Avec ou sans uniforme…
Chapitre 4
4
Lorsque Jared se retira de son corps, Darcy éprouva une sensation de manque immédiate. Elle aurait aimé qu’il reste en elle.
Il s’écroula sur le canapé à côté d’elle, le souffle saccadé. Il avait les yeux fermés, la tête enfoncée dans le sofa.
— Bon sang, dit-il au bout d’un long moment. Je ne sens plus mes jambes.
Elle ferma les yeux à son tour et songea que c’était mieux ainsi. Se séparer rapidement après l’amour. Ne pas s’attacher. Se focaliser sur le plaisir. Rester simple. Après tout, ce n’était qu’une partie de jambes en l’air. Incroyable, qui plus est. Alors elle n’allait pas s’en plaindre.
Il effleura son épaule des lèvres.
— Je ne t’ai pas ménagée et tu m’as laissé faire. Merci.
Réconfortée par ses paroles, elle garda les paupières closes et esquissa un sourire.
Puis elle l’entendit remuer. Soudain, il écrasa sa bouche contre la sienne, lui coupant le souffle. Surprise, elle se figea avant de s’ouvrir à lui. Il l’embrassa avec une tendresse surprenante. Il plaça une main sur sa nuque, et ses doigts s’engouffrèrent dans sa chevelure humide.
Leurs langues s’enroulèrent avec sensualité tandis qu’il pressait ses lèvres contre les siennes avec une douce fermeté, ravivant son désir.
Quand l’étreinte s’acheva, ils étaient tous deux essoufflés. Ils échangèrent un long regard et un certain malaise s’installa.
Elle s’éclaircit la voix.
— Il faut que je prenne une douche.
— J’ai acheté un pot de sel d’Epsom au cas où tu aurais envie de prendre un bain. (Jared se mit debout.) La salle de bains ?
Elle lui indiqua une porte au bout du couloir.
— Sur la gauche.
Il s’éloigna, lui offrant une vue sur son magnifique postérieur. Les yeux rivés sur son déhanché, elle songea qu’elle avait poussé ce magnifique spécimen de virilité jusqu’à son extrême limite, et son cœur cogna dans sa poitrine.
Une fois calmée, Darcy se leva et se dirigea vers la cuisine, prenant alors conscience que Jared avait vu juste : elle était légèrement courbaturée. Voilà ce qui arrivait quand on mettait un terme à une année d’abstinence par une aventure torride.
Elle était en train de fouiller dans le sachet de course à la recherche du sel lorsqu’elle entendit l’eau couler dans la tuyauterie désuète de la maison. Elle constata avec plaisir qu’il avait acheté du gel douche pour homme ainsi qu’un rasoir. Ça signifiait qu’il avait prévu de passer la nuit chez elle. Sans aller jusqu’à s’imaginer des choses, elle était soulagée qu’il n’ait pas eu l’intention de déguerpir après avoir obtenu ce qu’il voulait.
La porte de la salle de bains était ouverte et elle trouva son nouvel amant penché au-dessus de la baignoire, appréciant la température de l’eau. En l’entendant entrer, il tourna la tête vers elle.
— Enfin une pièce qui te correspond, dit-il.
— Je l’ai fait refaire après le départ de mes parents.
Elle avait embauché un entrepreneur qui avait détruit le placard de la pièce attenante afin d’agrandir la seule salle de bains de la maison. La pièce était encore petite mais elle comportait à présent une baignoire et une douche séparées. Les murs et le carrelage café au lait agrémentés ici et là de touches aubergine conféraient à l’endroit une élégance chaleureuse.
Jared tendit la main pour qu’elle lui passe le sel d’Epsom.
Une sensation désagréable s’empara d’elle.
— Tu es venu équipé, constata-t-elle. Tu as l’habitude des aventures d’un soir ?
Il parut contrarié par sa remarque.
— Non, pas vraiment.
Elle s’avança et lui donna le sachet. Sa réponse impliquait peut-être qu’il la considérait comme une femme à part. Elle l’espérait. Surtout qu’avec lui, elle se sentait vulnérable.
L’air presque… chagrin, Jared versa une poignée de sel sous le robinet d’eau chaude.
Il brisa le silence.
— J’ai une sœur qui a la langue bien pendue. D’après elle, le sel d’Epsom fait des miracles après une nuit particulièrement mouvementée. J’ai pris l’initiative d’en acheter un paquet. (Il lui fit signe d’approcher.) C’est trop chaud ?
Non. C’était parfait. Légèrement perplexe, Darcy entra dans la baignoire d’angle et poussa un soupir de soulagement.
— Merci, dit-elle, reconnaissante.
Jared ferma le robinet et se redressa. Il attrapa les produits de toilette et se dirigea vers la cabine de douche. Darcy renversa la tête contre le coussin de nuque qu’elle conservait sur le rebord de la baignoire et l’observa tandis qu’il se plaçait sous l’immense pomme de douche. Il était grand, mais le bras était réglable, et bientôt, il lui offrit un spectacle qui valait le détour.
Sans remarquer qu’elle le dévorait des yeux, il se shampouina et s’imprégna le torse de savon, frictionnant son corps aux muscles saillants. Le parfum de son gel douche emplit l’air et l’eau lui monta à la bouche. Elle fut prise d’une bouffée de chaleur qui était à imputer à son amant plutôt qu’à la température du bain. Jared Cameron était son fantasme sexuel ultime ; ses énormes biceps se bandaient au gré de ses mouvements, ses abdominaux et ses pectoraux se dessinaient tandis qu’il levait les bras pour se laver les cheveux. L’eau savonneuse dégoulinait le long de sa peau bronzée. À cette vue, son désir se raviva.
Lorsqu’il commença à nettoyer son sexe, astiquant d’une main son long pénis, massant ses bourses de l’autre, Darcy ne put plus ignorer les palpitations qui agitaient sa féminité.
Elle posa un pied sur le rebord de la baignoire, prit son sexe en coupe et se mit à masser son clitoris. Elle porta son autre main à son sein et en fit rouler la pointe entre ses doigts ; une onde de volupté alla se planter dans son bas-ventre. Elle émit un faible gémissement qui attira l’attention de Jared. Il releva la tête et la surprit en train de se donner du plaisir.
Darcy se mordilla la lèvre inférieure d’un air aguicheur ; elle se sentait à la fois sexy et dévergondée, éveillant de nouveau le désir de Jared. En le voyant bander, elle cambra le dos, se remémorant la sensation de son long membre qui se mouvait en elle.
Jared lui décocha un regard sombre, se rinça en quatrième vitesse et sortit de la cabine de douche. Puis il sortit de la salle de bains, une serviette nouée à la taille, la laissant seule. Elle se demanda si elle avait été trop loin.
Gênée, elle plongea la tête sous l’eau et resta en apnée aussi longtemps que ses poumons le lui permirent.
Quand elle rejaillit à la surface, Jared était revenu. Il se tenait près de la baignoire, les bras croisés, un préservatif déroulé autour de son pénis en érection. La jeune femme se passa la main sur le visage pour en chasser l’eau et cligna les yeux. En un éclair, il l’avait rejointe dans la baignoire. Alors il la saisit par les aisselles et la souleva pour lui poser les fesses sur le coussin de nuque, sur le large rebord en céramique.
— Je voulais attendre, marmonna-t-il en s’agenouillant dans l’eau et en lui écartant les cuisses. Au moins jusqu’à ce qu’on ait dîné.
Il s’empara de sa féminité à pleine bouche et glissa la langue dans sa fente, lui arrachant un halètement ; elle arc-bouta le dos. Il se mit à faire des va-et-vient, agrémentant le mouvement de petits coups de langue rapides. Il poussa un grognement et inclina la tête pour s’enfoncer davantage en elle, la goûtant avec voracité.
Lorsque, prise de tremblements, elle fut à deux doigts de jouir, il s’essuya la bouche sur l’intérieur de sa cuisse et se redressa. Il lui décocha un regard qui la fit frémir ; manifestement, leurs ébats sur le canapé avaient à peine émoussé son appétit.
Il saisit son sexe et le frotta doucement contre elle.
— J’aurais préféré attendre un peu, répéta-t-il avec plus de véhémence. Tu es tout enflée.
— Ce n’est pas ma faute si tu me fais cet effet-là. Tu étais irrésistible. J’étais excitée rien qu’en te regardant te frotter.
— Tu regardais ma queue avec envie. J’ai presque failli éjaculer sous la douche. (Il s’introduisit lentement en elle pour la ménager.) Pourtant, après le numéro que tu m’as fait sur le canapé, il ne devrait plus rien me rester en réserve.
À mesure qu’il la pénétrait, il lui faisait perdre la tête. Son langage cru l’exaltait.
Il posa une main sur sa joue, l’autre sur sa hanche, et s’enfonça un peu plus. Puis il introduisit son pouce dans la bouche de Darcy.
— Je veux d’abord tes lèvres.
Elle aspira ses doigts calleux avec sensualité, son regard dans le sien. Les yeux de Jared s’assombrirent.
— Tu t’y prendras pareil pour sucer ma queue, dit-il d’une voix rauque. Je te ferai t’agenouiller et prendre mon sexe à pleine bouche. Après ça, je mettrai plus de temps à jouir. Je bougerai lentement entre tes lèvres pendant un long moment. Je ferai durer le plaisir.
Il ôta son pouce de sa bouche et se pencha vers elle pour l’embrasser, engouffrant sa langue entre ses lèvres. La main sur sa gorge, il lui susurra ensuite :
— Tu aspireras le bout de ma queue et tu avaleras mon sperme jusqu’à la dernière goutte.
— Oui, soupira-t-elle, impatiente de l’avoir en elle, de voir le plaisir voiler son visage tandis qu’elle le conduirait à l’orgasme.
D’une poussée, il s’ancra en elle.
— Tu es encore plus étroite qu’avant. Et je trouvais déjà ta chatte parfaite.
Darcy se détacha des lèvres de Jared pour déposer une traînée de baisers le long de sa mâchoire.
— Tu es encore plus dur qu’avant. Et ton sexe était déjà impressionnant.
— C’est parce que je sais à quel point ça va être bon quand je jouirai. C’est délicieux quand tu te laisses aller et que ta chatte se contracte autour de moi.
— Tu me fais jouir si fort, murmura-t-elle au creux de son oreille.
Darcy titilla son lobe avec la pointe de la langue, ce qui le fit tressaillir. Elle resserra son étreinte autour de son sexe. Dans un juron, Jared se retira avant de replonger en elle avec mesure.
— Amuse-toi autant que tu le voudras, mais je n’ai pas l’intention de brûler les étapes.
Elle empoigna ses fesses fermes, colla son ventre contre lui et se mit à onduler du bassin. La pression exercée contre son clitoris faillit la faire décoller. Sa féminité se mit à palpiter autour de son membre érigé.
— Bon sang, marmonna-t-il en la forçant à détacher les mains de son postérieur.
Il la bouscula gentiment pour l’éloigner un peu. Puis il lui plaqua les mains contre le carrelage et la pénétra à une cadence parfaite.
— Tu ne vas pas jouir avant que je sois allongé sur toi.
Darcy renversa la tête en arrière en émettant un couinement tandis qu’il allait et venait en elle à un rythme lent et calculé. Le plaisir était si fort qu’elle ne pouvait plus articuler. Son pénis long et épais s’emboîtait tout à fait en elle et l’emplissait. Les yeux fermés, elle s’imprégna de l’impact rythmé de ses hanches contre les siennes et des battements de ses testicules contre la rondeur moite de ses fesses. Les allées et venues de son érection massaient sa chair délicate de manière très lascive. Sa verge frictionna un point sensible, déclenchant chez elle des tremblements incontrôlables.
— Je pourrais faire ça toute la journée, grogna-t-il. Toute la nuit.
— Ne t’arrête pas, Jared. Surtout pas.
Il glissa sa langue sur la pointe de son sein et elle faillit jouir.
— Oui. Je vais te pénétrer et te lécher les tétons jusqu’à ce que ta petite chatte n’en puisse plus et me pompe jusqu’à la dernière goutte.
Ses lèvres se refermèrent autour de la pointe rose de son sein. Il l’aspira en même temps qu’il se mouvait en elle. Des décharges la parcoururent. Son corps se désolidarisa de son esprit, et elle s’entendit gémir tandis que son bassin épousait les gestes de bascule du sien.
Jared lui lâcha les poignets pour placer les mains sur sa colonne vertébrale. Il l’attira contre lui et la souleva légèrement. C’était sans doute l’expérience la plus charnelle, la plus intime que Darcy ait connue.
— Oui, souffla-t-elle. Je vais jouir…
L’orgasme déferla en elle, provoquant des tremblements incontrôlables. Il continua de remuer en elle, le sexe engorgé, prêt à atteindre à son tour la délivrance tout en l’encourageant à jouir encore une fois.
Épuisée et au bord d’un précipice émotionnel qu’elle n’avait pas soupçonné, Darcy se livra à lui. Elle reçut le plaisir jusqu’à ce que ses jambes pendent, ballantes, dans l’eau froide, et que la pointe de ses seins l’élance.
Alors seulement Jared s’abandonna à son tour, la maintenant contre son corps en feu, son torse se gonflant tandis qu’un puissant orgasme le transcendait.
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