Correspondance - Tome V
À la Princesse Mathilde .............................................. 75
J’ignorais absolument l’existence de Vathek et je l’ai dévoré avec délices. C’est exquis. Les lettres françaises doivent vous être reconnaissantes.
Vous me dites dans votre Préface des choses trop flatteuses ! mais vous m’avez habitué aux libéralités.
Je vous serre cordialement la main et suis
votre
À LA PRINCESSE MATHILDE
[Croisset, 19 juin 1876.]
Je serais bien aise d’avoir de vos nouvelles, Princesse, ou plutôt chère Princesse (car pourquoi ne pas vous appeler tout haut, comme je vous nomme tout bas). Il doit faire beau à Saint-Gratien, et je vous suppose sinon heureuse, du moins tranquille.
Moi, me voilà revenu dans cette vieille maison à laquelle je tiens par l’attache des souvenirs et des habitudes, et que j’avais quittée au mois de septembre, aux trois quarts mort de chagrin et de découragement. Les choses ne sont pas encore superbes ! Mais enfin, elles sont tolérables. Et je crois que je vais travailler. Les rêves littéraires (je n’en fais plus d’autres) alternent avec les souvenirs, lesquels sont toute ma compagnie.
Le Prince, si vous l’avez vu, vous aura narré dans tous ses détails l’enterrement de Mme Sand. Il y a eu là, de jolis cocos ! Quant à lui, le Prince, il a été parfait et plus avisé que Renan et moi, qui le poussions à une chose maladroite. Il s’est abstenu de tout discours, et a bien fait.
– 75 –