Collision: Dangerous Game, T1 (Emma) (French Edition)

5. Linda

Chapitre 5

 

LINDA

 

Il m’emmène jusqu’à sa voiture, m’ouvre la portière et me demande :

— Tu es sûre ?

Oh oui, je n’ai jamais été aussi sûre de ma vie.

— Oui Leandro, allons-y.

Il ne faut pas le lui dire deux fois qu’il est déjà au volant. En moins de quinze minutes, on se retrouve devant un hôtel. Je ne lui demande pas comment il sait qu’il y en avait un tout près. Je ne lui demande pas pourquoi on ne va pas chez lui. Je ne pense qu’à une seule chose, être dans ses bras. Leandro fait le tour de la voiture et m’ouvre la porte. Apparemment, la galanterie existe toujours, ça fait du bien de le savoir. Nous prenons rapidement une chambre auprès de la standardiste et empruntons l’ascenseur.

Une fois les portes closes, Leandro me plaque contre la paroi et me donne un avant-goût de ce qui se passera dans la chambre. Son baiser est sauvage, sensuel et possessif en même temps. Ses mains sont partout à la fois. Je vais prendre feu dans cet ascenseur. Sa bouche descend le long de mon cou et mordille ma clavicule. Je pousse un gémissement. Il me soulève, et instinctivement je passe mes jambes autour de sa taille. Avec une audace toute nouvelle pour moi, je me presse contre son entrejambe pour essayer de soulager la tension que je ressens. Je n’en peux plus. Leandro suce mon lobe d’oreille.

— Tu ne te rends pas compte dans quel état tu me mets !

Je glousse. Je… quoi ? Non impossible, je n’ai pas pu faire une telle chose. Les portes de l’ascenseur s’ouvrent enfin. Je redescends lentement de sorte que chaque partie de nos corps restent en contact. Leandro inspire un grand coup.

— Allons-y, avant que je ne te fasse l’amour ici.

Je ne tiens pas vraiment à avoir un public. On se hâte jusqu’à notre chambre, une fois à l’intérieur je ne fais pas du tout attention à la décoration. Je n’ai d’yeux que pour Leandro qui vient de refermer la porte. Il s’avance lentement vers moi, tel un prédateur vers sa proie. Ses prunelles ne quittent pas une seconde les miennes.

J’ai la chair de poule quand ses doigts montent le long de mes bras, il fait un pas de plus pour qu’il n’y ait plus un seul espace entre nous deux. Ses mains se sont arrêtées sur mes joues, il attend que je fasse le premier pas. Alors, je pose délicatement mes lèvres sur les siennes. Ses baisers ont un goût de menthe. Tout simplement exquis. J’agrippe fermement son col de chemise et gémis quand il se frotte contre moi. Il me pousse contre le mur et passe une jambe entre les miennes. Impatiente, je commence à défaire les boutons de sa chemise. Il attrape mes poignets et les plaque au-dessus de ma tête. Il me souffle au creux de l’oreille :

— Toi d’abord.

Qu’à cela ne tienne, tant qu’on est tous les deux nus dans peu de temps. Il soulève mon débardeur, avec une lenteur qui attise la tension dans mon bas-ventre. Heureusement pour moi, je porte un bel ensemble, bleu électrique en dentelle. Il sème un chemin de baisers de ma poitrine jusqu’à mon nombril. Il se baisse pour retirer mes chaussettes et baskets. Il ne me reste plus que le bas de survêtement, pour que je me retrouve en petite tenue devant lui. N’en pouvant plus, je me dépêche de l’enlever. Il affiche un sourire en coin, qui s’efface vite dès qu’il me voit en sous-vêtements. Il recule et contemple chaque centimètre de mon corps comme s’il voulait ne jamais l’oublier. Son regard m’enflamme. Il se presse de nouveau contre moi et ses mains se posent rapidement sur ma poitrine. Il dégrafe mon soutien-gorge. Ce dernier va rejoindre la pile de vêtements au coin de la chambre. Sa langue descend le long de mon cou et s’arrête sur ma poitrine. Je me cambre vers lui. Il suce un téton, pendant que son autre main s’occupe de mon second sein. Mon Dieu !

Leandro s’agenouille et je ne vois plus que ses cheveux. Il retire mon tanga. Lentement, trop lentement ! Il prend mon pied qu’il pose sur sa cuisse, sème des baisers le long de ma jambe et mordille l’intérieur de ma cuisse. Le contact de sa barbe sur ma peau m’électrise. Il attise mon plaisir, tout en augmentant ma frustration en ne posant pas sa bouche là où j’en meurs d’envie.

— Leandro, si tu continues comme ça, je te plaque au sol.

Il éclate de rire, un son cristallin. Si je n’étais pas déjà sous le charme, j’aurais pu l’être rien qu’avec cette mélodie.

— N’oublie pas que c’est notre seul moment ensemble.

Je ne risque pas de l’oublier.

— Laisse-moi en profiter, me susurre-t-il.

Il m’écarte un peu plus les cuisses, mon sexe se retrouve juste devant ses yeux. Avec son pouce et son index, il écarte mes lèvres. Il relève la tête et ses pupilles dilatées m’indiquent à quel point il a envie de moi.

Il passe une main derrière mon genou et remonte ma jambe sur son épaule. Et sa bouche se pose enfin sur mon sexe. Mes mains se perdent dans ses cheveux. Ses doigts rejoignent très vite sa langue. Il mordille mon clitoris avant de souffler dessus. Il accélère le rythme de ses doigts avant de ralentir. Quand je pense ne plus pouvoir le supporter, il suce mon clitoris tout en me prenant plus fort de sa main. Mon Dieu ! Mes doigts se resserrent sur ses cheveux. Je sens mon corps se tendre, se cambrer. Je jouis avec une telle force que mes jambes ne me tiennent plus, je m’écroule dans ses bras. Ce fut bref, mais d’une intensité extraordinaire. Je plane complètement. J’aimerais que cet état dure, et surtout ne pas avoir à me relever.

Leandro me porte jusqu’au lit et se déshabille lentement. Ses abdos que je n’avais fait qu’imaginer l’autre fois sont bel et bien là. Une ligne de poils part de son nombril et disparaît sous son jean. Il a un tatouage tribal le long de son bras droit. Il retire son portefeuille de sa poche et prend un préservatif qu’il pose sur la table de nuit. Il se débarrasse du reste de ses vêtements et le voilà nu devant moi. Il me laisse le détailler de la tête aux pieds, j’avoue m’arrêter plus que nécessaire sur son sexe. Cet homme est parfaitement proportionné, pour mon plus grand bonheur. Pendant que je salive devant son anatomie, il enfile le préservatif.

Il s’allonge sur moi, une main de chaque côté de ma tête. Sans me quitter des yeux, à l’aide de son genou, il m’écarte les jambes. Et presse son pénis contre mon sexe. Il frotte son gland contre mon clitoris, ravivant ainsi mon désir pour lui.

Je grogne de frustration. L’instant d’après, d’un coup de reins, il me pénètre. Je me cambre et gémis. Il commence de lents va-et-vient, je suis déjà au bord de l’extase. Sa queue sort presque totalement avant de rentrer lentement. Je mets mes mains sur ses fesses pour accélérer le mouvement.

— Leandro, je n’en peux plus… Je t’en prie !

Il me fait basculer et je me retrouve à califourchon sur lui.

— Fais ce que tu veux de moi, me dit-il.

Et c’est ce que je fais, je joue quelques minutes avec lui pour me venger. Au lieu de faire ce dont je rêve, je m’abaisse lentement sur son sexe et me relève tout aussi doucement. Je recommence plusieurs fois cette torture. Ses mains se crispent sur mes hanches. Mais très vite, la tension est trop forte et j’accélère mes mouvements. Leandro trouve mon clitoris et avec son pouce dessine des cercles dessus. La sensation est tellement intense, si peu de temps après mon premier orgasme.

— Leandro… ne t’arrête surtout pas… j’y suis presque…

Je pousse un long cri de plaisir, pendant que Leandro lâche un râle et je sens son corps se tendre et les convulsions de son sexe à l’intérieur du mien. Il inverse nos positions et dépose ses lèvres au coin des miennes. Il se lève pour retirer le préservatif et se dirige vers la salle de bains. Quand il revient, il s’allonge, entremêle ses jambes avec les miennes et me presse contre son corps. Je tremble, je crois bien ne plus pouvoir rien faire que de rester dans son étreinte. On reprend notre souffle dans les bras l’un de l’autre. J’ai été victime du serial killer de la culotte. Et je souris à m’en bousiller les zygomatiques. Et je souris à m’en bousiller les zygomatiques. Je lâche un soupir de bien-être, je crois bien que c’est la première fois que je m’abandonne autant avec un homme. Je m’apprête à me lever quand Leandro resserre ses bras autour de moi.

— Où comptes-tu aller comme ça ? murmure-t-il contre ma nuque.

— Eh bien… Je crois qu’il est temps que je parte.

Il se positionne au-dessus de moi et m’emprisonne de son corps.

— Je crois que c’est une très, très mauvaise idée, dit-il en baissant la tête jusqu’à ce que nos bouches se touchent.

Impossible de résister à la tentation, je lève la tête et mordille sa lèvre inférieure.

— Et pourquoi ça ?

— Parce que je suis loin d’être rassasié de toi.

Il pèse de tout son poids sur moi et je passe mes jambes autour de ses hanches.

— Montre-moi à quel point.

Et c’est ce qu’il fait pendant encore plusieurs heures, insatiable. Je retombe sur l’oreiller au bord de l’épuisement, incapable du moindre mouvement. Le soleil s’est couché depuis longtemps et je pense que je ferais bien un petit somme pour me remettre de mes émotions. Leandro colle mon dos contre sa poitrine et je m’endors dans cette position.

Une main qui se balade le long de mon corps me sort de ma torpeur et me fait cligner des yeux. À travers la fenêtre, je vois que l’aube se lève. Mince, je ne pensais pas que je dormirais aussi longtemps ! Une main remonte prendre mon sein en coupe et titiller mon téton déjà dur. Je ronronnerais presque.

Malheureusement, une sonnerie me fait descendre de mon nuage. J’entends Leandro pousser un juron. On se dégage l’un de l’autre et j’en profite pour passer vite fait dans la salle de bains et me rhabiller. Mince, je ne retrouve pas ma culotte ! Tant pis, je partirai sans. Pantalon et chaussettes, check ! Soutien-gorge et t-shirt, check ! Voilà, c’est bon, je peux y aller. Un dernier coup d’œil vers Leandro, il me tourne le dos et est toujours au téléphone. J’en profite pour le mater une dernière fois. Il a une paire de fesses que je croquerais bien ! Musclée et rebondie. Ça devrait être interdit. J’avance à pas de loup vers la porte. J’entends un raclement de gorge, j’avais presque réussi mon évasion. J’inspire un grand coup et me retourne. Leandro affiche un grand sourire.

— Tu n’aurais pas oublié quelque chose par hasard ? me demande-t-il avec un sourire espiègle.

Il me détaille des pieds à la tête et s’attarde sur mon bassin. Il sait que je n’ai pas ma culotte ? Mais son regard descend sur mes pieds. Mes pieds ? Je me cognerais bien le front contre le mur. J’ai oublié mes baskets ! La femme couleur tomate est de retour.

— Maintenant que tu en parles, dis-je les joues en feu.

Je ne rougis jamais ! JAMAIS ! Sauf avec lui. Leandro éclate de rire. Oh, il va me le payer.

— Tu as fini de te moquer de moi ?

Je croise les bras sur ma poitrine et lui lance un regard noir. Il lève les mains en signe de reddition.

— Je ne me moquais pas de toi ! C’est juste que c’est… bon d’accord, je me moque de toi ! Mais avoue que la situation est quand même drôle, non ?

Il se lève et s’approche lentement vers moi. Nu ! Dur de ne pas succomber à la tentation. Cet homme a un corps d’Adonis. Linda, ressaisis-toi ! Tu es une ancienne militaire, tu es partie en mission dans des pays en guerre. Ce n’est pas Leandro, nu, complètement nu, avec des abdos parfaitement dessinés, des muscles ciselés, des lèvres parfaites…

— Tu aimes ce que tu vois ? m’interroge-t-il avec un sourire en coin.

— Absolument pas ! J’ai déjà vu mieux, je rétorque, fière de ma répartie.

Leandro pas du tout décontenancé continue d’avancer. Je recule d’un pas, mais je me retrouve très vite coincée contre le mur.

— C’est là qu’on a commencé, tout à l’heure. Et si on continuait ?

Ne regarde pas ses lèvres. Voilà, maintenant décale-toi vers la droite. Regarde le mur opposé. Bien !

— Leandro, il faut que j’y aille. J’aimerais bien rester, mais j’ai du travail qui m’attend.

Je préférerais mille fois rester ici, dans cette chambre et surtout avec lui. Mais je dois avoir des centaines de photos à analyser, maintenant. Il soupire, mais s’écarte quand même.

— Laisse-moi au moins te raccompagner.

C’est lui qui m’a amenée dans cet hôtel et je n’ai aucune idée de l’endroit où l’on est. J’accepterais bien sa proposition s’il ne fallait pas que je lui donne l’adresse soit de l’hôtel soit de l’appartement. Crotte ! L’espace d’un instant, j’ai oublié que j’étais en mission et censée être la plus discrète possible.

— Non, ne t’inquiète pas, je vais marcher un peu.

Avec mon sens extraordinaire de l’orientation, je vais bien réussir à m’en sortir. Une chose est sûre, je ne tomberai pas sur un second serial killer. Leandro a l’air déçu, mais se ressaisit vite.

— D’accord. Alors je suppose que c’est ici qu’on se dit au revoir ?

— Oui.

Un silence gênant s’installe. Aucun de nous deux n’ose plonger son regard dans celui de l’autre.

— Bien. Au revoir Leandro, dis-je pour rompre ce silence.

Je me retourne et avance vers la porte sans regarder derrière moi. Il ne me retient pas et c’est certainement mieux ainsi. J’appuie comme une forcenée sur le bouton de l’ascenseur. J’aurais dû prendre l’escalier. Pas de souvenirs de nous deux enlacés là-bas. Je secoue la tête, ah pauvre de moi qui ai connu un moment de sexe intense et fabuleux… !

Le « ding » de l’arrivée de l’ascenseur me ramène à la réalité. Je n’ai même pas fait un pas dedans qu’une main m’agrippe brusquement. Je ne réfléchis pas, fais volte-face et mets un coup de poing à mon agresseur. Qui s’avère n’être que Leandro. Oups… Il m’a immédiatement lâchée et me regarde choqué, une main sur sa joue.

— Moi qui voulais te faire un véritable adieu, c’est raté.

— Désolée, dis-je piteusement.

— Ce n’est pas grave, rien n’est encore perdu.

Il n’attend pas que je comprenne le sens de sa phrase et me plaque contre le mur. Ses mains encadrent mon visage. Son regard plongé dans le mien, j’ai l’impression qu’il veut me dire quelque chose, mais n’ose pas. Ses yeux font des allers-retours entre les miens et ma bouche. Il se décide finalement à poser ses lèvres au coin des miennes. Lentement, il descend le long de mon cou, me mordillant au passage. Je laisse échapper, malgré moi, un gémissement. Comme un signal, sa bouche se plaque durement contre la mienne. Il n’y a aucun espace entre nous, mon Dieu, je le laisserais bien me prendre ici, aux yeux de tous finalement. Exhibitionniste, je suis devenue.

Dieu, pardonnez-moi pour mes péchés…

Leandro s’écarte un peu et prend une grande inspiration.

— Linda, j’ai encore envie de toi, murmure-t-il.

Je m’apprête à répondre quand il pose son index sur ma bouche.

— Je sais, tu dois partir. Laisse-moi juste t’embrasser une dernière fois.

Je ne peux que hocher la tête. Cette fois, Leandro prend tout son temps. Sa langue dessine ma lèvre inférieure, il la mordille, la suce. Je me liquéfie sur place, jamais un baiser ne m’a autant retournée. Sa main au creux de mes reins, il me plaque contre lui et continue à me faire tourner la tête.

— On se reverra Linda, susurre-t-il en appuyant sur le bouton de l’ascenseur.

Il s’en va, me laissant ébahie devant la porte en train de s’ouvrir. Je m’engouffre dans l’ascenseur et c’est un sourire niais qui apparaît sur mes lèvres. Je sais que je ne le reverrai pas, du moins pas en chair et en os. Mais une chose est sûre, Leandro, on se retrouvera dans mes rêves.

Je demande à la standardiste le nom de la rue. Je vais essayer de ne pas me perdre, cette fois. Je m’arrêterai en chemin pour m’acheter des viennoiseries, de quoi tenir toute la journée. Je n’ose pas imaginer la tête que je dois avoir avec mes cheveux en bataille, mais je ne regrette pas du tout cette nuit intense. Je rentre les coordonnées dans mon GPS et il m’indique trente minutes de marche. Exactement ce dont j’avais besoin pour me remettre les idées en place.

La marche n’a rien changé du tout, Leandro m’a retourné le cerveau ! Je suis certaine que je vais le comparer à tous les hommes qui vont croiser ma route. Je dis tous, mais il n’y en aura pas tant que ça non plus, hein. Je souffle et rentre dans l’appartement de surveillance.

Il est temps de se remettre au travail, la pause repas et plus si affinités est terminée.

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