Collision: Dangerous Game, T1 (Emma) (French Edition)

11. Leandro

Chapitre 11

 

 

LEANDRO

 

La tenir dans mes bras est ce que je préfère. Elle a l’air si fragile, si douce. Pourtant, réveillée, c’est une vraie combattante, une tigresse, elle en veut. C’est ce qui me plaît le plus, elle ne minaude pas, ne tourne pas autour du pot. Elle est vraie. Elle est Linda.

J’aurais aimé que les choses soient différentes, que notre rencontre se passe différemment. Quand Josh m’a appelé, je ne pouvais refuser sa demande. On s’est rencontrés pendant une mission, il était sous couverture et moi j’étais chargé d’éliminer la cible, coûte que coûte. Le gouvernement m’a obligé à faire équipe avec Josh au bout d’une semaine d’enquête. Pour le bien de la mission. On a vite remarqué que c’était surtout dans un intérêt financier. La cible était un certain Carvalho, principalement narcotrafiquant à Miami. Mais en réalité, on avait affaire à une vraie entreprise. Il touchait à tout, le trafic d’êtres humains, la drogue, les armes. Chaque filiale était indépendante financièrement, chacune avec un directeur à sa tête. On s’attaquait à gros et c’est pour cette raison que c’est parti en vrille.

Josh était infiltré dans la branche drogue, de sorte à récolter le plus d’informations possible sur Carvalho. C’était la seule qu’il dirigeait directement. Petit à petit, on a réussi à atteindre nos objectifs. Cette mission a duré quatre mois. Le jour J de l’opération finale, nos équipes devaient arrêter ou tuer tous les directeurs subalternes.

De mon côté, je devais me charger de Carvalho qui se trouvait chez lui. Josh était posté en sniper au cas où. On avait tout planifié, sauf une chose. Que sa femme rentre plus tôt et pointe une arme à la base de ma nuque. Josh n’a pas attendu, il l’a abattue, et moi Carvalho, qui tentait de prendre la fuite.

Depuis ce jour, je dois la vie à Josh. Voilà pourquoi, je ne pouvais lui refuser ce service. En plus d’enquêter sur ce sac de nœuds, j’avais aussi pour ordre de veiller sur Linda. Oui, c’était un ordre, il m’a dit textuellement : « Si elle revient avec la moindre égratignure, on te retrouvera avec un trou au milieu du front, fait par mon M-200 ». Vu la bête, je préfère faire profil bas.

Donc, notre première rencontre n’était pas l’œuvre du hasard. Ni la deuxième. Je ne devais pas entrer en contact avec elle, juste la surveiller. J’aurais pu m’en tenir là, la première fois. Mais ses mains sur mon torse, ses seins frôlant ma poitrine, et ses yeux envoûtants m’en ont dissuadé. Ma raison s’était fait la malle, il ne me restait plus que mes tripes. Et mon corps qui la voulait. Quand je l’ai vue à travers cette vitre, j’ai craqué et je me suis installé à sa table. L’inscription sur son débardeur était à mourir de rire. Pourtant, même décoiffée et vêtue d’un jogging, elle était irrésistible. Et ce moment de sexe torride m’a électrifié. J’en voulais plus, beaucoup plus. Plus que son corps. À partir de cet instant, j’ai su que j’étais foutu. Mais je ne le regrette pas le moins du monde, si c’était à refaire, je referais exactement les mêmes choses.

Je n’arrive pas à trouver le sommeil, je ressasse tous les moments que l’on a passés ensemble. Au lieu de réfléchir à comment nous sortir de là, je pense à son corps serré contre le mien, à sa peau douce, à ses seins fermes. Mon Dieu, il faut que je me concentre.

Je pourrais essayer de défoncer la porte. Les gonds sont rouillés, j’ai peut-être mes chances sans me déboîter l’épaule. Je vais la laisser dormir encore un peu. Le soleil se lève juste, elle a besoin de repos après toutes ces émotions. Puis on partira d’ici. Une nuit, c’est déjà trop.

Finalement, nous n’en aurons pas le temps. J’entends des voix, des chuchotements qui se rapprochent de plus en plus de nous. Je ne la réveille pas encore, de peur de l’inquiéter pour rien. Mais les pas s’arrêtent devant notre porte, alors je la secoue un peu.

— Ma puce, réveille-toi, on n’est plus seuls.

Comme un ressort, elle se met en position assise. L’esprit encore léthargique, ses yeux papillonnent, jusqu’à se poser sur moi. Puis elle entend les voix, sa bouche s’arrondit sous le coup de la peur, avant qu’elle ne se maîtrise. Une clé est insérée dans la serrure en même temps qu’une voix nous crie :

— On sait que vous êtes réveillés, si vous faites les malins, on vous le fera regretter.

Je regarde Linda, elle acquiesce d’un signe de tête.

— OK, je réplique.

La porte s’ouvre en grand, laissant apparaître quatre hommes. Trois d’entre eux sont des armoires à glace. Je vois qu’ils n’ont pas oublié l’accueil que je leur ai fait quand ils me sont tombés dessus.

— Oh, je ne savais pas que les quatre mousquetaires avaient reformé leur groupe, lâche Linda.

Je pince les lèvres pour m’empêcher de rire. Ce n’est pas vraiment le moment. Soit elle est suicidaire, soit elle a un plan. Je penche pour la première option. Elle a tendance à dire tout ce qui lui passe par la tête.

L’un d’eux s’avance dans la pièce, qui paraît plus petite à présent qu’ils sont tous entrés. Petit, tout en masse graisseuse, chauve et un petit bouc. Pas d’armes apparentes, un point positif… ou pas ! La posture et l’attitude des trois autres m’indiquent qu’ils n’ont rien de professionnels. Mais cela ne veut rien dire, donc autant ne pas les sous-estimer.

— Levez-vous, on vous emmène faire un petit tour, ordonne-t-il.

J’obéis en premier et place Linda dans mon dos. Elle me pince pour me montrer son désaccord, rien à foutre. Je dois la protéger. Je lui lance un regard sévère et nous suivons le mastodonte. Deux devant, les deux autres fermant la marche, une véritable escorte VIP. Je prends la main de Linda et la serre fort. Elle me regarde, je lui désigne discrètement du menton ceux de devant. Je fais plusieurs allers-retours avec mes yeux, entre elle et eux, pour qu’elle comprenne.

Arrivés devant un escalier, c’est le moment ou jamais. Je recule légèrement pour que Linda soit devant moi et ait accès à nos nouveaux amis. Un dernier coup d’œil et elle passe à l’action.

Le premier s’étant déjà engagé dans l’escalier, elle s’attaque au deuxième. Elle lui met un coup de pied au genou et ses jambes flanchent. Elle lui brise la nuque. Pendant dix secondes, il y a un mouvement de flottement où tout le monde reste bouche bée. Un mélange d’incrédulité et de fierté pour ma part. De colère pour les autres.

Quand je ressens une douleur au niveau des côtes, je sais que ce moment d’égarement me coûtera cher. Putain, ça fait mal ! Je décroche mon regard du combat que mène à présent Linda contre le mastodonte et me retourne vers mes deux ennemis. L’un d’eux a ramassé une barre de fer, d’où la douleur que j’éprouve. Un rictus mauvais, il n’attend que ça, me fracasser le crâne avec cette barre. Pas de chance, je compte vivre encore un peu, du moins assez longtemps pour faire sortir Linda d’ici. Je jauge rapidement mes deux adversaires. L’un trapu, l’autre tout en muscles. C’est par ce dernier que je vais devoir commencer, ça tombe bien, c’est lui qui tient l’arme.

Ils m’encerclent, je me focalise sur Musclor. Il avance rapidement vers moi, j’esquive un premier coup de barre, enchaîne avec un crochet du gauche, un uppercut et enfin un balayage au niveau des jambes. Dès qu’il perd l’équilibre, je récupère l’arme et me retourne. Je vise le deuxième, qui se jetait sur moi, en pleine tête. Un de moins ! Soudain, un bras passe autour de mon cou pour m’étrangler. Je ne résiste pas, et fais peser tout mon poids sur mon adversaire, ce qui le déséquilibre. Il relâche un peu la pression, ça me permet de tenter un coup de tête. J’entends un craquement, Musclor grogne. Il titube en arrière et se tient le nez d’où le sang coule à flots. J’entends un bruit sourd derrière moi. Je ne regarde pas de peur de me déconcentrer, j’enchaîne avec le coup de grâce. Comme son confrère, un coup en pleine tête et voilà qu’il chute lourdement sur le sol.

J’ose enfin me retourner, je vois Linda en pleine lutte au sol. Il s’apprête à lui décocher un coup de poing quand je la vois descendre rapidement sa main au niveau de l’entrejambe de l’homme. Elle lui broie le service trois pièces avec une telle force que je grimace pour lui. Aïe ! Mon Dieu, je la prendrai plus au sérieux quand elle me menacera.

L’homme bascule sur le côté. Je crois bien qu’il pleure. Le pauvre, elle n’y est pas allée de main morte ! Quand elle se relève difficilement, je sais que la fuite ne va pas être rapide. On vérifie si les deux dont je me suis occupé sont morts ou juste assommés. Leurs pouls est faible et à la vue du sang qui s’écoule de leurs blessures à la tête, ils ne vont pas tarder à passer de l’autre côté. On fouille les corps, à la recherche de clés de voiture, de clés de cellule pour enfermer le dernier survivant, et d’un téléphone, ce qui pourrait nous être utile. On récupère les nôtres, qu’ils ont été assez bêtes pour garder sur eux. Une fois que l’on a tout trouvé, on enferme le type, non sans mal. Il se débat comme un cochon, jusqu’à ce qu’elle l’assomme avec la barre, et on part à la recherche de Josh. Pas un mot n’a été prononcé depuis que l’on est seuls.

— Tu vas bien ? je finis par lui demander.

— Hum.

Elle serre les dents. Je vois bien que ça ne va pas. Elle et sa fierté, je vous jure ! Je secoue la tête, pose ma main sur son bras pour l’arrêter. Je regarde attentivement son visage, il n’y a pas assez de lumière pour que je puisse voir si elle a vraiment dégusté. Merde !

— Je répète ma question et sois honnête avec moi ! Est-ce que tu vas bien ?

— J’ai un peu mal à la tête, c’est tout.

— Un peu comment ?

— Écoute, on n’a pas le temps pour ça ! On fouille rapidement les bâtiments et on s’en va avec ou sans Josh, mais vite, s’énerve-t-elle.

Je la trouve terriblement sexy quand elle s’emporte. Sa moue boudeuse ne me donne qu’une envie, celle de l’embrasser à n’en plus pouvoir. Mais elle a raison, on n’a pas le temps pour ça.

— On va se séparer, dit-elle en me sortant de mes pensées.

— Non, c’est hors de question.

— On ira plus vite, Leandro !

Elle se rapproche de moi et appuie ses mains sur mon torse.

— Pense tactique ! Pas avec ça, continue-t-elle en me tapotant la poitrine du doigt.

— C’est une tactique de merde, imagine que les autres ne soient pas venus seuls !

— Je suis sûre qu’ils sont seuls. L’un d’eux était mon ravisseur. Et toi, tu en as reconnu ?

Je réfléchis un peu et hoche la tête. Le premier qu’elle a tué, et Musclor.

— Mais on ne peut quand même pas se séparer, on n’a aucun moyen de localiser l’autre ensuite.

— Pas faux, on va faire simple. Chacun un étage, d’accord ? On se rejoint en bas !

Elle m’énerve, il faut toujours qu’elle trouve réponse à tout ! Je soupire, je crois que de toute façon, je n’ai guère le choix. J’acquiesce d’un mouvement de tête. Il y a trois étages. Linda décide de prendre le deuxième.

— Moins de marches à monter comme ça, me dit-elle avant de s’élancer.

Je pense plutôt qu’elle souffre plus que ce qu’elle m’a dit. Si je reste près d’elle, elle va m’envoyer promener et croire que j’ai pitié. Alors que je veux juste la protéger. Pendant l’ascension, je mate son magnifique fessier. Je reste un homme avec des points faibles. Et celui-là est un de mes préférés.

Arrivée à son palier, Linda se retourne, me fait un clin d’œil et commence sa recherche. Je continue de monter pour me retrouver à un étage où la puanteur est encore plus insupportable. Je regarde cellule après cellule. Mais aucun signe de Josh. Je fais demi-tour. Alors que je commence à descendre les marches, j’entends un cri à me glacer le sang.

Linda…

— Linda !

Aucune réponse.

— Linda, mais putain réponds-moi !

Toujours rien. Je passe dans chaque cellule du deuxième, rien ! Je cours pour prendre l’escalier afin de descendre au rez-de-chaussée quand je l’entends encore.

— Leandroooo…

Sa voix s’éteint sur la fin.

Mon Dieu, faites qu’il ne lui soit rien arrivé ! Je redescends aussi vite que mes jambes me le permettent. Je l’appelle encore et encore, mais rien n’y fait. C’est un silence de mort qui me répond. Mon corps est pris de tremblements, la sueur coule le long de ma colonne vertébrale. Je ne peux pas la perdre, pas maintenant que je l’ai trouvée. Putain, j’ai encore tellement de choses à lui dire. Je secoue la tête, il faut que je sorte toutes ces pensées négatives de mon esprit.

Elle va bien,

Elle va bien !

Je me répète ce mantra. Peut-être qu’à force je vais y croire.

Mais pourquoi ne répond-elle pas si c’est le cas ?

J’entends un gémissement. Une lueur d’espoir refait surface. Je continue le tour des cellules aussi vite que possible. Jusqu’à ce que je les voie. Ces traces de sang au sol éclairées par un faisceau de lumière. Je pile net ! Mes jambes refusent d’avancer plus loin, mon cœur bat à mille à l’heure. Mes yeux s’embuent. Non, c’est impossible. Je lui ai promis que je la protégerais !

Je me mets une claque mentale, je perds du temps ! Si c’est bien son sang, ce n’est pas en restant là comme une mauviette que je vais la sauver.

Ces traces mènent à une cellule, à quelques pas de moi. Quelques mètres seulement. J’inspire un grand coup, ferme les yeux cinq secondes et cours comme un dératé.

Je m’arrête dans l’embrasure de la porte. Elle est là, sur le sol. Immobile, face contre terre ! Mon Dieu, non ! Je m’agenouille près d’elle, je pose mon index et mon majeur sur sa carotide, tout en priant Dieu pour trouver un pouls. Je pousse un soupir de soulagement quand je le sens. J’allumerai un cierge en guise de remerciement plus tard. Je tâte chaque partie de son corps, à la recherche d’une blessure. Je n’en trouve aucune, je ne sais pas pourquoi elle ne se réveille pas. Je la retourne et la prends délicatement dans mes bras.

— Ma puce, s’il te plaît. Réveille-toi…

J’entends encore un gémissement, mais il ne vient pas d’elle. Jusqu’à maintenant, je n’avais pas fait attention à ce qui m’entourait dans la pièce. Lorsque je relève la tête, à la recherche de la provenance de ce son, je comprends. Je comprends pourquoi elle a hurlé de cette façon.

Josh !

Mes yeux s’arrondissent d’effroi. Il est dans un coin de la pièce, voilà pourquoi je ne l’ai pas vu avant. Il est torse nu, ligoté sur une chaise, du Scotch à moitié décollé sur les lèvres. Il a été torturé. Son visage est tuméfié, presque méconnaissable. Je continue mon examen visuel, serrant plus fort contre moi Linda, comme si je ne voulais pas qu’elle revive ça. Il a aussi des lacérations sur le torse. Juste assez profondes pour que ça soit douloureux à chaque mouvement. Putain ! Il y a une table sur laquelle il y a encore des scalpels et d’autres objets de tortures.

— Josh, tu m’entends ? dis-je sans bouger.

Le seul œil valide qu’il lui reste s’ouvre difficilement. Il fixe sur moi un regard morne, mon cœur se serre de peine pour lui.

— Je vais vous sortir de là, d’accord ?

Il secoue la tête.

— Oh si, il faut qu’on parte d’ici. Même si je dois vous porter tous les deux, je le ferai ! Il n’y a pas moyen que j’abandonne l’un de vous, je réponds avec détermination.

Il baisse son regard sur Linda, une larme coule le long de sa joue. Je suis obligé de serrer les dents pour ne pas me laisser emporter par mes émotions moi aussi.

— Si je t’abandonne ici, elle m’émasculera à son réveil ! Tu le sais non ?

Un rictus amusé, du moins je crois, apparaît sur ses lèvres. Oh oui, il le sait.

— Bien, maintenant que ce sujet est réglé… on se dépêche.

Je repose doucement Linda au sol, replace quelques mèches rebelles derrière son oreille et lui fais un bisou sur le front. Je rejoins Josh. Je m’empare d’un des instruments de torture. Il pousse un gémissement à briser le cœur.

— Mon Dieu, Josh, c’est moi ! Je vais juste couper les cordes, d’accord ?

Il hoche la tête en signe d’assentiment. Avec des mouvements lents, je tranche ses liens. Je le retiens pour qu’il ne tombe pas en avant la face la première.

— Maintenant, je vais t’enlever le Scotch. Désolé mon vieux, mais ça va être douloureux.

Je tire d’un coup sec, un grognement lui échappe. Je l’agrippe par les aisselles et le pose sur le sol. Je suis quand même obligé d’en laisser un le temps d’aller au véhicule. Et inversement pour revenir ici ! Je ne peux pas faire ça. Qui que vous soyez là-haut, aidez-moi à m’en sortir, s’il vous plaît !

— Tu peux marcher ? je demande à Josh.

Il hausse les épaules en grimaçant.

— On peut toujours essayer, je vais t’aider à te mettre debout, OK ? Pendant que je prendrai Linda sur mon épaule, tu t’appuieras contre le mur. Ensuite, je pourrai te soutenir jusqu’à ce qu’on sorte d’ici.

Je m’avance vers lui et le remets debout. Ses jambes fléchissent. On est obligé de s’y prendre à trois reprises avant qu’il ne soit stable. Je me penche sur Linda.

— Je suis désolé ma belle, mais je n’ai pas le choix.

Je la bascule doucement par-dessus mon épaule et rejoins Josh. Il s’appuie de l’autre côté. Je souffle un grand coup, je dois presque soutenir deux poids morts. Je passe mon bras autour de la taille de Josh et me mets en marche. On se trompe plusieurs fois de chemin pour trouver la sortie. Je contracte la mâchoire pour m’empêcher de tout lâcher. Je dois y arriver, je suis notre seul espoir pour l’instant. Je m’attends encore à tomber sur d’autres personnes et si ça se produit, je ne donne pas cher de notre peau.

Au bout de ce qui me paraît une éternité, on arrive enfin dehors. Il y a un seul véhicule garé sur la flore sauvage qui a élu domicile devant cette prison. Un pick-up noir lambda. Ce qui me laisse penser qu’il n’y a personne d’autre dans les parages et qu’ils nous ont fait sortir de notre cellule uniquement pour nous faire subir la même chose qu’à Josh. Je laisse Josh s’adosser au véhicule, le temps pour moi de chercher les clés trouvées sur l’un des corps avec ma main libre.

Je déverrouille les portes et attache Linda au milieu. Ça m’inquiète qu’elle n’ait toujours pas repris conscience. J’aide Josh à s’asseoir à l’autre bout et prends vite place derrière le volant.

Mais pour aller où ? Ils m’ont trouvé quand je suis parti de chez Linda. Avec un peu – beaucoup ? – de chance, ils ne connaissent pas toutes mes planques. De toute façon, je n’ai pas le choix, je dois prendre ce risque. Mais avant ça, on va rendre visite à un médecin que je connais bien. Ils doivent être tous deux examinés, et vite !

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