sauf une, différente des autres. Avant de s’évanouir, elle avait jeté un coup d’œil sur le côté. Elle voulait savoir, voyez-vous, qui allait la rattraper. Et qui était l’heureux élu ? Eh bien, le bon prédicateur, évidemment ! Qui l’accueillait, les bras ouverts, dans le royaume de Dieu !
Je passai une main sur la surface râpeuse du tableau.
— Six mois plus tard, le pasteur se cavalait avec elle. Non sans avoir pris soin, d’abord, de tuer sa femme. La bigamie lui étant bien sûr interdite. Ils se sont fait pincer à quelques kilomètres de la frontière canadienne. Personne ne les soupçonnait d’être amants. À part moi, je suppose… mais je ne le savais pas, je l’avais seulement vu. Sans comprendre encore ce que je voyais.
Me retournant, je trouvai Poe qui m’observait avec un sourire glacial.
— Et à cet instant-là, dit-il, une vocation est née.
J’étais sensible à cela : quand je leur parlais en tête à tête, les autres élèves me témoignaient un respect et une admiration analogues à ceux qu’ils éprouvaient pour le capitaine Hitchcock. Poe jamais. Dès le début, nos relations prirent un aspect… non pas familier – familial conviendrait mieux.
— Puis-je vous poser une question ? lui dis-je. Quand vous avez repris votre place dans la file, l’autre jour…
— Oui ?
— Cet élève en queue du cortège, qui marchait seul. C’est un ami à vous, un camarade de chambrée, peut-être ?
Il ne répondit pas tout de suite.
— De chambrée, oui.
— Je m’en doutais. Parce qu’il s’est tourné vers vous, voyez-vous, quand vous l’avez rejoint. J’ai eu comme l’impression qu’il vous attendait. Est-ce un de vos intimes, monsieur Poe, vous doit-il quelque chose ?
Il renversa la tête en arrière et fixa le plafond.
— Les deux, admit-il avec un soupir. Je lui rédige ses lettres.
— Ses lettres ?
— Jared, c’est son nom, a une amoureuse dans son trou perdu de Caroline du Nord. Ils sont fiancés, projettent de se marier quand il sera diplômé. Cela viendrait-il à se savoir, Jared risquerait l’exclusion.
— Pourquoi lui écrivez-vous ses lettres, alors ?
— Oh, il est à moitié illettré. Il ne reconnaîtrait pas un complément d’objet même s’il lui mordait le nez. En revanche, monsieur Landor, il a une jolie écriture. Je lui torche quelques billets doux*, et il se contente de les recopier.
— Et elle croit que c’est lui ?
— Je prends toujours soin d’insérer une phrase maladroite et quelques fautes d’orthographe. C’est une sorte d’exercice de style, quoi.
Je m’assis à côté de lui sur son banc.
— Comprenez-vous, monsieur Poe ? J’ai appris une chose très intéressante aujourd’hui. Pour la seule raison que j’ai vu un individu tourner la tête vers vous. De la même façon que vous aviez surpris Loughborough à se tromper dans ses pas.
Il grogna en regardant ses bottes. Puis, comme s’il parlait tout seul :
— On se sert d’un élève pour en attraper un autre.
— Sauf que, pour l’instant, nous ne savons pas si le criminel est un élève. Mais cela serait bien utile d’avoir quelqu’un dans la place. Et je ne connais personne qui ferait ça aussi bien que vous. Ni qui aimerait autant se montrer à la hauteur.
— Jusqu’où puis-je aller, dans ce cas ? Je me contente d’observer ?
— À mesure que nous avancerons, nous saurons mieux ce que nous cherchons, et vous à quel endroit regarder. Entre-temps, j’ai quelque chose à vous soumettre. Un bout de papier avec un message incomplet. Voudriez-vous tenter de déchiffrer ça ? Bien sûr, ajoutai-je, vous devez travailler dans le plus grand secret. Être aussi précis que possible. On n’est jamais trop précis.
— A-ha.
— C’est indispensable, d’être précis.
— Hum.
— Et maintenant, monsieur Poe, c’est le moment de me dire oui ou non.
Il se leva, ce qu’il n’avait pas fait pendant tout l’entretien. Alla à la fenêtre et regarda au-dehors. Je ne sais quels sentiments s’opposaient dans son esprit, mais je peux affirmer ceci : il savait que, plus longtemps il garderait cette posture, plus elle ferait effet.
— Oui, dit-il au bout d’un moment.
Il se retourna vers moi avec un sourire tordu :
— C’est un honneur paradoxal, monsieur Landor, mais un honneur tout de même de vous servir d’espion.
— En tant que chef des services secrets, je suis également très honoré, répondis-je.
Nous nous serrâmes spontanément la main. Ce fut d’ailleurs l’un des rares gestes de courtoisie que nous nous autorisâmes sur une longue période de temps. Et nous relâchâmes prestement cette étreinte, comme si nous avions déjà enfreint quelque règle.
— Bien, dis-je, je suppose que vous aimeriez déjeuner. Pourquoi ne nous retrouverions-nous pas demain après la messe ? Pensez-vous être capable de vous rendre à l’hôtel de M. Cozzen sans que personne ne vous remarque ?
Il hocha plusieurs fois la tête puis, sans un mot, ajusta sa tunique, coiffa son shako, prit la direction de la porte.
— Puisse encore vous demander quelque chose, monsieur Poe ?
Il fit un pas en arrière.
— Évidemment.
— Est-il vrai que vous soyez un tueur ?
Se retournant, il afficha un sourire ironique que je n’allais pas oublier de sitôt. Imaginez, Lecteur, une rangée de dents étincelantes, dansant le long de ses gencives comme un corps de ballet sur scène.
— Il faudrait être plus précis que cela, monsieur Landor. Beaucoup plus précis.
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