L’œuvre de Christopher Nolan: Les théorèmes de l’illusion (French Edition)
Donner un visage aux songes
qu’eXistenZ met en scène les désirs et les besoins inconscients dominant
l’expérience de ses personnages au sein des mondes surréalistes qui se
déploient autour d’eux (en se basant sur les travaux psychanalytiques de
Sigmund Freud et Jacques Lacan), Inception nous présente toujours des
mondes en constante mutation et demeurant dépendants de l’investissement
spatial de ses personnages (ce qui le rattache davantage aux travaux de
Gilles Deleuze et Félix Guattari 3 ). »
Donner un visage aux songes
C’est dans l’article « Crime of the Century » (Empire , 2010) que Dan
Bolin met en évidence l’implication de Leonardo DiCaprio au sein du
projet. Approché plusieurs fois par Nolan, ce dernier n’avait jamais réussi à
le convaincre de travailler avec lui, mais le scénario d’Inception se
présentait alors comme suffisamment intriguant aux yeux du comédien pour
attiser sa curiosité et le pousser à dire oui (Empire , 2010). Le personnage
central du film, Cobb, a enfin un visage, et c’est celui de l’une des plus
grandes vedettes hollywoodiennes contemporaines 4 , collectionnant les
collaborations prestigieuses, de Sam Raimi à Steven Spielberg, en passant
par Martin Scorsese et Danny Boyle. Ariane, ou Ariadne, dont le prénom
renvoie à l’héroïne mythologique qui sauva Thésée du labyrinthe de Minos,
est un nouvel exemple de femme déterminée dans la filmographie
nolanienne, quelques années après Ellie Burr et Rachel Dawes, et avant
Selina Kyle. Si le réalisateur pense une fois de plus à Rachel McAdams,
Emily Blunt ou Evan Rachel Wood (qui deviendra par la suite la tête
d’affiche de Westworld ), c’est finalement Elliot Page qui remporte la mise.
Révélé par David Slade en incarnant une adolescente tortionnaire dans
Hard Candy en 2005, avant d’être nommé aux Oscars pour le rôle-titre de
Juno (Jason Reitman, 2007), l’acteur canadien a tapé dans l’œil de Nolan
grâce à sa maturité. Parmi les nouveaux venus, on compte Joseph Gordon-
Levitt qui succède au momentanément indisponible James Franco dans le
rôle d’Arthur, le bras droit de Cobb, celui qui gère la logistique des projets
autour de ses idées (en somme, un rôle de premier assistant-réalisateur sur
un tournage). Tom Hardy est engagé pour jouer Eames, le voleur d’identité,
signant de fait sa première collaboration avec le cinéaste, tandis que Marion Cotillard fait de même avec le rôle de Mal, la défunte épouse de Cobb,