Collision: Dangerous Game, T1 (Emma) (French Edition)
16. Leandro
Chapitre 16
LEANDRO
Je ne la quitte pas du regard, m’attendant à tout moment à ce qu’elle s’en aille. L’angoisse qui m’étreint me fait imaginer le pire. Je sais que ce que je vais lui dire va, soit tout détruire entre nous, soit nous permettre d’avancer ensemble. Je repense encore à l’instant où nos corps sont entrés en collision. Je connaissais tout d’elle, mais rien n’aurait pu me préparer à ce que j’ai ressenti. À ce que je ressens maintenant. Je l’aime et je ne l’ai compris que pendant ces moments où l’on était séparés, loin l’un de l’autre. J’ai peur de la perdre, peur qu’elle ne fasse plus partie de ma vie.
— Leandro, tu m’écoutes ?
Je secoue la tête pour essayer de me concentrer un peu.
— Désolé, tu disais ?
— J’attends que tu me racontes absolument tout.
Si seulement je pouvais éviter cette partie, mais autant y aller franco.
— Global Delta Security m’a embauché en premier et quand Josh m’a informé qu’une mission soi-disant louche sur cette société allait débuter, je ne lui en ai pas parlé.
— Pourquoi tu ne l’as pas fait ? demande-t-elle, les bras croisés. GDS a quelque chose à cacher ?
Je souffle de résignation et regarde par la fenêtre.
— Le truc, c’est que tu te méfies de la mauvaise entreprise. Tu n’as toujours pas de nouvelles de Todd ?
Quand elle fait signe que non, je reprends :
— Pourquoi ça ne m’étonne pas ? Je t’ai dit que j’enquêtais toujours sur les personnes pour qui je travaille. GDS est ce qu’il y a de plus clean. Par contre, on ne peut pas en dire autant de ton patron.
— Ce n’est pas possible, en deux ans, j’aurais remarqué que quelque chose clochait.
— Ça a commencé il y a peu de temps, Linda. Je pense que Todd a déconné quelque part et qu’à présent il fait profil bas.
— Alors, tu savais que ce n’était pas GDS qui nous avait enlevés, quand on était dans cette prison.
— Je n’étais pas sûr à cent pour cent. Ce ne serait pas la première fois qu’un client tente de se débarrasser de moi.
Elle pose les coudes sur la table et se prend la tête entre les mains.
— Bordel, c’est un vrai merdier.
— Tu l’as dit. Et si comme je le pense Todd a énervé des personnes importantes, on va devoir se faire petits, nous aussi.
Elle relève vivement la tête et me regarde avec des yeux ronds.
— Ils en ont après toi ?
— Je n’en sais rien, je pense qu’ils m’ont kidnappé en pensant que je travaillais dans la même boîte que toi. Ils ne doivent pas encore savoir qui je suis, ne t’inquiète pas pour moi, mais plutôt pour Josh et toi. Tant qu’on n’a pas résolu cette histoire, on ne fait confiance à personne, d’accord ?
Elle hoche la tête, les lèvres pincées.
— Pour une fois que je suis sur une mission toute seule, il faut que ça soit un véritable bourbier.
— Je suis désolé ma puce, mais on va réussir à s’en sortir.
Linda ne dit rien, comme s’il était difficile pour elle de croire à un happy end. Au bout de quelques minutes, elle se redresse sur sa chaise et reprend la parole :
— Je ne sais pas ce que nous réserve demain, mais je sais ce que je veux. Et c’est profiter du temps qu’on peut passer tous les deux.
Elle penche la tête sur le côté, un sourire charmeur aux lèvres. Oh, ça n’augure rien de bon.
— J’ai quelques courses à faire, tu m’accompagnes ?
— Pourquoi pas ?
On règle l’addition et je suis Linda jusqu’à sa voiture. Elle cherche quelque chose dans son téléphone et une fois qu’elle semble l’avoir trouvé, un air ravi apparaît sur son visage.
— OK, allons-y.
Elle hâte le pas jusqu’à sa voiture, elle me lance un sourire énigmatique quand je m’installe côté passager. Je sais que je devrais m’inquiéter de ce qu’elle prépare, mais je suis trop heureux d’être près d’elle. Je replace une mèche folle de son chignon et frôle sa joue. Un frisson la parcourt. Je suis content de voir que je ne suis pas le seul à réagir au contact de nos corps. Je suis du doigt la courbe de son cou et descends le long de son bras dénudé. Elle me jette un coup d’œil avant de se concentrer sur la route.
— On ne distrait pas le conducteur, c’est dangereux.
— Chef, oui chef !
Elle glousse avant de reprendre :
— Fais gaffe Leandro, je pourrais très bien croire que tu requiquiras avec le temps.
— Requiquiras ?
Cette femme n’arrête pas d’inventer des expressions. Au moins, avec elle on ne s’ennuie pas.
— C’est une de mes amies qui dit ça, répond-elle en haussant les épaules. Requiquira, c’est comme riquiqui avec elle. Donc, quand elle utilise ce mot, ça signifie que c’est la femme qui porte la culotte dans le couple. L’homme perd un peu de ce qu’il a dans le pantalon, dit-elle en regardant mon entrejambe.
J’éclate de rire.
— Ne t’inquiète pas ma puce, il y a tout ce qu’il faut là-dedans pour te satisfaire.
Elle lève les yeux au ciel en souriant.
— Tiens, Casanova, on est arrivés.
Linda se gare et sort de la voiture. À mon tour, je sors et me fige devant la vitrine du magasin avant qu’un sourire lascif apparaisse sur mes lèvres.
— Vraiment ?
— Hum hum, mais toi, tu restes ici.
Quoi ? Il est hors de question que je ne sache pas ce qu’elle a acheté, c’est de la torture.
— Oui, je suis sérieuse, je rentre dans cette boutique de lingerie et tu m’attends là !
Je me mets à bouder. Oui, comme un vrai gamin et je m’en fiche totalement. Elle se rapproche de moi et susurre à mon oreille :
— L’attente est une torture, mais la récompense est un délice…
Et elle s’en va se déhanchant un peu plus que d’habitude. Elle me tuera, un jour. Je l’imagine dans le magasin, parcourir le rayon nuisettes, s’arrêter devant un ensemble de dentelle. Très vite, je me retrouve à l’étroit dans mon pantalon. Je ferme les yeux pour tenter de me calmer, d’endiguer cette vague de chaleur qui me submerge, mais j’obtiens le résultat contraire. Je l’imagine dans la cabine d’essayage, vêtue seulement d’un string, ses tétons roses et durcis par le plaisir. Putain ! Je suis à deux doigts de rentrer dans le magasin et de la prendre sauvagement dans la cabine.
Elle ressort quarante minutes plus tard du magasin, fourre ses sacs dans le coffre et s’assoit au volant. Elle me regarde avec un grand sourire avant de me dire :
— Prêt pour la récompense, bébé ?
Putain ! Dans la bouche de n’importe qui, bébé m’aurait paru tellement puéril. Mais avec sa voix, c’est très sexy.
— Où tu veux, quand tu veux ma puce.
Linda, concentrée sur la route et son GPS, ne dit plus rien depuis qu’elle s’est insérée dans la circulation parisienne.
— Bon, tu veux bien me dire où on va ?
— Non.
Je m’attends à ce qu’elle m’en dise plus, mais Madame en a décidé autrement.
— Linda ?
— Hum, hum.
— Au moins un indice, alors ?
Elle ne me répond pas et se contente de me faire un clin d’œil. Il faut croire que je vais devoir prendre mon mal en patience. C’est qu’elle peut être têtue quand elle veut. Et ça ne la rend que plus sexy, chose que je ne pensais pas être possible. Je pose mon front contre la vitre et l’observe à la dérobée. Si seulement les choses étaient plus simples, on pourrait faire comme si on avait un avenir, un espoir de happy end, quelque chose d’autre que ces heures qu’on s’apprête à voler.
Linda se gare enfin et récupère ses affaires dans le coffre. Cette femme ne cessera de m’étonner, comment n’ai-je pas compris où l’on allait… ? C’est l’hôtel où je l’ai emmenée après l’avoir vue dans ce restaurant.
— On y va ? me demande-t-elle en se mordant la lèvre inférieure.
— Je te l’ai déjà dit, ma puce. Où tu veux, quand tu veux.
Elle se rapproche de moi, colle son corps contre le mien et murmure à mon oreille :
— Alors, dépêche-toi, parce que je veux que ça soit dans cet hôtel et maintenant.
Elle s’éloigne, m’adresse un clin d’œil et entre dans le bâtiment. Je m’empresse de la rejoindre, elle est déjà en train de prendre une chambre. La réceptionniste s’immobilise en me voyant, bat des paupières et me lance un regard appréciateur. Petite blonde aux yeux verts, plutôt bien foutue il faut l’avouer. Dans une autre vie, peut-être aurais-je réagi à ses avances. À présent, l’idée même de lui demander son numéro me rebute.
— Oh, c’est par ici que ça se passe, dit Linda d’un ton sec.
— Excusez-moi madame, donc ce sera la chambre 210.
— Merci. Au fait, vous avez un peu de bave qui coule sur votre menton.
Fière d’elle, Linda récupère la clé, un immense sourire aux lèvres. La réceptionniste, bouche bée, n’en revient toujours pas. Et moi je suis mort de rire, ça me fait du bien de voir Linda joueuse. Je la rejoins devant l’ascenseur.
— Jalouse, minha querida ?
— Pas du tout, je voulais juste lui épargner une humiliation. Entre femmes, il faut qu’on se soutienne, tu comprends ?
— Bien sûr, le Girl Power et tout ça.
— Je savais que tu étais un homme intelligent.
— Ha, mais je ne suis pas que ça, ma puce.
Une main sur ses reins, je la suis dans l’ascenseur. Cet endroit me rappelle de bons souvenirs, et à la façon dont Linda joue avec ses lèvres, je ne suis pas le seul.
— J’ai bien failli te faire l’amour ici la dernière fois.
— Qu’est-ce qui t’en a empêché ?
— Je ne suis pas très chaud pour que d’autres puissent admirer ce que je considère comme mien, dis-je en la collant contre la paroi.
— Comme tien, hein ? Déjà à ce moment, tu pensais avoir des droits sur moi ? Tu n’es pas un peu macho ?
— Non plutôt possessif, comme toi tout à l’heure.
— Je ne vois pas de quoi tu parles.
Le « ding » de l’ouverture des portes m’empêche de continuer notre joute verbale. Arrivée devant la porte, Linda se retourne vers moi.
— Une fois qu’on passe cette porte, tu devras faire tout ce que je dis, m’annonce-t-elle.
Je plisse les yeux, me demandant où se trouve le piège, mais finit par hocher la tête. Je vais devoir la suivre et faire tout ce qu’elle me demande sans résister. J’aurais peut-être dû réfléchir un peu plus avant d’accepter.
— C’est parti pour la récompense, chuchote-t-elle.
Elle ouvre la porte et s’engouffre dans la pièce.
— Attends-moi sur le lit, j’arrive.
Linda se dirige vers la salle de bains. Mince, je ne savais pas qu’elle pouvait être aussi autoritaire. Un pan de sa personnalité qui m’excite. Je l’imagine enfiler de la lingerie, mon cœur rate un battement. Mon souffle se bloque, le sang pulse au niveau de ma queue. Putain ! Je mets mon avant-bras sur mes yeux et expire lentement. Au bout de trente minutes, pendant lesquelles j’imagine tout et n’importe quoi, elle sort enfin de la salle de bains. J’en reste bouche bée, elle est sublime. Carrément bandante. Putain, elle veut réellement ma mort. Mon imagination pourtant assez fertile n’était pas à la hauteur de la réalité. Chaussée de talons hauts, ses jambes sont recouvertes de bas attachés à un porte-jarretelles. J’avale péniblement ma salive et continue à la détailler. Un shorty et un bustier tout en dentelle noir. Elle vient de m’achever. Je suis incapable de prononcer le moindre mot.
— Je vois que tu as perdu ta langue, c’est plutôt flatteur… Déshabille-toi, remonte jusqu’à la tête de lit et allonge-toi.
Tel un robot, je m’exécute. Je ne réfléchis pas, enfin si avec mon deuxième cerveau. Il a pris le pas sur celui d’en haut. Linda monte sur le lit et me chevauche. Elle se frotte légèrement contre mon membre durci avant de déposer un léger baiser sur mes lèvres. Sa bouche toujours contre la mienne, elle murmure :
— On va voir à quel point tu vas pouvoir résister, bébé.
Pour un homme se vantant de ne rater aucun détail, celui-là je ne l’avais pas vu venir. Linda attrape mon poignet et l’attache à la tête du lit à l’aide d’un ruban. Sa poitrine se presse contre mon torse, je sens les pointes durcies de ses tétons se frotter contre ma peau. L’air siffle entre mes dents.
— Sans la moindre résistance, me rappelle-t-elle.
Alors je la laisse faire avec mon autre poignet et mes chevilles. En bonne ancienne militaire, elle a bien serré ses liens, sans pour autant que ça soit douloureux.
— Voilà une chose de faite, prêt pour qu’on entame les choses sérieuses ?
— Je suis tout à toi, ma puce.
Lentement, ses lèvres capturent les miennes, sucent, mordillent. Le bal de nos langues se fait plus sauvage. L’intensité monte petit à petit. Linda détache sa bouche, passe sa langue le long de mon cou, remonte et me mord le lobe de l’oreille. L’odeur noix de coco de ses cheveux m’enivre. Je tourne la tête et frotte mon nez contre son cou. Je mordille sa peau avant de la sucer.
— Putain Linda… tu… tu me tues, dis-je en serrant les dents.
J’ai l’impression d’avoir à nouveau quinze ans et de ne pas réussir à me retenir. Toujours en prenant son temps, Linda passe sa langue sur mes tétons. Je prends une brusque respiration quand elle les mordille. Putain… putain. Linda sème des baisers jusqu’à mon entrejambe. Ses cheveux glissent le long de mon torse. Ses mains sont partout, mais ne touchent pas un seul instant mon sexe. Merde, elle ne va pas m’obliger à la supplier, si ? Oh si, elle a décidé de me torturer, je le vois à la façon dont elle me regarde. Elle s’assoit en tailleur entre mes jambes écartées, penche la tête sur le côté et me demande :
— Tu penses pouvoir tenir encore ?
— Non, j’en peux plus. Détache-moi.
Quelques secondes passent avant qu’elle ne réponde.
— Je n’ai pas fini, en fait.
À nouveau, elle me chevauche, mon sexe frotte contre son shorty. À travers ce bout de tissu, je sens combien elle a envie de moi. Nos respirations s’accélèrent, j’ai besoin de plus. Je commence à me débattre contre mes liens.
— Putain, Linda, il faut que je te touche.
— Pas encore.
À peine a-t-elle répondu que mon pénis se retrouve entre ses lèvres. Merde, je ne vais pas tenir longtemps. Elle joue avec moi, et je peux le dire, en véritable virtuose. Sa langue passe le long de ma queue avant qu’elle la prenne dans sa bouche. Je serre les dents et mes poings autour des barreaux de la tête de lit. Linda plante son regard dans le mien et passe lentement sa langue sur mon gland. Putain !
— Ma puce, si tu continues, je ne vais pas pouvoir me retenir.
Elle passe sa langue une dernière fois, le long de ma queue, avant de la lâcher. Elle se met debout et commence à se déshabiller. Son corps est parfait, avec des courbes magnifiques.
— Tu vois quelque chose qui te plaît ?
— Absolument tout, querida, je réplique la voix rauque.
Une fois nue, mais toujours avec ses chaussures, elle me tourne le dos et sort un objet de son sac. Ce n’est qu’une fois qu’elle revient vers moi que je vois que c’est un préservatif.
Elle me l’enfile et place mon pénis dans la bonne position pour que je puisse la pénétrer. Elle descend centimètre par centimètre, une vraie torture. Mais la voir, la tête en arrière, la respiration saccadée, m’emmène déjà presque à la jouissance. D’un coup de hanches, je m’enfonce totalement. On a tous les deux le souffle coupé. Je laisse le temps à Linda de s’adapter. Je sens la sueur couler le long de ma nuque, il m’en faut plus. Comme si elle avait entendu mes pensées, Linda commence à bouger. Je relève la tête et capture sa lèvre inférieure entre mes dents. On se dévore, étouffant nos gémissements dans la bouche de l’autre.
— Plus vite, mon ange, dis-je la voix rauque.
J’accompagne ses mouvements, je sens les parois de son vagin se contracter autour de mon sexe. Elle y est presque.
— Touche-toi mon ange…
Tout en continuant de me chevaucher, Linda descend sa main jusqu’à trouver son clitoris. Elle accélère, on n’entend que nos souffles et le bruit de nos corps qui claquent l’un contre l’autre. Un cri rauque lui échappe, je sens son vagin convulser autour de ma queue. Putain, cette femme me tuera, c’est certain. À mon tour, je jouis comme jamais.
— Waouh, dis-je.
Il n’y a que ce mot que j’arrive à sortir. Une fois nos respirations revenues à la normale, je lui demande :
— Allez, ma puce, c’est à mon tour de profiter de ton corps… Ça fait trop longtemps que j’attends de pouvoir te toucher encore.
Encore alanguie, Linda s’exécute tout de même. Elle me détache et je fais que je dis. J’aime son corps, encore et encore. Et je lui donne mon cœur et mon âme.
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