Correspondance - Tome V

Gustave Flaubert · Chapitre 22 sur 50

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Correspondance - Tome V

George Sand à Gustave Flaubert ........................... 43

Je ne vous ai pas dit que L’Étrangère me semblait une décadence, par la raison que je n’ai pas encore vu cette pièce.

 

GEORGE SAND À GUSTAVE FLAUBERT

Nohant, 5 avril [18]76.

Victor Borie est en Italie, que faut-il lui écrire ? Es-tu homme à aller le trouver et à lui expliquer l’affaire ? Il est aux environs de Civita-Vecchia, très errant et peut-être pas facile à joindre. Je suis sûre qu’il te recevrait à bras ouverts, car, bien que financier jusqu’au bout des ongles, il nous est resté très ami et bon garçon. Il ne nous dit pas s’il est dans sa montagne d’alun pour longtemps. Lina lui écrit et le saura bientôt. Faut-il lui dire que tu es disposé à l’aller trouver, ou que tu attendras son retour à Paris ? En tout cas jusqu’au 20 mai il recevra les lettres adressées à Florence : Albergo d’Italia. Il faudra le guetter, car il nous écrit de loin en loin.

Je n’ai pas le temps de t’en dire davantage aujourd’hui. Il m’arrive du monde. J’ai lu Fromont et Risler ; je te charge de remercier M. Daudet, de lui dire que j’ai passé la nuit à le lire et que je ne sais lequel je préfère, de Jack ou de Risler. C’est attachant, je dirais presque clouant.

Je t’embrasse et je t’aime. Quand donc me feras-tu lire du Flaubert ?

G. SAND.

 

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