Correspondance - Tome V
À Léonie Brainne .............................................................. 72
Écrivez-moi deux mots, un peu plus gais que ceux-ci. – Je vous embrasse et suis
votre vieil ami
IV. TOURGUENEFF.
P.-S. Savez-vous que le Circassien Hassan qui tue des ministres par paires, comme des perdreaux, m’inspire un certain respect ?
P.-S. Mes meilleures amitiés à votre nièce et à son mari.
À LÉONIE BRAINNE
[Croisset,] lundi matin 19 juin [1876].
Pauvre chère amie,
Comment allez-vous ? Vous m’avez paru bien affaissée, bien triste l’autre dimanche, quand vous avez eu la gentillesse de venir me dire adieu avec la ravissante Alice.
Votre sœur, chez qui j’ai dîné vendredi, m’a dit que vous attendiez l’opinion de Hardy pour savoir que faire cet été. À quoi vous décidez-vous ? – Elle m’a aussi annoncé la visite de Henry pour un des jours de cette semaine.
J’ai repris ma vie d’autrefois, dans mon vieux Croisset, que j’avais quitté au mois de septembre, aux trois quarts mort de découragement. Les choses ne sont pas encore superbes, loin de là ! mais enfin, elles sont devenues
– 72 – tolérables, je me suis remâté. La sacro-sainte littérature a recommencé à me plaire, et j’espère en une assez longue période de tranquillité. Il n’en faut pas demander plus aux Dieux !