Correspondance - Tome V

Gustave Flaubert · Chapitre 4 sur 50

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Correspondance - Tome V

À Léonie Brainne .............................................................. 12

À LÉONIE BRAINNE

[Paris,] 240, Faubourg-Saint-Honoré,

mercredi 26 janvier [1876].

Je ne comprends rien à votre silence, ma chère belle : il m’inquiète beaucoup.

Mme Lepic que j’ai vue hier m’a dit que vous lui aviez écrit, il y a une huitaine, une lettre lamentable. Pourquoi n’en ai-je pas une ?

Votre fils est-il plus mal ? qu’y a-t-il donc ?

Je commence à ne plus songer qu’à vous et enfin vous me gênez. Prenez cela pour un bon ou un mauvais compliment, à votre choix.

Je me figure votre belle et bonne mine couverte de larmes – et j’ai envie de la baiser, voilà.

Vite un mot qui me rassure.

Votre vieux

PÈRE LOULOU.

 

À IVAN TOURGUENEFF

[Paris,] samedi soir, 9 h[eures, 29 janvier ? 1876].

Mon cher ami,

Vous ne pouvez plus prétendre à la réputation d’un VIEUX MONSIEUR TRANQUILLE, mais bien au titre de JEUNE ÉTOURDI. Car vous m’aviez promis de m’envoyer ce matin un mot de votre illustre plume pour me dire si le dîner de

 

– 12 – lundi aurait lieu. Daudet attend de moi une réponse depuis mercredi. Pouvez-vous venir après-demain à ces fraternelles agapes ? Et dois-je compter sur vous demain ?