J’arrête le burn out en cuisine !
Jour 21 – « Je fais de mon mieux et je fais assez » : l’heure du bilan
JOUR 21
« Je fais de mon mieux et je fais
assez » : l’heure du bilan
On arrive au dernier jour avant de se séparer. (Snif !) C’est passé
super vite, non ? Mais nous voici au jour 21 et l’heure du bilan a sonné.
On t’a fait travailler dur, on t’a peut-être poussée un peu dans tes recoins sombres : on s’en excuse, mais le jeu en valait la chandelle, non ?
Bilan de la première semaine : te rendre compte de la charge qui pèse sur tes épaules !
La première semaine a exploré le terreau de ton burn out.
Avant toute chose, nous avons voulu te montrer que ton problème de burn out n’est pas individuel : non, ce n’est pas TOI qui manques d’organisation ou d’imagination ! Le problème, c’est que l’activité de cuisine quotidienne, c’est la plaie : le temps et l’énergie qu’elle demande sont complètement minimisés et, pourtant, la pression sociétale qui y est attachée est énorme. Et surtout, elle repose en immense majorité sur nous, les femmes, et sept hommes sur dix ne veulent pas que ça change. Statistiquement, donc, dans ton foyer, elle repose majoritairement sur toi, c’est probablement pourquoi, d’ailleurs, tu tiens ce livre entre tes mains.
OMG. Sept hommes sur dix. Ça en fait des pelletées, de Robert et de Jean-Chachou qu’on meurt d’envie de secouer comme des cocotiers !
La deuxième chose hyper importante à retenir de cette première semaine, c’est le concept de charge opérationnelle, par opposition à toutes les autres charges : mentale, émotionnelle, morale et féministe.
On l’a vu, nous vivons dans une société au sein de laquelle les hommes font indéniablement plus que leurs aînés ne faisaient et où, pourtant, les femmes se sentent toujours acculées par le poids de la sphère domestique : huit femmes sur dix déclarent avoir trop de choses auxquelles penser. Une société dans laquelle les femmes souhaiteraient que les hommes s’impliquent plus et où les hommes trouvent que les femmes se prennent beaucoup trop la tête sur les détails du quotidien : eh oui, s’ils ne ressentent pas ce poids écrasant alors qu’eux-mêmes participent aux tâches quotidiennes, c’est donc que ce poids, ce sont les femmes qui se le collent, toutes seules, comme des grandes ! Combien de mecs ont dit à leurs nanas cette phrase exacte : « Mais tu te prends trop la tête chérie, regarde, moi, je me prends beaucoup moins la tête et c’est beaucoup plus simple ! »
Le pire, c’est que si tu as déjà été destinataire de cette phrase, tu as été prise d’une grosse envie de meurtre et, à la fois, tu n’as pas été forcément capable d’expliquer pourquoi. Ton homme est resté avec son sentiment d’incompréhension totale, et toi, avec ton ras-le-bol interstellaire.
Malaise.
Ce concept de charge opérationnelle, à notre connaissance, il n’a jamais été utilisé dans le domaine domestique. Or, c’est un concept magique, parce qu’il vient d’un coup rendre très concret celui de la charge mentale !
La charge mentale, avant ce bouquin, c’était quelque chose de flou que tu ne savais peut-être pas trop mettre en mots et dont tu ne savais pas tracer les limites et encore moins les expliquer clairement à ton chéri. Du coup, ça te posait un problème de légitimité : tu te disais que si tu n’étais pas capable d’expliquer clairement le problème, c’était peut-être parce qu’il venait en partie de toi.
Mais tout ça, grâce au concept de charge opérationnelle, c’est fini. Ton problème de légitimité est résolu ! Car tu vas pouvoir savoir exactement quelle est la part de charge opérationnelle et surtout, quelle est la part de charge mentale assumée par ton homme. Y aura plus à tortiller du cul ni à se torturer les méninges : tu te sentiras légitime lorsque tu penseras que la situation n’est pas équitable. Oui, oui, malgré le fait qu’il fasse éventuellement les courses, étende le linge et récure les chiottes.
Et ça, c’est déjà un grand pas. La légitimité, c’est ce qui te donnera de la force : la force d’accepter ce que tu ne peux changer tout de suite, et la force de changer ce que tu sens qui peut l’être.
Regarde bien l’illustration qu’on a choisie pour la couverture du livre. En imposant à nos grands-mères de continuer à assumer l’intégralité des charges domestiques tout en partageant avec les hommes la charge financière ô combien stressante de subvenir aux besoins du foyer, la société patriarcale a poussé les femmes à devenir des superwomen, sans même qu’elles s’en aperçoivent, tout en leur faisant croire que c’était leur volonté et leur désir profond. Nous, on se réveille avec ce costume défraîchi dans une ambiance de lendemain de cuite car on se rend compte qu’on s’est fait clairement arnaquer ! Dans ce livre, on t’a invitée à prendre conscience de ce costume, et de son poids écrasant. Et finalement, on espère qu’il t’aura donné la force et les outils te permettant de mettre ce costume à la poubelle ! Il est temps pour les femmes de refuser cette posture imposée de superwoman, et pour la société, d’évoluer en conséquence !
RÉVOLUTION !
Bilan de la deuxième semaine : mettre les Jean-Chachou au travail ! Ou pas…
Les conjoints, on t’en a aussi longuement parlé durant la deuxième semaine. On a trituré la question dans tous les sens tel un bouton juvénile. Parce qu’après le terreau de ton burn out, il a bien fallu en trouver la cause ! Or, si tu te sens à ce point vidée rien qu’à l’idée d’ouvrir ton frigo ou tes placards, c’est bien parce que tu sais que d’autres êtres humains de ton foyer sont en capacité physique et mentale de le faire, mais que ce qu’ils font est loin d’être à la hauteur de ton besoin LÉGITIME d’équité.
On a d’abord voulu mettre des mots sur les rapports de force au sein des couples hétérosexuels, rapports de force qui ne viennent pas du fait que nos hommes sont des connards, hein, mais du fait que tous, hommes et femmes, nous sommes encore et toujours conditionnés par une société patriarcale qui biaise nos relations quotidiennes.
Sauf que ce conditionnement, à partir du moment où on le nomme et où on en prend conscience, il n’est plus imposé, et il devient un choix : pas question pour les Robert et les Jean-Chachou de se cacher derrière leur petit doigt en disant « c’est pas moi, c’est mon éducation » : à partir du moment où ils ont conscience d’être conditionnés, ils ont le choix d’agir autrement et de progresser. À l’inverse, ne rien changer devient également un choix. Un choix douloureux pour la conjointe. Plein de chaudoudous encore une fois, cœur avec les mains, bichette.
Dans tous les cas, on t’a donné des billes pour aborder cet épineux sujet, si tu en as le courage, avec ton chéri ! Et quel que soit ton choix, sache qu’on te soutient. Tu gères de manière incroyable ce boulot d’orfèvre qui est de garder le quotidien équilibré, et bousculer des rapports de forces aussi profondément ancrés n’est pas chose facile. Ne fais surtout que ce que tu te sens de faire, si tu ne le sens pas, next !
On a voulu également dégommer l’idée que les hommes se désinvestiraient de la cuisine parce que les femmes seraient « trop exigeantes ». L’exigence, elle est relative, hein, et surtout, elle devrait être PARTAGÉE : chaque adulte du foyer, quel que soit son genre, devrait veiller à ce que les repas soient équilibrés, sains, et préparés et servis à une heure raisonnable pour les enfants ! Mais on a voulu aussi décortiquer comment cette « exigence » peut grimper du niveau « normal » au niveau « monkitude » : ça non plus, ça ne vient souvent pas de nulle part, et ça a un rapport avec le fait qu’à un moment donné ton mode survie s’active et la seule manière de baisser ta charge mentale, c’est de contrôler cette tâche de A à Z. Pour gagner du temps, pour ne pas tuer tout le monde, pour sauver ton mental. Du coup, on t’a donné des pistes pour relâcher cette pression quand les circonstances le permettent !
Mais surtout, n’oublie jamais que tu assures. Activer le mode survie, ne pas lâcher sur le minimum, ça demande une grande énergie et une grande force de vie. Alors, chapeau bas !
On a voulu te donner des pistes aussi pour créer un espace dans lequel tu puisses exprimer tes besoins, plutôt que de te concentrer uniquement sur ceux des autres habitants de ta maison, et également pour changer les choses au niveau de la répartition de la charge, au moins la charge opérationnelle. Pour créer aussi un espace dans lequel tu puisses parler, avec des personnes qui sont concernées par cette surcharge : les copines, c’est la VIE. Ne jamais sous-estimer le pouvoir apaisant d’une bonne discussion à cœur ouvert et sans jugement avec les copines, jamais !
Et même quand tu auras refermé ce livre, n’hésite pas à venir
prendre ta ration de chaudoudous au moindre coup de mou, au jour
13 !
Enfin, on a lâché une petite bombe en t’invitant à déculpabiliser sur les aides ponctuelles dont tu pourrais avoir besoin pour lâcher un peu la pression : les drives, les box, même les tupp de maman ! Bichette, tu as le droit aussi de penser à toi, n’oublie pas que choisir d’utiliser un joker de temps en temps, ce n’est pas une honte ! Tu ne devrais jamais culpabiliser de ne pas réussir à faire ce que tu ne devrais pas assumer seule : TU FAIS DE TON MIEUX.
Bilan de la troisième semaine : plein d’outils pour killer ta charge mentale et opérationnelle !
Alors là, moi je dis, c’est Noël.
Sans déc’, dans ce livre, on a voulu s’adresser à toutes les femmes qui connaissent cette surcharge, quelle que soit leur situation. On n’a pas voulu basculer dans la gourouïtude développement perso qui inciterait, quoi qu’il en coûte, à bousculer les choses, à les changer, à faire changer ton homme.
Cette responsabilité ne t’incombe pas.
Dans un monde idéal, ce n’est pas à TOI de te battre pour que la répartition de la charge mentale devienne enfin un vrai sujet au sein de ton couple. Dans un monde idéal, c’est à LUI de se sortir les doigts.
Mais on ne vit pas dans un monde idéal, du coup, comme c’est toi qui ressens un problème, c’est toi qui as la volonté de le résoudre, or, pour le résoudre, je veux dire pour le résoudre en profondeur, il faudrait d’abord passer sur le corps de ton chéri. (Pas d’allusion graveleuse là-dedans, c’est un sujet beaucoup trop sérieux, c’est bien la traduction de l’expression anglaise over my dead body, on est bien d’accord.)
Et ça, ce n’est pas possible pour toutes les femmes. Certaines sont trop épuisées, là, maintenant, pour le faire de manière sereine. Certaines sont dans un tel mode d’économie d’énergie qu’elles préfèrent tout assumer plutôt que d’assumer ET de se battre pour que ça change (on te voit, on te fait plein de bisous). Certaines savent que leur conjoint ne sera pas réceptif sur cette question. Certaines lui trouvent d’autres qualités magiques et ne souhaitent pas du tout le quitter, d’autres ne peuvent pas (encore) le faire (à nouveau, on te voit, on t’envoie plein d’ondes apaisantes). Certaines appréhendent cette discussion et préfèrent attendre de se sentir prêtes (et on sera là, dans un coin de ta tête, quand tu le seras).
C’est avant tout pour vous qu’on a mis en place cette boîte à outils. Pour que vous ne vous sentiez pas délaissées sur le bord du chemin, tout ça parce que l’option « changer ensemble avec l’homme » n’est pas disponible. Alors que c’est sans doute vous, parmi toutes les catégories de femmes, qui avez le besoin le plus vital de faire baisser la pression de la charge mentale. Or votre charge mentale peut aussi baisser grâce à ces outils organisationnels. Ils ont été conçus pour vous aider, mais ils ne sont pas universels, donc s’ils vous compliquent la vie, passez au suivant !
Bien sûr, cette boîte à outils, elle s’adresse aussi à toi qui te trouves dans un bon alignement de planètes et qui auras la possibilité de faire évoluer ton couple vers une répartition plus équitable des différentes charges afférentes à la cuisine.
Du coup, équité des tâches, équité de la charge, ça veut dire que cette organisation devra être adaptée à VOTRE quotidien, et que ton homme devra jouer le jeu et s’impliquer dans leur mise en place ! Sans condescendance et sans ironie : Jean-Chachou, on garde un œil sur toi : si tu le fais, c’est parce que tu es convaincu du fait que c’est de ta responsabilité de le faire, sinon ne le fais tout simplement pas !
Du désencombrement à la création du menu en passant par l’organisation des courses, on t’a proposé un outil clé en main. À toi de le customiser pour qu’il soit à ton image !
Allez, un dernier outil pour la route !
Le dernier outil qu’on souhaite mettre à ta disposition dans cette boîte, c’est un outil MENTAL, un mantra, un rappel, une phrase à se répéter :
« Je fais de mon mieux et je fais assez. »
Tu fais de ton mieux. Tout le temps, et surtout pour les autres.
Et c’est la stricte vérité. Si tu es en couple hétérosexuel en étant une femme et que tu tiens ce livre entre tes mains, c’est exactement ce que tu es en train de faire ! Tu essaies de t’améliorer et d’améliorer la situation globale dans ton foyer. Dans cette quête, avide de méthodes et conseils d’organisation pour être plus performante dans le travail domestique, tu es tombée sur nous.
Dans la même veine, on a souvent constaté, H. et moi, que nous, les femmes, on est extrêmement friandes de lectures de développement personnel pour « devenir la meilleure version de nous-mêmes ». Et il y a pas mal de chances que tu ne fasses pas exception à la règle.
« Devenir la meilleure version de toi-même. » Comme si tu n’étais pas déjà assez. Comme si tu n’avais pas suffisamment confiance en tes capacités et tes compétences. Alors que, laisse-moi te le dire, en réalité tu accomplis des dizaines de miracles au quotidien sans même t’en apercevoir. Tu es une femme exceptionnelle, et tu as la confiance en toi d’un bulot cuit ! C’est tellement injuste… mais tellement classique !
Les hommes (en apparence) ne semblent pas avoir le même problème. Il y a un moment, un mème hilarant circulait sur Instagram, il disait en gros : « Dieu, donne-moi la confiance en moi d’un homme médiocre ! » Blague à part, ils ne semblent pas portés autant que les femmes sur le développement personnel, hormis pour acquérir le bon mindset pour :
être un séducteur hors pair (le nombre de coaches séduction est
affolant),
être un businessman accompli.
Cela voudrait-il dire que peu d’hommes s’intéressent au fait d’évoluer en tant que personnes et encore moins dans leurs relations, se triturent les méninges pour que les relations soient épanouissantes pour tous, puisque pour eux c’est « un truc de gonzesses » ?
En vrai, les hommes sont intelligents. Ils ont de nombreuses compétences. Et d’ailleurs, les compétences d’anticipation et d’organisation dont on a tant parlé dans ce livre, et mises en œuvre dans la charge mentale, ILS LES ONT. Autant que toi ! Seulement, ils ne les utilisent pas au sein de leur foyer pour la gestion des
repas, mais préférentiellement, dans le domaine professionnel 1.
Mais toi, tu le fais. Tout est une question de priorités.
Tout ça, c’est la preuve, s’il en fallait une, que tu fais déjà de ton mieux pour que les relations au sein de ton foyer soient équilibrées, et que tu fais certainement plus à ce niveau-là que n’importe quel autre de ses membres, donc que tu fais largement assez.
Alors rappelle-toi : peu importe le résultat des exercices de tous les chapitres précédents : tu fais de ton mieux, et tu fais assez.
Dernier petit journaling pour la route
« Je fais de mon mieux et je fais assez. »
Où pourrais-tu écrire cette phrase pour te la remémorer souvent ? Dans le carnet de la cuisine ? Dans ton agenda ? En fond d’écran de ton téléphone ?
1. Voir l’enquête « Les Français et la charge mentale », menée en 2018 par O2, en partenariat avec Ipsos.
OceanofPDF.com