J’arrête le burn out en cuisine !

Marie Duboin · Chapitre 20 sur 27

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J’arrête le burn out en cuisine !

Jour 15 – Rendre son environnement agréable et fonctionnel

JOUR 15

Rendre son environnement agréable

et fonctionnel

 

Charlotte vit dans un environnement encombré. Et sa cuisine n’échappe pas à la règle !

Plein de vaisselle, trois fouets, dix spatules en bois de toutes formes, des dizaines de poêles et de casseroles, il y en a partout, dans tous les placards, et du coup, le plan de travail est lui aussi jonché d’objets : le robot pâtissier pour quand elle fait de la pâtisserie : il est trop lourd de toute manière, on ne peut pas le bouger ! La machine à café, la machine à dosettes aussi qu’on lui a offerte et qui est bien pratique lorsque des invités se pointent à l’improviste. Etc.

Et la table, n’en parlons pas ! Un véritable aimant à bordel : des papiers en tas, des stylos, les dessins du choupinou…

Mais du coup, quand vient l’heure de cuisiner, soit Charlotte cuisine sur un coin de plan de travail, ce qui n’est ni pratique, ni agréable, car en plus il faut faire gaffe à ne pas salir les papiers et les dessins, soit elle doit débarrasser un coin de table, ce qui lui fait perdre du temps (d’autant plus qu’elle ne sait pas vraiment où ranger le bordel de la table, et tous les papiers sont à trier !).

Elle a beaucoup d’objets, mais elle ne les a pas tous achetés, et elle les garde « au cas où ». Au cas où il y aurait de la casse, comme ça, elle n’aura pas besoin d’en racheter. Elle casse de temps en temps un verre ou une assiette, mais globalement, il y a plus de choses qui rentrent que de choses qui sortent.

Du coup, la session cuisine du soir, c’est l’enfer. Slalomer, chercher un truc qu’elle a rangé où elle pouvait mais surtout, dans un endroit qu’elle a oublié.

Eh oui ! On va t’entraîner en cuisine pour cette troisième partie, mais pas tout de suite pour y faire à manger ! Car pour que la cuisine soit aussi fluide et douce que de la crème fleurette, il faut d’abord que l’environnement le permette, alors la première étape, c’est de t’aider à gagner en efficacité !

 

Désencombrer

Notre premier objectif pour toi : DÉSENCOMBRER ton espace de travail et tes placards.

AAAAAAAAAAAAAaaaaah ! On en a beaucoup, BEAUCOUP parlé dans notre deuxième livre, L’abus de consommation responsable rend heureux : l’accumulation, le S de Semblable ! On y a décortiqué pour toi tous les mécanismes qui nous poussent à conserver de multiples choses, et les biais psychologiques à déjouer pour nous en séparer. Je t’invite donc à y jeter un œil si tu souhaites creuser la question, mais là, on va rester focus sur ce qui nous intéresse : la cuisine.

Parole de scout, pour avoir vécu les deux situations, une cuisine encombrée et une cuisine aérée, y a pas photo. On cuisine plus vite, plus simplement, plus efficacement et avec plus de plaisir dans une cuisine dégagée. Eh oui, comme au taf, l’environnement de travail a un impact sur ton état intérieur, qui a lui-même un impact sur ta productivité.

Dans ce chapitre je vais rester très pratico-pratique (celui qui dit « une fois n’est pas coutume » sort !), aussi, on va passer directement aux outils pour retrouver une cuisine plus vivable, ce qui contribuera peut-être un peu pour toi à retrouver un certain plaisir de cuisiner.

Comment désencombrer ?

Donc voilà ! La première chose pour récupérer un environnement propre et aéré, c’est de désencombrer.

Plusieurs options s’offrent à toi.

Tu peux trier par catégorie d’objets en te fixant un maximum : si tu

te dis que tu n’as besoin que de quinze assiettes et vingt verres,

alors tout le reste doit partir.

Tu peux trier par volume : si tu te dis que tu assignes un étage de

ton placard à tes mugs, tu ne pourras garder que le nombre de

mugs qui entrent dans ce volume.

Tu peux te la jouer à la méthode KonMari, et te demander, pour

chaque objet, s’il te met en joie : cette méthode ne me parlait pas

du tout au début, j’avais d’ailleurs ironisé dans le premier bouquin

je crois sur le fait de demander à mon balai à chiottes s’il me

mettait en joie. Maintenant que ma phase de désencombrement

est en vitesse de croisière, j’avoue que je ressens de plus en plus

cette méthode, et que j’ai tendance à garder, si j’ai un choix à faire

entre deux objets de même fonction, celui qui me plaît le plus. Pas

celui offert par truc ou bidule que je me sens obligée de garder,

non : celui qui me fait me sentir bien quand je le regarde. Et

effectivement, vivre dans un environnement où chaque objet que

tu regardes est un objet que tu aimes, ça change tout.

Bref, plein de méthodes existent, mais tu verras que, mécaniquement, ça va libérer de la place dans tes placards, et donc tu vas pouvoir ranger ce qui traîne sur le plan de travail. Ça va te simplifier le rangement, mais aussi le ménage, car il est plus facile et rapide de nettoyer un plan de travail dégagé. Bref, le désencombrement, c’est la vie.

 

Organiser de manière logique

La deuxième étape, c’est d’organiser ta cuisine de manière logique. Bien sûr, il s’agit de TA logique à toi, pas de la mienne ou de celle de ton voisin. Pas non plus celle de ton conjoint s’il ne met les pieds qu’occasionnellement dans les placards : si c’est toi qui t’en sers le plus souvent, c’est ta logique qui doit primer. C’est celui qui fait qui a raison. L’objectif, c’est de te permettre de trouver les ustensiles et les plats plus vite et plus facilement.

Bien sûr, ça serait encore mieux que ce soit les deux qui fassent et donc qui aient raison, et l’organisation logique des objets peut être discutée et faite par et avec tous les êtres humains du foyer qui cuisinent.

Personnellement, j’ai choisi de ne garder dans la cuisine que ce dont je me sers quotidiennement ou chaque semaine. Ce qui me sert moins souvent est au cellier, et ce qui me sert genre deux fois par an est au garage.

L’organisation de l’intérieur des placards peut avoir son importance aussi. On va éviter les tours de Pise brinquebalantes avec pour base le saladier dont on se sert tous les jours et qui nous oblige à sortir toute la pile qui pèse trois tonnes en serrant les fesses pour ne rien casser. Si tes placards sont assez profonds, pense bien à placer devant les objets que tu utilises le plus, et derrière ceux que tu utilises le moins.

J’ai également essayé de placer les couverts et les couteaux sous l’endroit où je découpe habituellement les légumes. De laisser les spatules pas trop loin de la gazinière, tout comme les condiments. De ranger les plats à four à proximité du four. De ranger le robot de cuisine dans le placard sous l’endroit où je m’en sers. Des choses comme ça, qui te permettent de gagner en efficacité.

Autre avantage, une organisation logique coupe l’herbe sous le pied au Jean-Chachou qui prétend ne pas savoir où se trouve l’épluche-légumes. Hum. Bref.

 

Nettoyer et ranger au fur et à mesure

Alors, une fois que tu as réussi à obtenir un endroit aéré et fonctionnel, il faut le conserver comme tel, dans le temps bien sûr, mais aussi au moment où tu cuisines. Et du coup, ce point, il me fait penser à FlyLady. FlyLady, c’est une méthode d’organisation, de rangement et de nettoyage de l’ensemble de la maison, destinée à conserver un niveau de rangement et de propreté tout à fait acceptable sans devenir non plus l’esclave de sa maison.

Je ne vais pas te refaire le pitch, je l’avais fait dans J’arrête de

surconsommer1 ! et tu pourras trouver plein de renseignements sur Internet, mais voici une des choses que j’ai apprises à mettre en place durablement avec FlyLady : ranger et nettoyer immédiatement après avoir dérangé, c’est-à-dire au fur et à mesure, te permettra de gagner ensuite un temps monstrueux. Ça paraît tout bête comme ça, « genre mais elle n’a pas inventé le fil à couper le beurre non plus » ! N’empêche que : on a beau le savoir, on a quand même tous tendance à laisser tout traîner quand on cuisine et à ranger et nettoyer à la fin de la session. Voire pire : tout benner dans l’évier et repousser le vrai rangement à plus tard. Genre, après le repas, quand t’as plus du tout envie de t’en occuper, qu’il y a la table à débarrasser, les dents des enfants, les pyjamas, et que tu as juste envie de poser ENFIN tes fesses.

C’EST UNE ERREUR FATALE et ma vie a changé (rien que ça, hum) depuis que je ne le fais plus.

Tu n’as plus besoin de la farine ? Range-la et profites-en pour passer un coup d’éponge sur le plan de travail ! Tu n’as plus besoin du saladier ? Mets-le directement au lave-vaisselle ! Ça te prend moins de trois secondes sur le coup, ça n’augmente pas le temps que tu mets à cuisiner, mais, une fois que le repas est en train de cuire, MAGIIIIIE ta cuisine est déjà propre et tu peux faire autre chose de ton temps !

 

Petit exercice du jour

Dégaine ton agenda et planifie dès maintenant un moment où vous allez réorganiser la cuisine. Une petite demi-heure devrait largement suffire, pour ensuite des mois voire des années de : « Aaaaaaaaaaaaah, mais pourquoi on n’a pas fait ça avant ? »

 

1. Éditions Eyrolles, 2017.

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