Os dialetos românicos ou neolatinos na África, Ásia e América

4. Creolo da Guiné portugueza

al judan qui in torna, olhá nho.

ha de permittir-me que eu torne a ver sr.

Mi está na casa di nha Sinhára, mas en stá cu muito Eu estou na casa de minha senhora, mas eu estou com muitas,

muito sódadi di nhos tudo dós.

muitas saudades dos srs. ambos dois.

Mi é quel creada di nhós qui tâ chomado Maria. Eu sou a creada dos srs. que se chama Maria.

 

Este dialecto offerece naturalmente intimas similhanças com o de Santo Antão, mas revela uma maior approximação ao portuguez puro, que em parte póde ser puramente individual, poisque a negra que dictou a carta tem vivido muito com pessoas instruidas originarias da metropole.

O dialecto possue um presente formado com tá: en tá bá, eu vou, como em Santo Antão. A negação é tambem câ, não; nh'armun==meu irmão, como em Santo Antão; al==hade, ajudan==ajudar-me, e outras particularidades coincidem ainda nos dois dialectos, e provavelmente em todos os do archipelago de Cabo Verde.

Observam-nos que nhor e nhara por senhor, senhora são mais respeitosos que nho e nha e se empregam dirigindo-se a pessoas de idade. Nhanha é a senhora da casa, mãe de familia; nhanhinha, menina; nhonhosinho, menino.

 

4. Creolo da Guiné portugueza

Tudo quanto podemos apurar sobre o creolo portuguez da Africa (continente e ilhas) se reduz ao que precede e á seguinte noticia.

 

De la langue, créole de la Guinée portugaise. (Notes sur la Guinée portugaise ou Sénégambie méridionale, par M. Bertrand-Bocandé). Bulletin de la Société de Géographie de Paris, 3 e série, t. XII. 73-77 (1849 juillet et août):

 

«On conçoit que des hommes acoutumés à se servir pour manifester leur pensée, d'un idiome aussi simple, ne purent facilement élever leur intelligence au génie d'une langue européenne. Quand ils furent en contact avec les Portugais et forcés de s'entendre avec eux, en parlant une même langue, il a fallu que l'expression variée des idées acquises pendant tant de siècles de civilisation se dépouillât de sa perfection, pour s'adapter aux idées naissantes et aux formes barbares du langage des nations à demi sauvages. Le mot adopté dut conserver toujours le même son; et perdre ces désinences variées qui servent à distinguer les nombres, les genres, les pronoms, les temps ou les modes; il fut soumis seulement aux transformations absolument indispensables au discours, pour qu'il ne devînt pas uniquement des sons insignifiants.

«Il se fit un retranchement graduel de toutes ces modifications qui servent à exprimer les diverses nuances de la pensée, et quand il ne fut plus possible de rien retrancher pour conserver le discours encore intelligible, l'idiome fut fixée dans sa grammaire particulière, devenue aussi simple que peuvent le permettre les règles de la grammaire générale de toute langue. Il exista alors ce que l'on appelle la langue créole portugaise.

«Pour se former, elle a dû d'abord se soumettre à la prononciation habituelle des peuples d'Afrique. Ceux-ci ne peuvent, comme je l'ai déjà dit, prononcer les deux sons représentés par je et che qui sont devenus ie et kie.

«Les noms n'eurent plus de terminaison pour distinguer les nombres; on doit désigner la quantité de l'objet, ou dire s'il y en a peu, ou beaucoup. Le genre, en parlant des animaux seulement, se fait connaître en ajoutant au nom les mots homme ou femme; on dit donc par exemple: un bœuf homme, un bœuf femme.

«Il fallut adopter des pronoms. Il y a des pronoms personnels pour les différentes personnes et le nombre de ces personnes.

«Le radical des verbes se termine toujours par une voyelle: on en a retrauché l'r; et ce radical peut être employé comme substantif, ou comme verbe.

«Les pronoms ajoutés au verbe désignent seuls les personnes; il n'y a pas de désinences différentes pour les déterminer.

«Quand aux temps présents, passés et futurs, il fallait nécessairement un moyen de les distinguer.

«Le présent se fait connaître de deux manières, ou bien en ajoutant simplement l'un des pronoms au radical, ou bien, au moyen du verbe être suivi du mot na, qui signifie dans et au radical: ainsi pour dire j'écris, on emploie cette tournure moi écris, ou mois est dans écri, qui équivaut à je suis à écrire; le passé se désigne avec la particule ia, (déjà), mis avant ou après le radical; ta, placé devant marque un temps futur; va, après, forme l'imparfait; enfin ta précédant et va suivant le radical indiquent le mode conditionnel.

«J'ai connu au poste français de Séyou un de ces Papels-manjaga que l'on appelle portugais, qui était devenu sergent de poste; il n'avait pu apprendre le français; mais il avait adapté à notre langue le mécanisme de la langue créole portugaise, et se serait parfaitement fait entendre de quelqu'un qui en aurait eu la clef; ses commandants avaient beaucoup de peine à le comprendre. Ainsi il disait moi faire ou mois est na faire, pour dire je fais; moi ia faire, j'ai fait; moi faire va, je faisais; moi ta faire, je ferai; moi ta faire va, je ferais ou j'aurais fait.

«Le créole portugais n'est donc qu'une altération de la langue portugaise; il est composé de beaucoup de mots de cette langue dont quelques-uns sont hors d'usage aujourd'hui, de mots espagnols, et d'autres empruntés aux langues des peuples qui entourent ses différentes factoreries.

«Ce créole varie dans chaque lieu: il a des mots, des expressions, une accentuation et même quelquefois une ordre grammatical plus ou moins différents, suivant la langue qui a dominé pour faire subir ses modifications à la langue portugaise, qui est toujours partout le fondement du créole.

«Dans la Guinée il ressemble à celui des îles du cap Vert; mais dans celle-ci on peut dire qu'on remarque autant de dialectes qu'il y a d'îles, et dans celle de San-Thiago seule, les créoles de la Villa da Praya, du centre de l'île et de Terrafal, et de San-Miguel offrent des changements notables: plus on s'approche de la Villa da Praya, plus le créole ressemble au portugais. Dans la Guinée, le créole de Bissao sera mêlé davantage d'expressions papels, celui de Ziguichor, de bagnoun ou de floup, celui de Farim et de Géba de mandingue.

«Cet idiome se modifie encore suivant les personnes qui le parlent: la position sociale, l'éducation, les habitudes, influent d'une manière aussi remarquable pour l'expression créole que pour les langues les plus parfaites. Il est facile à la personne la moins exercée en entendant le créole, de deriver le rang ou l'éducation de celui qui le parle. On entendra même des personnes, quoique sans instruction, s'exprimer dans cet idiome avec une facilité et une grâce que l'on ne pourra s'empêcher d'admirer; ils savent parfaitement en tirer parti, quoiqu'il paraisse si ingrat, pour composer des récits intéressants, et improviser des chansons dans lesquels la vérité des images et les circonlutions suppléent aux expressions qui manquent dans le langage, et dépeignent souvent élégamment les idées qu'ils veut suggérer.