Collision: Dangerous Game, T1 (Emma) (French Edition)
19. Linda
Chapitre 19
LINDA
— Oui, j’avais pour ordre de te tuer… uniquement si tu représentais un réel danger pour GDS. Et tu n’étais pas la seule tête sur laquelle pesait un contrat. Todd avait et, a toujours, un contrat sur la sienne. Je t’ai écartée dès le début, juste après notre rendez-vous à l’hôtel. Et j’ai compris que j’étais ton meilleur atout pour te protéger : en affirmant à GDS que tu ne pouvais pas leur nuire, je te mettais à l’abri.
— La société censée être du côté des gentils place des contrats sur la tête des gens ?
— Il faut les comprendre. C’est une société internationale, traitant de dossiers très délicats. Toute fuite pourrait être catastrophique. Ils sont juste prévoyants.
— Pourquoi ne pas me l’avoir dit quand je te l’ai demandé dans la prison ?
— Je… j’ai eu peur. Peur de te perdre si je t’avouais toute la vérité. C’était déjà assez dur pour moi de te dire qui je suis réellement, ce que je fais. Je commençais à connaître ton caractère !
— Regarde où ça nous a menés !
— Je sais, j’ai merdé !
— Bien plus que ça même. Tu me dis toujours tout au compte-gouttes. Au bout d’un moment, le lavabo il déborde !
— Le lavabo déborde, hein ? Encore une de tes expressions ?
— Oui, je réplique en faisant la moue.
Il me dépose un rapide baiser sur les lèvres avant de pencher la tête sur le côté.
— Je suis pardonné ?
— Pas totalement. Tu avais quand même un contrat sur ma tête. Comment ça se serait passé si tu n’étais pas tombé sous mon charme irrésistible ?
— Impossible de ne pas craquer pour ce magnifique corps…
— Alors, tu ne m’aimes que pour mon physique ?
— Oh non, j’aime tout chez toi ma puce, même et surtout ton caractère de cochon !
— Je n’ai pas un caractère de cochon, je grogne.
Il lève les mains en signe de reddition.
— Tu sais, te voir rire avec Gary m’a blessé.
Je fronce les sourcils. Gary est son ami, en quoi ça a pu être blessant pour lui ?
— C’était douloureux pour moi parce que ce n’était pas moi qui te faisais sourire. Je ne suis pas du genre jaloux, mais on s’était disputés et on ne s’adressait plus la parole, alors ça a peut-être accentué ce sentiment de rejet, reprend-il.
— Waouh, moi qui pensais que les hommes ne s’épanchaient jamais sur leurs sentiments.
— Je ne suis pas n’importe quel homme, minha querida.
— Permets-moi d’en douter.
Une lueur sauvage traverse ses iris avant qu’un sourire carnassier se dessine sur sa bouche.
— Permets-moi de te le montrer.
Je lève les yeux au ciel, les hommes et leur ego ! Mais très vite, mon regard revient sur le buste de Leandro qu’il dévoile lentement. Cet homme est la perfection incarnée ! Je radote ? Non, je bave. À tel point que cela finit de doucher toute la fureur que je ressentais à son égard. Je ne rate pas une seule miette du spectacle, je suis à deux doigts d’applaudir quand son t-shirt atterrit sur le sol. Il se penche à nouveau sur moi, aucun centimètre ne nous sépare.
— Tu es trop habillée, ma puce.
Il me débarrasse rapidement de mon haut et regarde longuement mon soutien-gorge noir balconnet, avec des broderies argentées dessus.
— Très joli, mais je vais devoir l’enlever aussi.
— Fais-toi plaisir !
— J’y compte bien, me susurre-t-il.
Une fois mon soutien-gorge enlevé, il sème un chemin de baisers entre mes seins et descend jusqu’à mon nombril avant de remonter. Je ferme les yeux et me cambre. Sa langue fait le tour d’un de mes tétons tandis que son autre main presse mon second sein. Il mordille puis suce, de plus en plus fort jusqu’à ce que ça soit trop. Puis sa bouche change de téton et recommence la même délicieuse torture. Mes mains se perdent dans ses cheveux, mes lèvres s’entrouvrent et ma respiration s’accélère. Sa langue remonte encore, mord mon lobe d’oreille, couvre ma peau de baisers sensuels jusqu’à ma bouche et ses lèvres se scellent aux miennes. On se dévore, demandant toujours plus à l’autre.
Leandro recule, légèrement essoufflé, ses prunelles chargées de désir, de possessivité et d’amour inconditionnel. Il m’enlève mon short et mon boxer en même temps. Ses lèvres dessinent une ligne humide sur l’intérieur de ma cuisse, son souffle effleure mon sexe, mais sa bouche reste à distance. Il renouvelle sa torture avec mon autre jambe. Je suis à deux doigts de me liquéfier.
— Leandro !
— Pas encore, pas encore, chuchote-t-il.
Quand je pense devoir m’en occuper moi-même, ses lèvres se posent enfin sur mon clitoris. Il est obligé de mettre son bras sur mes hanches pour me plaquer sur le lit. Ses doigts accompagnent sa langue, s’accordant et accélérant le rythme. Il m’emmène au bord du précipice avant de ralentir la cadence. Il répète plusieurs fois son jeu. Alors que je suis sur le point de crier de frustration, il se lève. J’ouvre les yeux, des remontrances sur le bout des lèvres, qui meurent subitement. Il enlève son pantalon de façon très érotique, en me regardant droit dans les yeux. Il enfile rapidement un préservatif et me rejoint sur le lit. Poitrine contre poitrine, on échange un baiser enfiévré. J’enserre ses hanches de mes jambes, lui demandant de mettre fin à ma torture et de nous donner ce que l’on veut. Il ne se fait pas prier, et d’un coup de reins puissant, il me pénètre. Il ressort lentement avant de revenir d’un coup. Ses va-et-vient sont un délicieux supplice. Il m’en faut plus ! J’essaie d’accélérer le mouvement, mais Leandro se détache et pose mes chevilles sur ses épaules.
Oh. Mon. Dieu.
Les sensations sont plus intenses dans cette position et il vient de trouver mon point sensible. Il accélère ses mouvements, je ne retiens plus mes cris. Tant pis pour Josh et Gary ! Je lâche un cri jouissif, Leandro continue ses coups de reins, prolongeant ainsi mon orgasme. Encore quelques va-et-vient, et il jouit à son tour.
À bout de souffle, il s’affale sur moi. Ça ne me dérange pas du tout, au contraire, ça me permet d’avoir un accès total à son corps. Mes doigts se promènent sur son dos et palpent ses fesses musclées. Leandro ronronne et me dit :
— Continue comme ça et je ne bouge plus.
— Ça ne me dérange pas le moins du monde.
— Tu vois, je t’avais dit que je n’étais pas n’importe quel homme
J’éclate de rire.
— Tu m’as manqué, reprend-il plus sérieusement.
— Toi aussi.
Je passe mes mains dans ses cheveux. Il se déplace sur le côté et retire le préservatif. Il revient près de moi, pose son coude sur le lit et sa tête sur sa main. Je me tourne pour lui faire face, pas gênée du tout par ma nudité.
— Plus jamais on ne se déchire comme ça, me dit-il.
— Promis.
Il dépose un baiser sur mon poignet et entrelace nos doigts.
— Plus de secrets ? je lui demande.
— Aucun. La prochaine fois qu’on se dispute, on zappe la partie on se fait la gueule et on passe directement à la réconciliation sur l’oreiller. Qu’est-ce que tu en dis ?
— Marché conclu !
Je me serre contre lui, passant ma jambe entre les siennes, et m’endors dans cette position. Leandro me susurrant des mots doux est la meilleure des berceuses, que demander de plus ? J’ai tout ce qu’il me faut.
Leandro
Ces dernières heures ont été une véritable torture pour moi. Je voulais la prendre dans mes bras et effacer la tristesse que je voyais dans ses yeux. Quand j’ai tout raconté à Gary et Josh, ce dernier était à deux doigts de m’encastrer dans le mur. Seule notre amitié l’en a empêché, mais les mots qu’il a prononcés ont été aussi violents que des coups de poing à l’estomac. Et je les méritais, tous. Quant à Gary, il m’a interdit de monter la voir, parce que d’après lui, elle avait besoin de temps pour assimiler tout ça. Le fait de savoir qu’elle souffrait par ma faute et de ne pas pouvoir la consoler était trop dur à supporter. Maintenant qu’elle est au courant, mes épaules se sentent plus légères. Je sais que tout ne peut pas se régler aussi simplement, il va falloir construire des bases solides pour notre couple. Il va falloir qu’elle arrive à me faire confiance sans limites et ça prendra du temps. J’ai foiré, et pas qu’un peu, mais je suis patient. Pour elle, je le serai.
La regarder dormir pourrait devenir mon passe-temps favori, juste derrière l’embrasser, la faire rire et la prendre dans mes bras. Elle est couchée sur le ventre, le drap couvre à peine son corps comme un appel aux caresses. Mes doigts l’effleurent, plus légers qu’une plume, la chair de poule habille sa peau. Un sourire niais sur les lèvres, je suis la courbe de sa colonne vertébrale et remonte jusqu’à son épaule. Elle gémit. Ce son est si doux à mes oreilles que je suis obligé de me contrôler pour ne pas la retourner sur le ventre et me glisser entre ses jambes tout de suite. Ses paupières papillonnent avant de s’ouvrir totalement et que son regard se noie dans le mien. Elle m’offre un sourire séducteur. Mon Dieu, cette magnifique femme causera ma perte.
— Je veux bien me réveiller comme ça à chaque fois, murmure-t-elle d’une voix endormie.
— J’essaierai d’exaucer ton vœu, alors.
Je rapproche son corps du mien, elle ne peut ignorer la preuve de mon désir qui augmente. Ses pupilles se dilatent, elle mord sa lèvre inférieure. Comme un signal, je ne peux plus me retenir et capture sa bouche en un baiser passionné. Je la fais basculer sur moi au moment où des coups frappés à la porte nous interrompent. Je mets un doigt sur la bouche de Linda, qu’elle mord, en espérant que la personne nous laisse tranquilles. Mais c’est sans compter la ténacité de Gary.
— Si vous ne répondez pas, peu importe la position dans laquelle vous êtes, je rentre.
— Putain Gary, tu fais chier !
— Je sais, mais je ne rigolais pas ! Vous ne pouvez pas rester ad vitam aeternam dans cette chambre.
— Laisse-nous vingt minutes, j’aboie.
— Je te pensais plus performant que ça, mon petit.
Sur ces mots, il s’éloigne, mort de rire.
— Trou du cul.
Le corps de Linda est secoué de spasmes. Je n’y crois pas, elle se moque de moi, elle aussi !
— Je peux savoir ce qui est drôle ?
— Heu… rien, arrive-t-elle à dire entre deux expirations.
Devant ma mine renfrognée, son fou rire augmente.
— Alors comme ça, toi aussi tu penses que je ne suis pas performant… ?
Je ne lui laisse pas le temps de répondre, je la porte jusque dans la salle de bains et entre dans la cabine de douche. Déterminé à lui prouver le contraire.
— Aurais-je mis à mal ton ego, bébé ? demande-t-elle, faussement contrite.
— Mon ego va parfaitement bien, merci de t’en soucier…
Je passe bien plus que les vingt minutes demandées à Gary à lui montrer à quel point je suis un homme parfait. Enfin, on descend rejoindre Josh et le trouble-fête dans la cuisine. Josh a une meilleure mine, mais son regard reste encore hanté.
— Quelqu’un peut me dire pourquoi vous êtes toujours fourrés dans cette cuisine ? Vous savez qu’il y a d’autres pièces, hein ? interroge mon ange.
— Nourriture et café à proximité, tout ce dont rêve un homme comme moi, nous informe Josh.
Linda lève les yeux au ciel et va se préparer un verre de jus de fruits. Elle a un jean moulant et un t-shirt bleu qui laisse une de ses épaules dénudées. Peu importe la tenue qu’elle porte, mon regard n’arrive pas à décrocher de ses formes parfaites à mon goût.
— Je ne suis pas d’accord. Moi, j’ai tout ce dont rêve un homme. Un vrai, je réplique.
Je me glisse derrière Linda et lui embrasse la clavicule. Son dos se plaque contre mon torse et je l’entoure de mes bras.
— Mon Dieu, achevez-moi. Trop d’amour dans cette pièce, c’est à limite du supportable, supplie Josh.
Linda lui envoie une pomme qu’il rattrape au vol avant de croquer dedans. Il lui fait un clin d’œil, puis reprend son sérieux.
— Bon, avant que tu fasses ta crise d’homme des cavernes, Linda venait de nous informer d’un détail important.
— Je te dirais bien que je suis désolé, sauf que ce n’est pas le cas.
— Bref, on a besoin de savoir si tu connais ce mec.
Josh retourne l’ordinateur vers moi. Mon corps se tend, mes oreilles bourdonnent et ma vision se brouille. Je m’éloigne de Linda et m’adosse contre le frigo. Putain, mais ce n’est pas possible ! Des souvenirs de mon enfance refont surface, m’inondant de tristesse et de rage. Instinctivement, mes poings se serrent et ma respiration se fait de plus en plus difficile. Je replonge à cette époque où rien ne comptait excepté la survie de ma famille. Seules la voix et la présence de Linda m’aident à sortir de mon brouillard. Je fais un pas en arrière, je vois bien que ce rejet lui fait mal. Mais j’ai juste besoin de temps pour gérer ça. Cette merde qui me tombe dessus.
Je sors sur la véranda et essaie tant bien que mal de me calmer. J’ai besoin de taper sur quelque chose. J’entends des pas, mais ne prends pas la peine de me retourner. Je sais que c’est Linda, j’ai peur que ce qu’elle verra dans mes yeux ne la fasse fuir, pour de bon cette fois.
— Leandro, parle-moi, murmure-t-elle.
Face à mon mutisme, elle se déplace et se met juste à côté de moi, appuyant sa hanche contre la rambarde.
— Tu m’avais promis, plus de secret. Je ne partirai pas tant que je ne sais pas ce qui te met dans cet état. Et puis, on a besoin de toutes les informations possibles pour se sortir de ce bordel…
Je pince les lèvres et inspire un grand coup.
— Mon père a commencé le trafic de drogue juste après ma naissance. Un moyen facile pour gagner de l’argent, malgré l’insistance de ma mère, il n’est jamais sorti du circuit. Du moins pas volontairement, lui dis-je.
Mon regard se perd au loin, revivant cette scène comme si j’y étais.
— Lorsque j’ai eu treize ans, en rentrant à la maison, mon père est tombé sur une vieille connaissance. Il lui a tiré une balle en pleine tête. Je n’ai jamais su le pourquoi du comment, juste qu’il y avait un cadavre devant la porte. Après ça, on a vécu la peur au ventre, s’attendant à des représailles à un moment ou à un autre. Un an plus tard, mon père a disparu. Aucune nouvelle de lui malgré nos recherches, jusqu’à ce qu’on nous dépose sur le seuil l’annulaire de mon père dans un colis. La signature d’un concurrent, apparemment. Mon seul but par la suite a été de me venger. Quelques années plus tard, avec une solide expérience et des moyens, j’ai tué le soi-disant commanditaire.
Je ne dis rien pendant plusieurs minutes, lui laissant le temps de digérer mon passé sombre.
— L’homme que Josh m’a montré…
Ma gorge se noue, je serre les dents et prononce ces mots qui me paraissent irréalistes.
— C’est mon père.
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