Collision: Dangerous Game, T1 (Emma) (French Edition)

10. Linda

Chapitre 10

 

LINDA

 

— On n’a qu’un lit, on fait comment ? me demande-t-il avec un air innocent.

Encore accrochée à lui, je regarde par la fenêtre, le soleil se couche. Toujours aucune nouvelle de nos ravisseurs, et ça m’inquiète autant que ça me rassure. L’idée de dormir ici devrait m’être insupportable, mais je sais qu’il faut que je me repose si je veux être en forme lorsqu’on tentera de s’échapper.

— Il n’y a pas moyen que je dorme là pendant que Xena se promène quelque part autour de nous.

— Xena ? m’interroge-t-il en levant les sourcils.

— Ben oui, Xena la souris ! je rétorque, les yeux rivés sur le sol.

— Sérieusement, Xena la souris ? Dis-moi que tu ne viens pas de donner le nom d’une princesse guerrière à une souris ?

— Et pourquoi pas ? Je trouve que les souris sont déterminées, vicieuses, et…

— Tu tiens vraiment à faire un débat sur le caractère des souris ? m’interrompt-il.

Je relève le regard, il se pince les lèvres pour éviter de rire, mais ses yeux sont baignés de larmes.

— Tu ne te rends pas compte, un jour, les souris domineront le monde, je l’informe avec un air dégoûté.

Apparemment, c’est plus qu’il ne peut en supporter. Il me dépose vivement sur le lit, avant de s’écrouler de rire, plié en deux. Son rire est un son si doux à mes oreilles que je me joindrais à lui si je n’en étais pas la cause. Il faut être complètement tarée, pour tomber sous le charme d’un homme qui se fout de vous ! Ha misère, dans quel pétrin me suis-je fourrée ? Je me renfrogne. D’après ma mère, je suis atteinte de musophobie depuis que je suis petite. Elle n’en a jamais trouvé la raison. Quand je me suis engagée dans l’armée, j’ai été souvent moquée par mes collègues, mais je leur rendais au centuple. Je n’ai encore rien de compromettant sur Leandro, mais lorsque ça arrivera, je me ferai une joie de le tourner en ridicule. Je croise les bras et attends que ce cher Leandro arrive à se remettre de son fou rire. Et mon Dieu, ça lui prend une éternité !

— Non, mais… tu… te… Tu te rends compte de l’énormité de ce que tu as dit ? finit-il par dire, grimaçant la main sur ses côtes.

Mon amour-propre en prend un coup.

— Ouais bon ça va hein, on ne va pas en faire tout un fromage !

Et le voilà reparti, d’ailleurs je ne vois pas ce que j’ai dit cette fois. Je souffle, ramène mes jambes contre ma poitrine et pose ma tête sur mes genoux. J’ai décidé de ne plus lui adresser la parole tant qu’il ne se sera pas excusé ! Moi, susceptible ? Pas du tout ! En attendant, je vais devoir le supporter.

Je crois bien que dix minutes passent avant qu’il ne se calme. Il vient s’asseoir à mes côtés.

— Hey ma puce, je suis désolé.

— Hum, je réponds.

Leandro me soulève et me dépose sur ses genoux. Il recule jusqu’à ce que son dos touche le mur et me relève le menton.

— Je suis désolé de m’être moqué de toi. Je te protégerai de Xena ! Elle devra me passer sur le corps avant de t’atteindre, dit-il le plus sérieusement du monde.

— Il y a intérêt, je réplique.

Il sourit et revient au sujet initial.

— Comment fait-on pour le lit ?

— Tu dors par terre ? Comme ça c’est sûr, elle te passera dessus, je rétorque, sarcastique.

— Je veux bien me sacrifier, mais je ne serai pas vraiment en forme demain si on doit s’échapper d’ici !

— Alors, on a un problème.

— Pas vraiment, on n’a qu’à se serrer l’un contre l’autre, répond-il, le regard lascif.

— J’imagine que ça t’arrange !

Il faut dire que cette solution ne me dérange pas plus que ça. Le vrai problème, c’est l’effet que ça me fera. Je ne tiens pas à être frustrée plus que de raison.

— C’est une idée de génie et je ne dis pas ça parce qu’elle vient de mon incroyable cerveau.

— Je ne sais pas comment ça se fait que ton corps n’ait pas encore explosé avec un ego pareil !

— Linda, tu es impayable, dit-il avec un sourire amusé.

Je hausse les épaules, on me le dit souvent, je n’y peux rien. Quand je stresse ou lorsque j’ai peur, il faut que je sorte une phrase idiote ou que je détourne une expression. C’est presque une protection.

— Surtout, ne change pas, j’adore !

— Merci, enfin je crois.

— C’était bien un compliment. Tu es unique.

— Heureusement, je marmonne.

— Allez allonge toi, je veillerai sur toi.

Je m’exécute, il colle mon dos contre sa poitrine et dessine des cercles au niveau de mon ventre. Il faut que je pense à autre chose.

— Tu crois qu’ils vont faire quoi de nous ?

Je n’ai pas choisi le sujet le plus joyeux, qu’importe, on doit y réfléchir.

— Je n’en ai pas la moindre idée, mais prions pour qu’on puisse partir avant de le découvrir.

— Probabilité qu’on sorte de là indemnes ?

— Faible.

— C’est ce qu’il me semblait, surtout qu’on doit voir si Josh ne se trouve pas dans les parages avant de s’enfuir.

— Oui, aussi, réplique-t-il, soucieux.

Je me retourne pour qu’on soit face à face.

— Eh, on va s’en sortir, dis-je pour le rassurer, autant lui que moi.

— Je vais tout faire pour ! répond-il en posant ses lèvres sur mon front.

J’ai encore du mal à intégrer que, malgré tout ce qui se passe, je me colle ainsi à lui sans vergogne. Je le veux autant qu’il me désire. J’ai peur de continuer sur cette voie, peur de me retrouver avec le cœur brisé – si on sort un jour d’ici. Je ne sais même pas ce que l’on est l’un pour l’autre. Un couple ? Mon cerveau me sermonne pour me dire que c’est une mauvaise idée. Quant à mon cœur, il saute de joie à cette hypothèse. Je devrais lui poser directement la question, mais ça me donnerait l’air totalement désespéré.

— Je paierais cher pour savoir à quoi tu penses, chuchote Leandro dans mon oreille.

— Tu n’es pas assez riche pour ça.

— Ha, tu pourrais être surprise. Maintenant dors, minha querida, une longue journée nous attend demain.

Je m’installe plus confortablement dans ses bras, une jambe entre les siennes, sa bouche dans mes cheveux.

— Xena, si tu me touches, tu peux dire au revoir à ta queue, je murmure avant de me laisser emporter dans un sommeil léger.

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