Collision: Dangerous Game, T1 (Emma) (French Edition)

9. Linda

Chapitre 9

 

 

LINDA

 

— Tu as mauvaise mine, Leandro, lui dis-je.

Je penche la tête sur le côté pour l’examiner et grimace. Il a plusieurs contusions sur le visage et en plissant les yeux j’arrive à discerner du sang au niveau des jointures de sa main droite. Il est allongé sur un lit sommaire, vêtu des mêmes vêtements que ce matin en un peu plus sales – et ensanglantés, surtout. Je regarde autour de moi, je remarque que l’on est dans une cellule. Il y a un lavabo et des toilettes couverts de crasses. Le lieu a l’air abandonné. Seule la lumière du jour, qui filtre par la fenêtre munie de barreaux, me permet de voir à quel point. La peinture s’effrite, l’odeur est à la limite du supportable. Je m’avance vers la fenêtre et me mets sur la pointe des pieds. On est visiblement dans une prison. Plusieurs autres bâtiments sont dans un état lamentable. On a vue sur le terrain de basket. Je suis presque sûre qu’une souris vient de me frôler le pied. Mais je n’ose pas regarder au sol, de peur de me ridiculiser devant Leandro, pour changer.

— Ça me fait plaisir de te revoir aussi, minha querida, bien que les circonstances ne soient pas celles que j’avais imaginées.

— Hum. Ça veut dire quoi au juste ?

— Que je préférerais que le lit soit plus grand et surtout plus confortable !

Je pousse un soupir d’exaspération.

— Tu ne penses décidément qu’à ça ?

Je lève la main pour lui signifier que je ne veux pas de réponse.

— Je ne parlais pas de tes pensées perverses, mais de « minha machin chose ».

— Minha querida. Qu’est-ce que je gagne si je te dis ce que ça veut dire ?

— Le fait que je n’ajoute pas d’hématomes à ton joli minois, je réplique, pince-sans-rire.

— Alors comme ça tu trouves que j’ai un « joli minois », dit-il avec un sourire en coin.

Je lève les yeux au ciel, c’est la seule chose qu’il a retenue. J’ai des choses bien plus importantes à régler que de flatter son ego. De plus, « joli minois » ce n’est pas l’expression que j’aurais choisie si je voulais lui faire un compliment. Mais plutôt gueule d’ange. Ou JSO : Je signe où ?

— Comment es-tu arrivé ici ? je lui demande en secouant la tête pour me changer les idées.

— Sûrement de la même façon que toi. Ils m’ont coincé pas longtemps après que j’ai quitté ta chambre. J’ai essayé de me défendre, mais à quatre contre un c’est compliqué. Je ne suis pas Chuck Norris.

— Ça, c’est sûr.

— Ils m’ont drogué et quand je me suis réveillé j’étais sur ce lit, reprend-il comme si je n’avais rien dit.

Je suis quand même vexée de ne pas avoir eu la même escouade. Ce n’est pas parce que je suis une femme que je ne peux pas me défendre ! Ils m’ont clairement sous-estimée et ça peut jouer en notre faveur. Il faut juste que je trouve comment.

— Ils ne t’ont rien dit sur le pourquoi de cet enlèvement ?

— Si, que j’avais énervé les mauvaises personnes ! Mais le fait que tu sois là toi aussi réduit clairement la liste.

Je fais les cent pas dans la pièce, enfin, j’en fais plutôt quatre et me retourne. La seule et unique affaire qui nous lie, c’est celle de la société de sécurité privée. Mais je ne sais pas pour qui travaille Leandro ! Est-ce que je peux lui faire confiance ? Objectivement ? Certes, il m’a sauvé les miches quand il a fallu quitter le bâtiment en speed cette nuit-là. Mais sans sa présence, le plan se serait déroulé sans accrocs. Et puis il m’a suivie, tout de même, ce n’est pas rien !

— Ton cerveau va se mettre à fumer si tu continues, se moque-t-il.

Je darde sur lui un regard noir et croise les bras au niveau de ma poitrine alors qu’il affiche encore son sourire en coin.

— Leandro ! Ce n’est pas le moment. Concentre-toi, il faut qu’on sorte d’ici. Et puis comment tu fais pour te coucher sur ce truc-là ? C’est un coup à se choper la peste.

— Je n’ai pas le choix, j’ai mal partout, murmure-t-il.

Je m’avance rapidement et fait courir mes mains sur lui, inspectant minutieusement son corps. Il grimace quand je le touche au niveau des côtes, frisonne quand je laisse mes doigts s’attarder sur sa peau. Je plonge mes yeux dans les siens, je suis comme hypnotisée. J’oublie la puanteur, les murs sur le point de s’effondrer et le fait que je sois enfermée. Il n’y a plus que nous deux. Seuls au monde. Je ne sais pas combien de temps on reste ainsi sans rien se dire, mais le bruit d’un moteur de voiture me ramène brutalement à la réalité. Je retire mes mains comme si sa peau était en feu.

— Cassées ? je l’interroge d’une voix rauque.

— A priori non, mais je ne suis pas un spécialiste non plus. C’est juste douloureux.

— Tu as mal autre part ?

— Juste là, dit-il en me montrant ses lèvres.

— Irrécupérable…

Bien que la tentation soit grande, ce n’est absolument pas le moment. Ni maintenant, ni jamais.

— On va devoir attendre que tu te rétablisses un minimum avant de tenter quoi que ce soit. Comme défoncer cette porte.

— Tu as un plan ? me demande-t-il.

— Pas du tout et toi ?

Il secoue la tête. On est dans de beaux draps. En parlant de draps, je vais dormir où, moi ? Même si je ne vais pas certainement pas fermer l’œil, j’ai besoin d’un minimum de repos pour m’enfuir et ce n’est pas en restant debout que je vais en trouver. Alors où ? Sur le sol ? Certainement pas, je ne veux pas être réveillée par une souris me grimpant dessus. Oh mon Dieu, la souris. Elle est où ? J’inspire longuement et expire lentement. Je déteste les souris, je ne trouve rien de plus effrayant.

— Qu’est-ce que tu as ? me questionne Leandro.

— Rien ! rien du tout.

Il faut que je pense à autre chose. Vite !

— Qui es-tu, Leandro ?

— Voilà une question bien complexe, dit-il en fuyant mon regard.

— Tu ne penses pas que je mérite enfin d’avoir une réponse par rapport à tout ce foutoir ? je hurle, incapable de me maîtriser.

Il pousse un soupir d’agacement ou de défaite, je ne sais pas trop. J’ai besoin de savoir où j’en suis, est-ce trop demander ? De savoir si je peux lui faire confiance, tout simplement. J’étais sûre de pouvoir gérer seule. Parce que c’est bien le cas, je suis seule. Le fait de ne rien savoir de Leandro m’empêche de totalement me reposer sur lui. Plusieurs minutes passent, avant qu’il n’ouvre la bouche, mais il la referme aussitôt. Il a l’air de chercher ses mots, peut-être décide-t-il de ce qu’il peut me dire ou pas.

— OK, une autre question. Que sais-tu de moi ? j’enchaîne quand je vois qu’il peine à me répondre.

— Linda Perrin, 27 ans, fille de Marie Duval. Agent de sécurité privée. Enquête sur une entreprise concurrente.

Des faits, rien que des faits. Aucune émotion dans ces phrases. Sûrement que tout ce qu’il m’a dit ou fait avant n’était dicté que pour le bien d’une mission. Il sait tout de moi, alors que je ne sais rien de lui et ça me fait mal ! Je détourne le regard. J’essaie de parler, mais j’ai la gorge nouée, je la racle avant de poursuivre.

— Tu as appris tes leçons ! Maintenant, dis-moi ce que je sais de toi.

Il marque une pause, il voit très bien ou je veux en venir.

— Leandro, travaille dans l’administration, répond-il.

Voilà, c’est tout ce que je sais de lui. Et aussi qu’il m’a menti. Je sais que c’est un agent, ça ne fait aucun doute, même s’il ne me l’a pas dit. La réelle question est, pour qui travaille-t-il ? Mais je préfère en poser une autre.

— Leandro, c’est ton vrai prénom ?

Il hoche la tête, mais ne dit rien.

— Je ne compte pas mener un interrogatoire ! J’en ai marre de me battre contre toi alors que tu ne me jettes que des miettes, je m’exclame, frustrée.

Je m’éloigne de lui, j’ai besoin de distance pour contrôler mes émotions. Pourquoi suis-je si en colère contre lui ? Je secoue la tête et regarde le ciel à travers les barreaux. Ça pourrait être une belle journée d’été, si je n’étais pas enfermée dans une prison en ruine, avec un homme qui ne me considère que comme une mission. J’entends le lit grincer et ne bouge pas d’un pouce. Je sens sa chaleur dans mon dos, mais ne me retourne pas.

— Linda, ma puce…, dit-il avec une pointe d’angoisse dans la voix.

On a passé si peu de temps ensemble, et j’ai déjà l’impression qu’il hante chaque partie de mon cerveau, de mon âme. Il a laissé une trace indélébile et c’est pour cette raison que je lui en veux réellement. Je ne me suis jamais sentie aussi vivante que dans ses bras, à travers son regard ce jour-là. L’entendre me parler ainsi, si tendrement, me donne un coup de poignard en plein ventre. Je me mords la lèvre jusqu’au sang pour ne pas me briser en mille morceaux. L’enlèvement, sa présence et ses mensonges, c’est plus que je ne peux supporter. J’essaie de répéter des exercices de respiration, mais rien n’y fait, je laisse échapper un hoquet. Soudain, il me retourne face à lui et me prend dans ses bras. J’éclate en sanglots. J’étais persuadée d’être plus forte que ça, qu’eux… que lui.

Une main maintient ma tête sur sa poitrine, tandis que l’autre sur mon dos dessine des cercles. Il me murmure des mots apaisants. Peu à peu, je me détends dans ses bras, enivrée par son parfum. J’aimerais que le temps s’arrête, juste pour profiter de son étreinte. Je suis noyée par l’afflux de mes sentiments. Colère, peine, joie. Je suis désorientée.

Quand Leandro sent que ma crise est finie, il pose ses mains sur mes épaules et me décolle lentement de son corps. Il me tient à quelques centimètres de lui et me regarde intensément.

— Je vais te dire qui je suis, Linda. Mais avant ça, tu dois savoir quelque chose.

Sa phrase laisse place à la panique chez moi, il y a un sujet qui pourrait m’anéantir encore plus ? Sentant que je vais peut-être m’effondrer à nouveau, il prend mon visage en coupe entre ses mains et dépose un baiser sur mon front. Je ferme les yeux, ses lèvres s’attardent plus que de raison, pourtant je ne m’en détache pas.

— Je veux juste que tu saches que ce qui s’est passé entre nous n’était absolument pas prévu. Tu dois me croire, j’étais et je le suis encore, attiré par toi. Rien de ce qui se produit autour de nous ne pourra changer ça !

Il le dit avec tant de véhémence que je commence à le croire.

— Je te veux, dit-il en ponctuant chaque mot d’un baiser, sur mon front, mon nez et enfin mes lèvres.

Doucement, je me colle à lui. Pour oublier où nous sommes, pour me délecter de sa chaleur. Mes lèvres sur les siennes, je pars dans un autre monde. Un monde où nous sommes seuls, dans notre bulle. Ma raison me dit que je devrais me méfier, ne pas m’abandonner si facilement alors que mon corps se presse contre lui. Il glisse ses mains dans mes cheveux, je m’accroche à ses poignets. J’ai besoin de plus, et lui aussi. Sa main gauche descend le long de ma colonne vertébrale, m’arrachant un frisson, et se pose au creux de mes reins pour finir sa course sur mes fesses. Nos caresses deviennent vite plus sauvages, plus primaires. Je gémis, je ne me lasse pas de l’embrasser, c’est effrayant, mais tellement bon. Leandro mordille ma lèvre inférieure avant de poser son front contre le mien.

— On devrait arrêter avant que ça ne parte trop loin, murmure-t-il aussi essoufflé que moi.

J’inspire un grand coup et fais un pas en arrière. Être collée à lui m’empêche de dompter mes envies. Je relève mon regard vers Leandro, le sien est encore bestial, rempli de désir pour moi. Il passe sa main dans ses cheveux, les dérangeant encore plus. Je me retiens tout juste de remettre en place sa mèche qui lui tombe sur le front. Il ferme les yeux et lève un instant son visage vers le plafond.

Quand il commence à faire les cent pas, notre moment intime est bel et bien terminé. Place à la vérité, à présent.

— Je ne sais pas par où commencer, me dit-il après un silence insupportable.

— Par le début ? je propose.

Je me cale comme je peux dans un coin de la pièce, à l’affût du moindre mouvement au sol. Je n’ai pas oublié cette junkie du fromage, dotée de quatre pattes. Loin de se douter de la bataille qui se joue entre la souris et moi, Leandro commence son récit.

— Je suis né au Brésil. Pas du côté glamour, plage et paillettes. Mais celui de la drogue, du racket et des meurtres. J’ai appris à m’adapter pour survivre, surtout pour ma mère et mes sœurs cadettes. C’était à mon tour de me sacrifier, notre père l’avait assez fait pendant ma courte enfance. Je voulais une vie meilleure pour elles. Elles le méritaient tellement.

Un sourire plein d’amour éclaire son visage, et je vois bien ses yeux embués. N’écoutant que mon instinct et mon cœur, je m’approche doucement et entoure sa taille de mes bras. Il pose son menton sur le haut de ma tête.

— Merci, souffle-t-il avant de reprendre. J’ai très vite compris à qui je devais rendre des services pour gravir les échelons. J’étais l’homme de l’ombre, celui qu’on envoyait faire le sale boulot. Jusqu’à ce qu’un de chez nous me vende à l’ennemi.

Son corps irradie d’une telle tension que ça me fait peur. Je lève mon visage vers le sien, sa mâchoire serrée et ses paupières closes m’indiquent à quel point revivre tout ça est dur pour lui. Je resserre mon étreinte pour essayer de le réconforter et parce que je n’ose pas l’interrompre avec des mots.

— J’ai fait ce que j’avais à faire. J’ai fait une offre que ne pouvait refuser le chef de gang. La vie de son ennemi. Par la suite, je me suis vengé. Et depuis, je vends mes services au plus offrant.

— Tu… tu es tueur à gages ?

— Entre autres, répond-il le regard vide.

Je m’arrache à ses bras.

— Comment ça, entre autres ? Est-ce que c’était ça ta mission ? Me tuer ?

— Non, dit-il en détournant le regard. Je ne fais pas que ça, c’est tout !

— Leandro, si tu me mens, je te découperai les couilles en tout petits morceaux !

— Je ne doute pas une seconde que tu en sois capable, minha querida. Mais il faut que tu comprennes qu’avant chaque mission, j’enquête minutieusement sur tous les commanditaires et les cibles. Rien ne m’échappe, même ce qu’ils ont caché à des gens haut placés. C’est ce qui me permet de prendre la décision d’accepter ou non la mission.

— D’accord, mais comment tu fais tout ça seul ?

— J’ai des contacts un peu partout. Il me suffit de les solliciter.

— C’est aussi simple que ça ?

Je suis dubitative.

— Non, mais on n’a pas besoin de rentrer dans les détails pour l’instant.

Je me masse les tempes. Je ne m’attendais pas vraiment à ça. J’ai des tonnes de questions qui tournent dans ma tête. J’arrive difficilement à faire le tri.

— Comment tu as fait pour qu’il n’y ait pas de représailles de la part des gangs au Brésil ?

— Ils me croient mort, ainsi que ma famille, dit-il en haussant les épaules.

Je m’attends à ce qu’il développe un peu, mais au contraire, il retourne s’asseoir sur le lit et ne dit plus un mot. Signe que ce sujet est clos.

— Tu travailles pour qui, actuellement ?

— Il faut vraiment que je réponde à cette question ?

Je ne prends même pas la peine d’ouvrir la bouche, je croise les bras sur ma poitrine, et hausse les sourcils.

— Josh, reprend-il.

— Quoi, Josh ?

— Ton collègue. C’est pour lui que je travaille.

— Mais… mais…, je bafouille.

Je ne comprends plus rien. Pourquoi travaillerait-il pour Josh ? Et sur la même mission que moi ? Cela n’a aucun sens.

— Il va falloir que tu sois un peu plus clair, cette fois-ci !

— Il m’arrive de rendre des services à des amis. Josh en fait partie. Il m’a demandé d’enquêter sur cette affaire, parce qu’il trouvait que certains points ne collaient pas dans le dossier et qu’il ne pouvait le faire lui-même.

— Quels points ? je l’interroge.

Je n’essaie même pas de savoir comment il a connu Josh. Je suis tellement abasourdie.

— D’habitude, ce genre d’affaire sur les mercenaires est confiée à des agences gouvernementales. Alors pourquoi est-ce vous qui avez hérité du dossier ?

— Ce n’est pas la première fois que le gouvernement nous confie des affaires, je réplique, sur la défensive.

— Certes, mais sur des mercenaires de grande envergure ?

D’accord, il marque un point.

— Autre point, pourquoi tu es seule sur cette affaire ? Où sont tes coéquipiers ?

— Ça ne devait être que de la surveillance et de l’identification. Pas besoin d’être dix pour faire ça, je sais très bien me débrouiller seule. Concernant les autres, ils ont une mission au Moyen-Orient.

— Oui sauf que tu n’es plus seule, tu m’as moi. Tu peux compter sur moi, maintenant.

Je lève les yeux au ciel, il y a encore trop de zones d’ombre pour que je lui fasse totalement confiance.

— Sur quoi porte leur mission ? continue-t-il.

— Je ne sais pas, ils sont partis au moment où Josh et moi étions à Londres.

— D’accord, il va falloir creuser de ce côté aussi. Tu as des nouvelles de Josh ? Je n’arrive plus à le joindre.

Josh, mon Dieu, dans quoi tu t’es embarqué ?

— Il est en danger, j’en suis sûre. Ce matin, j’ai reçu un appel de sa part, me disant de fuir. Je n’ai pas eu le temps de lui parler, la communication a très vite coupé.

— Ça ne sent pas bon.

Au moins, on ne peut pas reprocher à Leandro de prendre des pincettes. Il me faudra du temps pour assimiler tout ce que je viens d’entendre. Mais en premier lieu, je m’inquiète pour Josh.

— Est-ce que tu crois qu’il est quelque part dans cette prison ?

— Je ne sais pas, mais on le découvrira demain. Je serais enfin d’attaque pour défoncer cette porte.

Je reste plusieurs minutes dans mon coin, à revivre l’instant où cette mission m’a été confiée, à la recherche d’un indice quelconque. Mais rien n’y fait, je reste bloquée sur les différentes conversations que j’ai eues avec Josh depuis. Il y a quelque chose qui cloche, mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Soudain, je sens un truc sur ma chaussure.

— Leandro ? dis-je, paniquée.

— Hum.

— Tu peux regarder au niveau de mes pieds et me dire que ce n’est pas une souris sur ma chaussure… ?

Il se relève et baisse le regard sur moi.

— OK, je ne vais pas te dire que c’est une souris qui grignote tes lacets.

J’incline mon visage vers mes pieds. Erreur fatale. Ni une, ni deux, tout en hurlant, je balance ma jambe dans tous les sens pour la faire lâcher prise, et saute dans les bras de Leandro. Son corps est pris de secousses. Cet enfoiré est mort de rire !

— Ce n’est pas drôle, je déteste les souris.

— Je devrais la remercier, grâce à elle, tu finis dans mes bras, minha querida.

Je lui donne un coup de poing sur l’épaule, mais reste tout de même là où j’ai atterri.

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