Les ombres de l'enfance

Henriette Bernier · Chapitre 8 sur 35

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Les ombres de l'enfance

Bouboule - 30 septembre 1950

BOUBOULE

 

30 septembre 1950

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— Ton père ne va pas tarder à rentrer, dépêche-toi d’aller te laver, il a dit qu’il te couperait les cheveux avant de souper. Lave-toi bien partout, hein, pas comme la dernière fois, n’oublie pas les coins, surtout les oreilles. Tâche d’être propre au moins le jour de la rentrée.

 

Le gamin passe la main dans ses cheveux. La dernière tonte date des tout premiers jours de juin, quelques semaines avant les grandes vacances, pendant lesquelles le père ne juge pas nécessaire de faire le coiffeur. En revanche, celle de la rentrée est particulièrement importante, et par conséquent la plus radicale.

Le père fait toujours la même plaisanterie au petit au moment de manier la tondeuse :

— Alors, j’te mets la boule à zéro ce coup-ci ?

Il ne répond pas, c’est pas la peine, le père fera comme d’habitude, pas tout à fait la boule à zéro quand même, mais le poil bien court et les oreilles bien dégagées, ça oui.

 

Tous les gamins auront les cheveux coupés pour la rentrée. Quelques-uns seront allés chez le coiffeur du bourg, avec la chance de garder un peu plus de poil sur la tête, alors que les autres seront passés comme lui par les mains d’un membre de leur famille, dont les outils n’ont pas forcément la précision de ceux d’un professionnel… Les filles ont de la veine, même celles dont les parents pensent que des cheveux courts sont plus « propres », c’est-à-dire plus corrects, que des cheveux longs, on leur en laisse toujours assez. Quelques-unes ont même des nattes qui leur battent dans le dos quand elles sautent à la corde ou jouent à la marelle, ou mieux encore des cheveux frisés qui les font ressembler joliment à des petits moutons.

 

— Alors, Claude, t’y vas ? Tu t’rhabilleras pas après, pour ton père ça ira mieux, tu mettras ta chemise et tes chaussons.

Elle l’a appelé par son prénom… Parce que c’est demain la rentrée ? Ça se peut.

Claude connaît la manœuvre. Il va chercher un seau, dans lequel il fait couler l’eau chaude du bassin du fourneau, qu’il remplit ensuite d’eau froide parce qu’il ne faut jamais le laisser vide, il va dans la remise qui communique avec la cuisine, et il verse l’eau chaude dans la grande bassine qui sert occasionnellement de baignoire. Il repasse sa main dans ses cheveux. Il n’aime pas leur couleur, ni claire ni foncée. Il y en a qui disent « queue de vache », mais c’est châtain le vrai mot pour cette couleur-là. Ce qu’il voudrait, c’est que son père les lui coupe un peu moins courts, mais ce ne sera encore pas le cas aujourd’hui…

 

Il se déshabille, complètement, il n’aime guère, mais sa mère va venir vérifier qu’il a bien tout enlevé. Heureusement qu’on l’entend toujours arriver, à cause de sa canne, comme ça s’il est debout dans la bassine il s’assoit en vitesse, pour qu’elle ne voie pas « tout ». Elle lui apportera sa chemise et ses chaussons. Les chaussons, ça va. Mais la chemise… C’est elle qui l’a recoupée dans une vieille du père, il nage dedans tellement elle est large. Elle lui a dit :

— Au moins tu seras à l’aise et pour le soir à la maison c’est bien bon.

Clac Pchch Clac Pchch, un coup le bruit sec de la canne, un coup le bruit sourd du pied gauche qu’elle traîne. Voilà sa mère.

— T’es encore dans l’eau ? Allez, sors de là, que je passe tout en revue.

Des pieds à la tête aujourd’hui, il n’y échappera pas. C’est demain la rentrée.

Un quart d’heure plus tard, Claude est assis sur une chaise de la cuisine, une serviette sur les épaules. Il attend son père qui ne tarde pas, qui se lave les mains à l’évier, prend sur l’étagère où elle côtoie tout un bric-à-brac d’objets qui ne servent pas souvent ou même pas du tout la boîte qui contient son matériel de coiffeur amateur.

— Alors, j’te mets la boule à zéro ce coup-ci ?

 

Claude n’est pas un enfant malheureux. Il n’est pas battu, il ne souffre ni de la faim ni du froid, disons qu’il est… rustique.

La rusticité est une marque de famille chez les Lochard, du moins chez ceux qui sont restés là où ils sont nés, par manque de volonté, ou par devoir, ou par une sorte de fatalité passive. C’est le cas d’Edouard, le père de Claude, né avec le siècle, en 1900.

Il était le troisième garçon de cette famille de cultivateurs qui exploitait une petite ferme où rien ne tournait rond. Les bâtiments, le matériel, les méthodes et les choix de cultures, tout laissait à désirer.

A cela s’ajoutait aussi la malchance. Si un toit s’envolait une nuit de grand vent, c’était le leur. Si des vaches attrapaient « la maladie », c’étaient les leurs. Tout cela entretenait entre le père entêté dans sa façon de travailler et ses jeunes fils qui se sentaient privés d’avenir un climat de malaise, puis de révolte, voire de violence. Cela avait failli mal tourner, au point que la mère qui craignait un mauvais coup avait jeté dans le ruisseau le fusil du père, une vieille pétoire qu’il utilisait contre les sangliers et les renards, pour éviter un drame. Les deux frères d’Edouard avaient eu la sagesse de partir à temps pour tenter leur chance ailleurs. Ce n’est que très longtemps après, en 21, que leur mère avait eu de leurs nouvelles, l’un, l’aîné, s’étant décidé à lui écrire, après la guerre de 14 pendant laquelle elle avait tremblé pour eux. La lettre était brève, ne relatait pas le parcours de ses fils, elle avait seulement appris qu’ils étaient encore en vie tous les deux, que le plus âgé était entré au chemin de fer, qu’il était devenu sous-chef de gare, et que l’autre s’en était allé vivre sa vie quelque part dans « les colonies »… Leur père n’en avait rien su, il était mort un an avant l’arrivée de la lettre.

Edouard n’a pas eu l’audace de ses frères quand il a atteint l’âge de réfléchir à son avenir. Il est resté à la ferme. Sans chercher à analyser le pourquoi. Il est resté, c’est tout.

Après la mort du père, il a continué à travailler tout seul, plus libre, mais guère plus entreprenant, comme si rien ne l’intéressait.

Sa mère le poussait à prendre femme, de peur, quand elle mourrait, qu’il reste seul, qu’il vire au vieux garçon solitaire, qu’il n’ait pas de vie, de vraie vie.

Prendre femme… Elle le voyait un peu farouche, peu sûr de lui. Elle lui suggérait des noms, des filles du voisinage, l’incitait à des approches. Il les refusait toutes.

Mais un jour c’est lui qui lui annonça qu’il avait quelqu’un en vue.

— Qui donc ?

— L’Armande.

— L’Armande ?

— Pourquoi pas ?

Armande Souret était la fille unique d’un couple de journaliers qui se louaient au gré des besoins. Elle n’était pas vraiment laide. Au bas mot un peu grosse, un peu fruste. Travailleuse, mais pas fine.

Ils se sont mariés en 25 et Armande s’est installée à la ferme, chez sa belle-mère qui a eu la satisfaction d’assister à la naissance de leur première fille, Simone. Une femme, un enfant, il y avait là de quoi espérer que le fils s’en trouverait stimulé. Mais la jeune bru semblait peu intéressée par la ferme et encore moins par les façons de travailler de son mari.

Edouard avait une idée en tête. Celle de mettre fin à l’exploitation de la ferme et de trouver un emploi de commis chez un autre paysan, un meilleur que lui, pour ne plus avoir à assumer des responsabilités, pour se contenter de faire ce qu’on lui commanderait. Il hésitait cependant à aborder le sujet avec sa mère, pensant à juste titre que cette sorte de capitulation peu glorieuse la blesserait.

Il serait peut-être injuste de prétendre qu’il attendait sa mort pour mettre son projet à exécution. Toujours est-il que dès qu’elle s’en alla rejoindre le père, en 27, il sauta le pas.

Et lui qui ne savait jamais sur quel pied danser se montra pour une fois décidé et rapide, voire pressé. Il entreprit de liquider le cheptel, chevaux et vaches, à bas prix en raison de leur état, ainsi que son matériel dont une partie seulement trouva preneur, et il entreposa ce qui lui restait, une charrue, un chariot branlant, la batteuse fixe et quelques outils, dans un bâtiment devenu inutile, où petit à petit, au fil des années, la poussière et les toiles d’araignée les enseveliraient jusqu’à l’oubli. Il loua ses terres à un paysan du village, le père Duvier, qui n’avait pas touché de dommages de guerre et trouva ainsi une façon d’agrandir son exploitation. Ayant vu agir Edouard, il avait deviné son intention et proposé de l’embaucher.

Une chose tracassait tout de même un peu Edouard. La succession… Un mot qui dans le monde paysan était porteur selon les situations d’espoir ou de tracas. La ferme, les terres, ne lui appartenaient pas en propre, il avait deux frères, vivants, mais aucun des deux ne s’était manifesté depuis la lettre reçue en 21. Celui qui avait alors écrit, le soi-disant sous-chef de gare, n’avait pas précisé son adresse, sans doute pour confirmer la coupure avec la famille, et quand la mère avait ouvert l’enveloppe, dans sa précipitation elle l’avait déchirée, rendant invisible ce que le timbre aurait pu révéler. Edouard n’avait donc pas pu annoncer la mort de la mère à ses frères.

Le notaire forcément consulté pour la fameuse « succession » avait tenté des recherches, sans succès en raison du manque total de renseignements sur les frères Lochard. Si un jour on apprenait quelque chose, on verrait…

 

Déchargé de ses responsabilités, Edouard se sentit beaucoup mieux, et il ne tarda pas à reprendre goût au travail de la terre, aux soins aux animaux. Il passait le plus clair de son temps chez les Duvier, ne rentrant que pour manger et dormir. Et le plaisir qu’il prenait désormais à travailler sans avoir à se creuser la tête, sans tirer le diable par la queue puisque le père Duvier lui payait régulièrement son salaire et la location de ses terres, c’était pas le Pérou mais au moins on savait sur quoi compter, lui faisait voir la vie du bon côté.

Il se disait bien qu’il devait y avoir des femmes plus attachantes que son Armande, mais il l’avait choisie et il n’avait rien à lui reprocher. Elle savait tenir une maison, faire la cuisine, s’occuper du linge, du jardin, convenablement ou à peu près.

Travailleuse, mais pas fine. Il le savait. Lui non plus n’était pas très fin, alors… Elle était sa femme, il avait du sentiment pour elle, elle pour lui, même si ça ne sautait pas aux yeux quand on les voyait ensemble.

 

A Simone née en 26 succédèrent bientôt deux autres filles, Pierrette en 29, puis Monique en 31. Trois filles… Edouard aurait bien aimé avoir au moins un garçon, même si ce n’était pas pour lui succéder, mais c’était aussi bien sa faute que celle d’Armande.

 

Armande, déjà bien rondelette quand elle était fille, prenait à chaque grossesse du volume qu’elle ne perdait pas après les naissances, et ce volume ne ressemblait pas à celui qui flatte la féminité, qui la fait rayonner dans un épanouissement heureux et consenti. Il la gênait, pas dans sa tête, peu lui importait sa ligne, mais dans son corps, il la fatiguait.

Entretenir le jardin, soigner ses lapins et ses volailles, faire le ménage, la lessive, la cuisine, tout cela lui coûtait de plus en plus d’efforts, mais elle ne se plaignait pas. Elle se contentait de souffler, de maugréer, elle ne s’en prenait à personne.

Edouard, absent tous les jours du matin jusqu’au soir, sauf le dimanche après-midi qu’il passait le plus souvent dans son lit, ne se rendait pas vraiment compte de cette souffrance de sa femme.

— Arrête-toi donc, lui disait-il quand il la voyait peiner. Prends le temps de te reposer un peu.

— Me reposer, si tu crois que je peux, c’est bien d’un homme ça. Y a toujours à faire dans une maison pour une femme, surtout avec trois gamines.

Cela aurait pu passer pour un reproche, ce n’en était pas un vraiment, juste l’expression de sa fatigue.

Les trois filles furent faciles à nourrir, à élever, jamais malades, ni braillardes ni capricieuses. D’instinct, elles avaient senti ce double poids qui pesait sur leur mère, celui de son corps et le leur, si bien qu’aussitôt sorties de la petite enfance elles se révélèrent solidaires et prirent l’habitude de s’entraider.

Armande aimait ses filles, mais à sa façon. Si quelqu’un leur avait voulu du mal, elle les aurait défendues bec et ongles, ce que jamais elle n’eut l’occasion de faire. Mais elle n’était pas démonstrative.

Edouard l’était à peine plus. Les enfants, dans son esprit, c’était moins l’affaire du père que de la mère. Une mère qui ne lui paraissait guère tendre, de la sienne qui ne l’était pas trop non plus il avait cependant quelques souvenirs de douceur. Mais Armande était comme ça… Il essayait de compenser un peu. Le soir, il s’approchait des filles, leur faisait des chatouilles, avec toujours les mêmes mots : Alors les poulettes, on dit bonsoir à papa ? Les poulettes riaient, il était content.

 

1940. Les filles avaient quatorze, onze et neuf ans. Puisque c’était la guerre, tout le monde se posait la même question : valait-il mieux évacuer ou prendre le risque de rester ?

Armande trancha sans appel : J’aime encore mieux rester que de m’en aller sur les routes, avec trois gamines.

— Tu vois bien que j’ai eu raison, put-elle dire quelques mois plus tard à Edouard, on en a été quittes pour la peur mais les Fritz ne nous ont rien fait. Ceux qui se sont sauvés à l’autre bout de la France sont restés coincés, la belle affaire…

Le père Duvier et sa famille s’étaient « sauvés » aussi, mais trop tard, vite rattrapés par les Allemands, ils avaient fait demi-tour. Ce qui leur avait valu, ainsi qu’à leur dévoué commis, qui avait pris soin du cheptel, quelques démêlés, heureusement sans conséquences graves, avec les « vert-de-gris ».

 

Etait-ce le fait qu’Armande avait eu raison de refuser l’évacuation, qui l’aurait inévitablement contrariée et fatiguée ? Elle se sentait mieux, se montrait moins bourrue, plus causante. Il y avait une autre cause à ce répit. Les quatorze ans de Simone, la fin de sa scolarité. Sans le certificat d’études, la cession avait été annulée cette année-là en raison des événements. Elle l’aurait peut-être décroché, mais cela n’aurait rien changé. La fille pouvait désormais seconder sa mère à temps plein. Cependant, Simone cultivait un espoir, celui de se placer un jour dans une bonne maison, quand Pierrette aurait à son tour quatorze ans et prendrait le relais, avant que Monique en fasse autant. Ainsi les trois filles s’acquitteraient à tour de rôle auprès de leur mère de ce qu’elles lui devaient.

 

1943. Voilà qu’Armande à nouveau se plaignait. Fatigue. Douleurs. Nausées.

— Va voir le docteur, lui conseillait Edouard.

Elle haussait les épaules.

— A quoi bon ?

— Il te dira ce qui ne va pas, c’est son métier. T’as encore grossi, il me semble, c’est peut-être ça.

Sans aller consulter, Armande se rendit d’elle-même à l’évidence. Elle avait grossi, oui. Et les nausées, les maux de ventre, c’était quoi ? Un enfant. Armande à quarante-cinq ans attendait un quatrième enfant…

— C’est pas Dieu possible…

Elle alla voir la sage-femme, à pied, cinq kilomètres. Simone l’avait vue se préparer.

— Tu vas où, maman, malade comme tu es ? Je vais y aller à ta place, si tu as besoin de quelque chose.

— T’occupe pas de ça.

Edouard était à la maison quand Armande revint, épuisée, accablée. Simone, inquiète, avait couru jusque chez les Duvier pour lui dire que la mère était partie.

— Alors, Armande, qu’est-ce qui se passe ? T’étais où ?

— Il se passe que j’attends.

Le père fit signe à la fille de quitter la pièce.

— T’attends… T’es sûre ? C’est le docteur qui te l’a dit ?

— La sage-femme, c’est pareil.

La sage-femme n’en était pas encore revenue, de ce que lui avait dit la mère Lochard. Qu’elle ne « se voyait plus », mais qu’elle croyait que cet arrêt des sangs était dû à son âge. Elle lui avait posé quelques questions intimes sur ses relations avec son mari. Oui, ça marchait encore un peu pour lui, pas souvent, mais puisque depuis la naissance de la dernière fille il ne s’était rien passé, elle se disait… elle croyait…

— T’es de combien, Armande ?

— Dans les six mois.

Il en restait donc trois, qui furent difficiles. Edouard était consterné. Sans évoquer la chose avec Armande, il s’était persuadé lui aussi qu’il n’aurait jamais de fils. L’enfant qui s’annonçait serait-il un garçon ? Rien ne pouvait l’assurer, surtout pas les histoires de bonnes femmes. Cependant, chargé par sa femme d’annoncer la nouvelle aux filles, il leur avait dit qu’elles allaient avoir bientôt un petit frère.

Armande vivait mal cette grossesse non désirée. Elle prenait du poids, encore et encore. On aurait dit qu’elle allait finir par s’écrouler, tout son corps semblait tiré vers le bas. Son visage, ses épaules, sa poitrine, son ventre. Ses jambes gonflaient, elle marchait en traînant les pieds.

Edouard s’efforçait de la raisonner.

— Puisqu’il est là, faut bien l’accepter, comme les autres.

— On voit bien que c’est pas toi qui le portes…

Les filles, qui ne savaient pas grand-chose de tout ce qui conditionne et entoure une naissance, même l’aînée qui allait vers ses dix-sept ans, comprenaient cependant que celle qui se préparait n’était pas ordinaire. Elles étaient à la fois pressées et inquiètes de faire la connaissance de ce petit frère tellement inattendu.

 

Il est né au premier jour de mai 1943. Combien de fois Armande allait-elle répéter dans les jours qui suivirent qu’elle avait cru mourir… Edouard aussi n’avait pas été loin de le croire, tellement l’accouchement s’était révélé long et difficile. La sage-femme elle-même n’en menait pas large.

— C’est un garçon, un fameux gaillard on dirait !

Séparé de sa mère épuisée, débarbouillé, gesticulant et braillant d’une voix déjà forte, le fameux gaillard passa sur la balance.

— Dix livres et deux cents grammes !

Comme les pêcheurs pour leurs plus belles prises, comme les chasseurs pour leurs plus beaux trophées, les sages-femmes annonçaient non pas en kilos mais en livres le poids des plus gros bébés…

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