Selena Rosa - la marche vers l'inconnu [1]
Chapitre 4
Laura seulement Laura. »
4
Idrina
Je n’avais pas bougé. Le soleil avait terminé sa course, la nuit m’envahissait. Le dernier journal de ma mère était encore ouvert à la dernière page. Là où elle avait décidé de mettre fin à la vie qu’elle avait connue. Laura Rosa était alors enceinte de moi et venait de rencontrer mon père, ou plutôt mon beau-père, si j’avais bien tout compris.
Les larmes, elles aussi, avaient continué leur course sur mes joues. Ma vie avait basculé avec ces journaux. J’étais la bâtarde d’un vampire !
La vie que j’avais cru être la mienne jusqu’à ces derniers jours n’était finalement qu’un tissu de mensonges. Apparemment j’étais autant la fille d’une sorcière que la fille d’un vampire.
Je tentai pourtant de mettre les choses dans l’ordre.
Comment Laura Moya, que j’avais toujours connue comme avocate, avait-elle pu être la fille d’une Grande Prêtresse ? D’ailleurs elle avait même possédé des pouvoirs apparemment.
C’était du délire !
Je fixais inlassablement les derniers mots de ma mère : « Laura seulement Laura ». Mais cette dernière s’était littéralement voilé la face ! Elle resterait la mère d’une fille à moitié sorcière, à moitié vampire.
Ma mère étant décédée et mon père – beau-père ! – en « dépression », je devais me tourner vers quelqu’un d’autre pour connaître les réponses à mes questions. Alors je pensais à Idrina, la plus vieille amie en date de ma mère. Elles s’étaient, d’après mes souvenirs, connues toutes petites. Leurs mères étant déjà amies depuis leur enfance également. Immédiatement, je détournai ma pensée de peur d’avoir de nouveau une migraine.
Idrina Katrina Lucinda Stevens habitait à quelques mètres de la villa, depuis son mariage avec Bill Stevens, un jeune américain avec les poches et le compte en banque bien remplis. Et d’après ce que j’avais entendu, la jeune mariée avait confié à ma mère que ledit Bill se trouvait être un homme extrêmement charmant et un amant formidable.
Je redescendis alors au rez-de-chaussée de la villa et y trouvai Alejandro endormi sur le canapé. Voilà qui allait me rendre la chose plus aisée pour m’éclipser en toute discrétion.
J’enfilai rapidement une veste assez chaude, mis un bonnet, mon sac dans une main et un parapluie dans l’autre, puis sortis affronter l’averse qui faisait à présent rage.
Pendant ma petite marche à travers champs je tentai, sans succès, de me replonger dans mes souvenirs. Il était normal de ne pas se rappeler de William le vampire, mais je tentai par tous les moyens de retrouver de petites bribes d’informations qu’auraient pu lâcher mon père ou ma mère. Mais non ! Rien !
J’avais toujours cru être la fille biologique d’Adrian Moya. Je m’étais moi aussi voilé la face. Mais comment me blâmer ? Contrairement à ma mère je ne savais rien de ma vie, de ma véritable vie. Je refoulai la colère qui emplissait mon cœur et continuai de marcher sous une pluie battante.
Cinq minutes plus tard, je me trouvai devant l’immense propriété des Stevens. Une sorte de réplique de la Maison-Blanche avec jardin fleuri. Heureusement que le grillage différait ou les Espagnols auraient fini par crier à l’occupation !
Je sonnai à l’interphone dernier cri et attendis que leur Majordome réponde.
— Maison des Stevens, qui dois-je annoncer ?
Saleté d’américains !
— Euh, c’est Selena Moya, je voudrais voir Idrina, c’est d’une extrême importance.
Après un moment de silence, la grille s’ouvrit. La lumière sur le perron s’alluma, et une femme d’une très grande beauté sortit.
J’avançai tant bien que mal sous la pluie, je vis l’hôtesse crier quelque chose derrière elle, et le temps que je parvienne à elle, Ben, leur majordome courut à ma rencontre avec un parapluie plus large et protecteur que le mien.
Arrivée à la hauteur de l’amie de ma mère, je lui souris. Elle me prit dans ses bras et me dit :
— Je suis ravie que tu sois là, je n’ai pas osé t’embêter après l’enterrement, mais le fait que tu sois venue me fait énormément plaisir, Selena. Entre ! Ne reste pas dehors.
Elle demanda à Ben de nous apporter deux cafés bien chauds. Lorsqu’il m’eut donné une serviette pour me sécher, il s’exécuta, nous laissant seules dans le grand salon.
Je ne pouvais pas la ménager, il me fallait lui poser la question.
— Écoute, ma visite n’est pas désintéressée, je sais que tu as toujours connu maman, et je pense que tu pourras m’aider. Du moins, je l’espère, car je ne sais pas à qui m’adresser sinon.
Je vis une ombre passer sur son visage ; machinalement, elle empoigna le pendentif qu’elle portait au cou. Cependant elle ne dit rien, et attendit que je poursuive.
— J’ai découvert quelque chose aujourd’hui en lisant les journaux intimes de maman. Enfin quelque chose… plusieurs choses, je devrais dire !
En la voyant tiquer, je compris qu’elle savait de quoi je voulais parler… J’attendis qu’elle parle à son tour.
— Selena, chérie, je sais de quoi tu veux me parler. Enfin j’espère sincèrement savoir. Certaines choses me sont douloureuses, alors je tâcherai de te dire ce que je peux.
J’acquiesçai en silence. Le peu qu’elle me dirait répondrait sûrement à certaines questions… Mais rien ne venait, elle gardait les lèvres et les paupières closes.
J’avais beaucoup de respect pour cette femme. Il dégageait d’elle une certaine autorité et une présence extraordinaire. Elle mesurait aux alentours d’un mètre soixante-dix pour soixante kilos, mais son charisme décuplait sa présence. À elle seule, elle emplissait tout un espace. Son sourire était chaud et sincère, agréable et triste à la fois. Ses mains posées sur ses genoux exprimaient la tension délicate et le calme qu’elle avait en elle. Un parfait contrôle de soi ! Sa voix était apaisante. Sa peau brune et ses cheveux couleur sable me faisaient penser à une Déesse méditerranéenne au temps d’Ulysse. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, j’aperçus une larme couler le long de sa joue gauche. Passant une main dans ses cheveux, les ramenant en arrière, elle commença :
— Tu as découvert que ta mère était une sorcière et qu’elle avait eu une aventure avec un certain William, et que toi, Selena Moya, n’étais pas la fille de Dan Moya…
Elle avait résumé le tout et l’avait dit si vite que je la soupçonnais de vouloir en finir au plus vite.
J’opinai d’un signe de tête.
Elle plongea son regard en moi et continua d’une voix déterminée, mais tendue :
— Eh bien, tout ceci est vrai. Tu dois savoir que je suis également une sorcière du clan de tes ancêtres et de ta grand-mère, et donc de celui que ta mère a quitté. Tu sais que Laura et moi étions les meilleures amies, et même la Magie et le Coven n’ont rien pu faire contre ça, c’est pourquoi je suis la seule personne du Coven qu’elle a continué à voir. J’ai été initiée en même temps que ta mère et je peux donc tout te raconter.
Elle me sourit. Son visage exprimait une sorte de soulagement. Comme si toute sa vie elle avait attendu de pouvoir me révéler ce qu’elle s’apprêtait à dire.
— Vois-tu, ta mère, depuis sa plus tendre enfance était une sorcière, comme tu l’as découvert au travers de ses écrits. Ta grand-mère était la Grande Prêtresse, et Laura aurait dû lui succéder à sa mort. Mais voilà, tout ne s’est pas passé comme prévu. En effet, il y a de cela une vingtaine d’années, Laura a rencontré un vampire et l’amour ne fut pas long à s’insinuer dans leurs cœurs. Crois-moi quand je te dis que ta grand-mère est entrée dans une crise folle lorsqu’elle l’a appris. Tu dois savoir que dans notre clan, il y a des règles qui régissent nos vies. Et ta mère en a bafoué un sacré nombre. Mais je ne la blâme pas, à l’époque j’étais de son côté, et je l’ai aidée, couverte jusqu'à ce qu’elle annonce sa relation avec le vampire. Nous sommes même allées jusqu’à réaliser un rite magique pour unir les deux tourtereaux. Mais un jour tout a basculé.
Elle marqua une pause. Me laissait-elle un moment pour assimiler ou rassemblait-elle ses souvenirs ?
— Tu es arrivée. Ne le prends pas mal surtout, mais lorsque ta mère a découvert sa grossesse, cela a bouleversé ses plans et les sorcières du clan qui avaient toujours cru ou espéré que cela ne soit qu’une amourette se sont vues obligées de constater qu’il n’en était rien. Le problème s’est posé quand William, le vampire, ton géniteur, a fui. La ville était ravagée par une vague de meurtres et il a profité de la panique ambiante pour annoncer à ta mère qu’il la quittait. Du coup elle s’est retrouvée seule avec un enfant sur le dos. Tout se serait calmé, mais voilà, elle portait la descendance d’un vampire. Et c’était là tout le problème pour le Coven.
Je la regardai avec des yeux ronds. Mon existence avait été le problème du Coven ! Ne s’apercevant pas de ma réaction, elle continua :
— Nous ne savions pas comment gérer cette grossesse et ta mère a plongé dans la folie durant quelques mois. Elle a quitté le clan brutalement, tournant le dos aux croyances de sa famille et de son peuple. Elle a renié son héritage et bafoué les règles. Je ne lui en veux pas. Après cela, elle est restée mon amie la plus fidèle bien entendu, mais elle a depuis refusé d’utiliser la magie. Enfin le plus souvent possible. La grossesse n’a pas duré neuf mois, Selena, tu es arrivée au bout de dix mois. Ce qui n’était pas tout à fait normal si tu veux mon avis, ajouta-t-elle avec un sourire guilleret.
Je ne pus réprimer un petit rire gêné.
— Alors nous avons voulu te baptiser, continua-t-elle. Nous avons proposé à ta mère de t’élever comme une enfant normale et que tu sois une sorcière du Coven comme toutes les femmes de ta famille avant toi. Mais elle s’y est opposée.
J’observai en silence Idrina qui me racontait ma vie comme personne ne me l’avait racontée jusqu’alors. Je buvais littéralement ses paroles.
Elle m’observait, mais semblait ne pas me voir, comme transportée là où ses souvenirs la menaient, vers des lieux et des temps hors de ma portée.
— Tu es venue au monde, tu as été élevée par un père et une mère aimants. Mais nous avons constamment veillé sur toi, ma douce. Ta grand-mère est morte sans avoir jamais revu ta mère. Cela a détruit sa vie, ta grand-mère est morte d’une maladie du cœur, il y a de nombreuses années déjà, peu de temps après le départ de Laura d’ailleurs. Si tu veux mon avis, la perte de sa fille et de sa petite fille a eu raison d’elle. Ingrid n’a plus été la même depuis ce jour. Avant de mourir, elle m’a passé le flambeau en espérant que bientôt une Rosa viendrait reprendre le trône de la Grande Prêtresse du Coven d’Oviedo. Mais ta mère a toujours décliné mes offres.
Encore une pause. De très mauvais augure.
— De la part de ta grand-mère je dois te donner le seul cadeau qui soit en ma possession. Elle ne t’a vue qu’une seule fois. Une unique fois. Elle t’a laissé une lettre, elle ne savait pas si tu serais assez mature pour comprendre le jour où tu apprendrais la vérité, alors elle a tenu à te dire quelques mots. Et avec, elle t’offre le collier de la Grande Prêtresse. Quant à moi, Selena, je te rends avec honneur ta place au sein du Coven.
Je commençai à paniquer , là !
— Oh non ! Idrina, je ne veux pas votre pouvoir ni votre place. Grand-mère vous l’a laissé. Je connais ma grand-mère parce que ma mère m’a toujours parlé d’elle, voilà tout. Je veux connaître ce côté de moi-même, celui qui fait que je suis une sorcière, mais je ne veux pas ravir ou même récupérer un trône que je ne désire pas. Gardez-le, s’il vous plaît.
Elle me sourit. Je comprenais désormais d’où venait ce respect que j’avais pour elle et cette présence qu’elle dégageait. Elle méritait amplement d’être et d’avoir la place qu’elle possédait.
— Merci, Selena. Je te donnerai simplement les présents de ta grand-mère alors. Mais avant tout tu dois savoir ce qu’il est advenu de ton père. Pas Adrian, je veux parler de ton vrai père. Le vampire. En tant que Grande Prêtresse du Coven, je ne devrais pas dire de telles choses, mais les vampires ne sont pas les bêtes affreuses que l’on voit à la télé. Au contraire, ce sont des êtres d’une intelligence extraordinaire, d’une beauté époustouflante et d’une subtilité délicate. Bien sûr ce sont des êtres dangereux pour le commun des mortels, mais quel monstre du monde n’est pas dangereux pour un autre ? J’ai, au cours de mes missions, rencontré des créatures bien pires, mais les vampires, une fois leur faim apaisée, peuvent apporter bien des surprises. J’ai apprécié William. Oh ! Avant qu’il ne vous abandonne bien sûr. Mais il était bon, et sache que tu as hérité de la beauté de ton père.
Je commençai à vaciller sur mon fauteuil. Elle faisait un éloge des vampires suivi par une comparaison entre mon géniteur vampirique et moi. Je l’interrogeai du regard. Elle me sourit avec tendresse et précisa :
— Ne remarques-tu pas que ta peau est trop blanche pour une Espagnole ? Et ne me dis pas que cela vient d’Adrian, même Adrian bronze. Et même plutôt bien. On le prendrait pour un vrai de chez nous maintenant.
Elle ponctua sa petite remarque d’un rire franc et harmonieux avant de poursuivre :
— Non, non ! Et ne remarques-tu pas non plus que tes lèvres charnues sont d’un rose prononcé, que tes yeux gris perle ont toujours hypnotisé les jeunes hommes ? Malgré cela tu es restée humaine, comme ta mère. Tu as hérité de la beauté du père et de la vie de la mère. William t’a transmis son charme, et ta mère, ses pouvoirs.
Elle resta silencieuse quelques instants.
— Tu ne connais pas encore ses membres, mais le Coven t’a toujours gardée à l’œil, et de pouvoirs tu en es pourvue. Il y a une vieille prophétie sur ta naissance. Malheureusement, ta grand-mère ne l’a jamais révélée à quiconque. Nous avons donc veillé sur toi de loin. Mais nous t’aimons comme une fille, une sœur, une nièce. Sois sûre, Selena, qu’à tout moment tu es certaine d’avoir tout un clan de puissantes sorcières derrière toi. Je peux t’apprendre quelques notions de magie si tu le souhaites, mais pas tout. Notre règle est que les pouvoirs font partie intégrante de la sorcière ou du sorcier. C’est à lui d’apprendre à vivre son pouvoir. Car c’est ainsi que nous vivons. Il est notre pain, notre eau, notre sang, notre soleil, notre vie. Apprends-le et tu vivras enfin telle que tu es. Je ne peux pas te dire que ta mère aurait souhaité cela, nous n’avons jamais parlé de ce qu’il adviendrait si jamais… Mais je peux te dire qu’il vaut mieux vivre tel que l’on est plutôt que de se brider pour l’Éternité.
Elle fit une pause, attendant sûrement une réponse de ma part… qui ne vint pas.
— Ce que tu dois savoir, c’est que dans ta famille vous êtes de puissantes, et même de très puissantes, sorcières. Vous possédez des pouvoirs qui s’accroissent et deviennent de plus en plus forts de génération en génération. Ingrid, ta grand-mère, était une femme formidable, et la sorcière en elle était extrêmement puissante.
Je pris quelques secondes pour imaginer ma grand-mère que j’avais seulement vue en photo en train de combattre les démons à la façon des sœurs Halliwell et je ne pus réprimer un sourire.
Idrina l’interpréta sûrement d’une façon encourageante puisqu’elle continua :
— Dans chaque lignée il y a un don prédominant. C’est un peu comme si tu prenais une famille de musiciens accomplis ; chacun est un génie dans son domaine, même si chacun sait faire la cuisine, le repassage, la vaisselle, le don se concentre sur la musique. Chez les Rosa, le don que vous possédez est puissant. Je ne t’en parlerai pas. Nous avons une tradition : laisser l’apprenti faire connaissance lui-même avec son pouvoir. Cependant votre don est dangereux et très utile. Mais il s’apprend. Dans ma famille, nous avons ce qu’on appelle un pouvoir de verbiologie ou d’ithologie. C’est un pouvoir qui réside dans l’utilisation des mots. Tout mon pouvoir passe par les mots. Mes mains et mes yeux sont inutiles. Seule ma bouche compte. Dans notre jargon, on dit que l’on ensorcelle.
Je ne savais pas trop comment réagir face à tout ceci. Comment ma lignée pouvait-elle posséder un don puissant sans que, toutes ces années, je n’aie eu connaissance d’une seule petite manifestation ?
— Idrina ? Demandai-je. Pourquoi n’ai-je jamais rien vu ? Pourquoi n’ai-je jamais eu d’expérience de vitre qui disparaît comme Harry Potter ou toute autre manifestation magique, durant ces vingt dernières années ?
Elle m’observa une seconde sans dire mot.
— Ta mère a bridé tes pouvoirs. Elle ne te les a pas retirés, ajouta-t-elle comme si elle avait lu dans mon esprit. Elle a juste fait en sorte que jusqu'à ce qu’elle lève le sort, tes pouvoirs restent en quelque sorte en « sommeil ». Et sa mort a mis fin au sortilège. D’après moi, très bientôt tu vivras les premières manifestations du pouvoir des Rosa.
— Mais ces sortes d’impressions, ces intuitions, viennent-elles de la Magie ou juste d’un sens aiguisé ?
— En fait, je pense que cela vient de ta propre Magie. Comme si, malgré le sort qui la confinait à l’intérieur de toi, elle tentait par tous les moyens de s’extirper. Tu me suis ?
— Je comprends, mais tout ceci reste encore trop abstrait pour moi.
Soudainement, Idrina se leva. Je la regardai disparaître de la pièce sans un mot. Encore une fois, je ne pouvais que constater sa grâce naturelle, et désormais informée de la place qu’elle occupait dans le clan de sorcières de ma famille, je ne pouvais qu’approuver le choix de ma grand-mère de l’avoir nommée à sa suite, étant donné que sa propre fille l’avait reniée, oubliée…
La Grande Prêtresse revint quelques minutes plus tard avec une boîte ornée de pierres d’un rouge flamboyant. Lorsqu’elle la posa, je me perdis dans la contemplation du feu qui faisait rage au sein des rubis délicatement incrustés dans les parois du coffret. Le feu entrait en moi, pénétrant toutes les parties de mon corps, chaque cellule incendiée appelait à l’aide. Une aide inconnue et inutile.
Le feu apaisait mes sens, mon corps se changeait petit à petit en un océan paisible.
Relevant la tête vers l’amie de ma mère, je constatai qu’elle m’observait, un sourire aux lèvres.
— Tu n’es pas une Rosa pour rien, ma douce enfant, se contenta-t-elle de dire avec un sourire chaleureux.
— Pourquoi ça ?
— Cette boîte appartenait à Melinda Rosa, la première sorcière de ta lignée, elle a
enfermé en chaque rubis l’essence même de son pouvoir. Seule une Rosa, de sang et non d’alliance, peut sentir le feu de son pouvoir. Tu viens tout juste, sans même t’en rendre compte, d’obtenir la bénédiction de ton ancêtre la plus respectée.