Correspondance - Tome II
À Oscar Marinitch .......................................................... 27
Adieu. Que Dieu vous tienne le cœur en joie et le corps en santé. Pensez à moi, aimez-moi un peu, moi qui vous aime beaucoup et qui embrasse vos deux mains avec ten-dresse.
Your faithful friend.
Écrivez-moi rue du Dauphin, 6, ou à Croisset. Mais je resterai à Paris jusqu’après le jour de l’an, ou la fin de jan-vier ? – Au reste peu importe. Comme vous voudrez.
À OSCAR MARINITCH
Paris, 14 décembre [1851].
Mon cher ami,
Cette lettre vous sera remise par la signora Ernesta Gri-si, engagée comme prima donna au théâtre italien de Pera. Si vous êtes sensible à un talent hors ligne qui a déjà fait ses preuves, vous me saurez gré, je l’espère, de m’être adressé à vous, pour vous prier de patronner cette artiste dès son arri-vée à Constantinople.
Représentant de la jeunesse civilisée dans ce pays de barbares – qui demande à ne plus l’être – vous vous devez à vous-même, cher Oscar, d’être pour elle ce que vous êtes pour tout le monde, je veux dire charmant. Mme E. Grisi a joué longtemps aux Italiens de Paris et de Londres avec suc-cès. C’est un talent classé et une réputation acquise. Vous
– 27 – serez bientôt vous-même juge de l’un et verrez que l’autre n’est pas exagérée.