50 pratiques manageriales innovantes - L'innovation manageriale en action
31 Ateliers de codéveloppement – Fondation Action Enfance
31
ATELIERS DE CODÉVELOPPEMENT –
Fondation Action Enfance
Quand les dirigeants s’entraident
au-delà de leurs fonctions
hiérarchiques
France – 800 salariés
Accueil, protection et éducation
d’enfants en danger au sein de villages
d’enfants et de foyers
LA PRATIQUE
Sa genèse
Quelques mois après sa prise de fonction, François Vacherat, directeur général de la Fondation Action Enfance, a souhaité renforcer la collaboration à tous les niveaux par la définition d’une identité commune et partagée.
Après avoir sollicité les 800 collaborateurs, cinq valeurs ont été plébiscitées : la confiance, le dialogue, la cohésion, l’ouverture et l’engagement. Le déploiement de ces nouvelles valeurs collaboratives a été confié aux managers dans le but d’identifier le niveau d’adhésion par les équipes et d’explorer avec elles des actions qui permettraient de faciliter leur appropriation.
Concomitamment à ce projet, les directeurs(trices) du siège et des établissements (villages d’enfants et foyers) se sont interrogés sur ce qu’ils pouvaient mettre en œuvre, à leur niveau, pour s’approprier ces valeurs, et plus particulièrement pour partager autrement sur l’exercice de leur métier de directeur.
L’envie de trouver une méthode qui leur permettrait de mettre en commun leurs difficultés et de s’entraider dans la recherche de solutions les a amenés à adopter la démarche de codéveloppement.
Présentation
Tous les cadres dirigeants, à une exception près, ont exprimé le souhait de constituer des groupes qui soient composés des directeurs(trices) du siège et des établissements, de manière à renforcer le lien. Afin d’éviter toute controverse sur le choix des participants, les cinq participants de chaque groupe de codéveloppement ont été sélectionnés par tirage au sort (un(e) directeur(trice) du Siège et quatre directeurs(trices) d’établissements) pour une durée de cinq séances. Le directeur général, comme représentant hiérarchique de l’ensemble, a estimé préférable de ne pas prendre part à l’action tout en soutenant sa mise en place.
Les ateliers de codéveloppement, qui ont lieu tous les mois et durent environ 3 heures, se déroulent à l’issue des réunions institutionnelles des comités de direction. Animés par un intervenant extérieur expérimenté, ils se déroulent en huit étapes :
1. L’animateur débute la séance par un tour de table individuel
pendant lequel chaque participant évoque une problématique,
une préoccupation ou un projet qu’il aurait envie d’évoquer,
sachant que chaque participant est totalement libre sur le choix
de son sujet.
2. Les participants se mettent d’accord pour choisir la personne
qui sera le « client », souvent en fonction du caractère urgent et
important du sujet évoqué. Les autres participants prennent le
rôle de « consultant ». Les sujets qui n’ont pas été sélectionnés
peuvent être reportés à la séance suivante, s’ils sont toujours
d’actualité et selon le souhait du participant.
3. Le « client » expose de manière plus détaillée la situation
pendant que les « consultants » écoutent.
4. Les « consultants » formulent des questions de clarification
ou de précision d’information et le « client » y répond.
5. Le « client » explicite son besoin et précise le « contrat de
consultation » sur lequel tous les participants s’entendent.
6. Les « consultants » partagent leurs impressions,
commentaires, évoquent leurs idées ou leurs suggestions. Le
« client » écoute, sans discuter. Il peut demander des précisions
ou prendre des notes.
7. Le « client » assimile les feed-back des « consultants », il
informe de ce qu’il retient et évoque une action qu’il souhaite
mettre en œuvre.
8. Le « client » et les « consultants » font un bilan de la séance :
ils partagent leurs impressions puis décrivent ce qu’ils ont vécu
et appris.
SON APPROPRIATION
Se livrer et confier ses doutes, ses appréhensions, ses problèmes peut être compliqué pour certains dirigeants qui considèrent que cela fait partie intégrante de la fonction et qu’il est malvenu de s’épancher sur ses difficultés. C’est la raison pour laquelle les ateliers de codéveloppement ne peuvent pas être imposés, sans quoi les échanges risquent de ne pas être naturels ou authentiques.
Compte tenu du niveau de confiance et de lâcher-prise que sous-tend cette pratique, il est indispensable de laisser chacun se l’approprier à son rythme.
Parce que les dirigeants ont généralement un emploi du temps très riche, il a semblé opportun que ce temps dédié au partage entre pairs ne soit pas vécu comme du temps supplémentaire, pour éviter les désistements. C’est pourquoi les membres du comité de direction ont décidé de réduire leur réunion mensuelle préalablement d’une journée à une demi-journée pour consacrer l’autre demi-journée aux séances de codéveloppement.
Conserver les mêmes participants pendant cinq séances permet de s’accorder un temps suffisant pour améliorer la connaissance mutuelle et renforcer les liens. À l’issue de ces séances, les groupes sont reconstitués de manière à ce que progressivement ces pairs puissent apprendre à se connaître autrement que par l’exercice de leurs missions.
LES BÉNÉFICES
Les échanges entre dirigeants du siège et des établissements permettent aux participants de mieux comprendre les réalités de chacun, de lever les clivages souvent fréquents entre le siège et le réseau et de se découvrir sous un autre jour pour sortir des stéréotypes liés aux fonctions occupées.
Initiés par la fondation, ces temps d’échange ont été perçus par beaucoup de participants comme une invitation à pouvoir s’exprimer en toute confidentialité sur toute sorte de sujet de manière à pouvoir bénéficier du soutien affectif de leurs pairs, de leurs expériences et cela conformément aux trois des cinq valeurs collaboratives que sont la « confiance » (être authentique), le « dialogue » (s’exprimer librement) et la cohésion (s’enrichir de la diversité).
Accepter de se livrer et d’évoquer des difficultés, permet de mettre son ego de côté, de diminuer le stress et la pression que s’infligent beaucoup de dirigeants convaincus qu’ils doivent être exemplaires et infaillibles alors que ce sont avant tout des hommes et des femmes avec leurs forces mais aussi leurs faiblesses. Ces séances permettent d’instaurer un nouveau rapport entre des directeur(trices) du siège et les directeurs(trices) des villages d’enfants et foyers, plus authentique, bienveillant, solidaire et convivial.
VOUS APPRÉCIEREZ AUSSI
Le « référent » – Proginov
Le 360° des compétences comportementales – La Française
des Jeux
OceanofPDF.com