J’arrête le burn out en cuisine !
Jour 18 – Comment préparer les courses efficacement ?
JOUR 18
Comment préparer les courses
efficacement ?
Cette question a l’air con.
Elle ne l’est pas du tout. #toimêmetusais
Dimanche : « Ça serait bien que je trouve un truc à faire avec ce fond de pois cassés qui traîne depuis des mois. »
Lundi : « Allez, ce soir c’est lasagnes ! » ; « Ah, il va falloir tirer au sort qui ne mange pas, y en a pas assez pour quatre ».
Mercredi : jour de courses.
Après-midi : « Tiens, si je faisais des boulettes avec les pois cassés ? »
Soir : « Rhaaaaa mais j’ai oublié les oignooooooooooons ! »
Jeudi : « Bon, qu’est-ce qu’on mange ce soir ? »
« Non mais j’ai fait les courses hier, ce n’est pas possible que cette question revienne aussi vite ! »
Vendredi : « Mais pourquoi diantre rejeton numéro 1 dit-il “à demain” à ses copains ? »
« Oh woooooooooow, son goûter d’anniv demain aprèm ! J’ai ce qu’il faut au moins ? »
Samedi : constat de l’heure de décès des courgettes qui traînent dans le bac du frigo depuis trois semaines : 13 h 47.
Comme on l’a vu au jour 4, la tâche « cuisine » n’est pas une tâche comme les autres et la cuisine, ce n’est pas juste le moment où on découpe ses légumes, il y a tout un processus qui fait que les légumes arrivent jusqu’au plan de travail ! La cuisine, c’est donc aussi les courses. Et si possible en une fois, courtes et efficaces.
Allez, on souffle un bon coup !
On n’est pas tous égaux face à l’organisation. Aussi quand on me dit « La charge mentale, c’est facile, il suffit de s’organiser ! », parfois j’ai envie de répondre que rien que le fait de devoir s’organiser est déjà en soi une charge mentale, surtout quand celle-ci n’est pas répartie et incombe à une seule et unique personne du foyer (au hasard : la femme/mère).
Ceci dit, on ne va pas pouvoir couper à un minimum d’organisation. Parce que, même si tu n’aimes pas ça, je parie que tu aimes encore moins ne jamais avoir ce qu’il faut pour préparer un plat pour le bon nombre de personnes, ou courir au magasin tous les deux jours.
On va donc te proposer une base d’organisation simple qui pourra toujours te servir, que tu vives seule, en couple, en famille, en coloc, et que la charge mentale soit partagée ou non.
Les trois étapes pour des courses courtes et efficaces
Cette organisation consiste en trois étapes, qui doivent impérativement être prises dans l’ordre pour que ce soit le plus simple et le plus fluide possible.
1. L’état des lieux du frigo puis des placards : c’est variable
selon les personnes, certains essayent quand même de ne pas gâcher les produits frais, mais se retrouvent quand même avec une quinzaine de céréales et légumineuses entamées à la maison, tout en en rachetant deux nouvelles pendant les courses.
2. L’élaboration du menu : étape importante, car souvent la case
« menus » est zappée et « on fait avec ce qu’on a ». Grave erreur ! On va y revenir.
3. L’élaboration de la liste de courses : pour la plupart des gens,
faire une liste de courses est plutôt acquis, mais ils vont noter
uniquement les réassorts d’un produit terminé et quelques idées fulgurantes quand elles arrivent. Encore une grave erreur ! Mais t’inquiète, on va arranger ça.
Détaillons un peu tout ça !
L’état des lieux du frigo et des placards
Pourquoi faire un état des lieux ?
Il y a plusieurs très bonnes raisons à ça :
lutter contre le gaspillage alimentaire : c’est bien sûr plus flagrant
quand on parle du frais (légumes, produits laitiers…) mais c’est
également valable (quoiqu’à moins grande échelle) avec le sec
(conserves, packs…). Ce qui est proche de la péremption part
directement dans la rédaction du menu de la semaine qui arrive ;
faire des économies : jeter des légumes pour en racheter d’autres,
acheter quelque chose qu’on avait déjà en triple dans ses
placards… Je ne te fais pas de dessin ;
faciliter l’élaboration du menu : entre la multitude de recettes
possibles qui donne le vertige, et la panne d’inspiration… si on
sait qu’on doit caser les fameuses courgettes, ça réduit le champ
des possibles ;
faire de la place : on l’a vu au jour 15, une cuisine encombrée, des
placards saturés où tout se casse la figure quand on ouvre, les
bocaux en équilibre, les choses rangées dans des endroits
difficilement accessibles parce que les endroits accessibles sont
pleins… eh bien c’est pénible et ça donne encore moins envie de
cuisiner ! Alors la variété alimentaire : oui ! Mais les vingt
mélanges de graines + les différentes céréales une par une + les
huit sortes de pâtes différentes : non !
La question du congélateur
Doit-on faire également à chaque fois l’état des lieux du congélateur ? Tout dépend de l’organisation qu’on en a. Pour ma part, j’ai un mini-congélateur qui me sert uniquement à mettre le pain de la semaine, un ou deux restes quand j’ai trop fait et quelques glaces l’été. Mon congélateur est donc en turnover permanent.
D’autres personnes utilisent leurs congélateurs pour stocker de plus grandes quantités : de la viande en gros, des légumes prédécoupés, etc. Pour moi, le congélateur plein, c’est un peu comme quand on regarde son dressing qui déborde et qu’on se dit qu’on n’a rien à se mettre.
Le risque du congélateur, c’est d’oublier son contenu en se disant « Ça va, ça ne se périme pas ! » alors qu’il est plein d’aliments qui peuvent être intégrés aux menus ! Ou encore, de racheter du frais parce que « le frais, c’est quand même meilleur, le congèle c’est pour le au cas où », et comme le au cas où n’arrive finalement que rarement, on se retrouve avec plein d’aliments qu’on finit par oublier et qui finissent par dépérir faute d’intérêt de notre part.
Et puis une panne étant vite arrivée, dans la plupart des situations, il est parfaitement inutile d’avoir un congélateur plein à craquer.
En résumé : oui, ça peut être bien d’y jeter un coup d’œil rapide à chaque état des lieux, quitte à décider de ne pas intégrer les aliments au menu pour la semaine qui arrive.
Tableau – Durée de conservation des aliments au congélateur (−18 °C 1)
Durée de
Catégories Aliments conservation
moyenne
Pains, pâtisseries Pains 1 mois
Fond de tarte, pâte à gâteau, viennoiserie 2 mois
Plats cuisinés Plats cuisinés, restes cuisinés, sauces, 3 à 4 mois
soupes
Poissons Poissons gras 3 mois
Poisson maigre 6 mois
Viandes Viande hachée, viande fumée charcuterie, 1 à 2 mois
saucisses fraîches
Viande cuite (sans sauce) 2 à 3 mois
Abats 3 à 4 mois
Plats cuisinés, pâte de viande 3 mois
Viande cuite avec sauce 4 mois
Volaille cuite sans sauce 4 mois
Porc (côtelettes, rôti) 4 à 6 mois
Volaille (en morceaux), volaille cuite avec 6 mois sauce
Agneau (côtelette, rôti) 6 à 9 mois
Bœuf (bifteck, rôti) 6 à 12 mois
Volaille entière 12 mois
Bacon, jambon cuit 12 mois
Fruits Fruits (lavés, séchés, blanchis) 12 mois
Légumes Légumes (lavés, séchés, blanchis) 12 mois
L’élaboration du menu
Le chapitre suivant lui sera entièrement consacré, alors je vais juste aborder la question brièvement !
Pourquoi élaborer un menu ?
Pour s’éviter la question fatidique « Qu’est-ce qu’on mange ce
soir ? »
Pour être sûr de passer en premier les aliments repérés lors de
l’état des lieux qui doivent être consommés.
Pour faire une liste efficace.
La règle d’or : SIMPLICITÉ ! Faire en fonction du planning de la semaine, y compris prendre en compte les jours de flemme, y compris prendre en compte les jours où Monsieur cuisine ou l’ado cuisine.
L’élaboration de la liste de courses
Résumons.
À ce stade, tu as une bonne vision des aliments à passer en
premier et de tous ceux qui dorment tranquillement dans les
placards.
Ces aliments frais et secs ont constitué la base de ton menu de la
semaine.
La liste des courses sert simplement à noter ce qui te manque.
Le piège de la liste de courses, c’est que si elle n’est pas assez précise, elle sera totalement inefficace pour baisser ta charge mentale globale. Il ne s’agit pas de noter simplement « chocolat » si on veut faire un gâteau au chocolat, tu vois ce que je veux dire ? Il faut vérifier qu’on a bien également ce qu’il faut en farine, œufs, sucre, qu’on n’a pas besoin de chocolat pour autre chose dans la semaine, etc. !
Aussi, une fois que le menu est fait, il faut s’attarder sur chaque ingrédient de chaque recette.
Pour reprendre l’exemple des boulettes de pois cassés : O.K., on a des pois cassés, c’est déjà pas mal !
Mais est-ce que tu as : de la farine, des oignons, de l’huile, des épices ? Et puis, tu fais quoi en accompagnement ? Tu cuisines pour combien de personnes ? Pour combien de repas ?
Ça peut paraître contraignant, mais en réalité tout dépend du nombre et de la complexité des recettes qu’on choisit de mettre dans son menu, beaucoup ne nécessitent pas 50 ingrédients ! Et puis, comme on disait au début : vaut-il mieux passer trois minutes à faire l’état des lieux et sept minutes à faire sa liste de courses, ou bien se demander dix fois par jour ce qu’on va manger, se rendre compte qu’il manque toujours quelque chose, et refaire des courses entre deux ?
Comment commencer ?
Arrête de procrastiner ! Pose ce livre et ouvre tes placards !
Plus sérieusement, pour pratiquer cette méthode depuis des années, je peux dire qu’elle est vraiment très efficace, et une fois qu’on la maîtrise, elle ne mange presque pas de bande passante. Mais si tu as déjà écumé plein de méthodes d’organisation qui n’ont jamais tenu sur la durée, je te conseille d’y aller progressivement. Les habitudes s’ancrent plus profondément quand on les met en place une par une. On change une habitude, on la pratique pendant vingt jours, et ensuite on en ajoute une seconde, rebelote, etc.
Voici également quelques conseils additionnels pour préparer le terrain en douceur.
Tu peux commencer par apprivoiser le contenu de tes placards,
pour apprendre à ne plus avoir peur de cuisiner les aliments qui
sont stockés là « au cas où » !
Tu peux également commencer à prévoir ce que tu vas manger :
pour préparer cette étape, je te conseille de noter dès à présent
ce que tu manges chaque jour. Pas question pour le moment de
te demander ce que tu vas manger dans une semaine : juste, tu
fonctionnes normalement, mais tu notes ce que tu prépares. Tu
vas voir que certains plats reviennent ou se déclinent, ça te
servira de base ensuite pour élaborer tes menus ! Et attention :
déculpabilise ! Pas de honte si tu trouves que ce n’est pas assez
varié, l’objectif est d’améliorer ton organisation et de baisser ta
charge mentale, pas d’augmenter la pression de la perfection ! Si
tu dois améliorer la diversité de ce que tu manges, cela viendra
dans un second temps, et toujours petit à petit, quand ton
organisation tournera comme une horloge. Promis ? Je te fais
confiance !
Tu peux également laisser un papier et un crayon sur ton plan de
travail, qui te serviront à la fois à noter ce qui manque et doit être
renouvelé aux prochaines courses (genre, tu te dis « j’ai plus que
trois rouleaux de PQ, va falloir en racheter », hop, tu le notes, ça
te libérera de la bande passante !), mais aussi les envies de plats
que tu pourrais avoir et que tu ne peux pas réaliser parce qu’il
manque des ingrédients. Tu es prise d’une envie de raclette ?
Note-le sur ta liste ! Quand viendra le moment de partir faire les
courses la prochaine fois, avec ce petit papier, tu sauras qu’il faut
acheter le fromage, la charcuterie (VG), le pinard et les pommes
de terre, sauf que ça se fera naturellement, sans effort ! Plus de
« j’avais dit que j’avais envie de manger un truc, mais je sais plus
quoi » au moment de te demander ce que tu vas acheter, garée
devant le supermarché !
Ultra-résumé
Le menu permet d’arrêter de se demander (et qu’on nous
demande) tous les jours ce qu’on mange, de gérer correctement
les stocks et d’établir une liste efficace.
C’est le pilier de l’organisation. Sans lui, on risque le gaspillage et
les dépenses inutiles, et notre liste de courses risque d’être
incomplète.
L’ordre de la démarche est ultra-important : le stock à disposition
permet d’établir la base du menu, qui lui-même sert à établir une
liste de courses efficace.
1. Source : « Congélateur : la date limite de conservation des produits » – Observatoire des
aliments (observatoire-des-aliments.fr).
OceanofPDF.com