J’arrête le burn out en cuisine !
Jour 17 – Ritualiser
JOUR 17
Ritualiser
Quand j’étais petite, j’ai toujours vu ma mère détester faire à manger ! Elle s’en plaignait, mais elle le faisait quand même, forcément, il fallait bien qu’on se nourrisse ! D’un autre côté, pour un couple de cette époque, je crois qu’on était dans un bon niveau de répartition des tâches.
Je me souviens d’une liste de courses qui était préétablie, il n’y avait quasiment jamais de changements dessus, elle était même imprimée en plusieurs exemplaires ! Et puis une fois par mois, ma mère et mon beau-père posaient une demi-journée de congés et allaient faire un gros plein au supermarché ensemble.
C’était l’expédition. Ils revenaient avec des tonnes de sacs (Oh my god, je suis assez vieille pour avoir connu l’époque où les sacs plastiques étaient en accès libre aux caisses), ils vidaient et rangeaient tout à deux, j’aidais un peu si j’étais là, d’ailleurs j’étais préposée à plier les sacs et les mettre dans le sac à sac ! #plasticcoma
Ma mère détestait cuisiner, donc, du coup j’ai eu la chance d’observer différentes stratégies lui permettant de passer le moins de temps et de charge mentale possible sur ce qu’elle considérait comme une corvée.
Fun fact : elle a retrouvé un peu (faut pas pousser non plus) le goût de cuisiner bien des années plus tard, une fois qu’elle a arrêté de travailler et que ma sœur et moi étions parties.
La vie est injuste.
Coïncidence ? Je ne crois pas ! Ma mère était juste une femme qui travaillait, faisait le ménage, et avait deux enfants à charge, du coup la cuisine, si ça pouvait être rapide et efficace, c’était aussi bien ! Les plats devaient donc être rapides à préparer, que ce soit la semaine ou le week-end, mais surtout, elle avait mis en place une stratégie anti-« qu’est-ce qu’on mange ? » partielle : à certains jours étaient attribués des plats.
Toujours les mêmes jours, toujours les mêmes plats.
C’est ainsi que mon enfance a été bercée par :
les mercredis jambon nouilles,
les samedis pizza,
les dimanches sandwichs.
Ça ne fait que trois repas sur les neuf que nous passions ensemble (les cinq soirs de la semaine + les quatre repas du week-end), mais il y a de l’idée !
Ritualiser
Plus tard, j’ai pu constater cette pratique chez des amies.
Chez l’une d’entre elles, c’est petit déjeuner tous les vendredis soir en famille ! Je me souviens que ça m’avait beaucoup étonnée. Petit déjeuner le soir ? Bah oui, pourquoi pas ? Les puristes de l’équilibre alimentaire, rassurez-vous : il s’agit d’un repas sur 14 !
Chez une autre de mes amies, c’est crêpes tous les mercredis. (À ce sujet, je me saisis sans vergogne de l’opportunité d’écrire ce livre pour te livrer l’astuce que je crie sur tous les toits depuis des années : la pâte à crêpes, ça se congèle ! Oui ! Fais juste attention si tu la mets dans un contenant en verre de ne pas le remplir jusqu’en haut !)
Chez encore une autre de mes amies, c’est brunch tous les dimanches midi. Et pas forcément brunch genre : « Je me dois chaque semaine de trouver de nouvelles recettes pour mon brunch du dimanche pour épater la galerie ». Non, non, juste, si elle n’a pas envie spécialement de changer ou de se mettre particulièrement en cuisine : des pommes de terre sautées, des œufs, et du petit déj avec ce qu’elle a sous la main.
Les avantages des « plats ritualisés »
Le premier avantage évidemment, c’est la baisse de la charge mentale. Bien sûr, il faut toujours cuisiner, mais au moins cela facilite l’élaboration du menu, la liste de courses, le « qu’est-ce qu’on mange ? ». Pas de question à se poser, le vendredi c’est raviolis (j’étais obligée de la caser), bim bam boum, exécution !
Mais il y a un autre avantage très sympa à cette façon de faire, ce sont les souvenirs que ça crée en famille (ou seul d’ailleurs) (oublie les raviolis du coup) (ou pas, peut-être que tu aimes les raviolis).
L’idée, c’est de trouver des plats pas prise de tête et qui font plaisir. Faire plaisir, ça peut inclure le fait de cuisiner un certain temps, par exemple le week-end, pourquoi pas après tout, mais il faut que le plaisir soit plus grand que la contrainte !
Je te rappelle qu’on est là pour alléger ta charge mentale et opérationnelle en cuisine !
C’est pourquoi la notion de plaisir est importante.
Pour ces plats ritualisés, on met à la poubelle toutes les pressions et les injonctions : équilibre alimentaire parfait, charge écologique, etc. Ce qui compte avant tout, c’est que ce soient de bons moments et qu’ils reviennent à date fixe !
Tu n’es même pas obligée de les faire toi-même d’ailleurs, ça peut très bien être :
un plat tout fait que tu achètes au marché le samedi matin en
faisant les courses,
un plat à emporter ou une livraison tous les vendredis soir, ou le
soir qui t’arrange,
un plat industriel (j’ai grandi en mangeant de la pizza surgelée
tous les samedis midi de mon enfance, promis je vais bien, c’est
bon la pizza).
Le plaisir de cuisiner
Peut-être que tu as l’impression que depuis le début de ce livre on fait comme si faire la cuisine était obligatoirement une horrible corvée dont il fallait se débarrasser le plus vite possible, et surtout, qu’il fallait refourguer à quelqu’un d’autre !
Mais ce n’est pas le cas !
Ça le devient à cause d’éléments extérieurs au fait de cuisiner en lui-même : une vie par ailleurs trop remplie, trop d’obligations, trop de charge mentale, trop d’injonctions, trop de sentiment d’injustice de se taper tout toute seule.
Et quand il y a trop de contraintes, y a pas de plaisir !
On a toutes expérimenté des moments où c’était chouette de cuisiner : quand on utilise de bons produits bio et locaux, quand on sait que le résultat fera frétiller nos papilles, quand on a le temps de savourer ces petits gestes apaisants, quasi hypnotiques, quand on sait que ça va faire plaisir, qu’on va passer un bon moment, quand on cuisine en bonne compagnie… Il y a quelque chose de sensuel dans la cuisine, ou alors d’enfantin, de créatif. C’est le contexte, souvent, qui nous fait perdre ça de vue.
Les plats ritualisés peuvent être un moyen parmi d’autres de remettre du plaisir autour de cet acte quotidien !
À quelle fréquence…
Absolument comme tu veux ! Ça peut être un par semaine, trois comme quand j’étais petite, ça peut même être chaque jour de la semaine, pourquoi pas ! Mais avant de t’emballer, je te conseille d’attendre de lire le chapitre suivant où tu trouveras des conseils pour élaborer un menu facilement !
… mais surtout : quel(s) jour(s) ?
Quels sont les jours de la semaine où tu as le moins envie de cuisiner ?
Le mardi soir quand tu rentres à 20 heures après avoir été chercher progéniture numéro 1 au badminton ?
Le vendredi soir pour marquer la fin de la course de la semaine ?
La diversité alimentaire
Je la vois, ta miss Monkette intérieure, prête à bondir ! Elle qui ne se déplace jamais sans toutes ses cartes « injonctions » en main, celles que nous avons détaillées dans toute la première partie de ce livre ! Elle regarde ses cartes et elle se dit : « Mmmmmmh, laquelle je vais lui sortir cette fois ? Tiens ! Équilibre alimentaire, parfait ! »
Sauf que non, miss Monkette.
On te rappelle encore une fois qu’il y a quatorze repas dans une semaine, donc que deux ou trois, ça ne changera pas grand-chose. On te rappelle aussi que ça serait bien de te décentrer un peu de ton petit nombril et que dans le monde il y a des milliards de gens qui n’ont pas le loisir de se demander s’ils peuvent manger un plat différent chaque jour ! Non, tes enfants ne vont pas souffrir d’atroces problèmes de santé qui les feront souffrir toute leur vie s’ils mangent des crêpes tous les mercredis !
Alors, tu choisis quoi comme plats ritualisés ?
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