Collision: Dangerous Game, T1 (Emma) (French Edition)

22. Linda

Chapitre 22

 

LINDA

 

Si je ne ressentais pas la tension de Leandro, je m’endormirais presque dans ses bras. Si cela ne tenait qu’à moi, on resterait blottis l’un contre l’autre, loin de tout le monde. À l’abri de tout. Mais on ne peut vivre que d’amour et d’eau fraîche, et surtout ce n’est pas le meilleur moment pour cela. Je suis épuisée de courir après la vérité, de me cacher de nos poursuivants. J’aimerais avoir la paix, vivre une vie simple où je serais au cinéma, au restaurant ou juste à la maison avec l’homme que j’aime. Je lève les yeux vers son visage. Ce soir, dans la lumière de la lune, ses traits expriment clairement son envie de vengeance. Je caresse sa joue, mes doigts s’attardent sur ses lèvres. Je sens ses muscles se tendre, quand son regard capture le mien j’y lis une détermination farouche et un besoin primaire de possessivité.

— Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? je lui demande.

Je ne suis plus le leader, je passe volontiers le flambeau à Leandro. Il ne répond pas tout de suite, analysant probablement nos chances de survie avec telle ou telle solution.

— On change de planque. Vu l’état de l’actuelle, on ne peut clairement pas y rester. Après, on avisera.

— Dommage pour cette maison. J’aurais aimé y revenir une fois tout ce bordel fini.

— On en trouvera une autre. Avec beaucoup de pièces. Énormément de pièces à baptiser.

Je lui tape sur l’épaule, l’air faussement fâché.

— Tu ne penses qu’à ça !

— Quand tu es près de moi, oui.

Je lève les yeux au ciel mais ne réplique pas, sachant que c’est peine perdue avec lui. On arrive près de notre planque, enfin de ce qu’il en reste. Leandro me repose à terre, me donne un doux baiser sur les lèvres et se dirige vers le garage. Gary le suit, pendant que Josh et moi-même contemplons les dégâts. Une partie de la maison s’est totalement effondrée, si l’escalier menant aux chambres est encore là, ce sera un vrai miracle. Un miracle qui m’arrangerait pas mal, j’ai toutes mes affaires là-haut.

— C’est une belle merde hein, me dit Josh.

Je me retourne vers lui, j’essaie de sonder son humeur. Mais il reste impassible, les yeux rivés sur la maison en ruines, comme s’il avait bâti un mur entre lui et le reste du monde. Je m’approche et pose ma main sur sa joue. Ses yeux se détachent de la bâtisse, ce que j’y lis me serre le cœur. Il me prend dans ses bras.

— Si seulement j’avais su te protéger de tout ce bordel, ma belle.

— Ce n’est pas ta faute Josh, tu ne pouvais pas deviner ce qu’il allait se passer.

Il laisse le silence s’installer, se contentant de resserrer son étreinte. Je sais que sa culpabilité ne partira pas comme ça, du jour au lendemain. Il lui faudra du temps, pour accepter qu’il n’est en rien responsable de ce qu’il s’est produit et pour guérir de ses blessures. J’espère seulement qu’il n’oubliera pas qu’il n’est pas seul.

— Ôte tes sales pattes de ma femme, s’exclame Leandro.

Josh fait tout le contraire, allant jusqu’à provoquer Leandro en mettant ses mains sur mes hanches.

— J’étais là le premier, mon gars. Toi, ôte-toi de mon chemin, réplique-t-il.

Emmitouflée dans ses bras, mes yeux font des allers-retours entre les deux. Leandro a la mâchoire crispée, les poings serrés. Tandis que Josh se mord la joue pour s’empêcher de rire. Je souffle, exaspérée.

— Vous êtes épuisants, tous les deux.

Josh éclate de rire, alors que Leandro me regarde en tentant de comprendre ce qu’il a raté. J’écrase le pied de Josh, qui couine.

— Tu l’as bien cherché. Arrête de le taquiner, ce n’est pas le moment !

Il lève les mains en signe de reddition, mais je ne suis pas dupe, je sais que dès qu’il le pourra, il recommencera. À ses risques et périls. Je m’avance vers Leandro, passe mes bras autour de sa taille et pose ma tête sur sa poitrine. Je reste là, l’écoutant nous raconter comment il a réussi à s’échapper de la maison de son côté. Un sentiment de fierté m’envahit. Même si ce n’est pas la première fois qu’il doit être dans ce genre de situation, ça n’enlève rien à l’exploit qu’il vient d’accomplir. Je ne reprends le fil de la conversation que lorsque Leandro sort un téléphone de sa poche.

— Alex, planque n°2 pour ma famille. Rejoins-moi dès que tu as fini le transfert.

Il coupe la conversation, sans laisser le temps à son interlocuteur de répondre. Intriguée, je le regarde en fronçant les sourcils. Il s’explique aussitôt.

— Alex est un des gardes du corps de ma famille. Il va venir nous chercher.

— Plus de Mini alors ?

— Désolé ma puce, ils auront sûrement relevé la plaque. On va devoir la laisser ici.

Je fais une moue boudeuse. C’était en quelque sorte ma première Mini. Certes, techniquement elle n’est pas à moi, mais je l’aimais bien.

— Ils me le paieront, dis-je le plus sérieusement du monde.

Leandro éclate de rire. Ça fait du bien de voir son visage s’illuminer et je suis heureuse d’être celle qui y soit parvenue.

— Allez viens, on va voir si on peut monter à l’étage et préparer nos sacs.

Par chance, l’escalier est encore à peu près debout. On se dépêche de tout récupérer, prenant soin de ne rien laisser derrière nous. Leandro descend en premier nos affaires. Je m’arrête dans l’embrasure de la porte. Cet endroit va me manquer, on y a vécu de beaux moments. Ne me voyant pas arriver, Leandro remonte et encercle ma taille de ses bras, son menton posé sur ma tête.

— Qu’est ce qui se passe, ma puce ?

— Rien, j’emmagasinais tous les souvenirs du véritable début de notre histoire, ici.

— Les bons ou les mauvais ? plaisante-t-il.

— Les deux. On n’en serait pas là sans le mauvais.

Il dépose un baiser dans mes cheveux et murmure :

— Je t’aime Linda, tellement que ça me fait mal. Savoir qu’il pourrait t’arriver quelque chose à cause d’un membre de ma famille me tue. Je sais que ça ne fait pas longtemps qu’on est ensemble, mais je ne peux plus me passer de toi. Je te promets de tout faire pour qu’il ne touche pas à un seul de tes cheveux.

C’est bien ce qu’il me fait peur. Qu’il ait à choisir entre son père et moi. Peu importe ce qu’il a fait, ça reste son père. Je ne vois pas Leandro tuer un membre de sa famille. Je ne lui fais pas part de mes doutes. Je me retourne et pose mes lèvres sur les siennes. Je n’ai toujours pas prononcé ces trois mots qui me brûlent la langue. Je n’y arrive pas, alors je lui fais comprendre par mes gestes à quel point il est important pour moi. Il est tout pour moi.

— Oh les tourtereaux, c’est quand vous voulez, interpelle une voix inconnue.

Leandro sourit contre ma bouche. Un dernier baiser, il me prend la main et m’emmène vers un homme se tenant sous le porche. Plus je m’avance et plus je me dis que Sophia donnerait cher pour être là. Cet homme dégage quelque chose d’intrigant, d’attirant. Il a une carrure imposante, les cheveux blond cendré et des yeux bleus qu’on pourrait passer des heures à regarder.

— Linda, je te présente Alexeï, me dit Leandro en désignant du menton l’inconnu.

Alexeï me tend la main. Je pensais qu’il se contenterait de serrer la mienne. Mais pas du tout, il me fait un baisemain.

— Alex, ne commence pas, grogne Leandro.

Un sourire narquois, il relève le visage.

— Enchanté, Linda, dit-il avec un accent envoûtant.

Pour moi, personne ne peut détrôner Leandro. Mais il faut avouer que cet homme sait y faire pour séduire une femme.

— Allez, chauffeur, en route.

Leandro le pousse vers la voiture.

— Pourquoi c’est toujours moi qui le fais ?

— Parce que tu te plains toujours de devoir le faire.

Alexeï lui fait un doigt d’honneur et monte en voiture. Je m’apprête à monter derrière quand Leandro me retient par le bras.

— Attends ma puce, il y a quelque chose que je ne t’ai pas dit. Quand je t’ai laissée avec Gary à l’hôpital, j’ai renforcé la sécurité auprès de ma famille et je l’ai fait déménager non loin d’ici avant même de savoir qui était derrière tout ça. Par mesure de précaution. Mais puisqu’ils ont réussi à trouver notre planque, je préfère les faire changer de lieu aussi…Bref, ce que je veux dire c’est qu’on sera dans la même planque qu’elles, du coup je pense que ce serait pas mal que je te présente officiellement.

Je le regarde bouche bée, avant de détailler ma tenue. Je suis en jogging et porte un t-shirt avec une inscription « Le Nutella a pris sa revanche » sur la poitrine.

— Mais je ne peux pas y aller comme ça… ! Tu te fous de moi, pourquoi tu ne me l’as pas dit plus tôt ! Et puis, oh la la… mais…

— Respire minha querida, ça va bien se passer, elles vont t’adorer.

Je doute sérieusement de ce dernier point. Je n’ai jamais eu la cote avec les femmes. Trop compliquées pour moi. Résignée, je monte à mon tour dans la voiture et me mets à me ronger les ongles. Mon Dieu, je vais être ridicule, je le sens.

Josh et Alexeï sont à l’avant, tandis que Gary, Leandro et moi-même sommes serrés sur la banquette arrière. Les mecs se lancent des piques, alors que je reste murée dans le silence. La tête contre la vitre, le regard au loin, j’angoisse à l’idée de rencontrer sa famille. Mine de rien, c’est une étape importante. Une étape que je vais franchir pour la première fois. J’ai déjà eu des petits amis… Bon Dieu que je déteste cette expression, ça fait tellement niais à mes yeux, je ne m’y ferai jamais. Chaque fois que l’on voulait me présenter officiellement, je repoussais jusqu’au moment de rompre. « Courage, fuyons » était devenu mon mantra.

Ma jambe commence à tressauter, signe que mon anxiété monte en flèche. Leandro le remarque et pose sa main sur mon genou. Je tourne la tête vers lui, il prend mon visage en coupe. Ses pouces caressent tendrement mes pommettes. En cet instant, j’oublie tout. Que nous sommes devenus des cibles, que nous avons des problèmes plus graves que le fait d’être présentée à sa famille. Absolument tout, sauf qu’il est à mes côtés, qu’il est présent pour moi.

— Je suis là, ma puce. Ne t’inquiète pas, ça va bien se passer, d’accord ?

— Mouais, on verra ça. Mais je suis plus que pessimiste quant à l’issue de cette affaire.

— Cette affaire ? Rencontrer ma famille n’est pas une mission à accomplir Linda ! Ça va être un moment convivial, je n’en doute pas une seconde et tu devrais en faire de même.

— Facile à dire !

Je me remets dans ma position initiale.

— Mademoiselle, si ça peut vous rassurer, Maria, la mère de Leandro est une femme adorable. Et de toute façon, elle est déjà au courant de votre venue, intervient Alexeï.

Je marmonne un semblant de merci. Rien n’y fait, j’ai toujours cette boule au ventre. Avec cette impression de marcher vers l’échafaud. Cette image est glauque et un peu exagérée, pourtant c’est ce que je ressens.

— On va s’arrêter cinq minutes dans un supermarché, Maria a prévu un repas pour quinze et il lui manque des ingrédients. Vous deux, dit Alexeï en nous montrant du doigt Leandro et moi, vous pouvez nous attendre dans la voiture. On n’en a pas pour longtemps.

— Comment ça, « on » ? Hors de question que j’aille faire les magasins avec toi ! s’exclame Josh.

— Qu’est-ce que tu as mon chou ? Tu as peur que je t’agresse au rayon charcuterie ? répond Alexeï en battant des cils.

Gary et Leandro éclatent de rire, alors que Josh nous fait un geste insultant et lance un regard noir à son nouvel ennemi. Au moins, ils ont réussi à me faire sourire. Dix minutes plus tard, on arrive sur le parking d’une grande surface. Juste avant de descendre de voiture, Gary nous dit :

— Soyez prudents.

Je lève les yeux au ciel. Il y a beaucoup trop de testostérone autour de moi. Finalement, me retrouver avec d’autres femmes va peut-être me faire du bien.

— Comment s’appellent les femmes de ta vie ? je demande à Leandro une fois qu’on se retrouve seuls.

— Ma mère s’appelle Maria, mes sœurs Nalia et Shayane et, enfin, il faut ajouter à ça… Linda.

Je me retourne complètement vers lui, il affiche un grand sourire.

— Je suis sérieuse, là !

— Mais moi aussi.

Je décide de ne pas insister sur ce sujet et préfère lui demander des détails sur sa famille. Il me raconte qu’après avoir tué le chef de gang, il avait suffisamment d’argent pour aider sa famille à fuir et à changer d’identité. Officiellement, leur nom de famille est Torres. Ils ont pas mal voyagé avant de poser définitivement leurs valises en France. Il décrit Maria comme une femme aimante, un peu envahissante dans la vie amoureuse de ses enfants, mais qu’il ne la changerait pour rien au monde. Je suis sûre que nos mères s’entendraient à merveille.

Shayane est l’aînée des deux sœurs, elle est âgée de vingt-trois ans et fait des études d’infirmière. Elle est la plus calme des deux, apparemment, puisqu’il me décrit Nalia comme une tête brûlée, qui n’en fait qu’à sa tête. Du haut de ses dix-neuf ans, elle fait vivre un enfer à tous les hommes qui essaient de l’approcher. Pour le plus grand bonheur de Leandro.

— Elles seront ravies de rencontrer celle qui arrive à me canaliser, me dit-il ses yeux plongés dans les miens.

Je n’ai pas le temps de lui répondre, les autres arrivent en se disputant sur le meilleur plat que fait Maria. Ils ne pensent vraiment qu’à ça, comme quoi l’expression « pour gagner le cœur d’un homme, passez par son estomac » est peut-être bien fondée.

Je ne les écoute plus, essayant de réduire la boule qui me serre la gorge. Leandro prend ma main, et ne la lâche pas pendant toute la durée du trajet.

On arrive devant une jolie demeure sur deux étages. De la vigne grimpante entoure les murs. La bâtisse dégage une atmosphère accueillante et chaleureuse. Une jeune femme se tient sur les marches.

On sort tous de la voiture. Alexeï salue l’inconnue d’un signe de tête raide, mais lui effleure le bras. Je plisse les yeux pour comprendre à quoi ils jouent et laisse tomber quand je la vois s’avancer à grands pas vers nous. Grande brune, elle a des traits communs avec Leandro. Mais ses yeux sont d’un vert très clair. Lorsqu’elle sourit, son visage s’illumine, révélant quelle femme au grand cœur elle doit être.

— Ma puce, je te présente ma petite sœur Shayane. Shayane, voici Linda.

Je m’attends à ce qu’elle me fasse la bise, mais elle me prend dans ses bras. Un peu gênée au début, je finis par lui rendre son étreinte.

— Je suis tellement contente de vous rencontrer enfin. Vous êtes sublime, s’exclame-t-elle.

Je m’examine encore une fois, essayant de trouver ce qu’elle trouve de sublime chez moi. Une grimace effleure mes lèvres. Shayane qui l’a remarquée me taquine.

— Moi j’adore et je veux le même t-shirt ! Laissons les garçons décharger la voiture. Je vais vous présenter aux autres.

Elle passe son bras sous le mien, m’emmenant sans que j’aie mon mot à dire. Je lance un regard implorant à Leandro, il affiche un sourire moqueur et articule silencieusement :

— Tu vas y arriver.

Enfoiré ! Je vais devoir affronter seule sa mère. On déboule dans un salon moderne, dans les teintes écrues et noires. Je ne rêve que d’une chose, poser mes fesses sur le fauteuil qui a très l’air confortable. Shayane me conduit dans la cuisine où deux femmes nous tournent le dos.

— Maman, ils sont arrivés, crie-t-elle.

Maria a un sursaut, ses yeux se posent sur Shayane. Petite, avec des cheveux gris, elle dégage une aura de sérénité.

— Tu m’as fait peur, minha menina4.

Son regard se tourne vers moi et ses yeux s’agrandissent de joie. Elle se hâte d’essuyer ses mains sur un torchon, enlève son tablier et me serre dans ses bras. Fort, trop fort, je suis à la limite de l’asphyxie.

— Maman lâche-la, elle manque d’air, dit Leandro en riant.

Il a visiblement eu pitié de moi, et nous a suivies.

— Oh, veuillez m’excuser, Linda. Mais j’étais tellement pressée de vous rencontrer ! J’en oublie les bonnes manières, je m’appelle Maria et voici ma plus jeune fille, Nalia.

Nalia est beaucoup moins enthousiaste que les autres, vu le regard noir qu’elle me lance. Ma venue ne plaît pas à tout le monde, visiblement. Je savais que c’était trop facile !

Un silence gênant s’installe avant que Maria nous envoie dans le salon. Leandro entoure mes épaules de ses bras.

— Ne t’inquiète pas pour Nalia, elle lance ce même regard à toutes les nouvelles personnes qu’elle croise.

Je ne réponds pas, je me demande s’il ne dit pas ça juste pour me rassurer. Je me blottis dans ses bras sur le canapé, les autres ne tardent pas à nous rejoindre. Très vite, ma bonne humeur refait surface, en même temps que les vannes que se lancent les mecs. J’ai fait la connaissance de trois autres gardes du corps : Johann, Jeremy et Ekaterina. Le salon se trouve vite rempli de rire et de taquineries. Maria nous informe que le repas sera prêt dans dix minutes.

Et puis soudain, tout dérape. Je sens quelque chose buter contre mes pieds, je baisse les yeux et me mets à hurler. Je cours le plus loin possible avant de sauter dans les bras d’Alexeï. Mon corps tremble de peur. Bon Dieu. Maria et Nalia arrivent en catastrophe dans le salon. Plus personne ne parle. Tout le monde baisse les yeux au sol avant d’éclater de rire. Il n’y a qu’Alexeï qui me tient toujours dans ses bras qui m’observe avec compassion.

J’ose enfin regarder ce qui m’a foutu une telle frayeur. Une souris oui, mais c’est en réalité un jouet pour chat. Je n’arrive pas à croire que je me sois fait berner si facilement. Mon regard fouille la pièce à la recherche du coupable.

Josh !

Cet enfoiré tient une télécommande à la main. Je relâche mon étau autour d’Alexeï avant de m’avancer, furieuse, vers mon ancien meilleur ami.

— Toi, je vais te faire la peau.

Je me retourne vers Leandro, qui continue de s’esclaffer sur le canapé.

— Quant à toi, tu peux rester là où tu es, parce que ce sera ton lit pour cette nuit !

— Oh, pour t’aider à te venger, je peux te donner plein d’anecdotes embarrassantes sur lui !

Leandro stoppe net de rire et foudroie Shayane du regard. Mais finalement, c’est sa mère qui nous fournit une arme contre lui.

— Cet homme, grand, beau et fort que vous voyez là devant vous, se faisait maquiller par ses sœurs tous les soirs.

Tout le monde le dévisage, essayant d’assimiler ce que vient de dire Maria. Leandro, lui, prend un air résigné.

— Je n’avais pas le choix, marmonne-t-il.

— Oh oui, je m’en souviens ! Même qu’un soir, tu as oublié de te débarbouiller et tu es sorti à un rencard avec du rouge à lèvres et du fard à joues, s’exclame Shayane.

Je l’avoue, je suis la première à éclater de rire en imaginant la scène.

— Elle m’a pris pour un travesti, bougonne Leandro.

— Hé, je peux t’appeler Leandra maintenant ? demande Gary.

Leandro lui lance un cousin. La pièce est à nouveau remplie d’éclats de rire.

— Ma puce, un peu de compassion, s’il te plaît.

— Certainement pas !

La soirée continue dans la même humeur. Leandro est heureux de voir que je m’entends bien avec sa famille, enfin si on exclue Nalia. À la fin du repas, après avoir aidé Maria à débarrasser, je me faufile dans le jardin et m’assois sur la balancelle. J’ai besoin d’être un peu seule.

— Toi, lance une voix féminine.

Nalia.

4 Minha menina : Ma fille (NdA)

OceanofPDF.com