J’arrête le burn out en cuisine !
Les personnages récurrents de Burn out en cuisine
Les personnages récurrents de
Burn out en cuisine
Avant d’entrer dans le vif du sujet, on va te présenter les personnages récurrents que tu vas croiser au fil des pages de ce livre.
Robert est le conjoint qui n’en a rien à carrer de la cuisine, et qui ne s’en cache pas. Des fois, il l’assume avec une classe surprenante, d’autres fois, avec un manque de classe évident (coucou les blagues sexistes ringardes pompées à Jean-Marie Bigard), mais voilà, bon, il l’assume. C’est définitivement pas son truc. D’ailleurs, si vraiment il n’a pas le choix, il ouvre une barquette de surgelés ou des boîtes de raviolis premier prix jusqu’à ce que mort s’ensuive, et il alterne avec les déjeuners chez maman pour avoir quand même un peu de diversité dans son assiette. Robert, quand il est célibataire, les caissières (que j’ai été dans une autre vie) le repèrent tout de suite : sur le tapis, il y a des surgelés, des boîtes de conserve, de la bière, du PQ et des capotes (au moins taille XL. Toujours.).
En couple, Robert peut avoir d’autres qualités. De la gentillesse, de la tendresse, de la galanterie un peu has been mais mignonne quand même, bref, il peut être un Robert et avoir plein d’autres mérites qui font que la balance penche quand même en sa faveur : l’un n’empêche pas l’autre ! Cas moins avouable : sa nana peut trouver que Robert est un rustre mais rester pour (au choix) : les enfants, la sécurité, le qu’en-dira-t-on, la peur du changement…
Jean-Milka, c’est le mec perfect.
Peu importe son âge, Jean-Milka est à la problématique de l’équité dans le couple ce que le papillon est à la chenille : l’ultime évolution.
Rendez-vous jour 8 pour découvrir une petite partie de ses exploits. Trigger warning : peut heurter la sensibilité des Jean-Kévin (voir plus bas) mais également la tienne, cela peut en effet te renvoyer à l’écart entre ce que tu aimerais et ton quotidien, et ça peut malheureusement être douloureux.
Car attention, les Jean-Milka, ces ovnis du patriarcat, ont toujours existé. Mais c’est une denrée rare, très rare, extrêmement rare. En matière de Jean-Milka, l’aiguille est minuscule et la botte de foin, giga-géante. Mais pour autant, il constitue une figure assez présente dans les fantasmes sociétaux du XXIe siècle, et pour cause : la plupart des mecs pensent être des Jean-Milka, mais sont en réalité des Jean-Chachou (voir plus bas).
Jean-Chachou est le type de mec le plus répandu de nos jours. Il a entre 20 et 45 ans, il connaît un peu le féminisme, il milite pour l’égalité hommes-femmes (et d’ailleurs, il dit « femmes-hommes », non mais oh !). Il trouve les Robert vraiment has been, voire honteux : comment peut-on, au XXIe siècle, penser qu’il y a un gène qui ferait que les femmes aimeraient cuisiner et même récurer les chiottes ? Il relaie même les posts Facebook militants de temps en temps, il ne veut pas être payé plus que sa collègue de même niveau et de même ancienneté. Il prend soin de lui, de sa peau, de ses cheveux, parce que, définitivement, ce n’est pas « un truc de fille » et que les mecs ont autant intérêt à prendre soin d’eux que les nanas. Il se rase certaines parties du corps pour être plus agréable au toucher et plus esthétique à voir car, après tout, l’épilation, ce n’est pas que pour les meufs. D’ailleurs, il considère que tes poils, t’en fais ce que tu veux. Il s’est même renseigné pour une potentielle vasectomie pour que tu n’aies pas à supporter tout le poids de la contraception. Il fait les chiottes et peut même étendre le linge.
Bref, de l’extérieur, Jean-Chachou, tout le monde l’adore, y compris tes collègues et tes copines, il est gentil, il est moderne, il est bienveillant. Tu estimes que tu as beaucoup de chance, il est extrêmement attachant. Mais au quotidien, ce n’est quand même pas tout à fait la même histoire. Car Jean-Chachou, il se concentre sur les faits, mais il zappe complètement la charge mentale et a tendance à se reposer entièrement sur toi : il fait, certes, mais souvent à ta demande. Et il râle, aussi, beaucoup, parce que ces tâches ménagères de bas étage, il les déteste profondément et ça le fait grave chier de les faire. Aussi, le fait-il savoir haut et fort (voir
jour 8).
Jean-Kévin est le relou des réseaux sociaux, celui qui ouinouinte en nous lisant, en nous traitant de méchantes féministes machiavéliques et castratrices, parce que notre parole comporte trop de franc-parler pouvant meurtrir la sensibilité des hommes qui ne sont pas COMME ÇA. Jean-Kev se veut jeune, dynamique, moderne, a souvent torché le cul du concept de virilité, mais pense quand même que les meufs sont reloues à râler encore et encore, qu’elles exagèrent un peu quand même, après tout, elles ne vivent pas chez les Talibans ! Aujourd’hui, la société française EST équitable, sans déc’ comparé à bien d’autres pays même pas si lointains. C’est même l’inverse, tiens, la preuve : QUI obtient toujours la garde des gosses dans un divorce ? Elles devraient vraiment se rendre compte qu’avec leur manière de dire les choses, elles s’autotirent une balle dans le pied, et devraient plus écouter les mecs comme lui, qui aiment les femmes, leur veulent du bien, et adoreraient les aider à améliorer leur com’ et leur image auprès des mecs ! (Nan ? ben, si elles veulent « finir » lesbiennes… après tout, c’est leur choix.) Bref, ils aiment les femmes mais déplorent que la plupart d’entre elles, aujourd’hui, ne veulent pas l’égalité mais plutôt la place des hommes. Pour lui, il faut que les femmes gardent leur fraîcheur, leur douceur, et ne cherchent pas à devenir comme des hommes « cons et belliqueux ». Même si tous les hommes ne sont pas comme ça, d’ailleurs lui ne l’est pas, et il ne voit pas l’intérêt de faire des généralités sur les hommes, c’est tellement contre-productif pour la cause des femmes !
BREF. Jean-Kev est un professionnel de la pénisplication (mansplaining en anglais, mais pour une fois, j’adore, je kiffe, que dis-je, je surkiffe la francophonisation de ce terme né au Québec), c’est-à-dire que Jean-Kev adore expliquer aux nanas un sujet qu’elles connaissent déjà, voire dont elles sont expertes puisqu’elles le vivent au quotidien, sur un ton potentiellement paternaliste ou condescendant, et, surtout, avec son filtre de compréhension de mec forgé par des milliers d’années de patriarcat, il a une fâcheuse tendance à leur expliquer ce qu’elles devraient ou non ressentir, comment elles devraient en parler et avec quels mots.
Ah oui, et, par-dessus tout, il ne comprend pas pourquoi tout ça énerve fortement ses interlocutrices.
(Bien sûr, tranquillise-toi Jean-Kev, ce ne sont que des personnages, forcément un minimum caricaturaux. Tout mec est probablement un mélange de Robert, Jean-Milka et Jean-Chachou. Et de bien d’autres ingrédients encore. Me fais pas dire ce que je n’ai pas dit, s’il te plaît !)
OceanofPDF.com
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