Collision: Dangerous Game, T1 (Emma) (French Edition)

28. Linda

Chapitre 28

 

LINDA

 

Deux semaines plus tard

— Ne triche pas, tu restes les yeux fermés hein, me dit Leandro.

Je suis sortie de l’hôpital, il y a une semaine déjà. Je serais bien sortie plus tôt, mais Leandro et Gary ont insisté pour que je reste. J’ai été tentée de partir sans les avertir, mais les connaissant ils m’auraient passé un savon. Alors j’ai dû supporter d’être maternée H24. Certes, ce sont des amours, mais à un moment j’ai bien cru que j’allais les faire passer par la fenêtre. Surtout quand j’ai appris que Leandro refusait de se faire soigner pour rester à mon chevet. Non, mais quelle tête de mule ! Lorsque le médecin m’a autorisé à sortir, j’ai failli lui faire un énorme câlin. Je me suis retenue au dernier moment. Je lui aurais peut-être bien attiré des ennuis !

Voilà quelques jours que l’on cohabite avec la famille de Leandro, tout se passe merveilleusement bien. J’ai eu quelques disputes avec Nalia. Mais rien de grave, il s’avère qu’on est toutes les deux fans des muffins de sa mère. Et Nalia a décidé qu’elle avait un droit de priorité dessus. Je lui ai fait comprendre que j’étais plus vieille qu’elle donc j’ai moins de temps pour pouvoir en profiter. Mais aucune de nous deux ne veut lâcher l’affaire. Les muffins, c’est sacré. Ben quoi ? C’est vrai !

J’ai beaucoup réfléchi à ce que j’allais faire maintenant que Todd est mort, ainsi probablement que le reste de mon équipe. Je pourrais toujours postuler auprès d’une autre entreprise de sécurité privée, mais j’admets que l’idée d’avoir à nouveau un patron ne m’enchante pas beaucoup. Par contre, celle de faire une pause pour y voir plus clair, de prendre le temps de vivre ma relation avec Leandro me fait vraiment envie. Et c’est déjà ce que j’ai commencé à faire avec lui, on se balade, on apprend à se connaître, on reste enlacés pendant des heures sous le porche. Mon amour pour lui ne cesse de grandir et de me donner le vertige en même temps. L’idée de travailler ensemble nous a traversé l’esprit et on en parle de plus en plus souvent. Je pense qu’après notre pause bien méritée, on montera notre propre entreprise de sécurité.

Leandro m’a réveillée ce matin en me disant que j’avais dix minutes pour me préparer et qu’une surprise m’attendait. Je ne me suis pas fait prier, un tour dans la salle de bains, le premier t-shirt que j’ai eu dans la main – avec pour slogan : « Je ne fais un régime que pour pouvoir manger plus de chocolat » – et un jean, et j’étais prête. Quand je suis descendue, il m’a bandé les yeux et emmené jusqu’à la voiture. J’ai essayé de savoir où on allait, mais il n’a rien lâché…

Une fois qu’il m’en fait enfin sortir, privée de vue, je tente d’utiliser mes autres sens au mieux, mais rien y fait, je ne trouve aucun indice. Leandro m’aide à avancer de quelques pas avant de susurrer à mon oreille.

— Tu es prête, ma puce ?

Je hoche frénétiquement la tête, beaucoup trop impatiente. Il m’enlève le bandeau, et éblouie par la lumière je cligne des yeux. Le paysage est magnifique. Devant moi se trouve une immense prairie fleurie séparée en deux par une allée en gravier. Une étendue de fleurs bleues mène jusqu’à une petite forêt. Je ferme les yeux et inspire un grand coup cet air pur. Leandro m’entoure de ses bras.

— Tu aimes ?

— Si j’aime ? Tu rigoles, j’adore. Cet endroit à quelque chose de magique. On s’y sent bien, détendu.

— Ça tombe bien parce que ce n’est pas ça ta surprise.

Je fronce les sourcils.

— Tu ne m’as pas emmenée ici jusqu’ici juste parce que c’est beau ?

— Et non. Allez, suis-moi.

Il attrape ma main et m’emmène sur le chemin. Je ne peux m’empêcher de cueillir un bleuet. Je trouve cette fleur splendide. Leandro impatient de me montrer sa réelle surprise tire sur ma main pour me faire avancer. On entre à présent dans la forêt. Je lève la tête, les arbres couvrent la vue du ciel. Au bout de dix minutes de marche, le chemin débouche sur une villa imposante. Quatre étages de murs blancs surplombés par un toit gris ! Elle possède également deux dépendances. J’aperçois aussi une piscine, et oh mon Dieu je rêve d’y plonger. Le propriétaire doit être sacrément fortuné ! Et moi, je vais y passer mes vacances, je ferais presque une danse de la joie.

Je me retourne et saute dans les bras de Leandro.

— Oh, merci ! Les vacances vont être géniales ! J’espère que tu as réservé un mois et que c’est aux frais du gouvernement.

Son corps est pris de spasmes. Il est en train de rire. Décidément, il y a des choses qui ne changent pas.

— Quoi ? je lui demande, intriguée.

— Bienvenue à la maison, ma puce.

Bouche bée, je le regarde avec des yeux ronds. Il n’a pas… non… c’est impossible. Elle doit coûter une fortune, cette maison !

— Tu… tu… oh…

Je me mets à faire les cent pas devant lui. Mes yeux font des allers-retours entre lui et la maison.

— Oui ? m’interroge-t-il avec un sourire en coin.

— Tu te moques de moi, hein ?

— Pas du tout. Enfin si un peu, mais pas pour la maison.

Il sort un trousseau de clés de sa poche, en détache une et la pose dans la paume de ma main. Il referme mes doigts dessus.

— À toi l’honneur, dit-il en me donnant une tape sur les fesses.

Fébrile, je gravis les marches qui me séparent de la porte d’entrée. C’est les mains moites que j’insère la clé dans le verrou.

— Surpriseeeee…

Je frôle la crise cardiaque ! Pourtant, un énorme sourire envahit mon visage. Tout le monde est présent. Maria et ses filles, Josh et mon preux chevalier Gary, Alexeï avec son équipe : Jeremy, Johann et Ekaterina alias Kat. Les larmes me montent aux yeux. Les voir tous réunis ici est une super surprise. Très vite, je suis engloutie par une vague d’accolades et de baisers. Il ne manque que ma mère et Sophia, ça me fout un coup au ventre qu’elles ne soient pas là. Je ne voulais pas qu’elles me rendent visite tant que je n’étais pas parfaitement rétablie. Je les ai eues au téléphone et par le biais de Skype. Ma mère m’a engueulée parce que je lui avais menti sur le rôle de Jackson, mais surtout parce que je l’empêchais de me rendre visite. Aujourd’hui, je tuerais pour pouvoir les prendre dans mes bras. Maintenant que je vais mieux, j’aurais adoré les avoir ici.

— Je n’en reviens pas que vous m’ayez caché ça !

— Leandro nous aurait tués si on avait vendu la mèche, répond Alexeï.

Les autres hochent la tête en cœur.

— Allez viens avec moi, j’ai fait des muffins, me chuchote Maria.

Je ne me fais pas prier et la suis dans le salon où un énorme buffet est disposé sur plusieurs tables. On peut dire qu’elle s’est, encore une fois, surpassée. Pendant que je m’empiffre de muffins – je me sers avant que Nalia arrive à la table –, on sonne à la porte. Au son de cette voix, je lâche mon muffin et cours dans le couloir de l’entrée.

— Maman !

Elle est bien plus petite que moi, et pourtant je lui saute presque dans les bras. Je fonds immédiatement en larmes. Oh c’est fou ce qu’elle m’a manqué !

— Laisse-moi te regarder, ma chérie.

Elle place ses mains de chaque côté de mon visage et détaille mon expression. Elle faisait la même chose lorsque je me blessais dans la cour de récré.

— Je vais bien, maman. Ça fait du bien de te voir.

Je la serre dans mes bras encore une fois avant de me détacher. J’essuie ses larmes et dépose un baiser sur son front. Je remarque qu’elle a bronzé.

— Bienvenue chez moi, je m’émerveille.

Je me vante un peu… d’accord, beaucoup. Elle avance dans la pièce et je la suis. Deux mains se posent sur mes yeux. Je crois bien que mon sourire ne s’effacera pas de mon visage avant des siècles.

— Devine qui c’est, me dit une voix masculine.

— Hum, laisse-moi réfléchir. Ne serait-ce pas un jeune homme musclé, beau comme un dieu et qui fait fantasmer ma mère ?

Jackson s’esclaffe avant d’enlever ses mains. Une fois calmé, il me prend dans ses bras et me fait tourner. Heureusement que je n’ai pas mangé beaucoup de muffins, sinon je n’imagine pas les dégâts. Je sais que je devrais me reposer, je sais que je vais le regretter plus tard, mais pour le moment, je vis l’instant présent et en savoure chaque seconde.

— Ça fait plaisir de te voir, ma teigne.

— Moi aussi, mon clown. Alors, tu avais choisi quoi comme destination pour ma mère ?

— Miami.

Je siffle.

— Et bien, je vois que certains ne se refusent rien. Entre, je vais te présenter à tout le monde.

Je n’ai pas fait un pas que l’on sonne à nouveau à la porte. Je fais signe à Jackson d’avancer. J’ouvre et émets un cri strident.

— Putain !

Je vais finir par la faire, cette danse de la joie.

— Sophia !

— Linda, crie-t-elle en même temps.

On dirait deux gamines, mais on s’en fout. On saute partout. On est mortes de rire, bref on est heureuses et ça se voit. Bras dessus bras dessous, on rejoint tout le monde. Leandro a dû faire les présentations à ma place, finalement. Maria et ma mère ont l’air de bien s’entendre, je devrais peut-être m’inquiéter.

Le buffet est vite dévalisé, heureusement j’ai pu sauver quelques muffins avant le massacre. Oui, ce n’est pas bon pour la santé, mais je m’en fous. J’ai pris une balle, j’ai bien le droit à des moments de goinfrerie. Soudain, ma mère tape dans ses mains pour attirer l’attention de tout le monde.

— Bon, messieurs, je suis désolée pour vous. Mais c’est l’heure de la séance cinéma.

Je lance un coup d’œil à Leandro, ne comprenant pas où elle veut en venir. Le sourire aux lèvres, il hausse les épaules et quitte la pièce. Les autres suivent le mouvement. C’est quand je vois ma mère sortir le DVD de Magic Mike XXL, que je saisis pourquoi les hommes ont fui.

— Maman, je pouffe.

— Ben quoi, on a toutes envie de le voir. Enfin les voir, précise-t-elle.

Gênée, je regarde en direction de Maria. Celle-ci est déjà confortablement installée dans le canapé. Il faut croire que tout était déjà prévu. Je m’installe près de ma mère, replie mes jambes et pose ma tête sur son épaule. C’est parti pour la séance de matage.

Près de ma famille agrandie, je me sens bien. Je me sens aimée, en paix. Que demander de plus ? J’ai déjà tout ce qu’il me faut. Un homme merveilleux et une grande famille soudée. C’est ce que j’ai toujours voulu et c’est l’amour qui me l’a apporté. L’amour m’a permis de réaliser mon plus grand succès.

J’ai attrapé le bonheur…

Je la laisse en compagnie des autres femmes et emmène les mecs près de la piscine. Couverte, on peut en profiter par tout temps. Juste à côté il y a un coin détente, apparemment Feng shui d’après l’agent immobilier, un bar et une cuisine extérieure. Je vais jusqu’au bar et fais la distribution de bières. On se pose un peu partout sur la terrasse, les transats, le rebord de la piscine ou carrément dedans pour certains.

— Des nouvelles de Davis ? demande Josh.

— Il doit passer dans… deux minutes, s’il est ponctuel.

Au même moment, on sonne à la porte d’entrée. Je me lève, dépose ma bière sur le bar et traverse la maison. Je passe devant le salon et constate que les filles sont à fond. Je jette un coup d’œil à l’écran, un homme est en train de danser dans une supérette. Et dire que ma mère regarde ça ! Je secoue la tête et ouvre la porte à Davis.

Je lui serre la main et l’emmène directement sur la terrasse. Je lui propose une bière qu’il accepte. Davis s’affale sur un transat avant d’en boire une gorgée.

— Du nouveau, Davis ? interroge Josh.

— Je préfère que vous m’appeliez Brian.

— OK… Davis.

Je lève les yeux au ciel. Depuis la mission d’extraction, ces deux-là n’arrêtent pas de se bouffer la gueule.

— Bon, les nouvelles ne sont pas bonnes, souffle-t-il.

On est tous suspendus à ses lèvres.

— Comme vous le savez déjà, Felipe a réussi à nous échapper.

Josh l’interrompt en poussant un soupir théâtral.

— On ne sait pas s’il est vivant ou mort. Tout ce qu’on sait c’est que son cadavre n’a pas été retrouvé. Pour l’instant, il n’est nulle part sur nos radars. On reste à l’affût.

— Je ne comprends pas comment vous avez fait pour ne pas le voir sortir, gronde Josh.

— Avec la fumée, les snipers ne pouvaient pas voir ce qu’il se passait à l’arrière. Et je te rappelle qu’il y a eu beaucoup d’agitation ! Ce n’est pas ma faute si la mission ne s’est pas passée correctement.

— Tu parles d’un chef ! s’exclame Alexeï.

— Je viens de me faire virer, alors ne me cherche pas trop.

Un silence de mort s’installe.

— Ce qui est fait est fait. On restera sur nos gardes, mais on continuera à vivre normalement, dis-je pour rompre le silence.

— Tu comptes le dire à Linda ? demande Alex.

— Non, elle en a assez bavé comme ça. Je ne veux pas qu’elle passe sa vie à regarder par-dessus son épaule. Je le ferai pour elle.

— Espérons qu’elle ne se rende jamais compte que tu lui caches la vérité, intervient Gary.

Effectivement, si jamais elle l’apprend, elle risque de vouloir me couper les couilles. J’y tiens quand même, et ce serait préjudiciable pour moi de les perdre !

— On y retourne ? je propose.

Ils grognent tous, peu tentés par la perspective d’assister à la fin du film. Je secoue la tête et pars rejoindre ma femme. Lorsque j’arrive, elles sont toutes penchées en avant, concentrées sur la scène qui se joue devant leurs yeux. Je jette un coup d’œil à l’écran et secoue la tête, amusé. Un homme se trémousse dans ce qui semble être un club. Je me racle la gorge pour signaler ma présence, elles sursautent. Je m’esclaffe avant de tendre la main à Linda. Après un dernier regard à l’écran, elle se faufile jusqu’à moi.

— Et si on allait faire un tour, je chuchote à son oreille.

Elle m’adresse un sourire coquin et place sa main dans la mienne. Je l’entraîne jusqu’à une des dépendances. À l’intérieur, le style est très épuré, tout est dans des teintes bleues et blanches. Classe, mais simple. Je crois, si mes souvenirs sont bons, que celle-ci a 4 pièces. Mais une seule m’intéresse, de toute façon. Dès que Linda a franchi le seuil de la porte, je la soulève et la plaque contre le mur.

— On fera la visite plus tard, dis-je d’une voix rauque.

Délicatement, je pose ma bouche sur la sienne, mordille et suce sa lèvre inférieure. Linda gémit et se frotte à mon entrejambe. J’approfondis notre baiser, il devient plus sauvage. On laisse parler nos instincts. Je la débarrasse de son t-shirt, dévoilant un soutien-gorge bordeaux tout en dentelle. Je sème un chemin de baisers sur sa gorge, mes lèvres s’attardent au creux de sa clavicule. Je l’emmène jusqu’à la chambre et la dépose sur le lit. J’enlève mes baskets et mes chaussettes. Je monte à mon tour.

Alors que je m’appuie sur les coudes, ma bouche reprend possession de la sienne. Je nous fais rouler, la positionnant au-dessus de moi.

— Tu es tellement belle.

Je m’étonne de réussir encore à la faire rougir. Mes mains parcourent son corps et s’arrêtent sur la cicatrice de la balle. Mon cœur se serre à ce rappel de ce que l’on a vécu.

— N’y pense pas, c’est du passé. Concentre-toi sur le présent et l’avenir, me dit-elle pour me sortir de mes pensées lugubres.

Linda me débarrasse de mon haut, je dégrafe son soutien-gorge. J’ai besoin de la sentir totalement nue contre moi. Ses tétons durcis se frottent à mon ventre alors qu’elle descend sa bouche sur mon torse. Elle déboucle ma ceinture et joue un instant avec l’élastique de mon boxer avant de passer sa main en dessous. Mon Dieu, elle va me tuer. Elle finit par m’enlever mon pantalon, mon boxer, et se déshabiller entièrement. Sa langue passe le long de ma queue et très vite, ses lèvres entrent en action. Je retiens mon souffle et m’abandonne à ses caresses.

— Putain, je grogne.

Si je ne l’arrête pas maintenant, ce sera fini avant même d’avoir vraiment commencé. Je la soulève et la recouche sur le dos. Mes lèvres descendent sur sa poitrine. Je mordille son téton, le lèche avant de souffler dessus. Je m’occupe du second et le suce de plus en plus fort. Linda n’arrive plus à retenir ses gémissements. Je descends encore, j’embrasse longuement sa blessure et dépose mes lèvres sur l’intérieur de sa cuisse. Elle frissonne. Je glisse mon doigt entre les lèvres de son sexe. Puis ma bouche se pose sur son clitoris, je l’aspire, le mordille pendant que mes doigts font des va-et-vient. Linda pose sa main sur ma tête et tire sur mes cheveux. Ses parois se resserrent, j’accélère la cadence. Je pourrais faire durer le plaisir, mais ça fait trop longtemps et j’ai besoin d’être en elle.

Quand je la sens au bord du précipice, je pose ma main libre sur son sein et fais tourner son téton entre mon pouce et mon index. La stimulation est trop intense et elle pousse un cri de jouissance.

Sans la laisser redescendre de son premier orgasme, je reprends mes va-et-vient avec mes doigts et elle se tortille.

— J’en peux plus, dit-elle haletante.

— Oh si, tu peux.

J’enlève mes doigts et prends un préservatif dans la poche arrière de mon pantalon. Je le lui tends. Elle déchire l’emballage et le déroule à une lenteur folle. Je bascule la tête en arrière et siffle entre mes dents.

— Désolé ma puce, mais ça ne va pas être doux. J’ai trop envie et je ne vais pas pouvoir me retenir.

— Je ne te le demande pas.

Elle croise ses chevilles derrière mon dos et fait pression pour que j’avance. D’un coup de reins, je la pénètre. Putain ! Ça m’avait manqué. Je ressors totalement et rentre d’un coup. Je recommence plusieurs fois. Linda tente de me retenir en elle à chaque fois.

— Leandro, s’il te plaît…

Je recule, pose mes mains sur ses hanches et accélère la cadence. Mon corps est en sueur. Mes assauts deviennent plus brutaux, plus frénétiques. Je sens déjà que je suis sur le point de jouir, ma colonne vertébrale est en feu. Je place mon pouce sur son clitoris et appuie dessus. Il n’en faut pas plus pour que ma douce jouisse à nouveau. J’accélère encore mes coups de reins et la suis sur la même vague. Enfin, à bout de force, je m’effondre sur elle. De ses petites mains, elle me caresse le dos.

— Je t’aime, chuchote-t-elle.

Je relève la tête et la regarde dans les yeux.

— Redis-le.

— Je t’aime. Aujourd’hui, demain, jusqu’à la fin de mes jours Leandro Sanchez.

Putain, je ne pouvais pas être plus heureux.

— Jusqu’à nos vieux jours, Linda Perrin.

— Jusqu’au jour où il faudra mettre à nouveau des couches !

J’éclate de rire. Je retrouve là celle que j’ai appris à connaître, à aimer. Elle a ce pouvoir de me faire rire n’importe quand. Et c’est en partie pour ça que je l’aime. Je l’embrasse sur le nez et lui dis une phrase que je n’ai jamais autant rêvé de prononcer :

— Deviens ma femme, Linda.

Elle rigole avant de retrouver son sérieux.

— Je le suis déjà, monsieur Sanchez. Je suis tienne depuis le premier jour.

Mes lèvres se posent délicatement sur les siennes. Je compte bien m’appliquer à ce qu’elle soit mienne pour toujours.

J’ancre mes yeux dans les siens. Je sais que ma vie ne sera jamais plus la même. Depuis que j’ai vu Felipe, il y a une chose dont je suis sûr, c’est que je ne serai plus jamais ce jeune garçon prêt à tout pour se venger, prêt à tuer n’importe qui. Avec Linda à mes côtés, je sais que je vais emprunter un tout autre chemin. Oh, je ne vais pas prendre totalement ma retraite, Linda m’a déjà prévenue qu’elle s’ennuierait, sinon. Mais je vais utiliser mes ressources pour les gens qui le méritent. En attendant de savoir ce qu’on va faire exactement de nos compétences professionnelles, on profite des petits instants de la vie. À deux.

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