Selena Rosa - la marche vers l'inconnu [1]

Westley D. Northman · Chapitre 20 sur 37

Pages du PDF

Selena Rosa - la marche vers l'inconnu [1]

Chapitre 20

 

Secrets

 

En revenant vers notre chambre, je ne pus m’empêcher de penser que si j’en avais eu la possibilité, j’aurais mis fin à cette aventure. J’en avais vécu assez pour une vie entière ! Sauf qu’au fond de moi, il y avait toujours cet espace vide, attendant d’être rempli. C’était la sensation que j’avais toujours eue, sans jamais l’avoir identifiée.

Le jour où j’avais appris ce que j’étais réellement, j’avais tout juste commencé à comprendre que c’était peut-être ça, ce manque. Et ce soir, alors que je me battais pour ceux qui comptaient pour moi, j’avais pris l’entière conscience de cette partie de moi qui grandissait au fur et à mesure des jours. Depuis ma rencontre avec Cyriel, j’avais entrepris de remplir cet espace vide. Et ce soir, j’en prenais la pleine mesure. Je m’étais mise à grogner, tel un vampire. Je commençais donc à entrevoir ce que j’étais réellement, entièrement. J’avais appris à me connaître et à m’appréhender telle que j’étais. Je mûrissais enfin. Pas de la façon dont une jeune femme de mon âge mûrit, non, mais à la manière dont une sorcière à moitié vampire évolue : en apprenant à vivre comme le demande chacune des parts de son âme.

En repassant devant la chambre du couple chasseur de vampires, nous découvrîmes un attroupement de femmes. D’un regard, mon amie et moi décidâmes d’aller à leur rencontre afin de savoir ce qui nous attendait encore dans les heures à venir.

— Bonsoir, Mesdames. Je vois que vous aussi (non plus) n’avez pas pu vous rendormir après ce vacarme.

Il n’en fallut pas plus à ces commères pour nous raconter tout ce que nous voulions savoir, et plus encore…

Il était étrange d’avoir vécu la scène et de l’entendre toute autrement. D’après elles, le couple s’était disputé et en était venu aux mains. Je ne comprenais pas trop comment ils expliquaient qu’ils aient été retrouvés tous les deux inconscients, mais je ne pris pas la peine de les mettre sur cette piste si elles avaient eu la bonne idée de ne pas y penser. Quelques minutes plus tard, prétextant que le sommeil pointait enfin le bout de son nez, nous prîmes congé.

De retour dans la chambre, je filai directement sous la douche. Je me sentais sale, souillée. Des traces de sang sur les mains, les cheveux en bataille et pleins de poussières. En voyant mon reflet dans le miroir, je m’étonnai encore que ces concierges, quelques minutes plus tôt, ne m’aient pas soupçonnée. Je pris le temps de me relaxer suffisamment avant de devoir affronter la conversation avec Raïza.

Une dizaine de minutes plus tard, je sortis, vêtue d’une chemise de nuit en coton agréable. Voilà un moment que je ne l’avais pas portée. Nous étions partis d’Urkotόw depuis seulement une semaine et demie environ, pourtant j’avais l’impression que cela faisait des siècles.

Me voyant sortir de la douche, Raïza fonça dans la salle de bains à son tour, sûrement désireuse de rincer l’odeur nauséabonde du vampire. Il ne lui fallut que quelques minutes pour revenir, pansements et eau oxygénée dans les mains.

— Tu m’aides ? me demanda-t-elle d’une voix timide.

Alors que je nettoyais une coupure sur son bras droit, elle commença :

— Selen’, je suis désolée pour ce qui s’est passé. Je suis consciente que c’est entièrement ma faute. J’ai parlé de Cyriel. Oh, je n’ai bien sûr pas dit que c’était un vampire. Mais apparemment le fait qu’il dorme le jour les a mis sur la voie. Ils en ont sûrement déduit ce qu’il fallait.

Elle fit une pause et grimaça sous la douleur. J’avais commencé à désinfecter la morsure dans son cou. Essayant de changer de sujet je lui dis :

— Tu sais que tu vas garder une cicatrice de cette morsure.

— Ma première blessure de guerre. Elle ne pourra jamais être aussi impressionnante que celle de ma mère, répliqua-t-elle en riant.

C’est là que les changements qui avaient commencé à s’effectuer en moi me frappèrent avec force. Il y a quelques semaines, j’avais désiré savoir d’où venait cette cicatrice. Aujourd’hui ma vie avait pris un tel virage que cette histoire ne m’intéressait guère.

— Bref ! Continua-t-elle, de nouveau sérieuse. Lorsque je me suis réveillée seule le lendemain en début de soirée et qu’apparemment j’avais pris une sacrée cuite, j’ai compris que quelque chose clochait. Je suis venue te prévenir que je ne sentais pas ce couple, mais en chemin j’ai rencontré ce… ce… bref, cet enfoiré !

Elle me regardait, me demandant de compatir. Ce que je fis.

— Écoute, Raïza. Tu as commis une seule erreur.

Devant son regard dubitatif, j’ajoutai :

— Bon d’accord, deux erreurs. Tu n’aurais jamais rien dû leur révéler. Mais, Raïza, j’ai tout risqué pour toi ce soir. Tu es mon amie, je te pardonne. Ceci dit, pour ta conscience, tu devras gérer ça avec Cyriel.

Sur ces mots je lui posai le pansement dans le cou et la pris dans mes bras. Au bout de quelques instants, j’étouffai un bâillement.

— Bon, si on dormait ? proposa-t-elle en s’écartant de moi.

— Voilà ta meilleure idée depuis des jours ! Lui répondis-je avec un clin d’œil.

Elle me fit une grimace amusée et sauta sur son propre lit. De mon côté je m’enfouis sous les couvertures et m’endormis aussitôt.

 

Je dormis mal, souvent réveillée par des rêves désagréables et baignée de sueur. Les combats que j’avais menés la veille me hantaient. Décidant qu’après tout, il ne servirait à rien de lutter, je me levai et descendis dans le salon prendre un repas consistant. La journée avait pris fin et la nuit la remplaçait déjà. Cette course effrénée du temps me semblait tellement importante aujourd’hui.

Il y a quelques mois je n’y faisais pas attention, je savais que quoi que je fasse, le lendemain serait toujours là, suivi encore et toujours par la nuit.

Non, aujourd’hui, je voyais les choses différemment. Je ne vivais quasiment plus que la nuit, et le jour ne me manquait pas. Pourtant je savais que je ne pouvais vivre ni sans l’un ni sans l’autre. Je me donnais des migraines à réfléchir sur des questions pareilles, il fallait sérieusement que je pense à me débrancher de temps en temps.

En pénétrant dans le petit salon, je constatai que la salle était bondée. Après tout, il était encore tôt, la soirée commençait tout juste. Me rappelant les remarques de Raïza, je fis courir mon regard sur l’ensemble des passagers présents cherchant à identifier les probables vampires. L’exercice fut rapidement concluant. J’en aperçus d’abord deux. Un homme et une femme. À première vue, il s’agissait même d’un couple. N’y connaissant pas grand-chose, je ne m’attardais pas sur la question.

Au bar, un homme d’une quarantaine d’années, rasé de près, sirotait un verre… opaque. Il m’était impossible de voir ce qu’il buvait. Et en fin de compte je ne le désirais pas vraiment.

Je détournai la tête, consciente d’être épiée, et lançai un regard dans le fond de la salle. Assis, seul à une table, se trouvait le Général Lydvack. Il me salua de la tête. Je le lui rendis et m’apprêtai à bifurquer vers une table lorsque, malgré la distance qui nous séparait, je l’entendis murmurer :

— Venez vous joindre à moi, Selena, si vous le désirez.

Saisie d’un sursaut, je faillis faire tomber le plateau du serveur qui passa au même moment derrière moi. Je m’excusai brièvement puis me retournai vers Lydvack qui me regardait, un sourire moqueur sur les lèvres. D’un signe de la main, il me proposa de le rejoindre. Je remontai la fermeture Éclair de ma veste et me dirigeai vers lui, frigorifiée.

— C’était quoi ça ? Lui demandai-je d’une voix tendue.

— Votre ouïe, ma chère. Mais parlons d’autre chose, voulez-vous ?

Non, je ne voulais pas. Quoi, mon ouïe ? Je n’étais absolument pas capable d’entendre si loin. Cependant, je ne voulais pas révéler le secret de ma parenté à un des Généraux de la Reine des vampires.

— Très bien. Comment va Cyriel ?

Il me sourit et, d’un air malicieux, me dit :

— Vous l’aimez bien, n’est-ce pas ?

— Je… quoi ? Moi ?

Il s’esclaffa et répéta :

— Oui, vous. Ne seriez-vous pas légèrement éprise de lui ?

Quel culot !

— Cessez donc de délirer ! Répondez à ma question plutôt. Comment va-t-il ?

Il s’esclaffa de nouveau en fermant les yeux

— Pardon. Il se repose toujours. Comme je vous le disais, il ne se réveillera sûrement pas ce soir. Mais toutes ses blessures externes sont guéries. Maintenant il doit reprendre des forces. Surtout en ce moment.

Il laissa une nouvelle fois échapper ce qui avait tant attisé ma curiosité avant la disparition de mes amis. Je savais qu’il ne répondrait pas à mes questions si je venais à l’interroger sur ce sujet, alors je décidai de hocher la tête et de continuer.

— Parlez-moi de Svalbard.

Il sembla regarder au loin quelques instants, son regard se voila, puis, aussi soudainement, il revint à mes côtés.

— C’est ma maison depuis des siècles. J’ai été le Général de l’Ancienne Couronne durant de nombreuses, très nombreuses années et lorsque le Pouvoir a, bien malgré lui, changé de main, je suis resté. D’abord parce que, égoïstement, je n’avais nulle part où aller, et ensuite parce que je me devais, par respect pour mon ancienne Souveraine, de veiller sur son trône.

J’appréciai ces révélations, mais il ne répondait pas à ma question. Pourtant une nouvelle s’imposa à moi.

— Quel âge avez-vous, Lydvack ?

Il me sourit et me dit d’un ton plein d’humour :

— J’ai environ 1690 ans.

Je faillis tomber de ma chaise.

— Nom d’un chien ! M’exclamai-je si fort que nos voisins de table se retournèrent en nous faisant les gros yeux.

Il rit silencieusement, alors que je ne le lâchai pas des yeux. Il avait 1690 ans et il en paraissait vingt-cinq. Grand maximum.

— Je suis né en 320. Enfin à cette époque les dates n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui, mais si je réfléchis bien c’était dans ces eaux-là. J’ai été transformé par une jeune femme d’une beauté extraordinaire. Je me souviendrai toujours de ma rencontre avec elle. Une jolie femme blonde, pas très grande. Mais elle dégageait une telle confiance en elle, un tel charisme et était d’une beauté si époustouflante que je n’ai pas résisté lorsqu’elle m’a trouvé. Là, elle m’a mordu et m’a fait boire son sang. Quelques jours plus tard, je suis ressorti de terre comme vous me voyez. Je ne l’ai pas quittée pendant des siècles, jusqu’à ce que le Destin me l’enlève.

J’étais étonnée qu’il me raconte ainsi sa vie, sans pudeur. J’avais passé un mois à côtoyer Cyriel quasiment tous les jours, et je ne savais rien de lui. Lydvack, lui, venait tout juste d’entrer dans ma vie et j’en savais beaucoup plus sur lui que sur mon ami.

Le Général m’observa en silence, un petit sourire sur les lèvres.

— Je m’égare, n’est-ce pas ? me dit-il, un faux air contrit sur le visage.

— Un peu. Mais j’apprécie que vous m’en ayez parlé. Ceci dit… 1690 ans quand même ! C’est étonnement vieux.

Il haussa un sourcil, d’un air étrange.

— Oh, pardon ! Je ne voulais pas vous insulter. C’est juste que moi, je peux espérer vivre quatre-vingts ans tout au plus, et savoir que vous en avez vécu autant c’est tout simplement impressionnant !

— Je veux bien vous croire. Mais lorsque l’on est aussi « ancien » que moi, dit-il en appuyant bien sur le mot avec un sourire moqueur, on possède assez de pouvoirs pour lutter contre la menace que représentent les autres vampires, et on a assez de jugeote pour ne pas se confronter à un clan de sorcières ou même pour s’attaquer à la Couronne. C’est pourquoi on parvient à tenir si longtemps.

Je souris à l’évocation de la menace que nous représentions, nous les sorcières, pour les vampires.

— Pourtant, j’ai cru comprendre qu’il y avait une guerre en préparation et que vous alliez y prendre part. Si j’ai bien compris, c’est une guerre contre le Pouvoir en place.

Il me jaugea un instant et répondit dans un murmure :

— Ce n’est pas l’endroit pour en parler, Selena. Nous en parlerons plus tard si vous le voulez bien.

J’acquiesçai en silence. Il avait raison, j’avais momentanément oublié la présence de trois autres vampires dans le salon.

— Alors Svalbard, comme je vous le disais, c’est ma maison depuis que je sers la Couronne. Dans les montagnes de l’Archipel se trouve une forteresse construite à même la roche. Située aux abords d’une ville abandonnée, elle est dissimulée aux humains qui ne s’en approchent plus depuis de nombreux siècles déjà. Toutes sortes de légendes l’entourent. Des histoires de vampires, bien entendu, de loups-garous aussi, bien que nous les ayons chassés un bon nombre de fois, de fantômes aussi. Mais le fait que la ville d ’Advent City ait été abandonnée pousse les habitants de l’Archipel à rester à distance. Ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Je pouvais aisément le comprendre. À Oviedo, nous avions nous aussi une maison dite maldita où vivait un homme seul. Ma mère m’avait raconté que cet homme avait lui-même fait courir les rumeurs pour être sûr de ne jamais être dérangé.

— Ce que vous devez savoir sur Svalbard, c’est que durant une partie de l’année, le soleil ne se lève plus. En effet du 26 octobre au 15 février, il fait nuit constamment. Ce qui est une aubaine pour les vampires. C’est pourquoi la première Couronne a choisi ce lieu pour régner en maître sur notre peuple. Bien sûr durant toute une partie de l’année aussi il y fait constamment jour, d’avril à août plus exactement. Et là croyez-moi, il vaut mieux avoir filé si l’on ne veut pas passer ces quatre mois enfermés dans la forteresse.

Je connaissais ce phénomène qui avait lieu dans les régions nord de l’hémisphère. Et je comprenais parfaitement l’opportunité que cela représentait de pouvoir sortir quand bon leur semblait.

— D’ailleurs la Nuit Polaire vient de commencer, dit-il plus pour lui que pour moi.

— Pardon ? Lui demandai-je, curieuse.

— La Nuit Polaire, c’est ainsi que l’on appelle cette période de l’année où l’on peut vivre autant la journée que la nuit.

Au moment où je m’apprêtais à répliquer, le vampire que j’avais vu au bar quelques instants plus tôt se dirigea vers moi et me susurra en se penchant, occultant totalement la présence de Lydvack :

— Salut, ma jolie. Ça ne te dirait pas de t’amuser avec un vrai mec ?

J’ouvris des yeux ronds, me penchant pour croiser le regard de mon ami qui se mit à grogner. Le son était presque inaudible, car les voisins de table qui s’étaient déjà retournés vers moi ne réagirent pas.

Cependant le vampire l’entendit, car il se retourna vers mon ami qui montrait ses canines immaculées.

— Dégage d’ici, toi !

La réplique n’était pas originale, mais ne manqua pas son effet. Pivotant sur lui-même, et sans un regard pour moi, le vampire s’éclipsa aussi vite qu’il le pouvait sans éveiller les soupçons.

Je restai un instant, interdite, à observer la double porte du salon, de nouveau fermée. Lorsque je me retournai vers Lydvack, je le trouvai penché en avant, les yeux fixés sur moi, et je l’entendis tout juste :

— Ça va ?

— Oui, oui, bien sûr que ça va. Je suis juste étonnée. C’est à croire que j’attire les vampires. Cinq en tout juste une semaine.

— Cinq ? S’étonna-t-il.

— Cyriel, le vampire que j’ai tué dans les bois il y a plusieurs jours, Marc, cet abruti-là, et vous, énumérai-je sur ma main droite.

Oui le compte y était. Cinq vampires.

Il ricana et me dit :

— C’est votre collier, Selena. Il attire la moindre créature du monde magique. Y résister est impossible. La Pierre des Rosa est légendaire.

Instinctivement je posai la main sur cette dernière.

— Mais rassurez-vous, je n’étais même pas au courant de votre présence sur ce bateau. Et je ne vous tends aucun piège. Je suis en mission et j’ai appris que mon jeune ami se trouvait à bord. Je vous ai rencontrée par la même occasion. Au passage, permettez-moi de vous dire que vous êtes un sacré bout de femme.

Je rougis et lui demandai de s’expliquer.

— Hier soir, vous n’avez pas hésité à vous mettre en danger deux fois de suite. En premier lieu avec un vampire assoiffé et dangereux que vous avez réduit en cendres sans trop de difficultés…

Je le coupai :

— Oh non, ne croyez pas ça.

Je lui montrai un bleu sur le bras et lui dis avec un sourire amical :

— J’ai mes blessures de guerre aussi, mais elles ne se voient pas.

Il pencha la tête sur le côté, un court instant, mais ne dit mot.

Je devais admettre que la compagnie de cette si belle armoire à glace était plaisante. Il était agréable à regarder, de par sa grande beauté, et la conversation avec lui était aisée. Il parlait sans réfléchir, sachant ce qu’il allait dire. Il m’inspirait confiance, et même la Pierre d’Alvina ne m’intimait pas de prendre mes distances.

— Et puis il ne faut pas oublier que vous avez sauvé votre petit ami de deux chasseurs plutôt expérimentés.

— Oui, c’est… Ce n’est pas mon petit ami !

Une nouvelle fois il partit dans un fou rire que je ne tardai pas à imiter. Il nous fallut quelques instants pour nous calmer. Lorsqu’enfin la tranquillité revint, il me proposa en se levant :

— Une balade sur le pont vous intéresserait-elle, Selena ?

— Avec plaisir.

Il me tendit sa main, que j’acceptai. Nous montions vers le pont du bateau. À aucun moment je ne lâchai son bras.

— Il vous plaît, n’est-ce pas ? me demanda-t-il en se détachant de moi.

Il s’appuya sur la rambarde et plongea son regard sur l’horizon.

— Je ne sais pas, lui répondis-je en fermant les yeux.

Bien sûr Cyriel me plaisait, je l’appréciais même beaucoup. Mais même si j’avais mis fin à notre relation, Alejandro restait un fantôme dans mon cœur, et, aussi et surtout, Cyriel était un vampire.

— Je suis une sorcière, Lydvack, lui, un vampire. Quel avenir aurions-nous ?

Cette question n’appelait aucune réponse, cependant, il enchaina tout de même.

— Vous n’êtes pas qu’une sorcière, je le sais, et vous le savez aussi bien que moi, Selena.

Je rouvris les yeux, choquée. En savait-il plus sur moi que ce qu’il avait bien voulu dire jusqu’alors ?

Afin de le découvrir, je plongeai dans ses yeux gris perle et me heurtai à un mur. Ce ne fut pas seulement mon esprit qui subit le choc. Mon corps également. Je me retrouvai là, sur le dos, devant un des Généraux de la Reine, sachant pertinemment qu’il avait percé mon secret.