L’œuvre de Christopher Nolan: Les théorèmes de l’illusion (French Edition)
Introduction : Le grand gaillard aux cheveux pâles
INTRODUCTION :
LE GRAND GAILLARD AUX CHEVEUX PÂLES
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UN AUTEUR CULTE ?
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les années 2020 ont commencé
sur les chapeaux de roues, et l’industrie du cinéma n’y a pas échappé. Après
une première décennie de XXIe siècle ayant vu se développer le
téléchargement illégal, et une seconde marquée par l’essor des plateformes
de vidéo à la demande, le confinement lié à la crise sanitaire n’a pas arrangé
le problème de la désertion des salles obscures. Si Netflix et Amazon Prime
Video sont aujourd’hui devenus des acteurs de qualité du patrimoine
audiovisuel, en proposant des créations originales et en remettant sur le
devant de la scène des œuvres parfois difficiles d’accès, il n’en demeure pas
moins que la culture cinématographique ne se pratique pas uniquement en
consommant le contenu des films. Le simple fait de se déplacer jusqu’à un
cinéma – en famille, avec des amis ou dans le cadre d’un festival –, de
découvrir une œuvre sur grand écran, plongé dans le noir, avec ou sans
popcorn, est une expérience en soi. Une expérience que la télévision, en
apportant le film directement dans nos salons, n’est pas à même de
reproduire. C’est ainsi que Warner Bros., l’une des plus importantes majors
hollywoodiennes, s’est donné pour mission de ramener les spectateurs en
salle avec un film faisant office de fer de lance dans la reconquête de ce
terrain de plus en plus délaissé : Tenet , de Christopher Nolan.
On peut se demander ce qu’un thriller de science-fiction – complexifié
par un discours sur le voyage temporel – peut avoir d’excitant pour un
public cherchant à s’évader des affres d’une période de deuil et de paranoïa.
Et la réponse à cette question semble se trouver au niveau de son auteur. Ce
qu’a bien compris Warner, c’est que le nom de Christopher Nolan peut
suffire à relancer une industrie souffrante. Car ce grand gaillard aux
cheveux pâles et à l’air toujours soucieux de bien faire son travail s’est, en quelques décennies, imposé comme un cinéaste reconnu à la fois par ses