J’arrête le burn out en cuisine !

Marie Duboin · Chapitre 24 sur 27

Pages du PDF

J’arrête le burn out en cuisine !

Jour 19 – Comment créer un menu facilement ?

JOUR 19

 

Comment créer un menu facilement ?

 

Marie est fatiguée. Entre deux problèmes perso à gérer, son auto-entreprise et son chat Hercule, nous tentons péniblement d’accorder nos violons pour l’écriture de ce bouquin. Un soir on discutait de ce chapitre, et sans transition elle me dit qu’elle a fini le dernier bouquin de Mona Chollet et qu’elle espère en tirer une inspiration pour la conclusion. Intéressée, je lui réponds : « C’est quoi le titre ? »

« Comment créer un menu facilement. »

Hum. #grossefatigue #onaditchargementale? #cqfd

Nous avons vu au jour 18 à quel moment intervient l’élaboration du menu dans tout le processus « cuisine ». Du coup aujourd’hui, on va se lancer directement dans le vif du sujet !

Le menu est l’arme ultime, dans la catégorie « trucs et astuces », pour faire baisser la charge mentale en cuisine. C’est fou comme cet outil prend deux minutes à être utilisé pour un tel gain de confort mental. L’investissement est inversement proportionnel au bénéfice sur ta bande passante.

 

Les idées reçues au sujet des menus

Je l’avoue franchement, j’ai résisté des années à élaborer des menus : je trouvais que c’était s’ajouter de la charge mentale, je n’avais pas d’idées, bref, je vivais ça comme une contrainte plutôt que comme une aide. Tout ça parce que j’avais une image figée et fausse de ce qu’est un menu !

Lorsque je cherchais des idées de menus tout prêts sur Internet, ce que je trouvais ne m’inspirait pas, c’était trop compliqué et contraignant pour moi. Je voyais des tableaux avec quatre cases par jour : petit déjeuner, déjeuner, goûter, dîner. 4 × 7 = 28, dans mon esprit, il y avait vingt-huit cases à remplir de plats différents, faits maison, potentiellement longs à préparer, bref, c’était décourageant.

Sauf qu’un menu, c’est juste un outil de planification, ça n’a aucune influence sur le contenu que tu vas mettre dans les cases.

Ce qu’un menu n’est pas

La liste des quatorze repas dignes d’un restaurant gastronomique

que tu vas faire dans la semaine.

Une projection du futur figée : « Je n’ai pas envie de manger le

repas prévu pour le mardi, OMG, comment faiaiaiaiaiaire ? » Bah

tu échanges avec un autre jour ou tu changes de plat ! Tu crois

qu’il va se passer quoi, que le dieu des menus va te foudroyer

sur-le-champ ?

Un casse-tête que tu dois porter seule, une fois de plus.

Reprenons.

La question de la diversité

O.K., je crois que personne n’aime manger la même chose midi et soir pendant cinq jours de suite. Mais entre ça et faire un plat différent pour chacun des quatorze repas de la semaine, il y a de la marge.

Piste 1 : tu peux noter un plat par jour, quitte à emporter les restes

dans une lunchbox les lendemains midis.

Piste 2 : au moins une fois dans la semaine, tu peux noter juste

de finir les restes.

MAGIIIIIIIE : tu passes de quatorze plats à six ou sept !

 

Un menu différent pour chaque foyer

Ton menu va te ressembler : établir un menu, c’est mettre sur papier ce que tu vas de toute façon manger. Pas ce que tu penses que la société voudrait que tu fasses comme menu !

Si tu cuisines tout maison avec une grande variété de recettes, alors c’est ce genre de plats qui rempliront les cases de ton menu (à condition que ce rythme te convienne, sinon il va falloir travailler à simplifier tout ça !). Mais si tu es plutôt du genre « vite fait », voire plats préparés, alors c’est cela qui sera noté dans ton menu : pas question de vouloir tout révolutionner et de profiter de l’occasion pour passer des plats préparés à du tout maison : je t’ai à l’œil !

ET SOIS HONNÊTE ! Pas de menu subitement bourré de trucs que tu rêverais de tester si chaque journée faisait trente-quatre heures hein ! Reste sur ce que tu as l’habitude de faire, sur ce que tu maîtrises, ça te permettra de ne pas abandonner la méthode dans une semaine en mode : « C’est tout nul, ça marche pas ! »

Enfin, ton menu, pour abaisser efficacement ta charge mentale, doit intégrer les contraintes de ton foyer. Si tu sais que tu as un jour de flemme chronique, prends-le en compte ! Si chez toi, c’est le mardi soir que c’est tendax pour cause d’activités des enfants, le plat prévu ce jour-là devra être ultrarapide à préparer, ou bien être identique à celui de la veille, pour n’avoir juste qu’à le réchauffer.

Qui s’occupe de faire le menu ?

Dans l’idéal : tous les membres du foyer.

Bien sûr, tu peux te heurter à un traînage de pattes en mode : « Je ne sais pas, je n’ai pas d’idées. » Tu peux alors exposer clairement que tu es dans la même situation, alors comment on fait ?

Et si vraiment tu dois l’élaborer seule, alors s’il y a des remarques pendant les repas, sens-toi libre de rappeler que tu es ouverte à toute suggestion de prochains plats, et qu’ils seront prévus la semaine suivante !

Quand et comment faire le menu ?

Évidemment, toute nouvelle habitude est plus facile à mettre en place quand elle entre dans une routine. Du coup, ça peut être intéressant de définir un créneau récurrent : par exemple, le vendredi soir avant les courses du samedi. Ou n’importe quel moment qui sera pertinent pour toi.

On te conseille aussi de faire tout ce qui est possible pour rendre cette tâche un peu plus agréable : joli carnet, moment cosy tous ensemble sur le canap’, allumer une bougie, faire une danse de la joie en invoquant le dieu des menus, on s’en fiche : tout ce que tu veux pour que ce ne soit pas juste une tâche chiante de plus !

 

« Je n’ai pas d’inspiration »

Aujourd’hui, des milliers de recettes sont disponibles gratuitement en ligne, donc le manque d’inspiration n’est jamais le cœur du problème.

Voici quelques conseils que tu peux mettre dans ta besace et utiliser si ça te parle.

Comme je te disais au précédent chapitre : avoir toujours une liste

en cours pour y noter tes envies subites ou celles des autres

occupants de la maison !

Avoir toujours chez toi une liste de plats que tu as envie de tester.

Je ne sais pas si tu es comme moi, mais je passais ma vie à voir

des plats sur Internet ou les réseaux sociaux en me disant : « Oh,

ça a l’air sympa ça ! », et puis je ne les notais pas et quand

arrivait le moment de faire le menu : syndrome de la page

blanche ! Pire, il m’arrivait d’enregistrer des recettes et d’oublier

aussitôt que je les avais enregistrées.

Désormais, j’ai un petit cahier dans ma cuisine dans lequel se

trouvent : mes recettes de base, les menus, et les idées de plats

que je vois passer. Tout est centralisé, à la bonne place, c’est

pratique, et c’est tout à fait dans l’esprit des conseils qu’on te

donnait au jour 15 pour rendre ton environnement fonctionnel.

Attention cependant : n’intègre pas plus d’une nouvelle recette à

tester par semaine, pour ne pas augmenter ta charge mentale et

opérationnelle : ça serait ballot que ce conseil augmente ta

charge !

Suivre deux ou trois comptes ou blogs de cuisine. Pas la peine

d’en suivre quinze, ça fera l’effet inverse, tu seras noyée au milieu

des quinze mille possibilités qui s’offrent à toi et, au final, tu ne

mettras rien en action.

 

Voici nos comptes/blogs d’inspiration cuisine préférés

avec H. :

Mélanie Le cul de poule

Natasha : échos verts (qui publie chaque semaine son menu sur son compte

Instagram)

Déliacious

La fée Stéphanie

Ces comptes proposent en majorité des plats familiaux, plutôt rapides à préparer et sans ingrédients extravagants. Je tiens à rendre hommage aux femmes qui les alimentent : votre travail est d’utilité publique. MERCI !

 

Les « familles de plats » : alors là, attention, on dégaine l’arme

ultime de simplification de l’élaboration des menus. Dans son

ouvrage 1 21 éco-défis pour prendre soin de soi et de la planète,

Natasha Tourabi indique sa méthode pour planifier ses menus :

elle a créé un menu type sur quatre semaines qu’elle présente

sous forme de tableau. À chaque jour de la semaine correspond

un type de plat, et elle fait ça quatre fois pour avoir quatre

semaines. Les types de plats peuvent être : tartes, pâtes, curry,

risotto, légumes farcis, boulettes, etc. (il y en a vingt-huit, donc).

De notre côté, on est parties de cette méthode qui fut une révélation, et on l’a encore simplifiée. On va te donner nos familles de plats préf’. Libre à toi de t’en inspirer ou d’en créer de nouvelles !

Tarte salée ou pizza

Pâtes (comprend : lasagnes, spaghettis, gratins, etc.)

Junk food : hamburgers, nuggets, beignets…

Galettes au sarrasin (Mélanie, Le cul de poule, a un article sur son

blog qui propose 30 garnitures !)

Plats en sauce

Gratins et plats au four

Plats du monde : curry, couscous, dhal, tajine, fajitas…

Plats jokers faciles et rapides

Salade rapide accompagnée d’un œuf poché ; bowl comprenant

une légumineuse, une céréale, un légume et une sauce ; soupe

accompagnée de tartines

Dinapéro

Riz

Cakes et associés

Les cases « bonus » : si tu te souviens des autres parties de ce

livre, il y a des cases que tu peux remplir facilement ! C’est le cas

de la case « rituel » (explications au jour 17) ou de la case

« restes » évoquée plus tôt, au moins une fois dans la semaine.

 

Un exemple de squelette de menu sur deux semaines

Jour 1 : Tarte ou pizza

Jour 2 : Salade/bowl/soupe

Jour 3 : Rituel

Jour 4 : Pâtes

Jour 5 : Galettes

Jour 6 : Plat du monde

Jour 7 : Restes

Jour 8 : Plat en sauce

Jour 9 : Salade/bowl/soupe

Jour 10 : Rituel

Jour 11 : Plat au four/gratin

Jour 12 : Dinapéro

Jour 13 : Junk food

Jour 14 : Restes

 

Tu vois que des catégories reviennent d’une semaine sur l’autre et tu as peur de manger toujours la même chose ? Que nenni, il ne s’agit là que d’une trame ! Par exemple, dans la catégorie « plats du monde », la première semaine, ça peut être un curry, et la fois suivante, des fajitas. De même, selon la saison, pour la catégorie « salade/bowl/soupe », la première semaine il peut y avoir un velouté de champignons avec des tartines, et la semaine suivante un bowl pois chiches, riz complet, potimarron : rien à voir !

Tu vas voir, en t’aidant des propositions de déclinaisons de ces

catégories qu’on te fera au jour 20, tu vas pouvoir écrire dans ton carnet, en début de chaque mois, la liste des plats de saison par catégorie de plats. Tu n’auras plus qu’à piocher dans cette liste pour créer tes menus, en te laissant des créneaux possibles pour les envies du moment et pour les restes !

Mais attention : n’oublie pas que le menu n’est pas une énième injonction, il doit t’aider. S’il ne t’aide pas : lâche l’affaire et picore dans les autres chapitres, ce n’est pas plus compliqué que ça !

 

Petit exercice du soir

Note sur un cahier tes catégories de plats préférées, puis une liste de leurs déclinaisons possibles.

Par exemple, les tartes et pizzas : tarte aux poireaux, aux champignons, feuilletés, flammekueche, chaussons, différentes sortes de pizzas…

 

1. Ulmer, 2020.

OceanofPDF.com