Correspondance - Tome V
À Léonie Brainne .............................................................. 32
À LÉONIE BRAINNE
[Paris,] jeudi matin [9 mars 1876].
On va donc se revoir, ma chère belle !
Je tiens à ce que mon écriture vous souhaite la bienvenue au seuil de votre maison. Voilà pourquoi je vous écris, étant bien impatient de vous embrasser.
Samedi, à 2 heures battant je serai chez vous.
La traversée a dû être superbe ? D’après mes calculs vous devez être maintenant à Marseille, peut-être déjà en chemin de fer.
À vous, tout entier.
GVE.
GEORGE SAND À GUSTAVE FLAUBERT
Nohant, 9 mars 1876.
Tu méprises Sedaine, gros profane ! voilà où la doctrine de la forme te crève les yeux. Sedaine n’est pas un écrivain, c’est vrai, quoiqu’il s’en faille de bien peu ; mais c’est un homme, c’est un cœur et des entrailles, c’est le sens du vrai moral, la vue droite des sentiments humains. Je me moque bien de quelques raisonnements démodés et de la sécheresse de la phrase ! le mot y est toujours et il vous pénètre profondément.
Mon cher vieux Sedaine ! il est un de mes papas bien-aimés et je trouve Le Philosophe sans le savoir bien supérieur à Victorine ; c’est un drame si navrant et si bien conduit !
– 32 –