L'âme des Horloges

David Mitchell · Chapitre 15 sur 31

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L'âme des Horloges

14 Mars 2016

 

J’ai commandé une omelette de blancs d’œufs aux épinards, des burgers de dinde sur des toasts de pain au levain, un jus d’orange fraîchement pressé, une bouteille d’Évian glacée et un café local afin d’avaler mes aspirines et d’enterrer vive ma cuite. Sept heures trente du matin : l’air dans le patio est encore frais. Le mainate de l’hôtel est juché sur son perchoir et pousse des cris improbables. Son bec est une faux émaillée, et ses yeux voient tout et savent tout. S’il s’agissait d’une œuvre de fiction, cher lecteur, mon protagoniste se demanderait si le mainate devine ce qu’il a en tête. Damon MacNish, vêtu d’un costume de lin à rayures façon Notre agent à La Havane, est assis dans un coin, à moitié caché derrière le Wall Street Journal. Curieux comment le parcours d’une vie peut être chamboulé par quelques journées passées à l’aube de la vingtaine dans un studio d’enregistrement d’Écosse. Sa petite amie, qui n’a pas vingt ans elle-même, tourne les pages d’un magazine – The Face. Quand ils font l’amour, elle doit avoir l’impression de baiser avec M. Papi-tu-piques. Qu’est-ce qui peut bien lui plaire dans cette histoire ? À part les voyages en classe affaires, les hôtels cinq étoiles, côtoyer l’aristocratie du rock, les réalisateurs de cinéma et les magnats des organisations caritatives ; et les photos de paparazzis dans tous les magazines de ragots de la planète, ainsi que les contrats de mannequinat qui vont avec, bien entendu… J’espère simplement que si Juno et Anaïs gravissent les échelons de la société, ce sera grâce à leur talent, et pas en chevauchant les cuisses maigrichonnes d’un médiocre auteur-compositeur plus ridé que leur père. Bénissez-nous, Seigneur, bénissez ce repas, ceux qui l’ont préparé, et procurez du pain à ceux qui n’en ont pas.

« La littérature peut-elle changer le monde ? » C’est le titre de la conférence organisée par Cheeseman. Cette opportune sauterie où se pressent les plus fins esprits de l’élite du monde de la culture a lieu dans une grande salle aux murs blanchis à la chaux sise au sommet du palais ducal, épicentre du festival Carthagène 2016. Les choses sérieuses commencent lorsqu’un trio d’auteurs colombiens parade sur scène devant un public qui se lève pour les acclamer. Tous trois saluent l’auditoire en héros de la résistance moderne. La modératrice fait son apparition : c’est une brindille vêtue d’une robe rouge sang et, même depuis mon fauteuil au dernier rang, on devine son amour des gros bijoux en or. Richard Cheeseman a opté pour le look « consul britannique » : costume trois pièces crème et cravate pourpre de Damas ; en réalité, on dirait juste un crétin hirsute sorti de Retour à Brideshead. Les trois révolutionnaires s’asseyent à leur place tandis que nous autres non-hispanophones chaussons nos casques afin de suivre la traduction simultanée en anglais. L’interprète commence par traduire les salutations de la modératrice, puis une brève biographie de chaque invité. Celle de Richard Cheeseman est la plus sommaire : « Un romancier et critique littéraire britannique célèbre et reconnu. » À la décharge de la personne qui l’a rédigée, il faut préciser que la page Wikipédia de Richard Cheeseman est tout aussi concise, quoique sa « tristement célèbre entreprise de démolition » à l’endroit de Réduire Écho au silence soit bien là, elle, et vous renvoie, au moyen d’un lien, sur le site de la Piccadilly Review. Hal-la-hyène m’a juré avoir fait des pieds et des mains pour le faire supprimer, mais Wikipédia refuse les dessous-de-table.

En Amérique du Sud, l’auditoire prend part à la lecture, un peu comme chez nous le public participe aux spectacles de stand-up. Le poisson Babel qui nage dans mon oreille effectue un résumé de chaque passage plutôt qu’une traduction simultanée, mais, par moments, la traductrice lâche un aveu : « Je suis désolée, mais je n’ai absolument rien compris à ce qu’il raconte. Et je ne suis pas sûre que l’auteur le sache non plus. » Richard Cheeseman lit un passage de son tout dernier roman, Un homme dans une voiture blanche, où il est question des derniers moments d’un certain Sonny Penhallow, étudiant à Cambridge qui se jette en voiture du haut d’une falaise de Cornouailles. La prose de Cheeseman n’a même pas le mérite d’être laide : elle est tout juste médiocre ; alors, les uns après les autres, les écouteurs tombent et les smartphones fleurissent. Quand Cheeseman termine, les applaudissements sont mornes. Je dois dire que je n’ai pas non plus cassé la baraque quand j’ai effectué ma lecture la veille.

Puis la « table ronde » commence, et les foutaises avec.

« La littérature devrait assassiner, déclare le premier révolutionnaire. Moi, j’écris avec un stylo dans une main et un couteau dans l’autre ! » Les adultes se lèvent, l’acclament et l’applaudissent.

Le deuxième ne s’en laisse pas conter : « Woody Guthrie, un des rares grands poètes américains, a écrit à la peinture sur sa guitare : “Cette machine tue les fascistes” ; sur mon ordinateur portable, j’ai écrit : “Cette machine tue le néocapitalisme” ! » Oh, il faut voir comment la folie gagne l’auditoire !

Une file indienne de retardataires progresse lentement dans la rangée de sièges juste devant la mienne. L’occasion est si belle, à croire que le coup figurait dans un script. À l’abri derrière ce bouclier humain, je m’éclipse de la salle ; mes pas clapotent sur les marches blanches. Dans la cour ouverte des Claustros de San Domingo, Kenny Bloke fait une lecture face à un groupe d’enfants assis en arc de cercle. Ces gosses sont captivés. Papa avait une anecdote sur Roald Dahl arrivant à une fête en hélicoptère et répétant à tous ceux qu’il croisait : « Écrivez donc des bouquins pour enfants : ces petits cons goberaient n’importe quoi. » Je franchis le portail ducal et me retrouve sur la place où Damon MacNish a donné son concert la veille. Cinq pâtés de maisons plus loin, dans une Calle 36 pas vraiment tracée au cordeau, j’allume une cigarette, mais la laisse choir dans une grille d’égout avant d’avoir tiré la moindre taffe. Cheeseman a arrêté de fumer, et laisser derrière moi une odeur prononcée de tabac risquerait de m’être fatal. C’est du sérieux, pas question de déconner. Je n’ai jamais rien fait de ce genre. Mais, d’un autre côté, il n’y a jamais eu de critique plus gratuite et plus prompte à anéantir un livre que celle de Richard Cheeseman à l’égard de Réduire Écho au silence. Sur un étal, on fait frire de la banane plantain. Un bambin observe la rue depuis la véranda au deuxième étage d’un immeuble, agrippé aux barreaux comme un prisonnier. Mitraillette en bandoulière, des militaires montent la garde devant une banque. Je suis content que la sécurité de mon argent ne dépende pas de leur vigilance : le premier envoie des SMS tandis que l’autre drague une fille de l’âge de Juno. Carmen Salvat est-elle mariée ? Elle ne me l’a pas dit.

Concentre-toi, Hershey. C’est du sérieux. Concentre-toi.

Gravis le perron qui sépare la rue chaude et lumineuse de la fraîcheur du hall décoré de marbre et de teck de l’hôtel Santa Clara. Passe entre les deux portiers qui, on peut le supposer, ont été entraînés à tuer. Ils analysent ma tenue, effectuant une estimation de mon coefficient de gringocité et de ma cote de solvabilité. Retire tes lunettes de soleil et cligne des yeux de façon un peu stupide – Vous voyez bien, les p’tits gars, j’ai une chambre dans l’hôtel – mais pense à les remettre au moment de traverser la cour, avant de passer devant les clients qui attendent l’heure du déjeuner en sirotant un cappuccino et en tapant des e-mails à l’endroit où des bénédictines absorbaient jadis de grandes quantités de Saint-Esprit. Évite l’œil du mainate et emprunte l’escalier situé derrière la fontaine insomniaque, puis monte au quatrième étage. Retrace le parcours de la nuit dernière jusqu’à l’inévitable croisée des chemins. Un couloir irradié de soleil suit l’encorbellement de la cour supérieure et mène jusqu’à la chambre de Crispin Hershey, où celui-ci se débine, tandis qu’un autre chemin plus tortueux dévie vers la chambre 405, où Crispin Hershey rend à Richard Cheeseman la monnaie de sa pièce. Tel un vairon, un sentiment de déjà-vu file devant moi à toute vitesse : Geoffrey Chaucer.

Eh bien, Messires, dit-il, si vous avez tel désir

De trouver Mort, tournez par ce chemin tortueux, Car dans ce petit bois je l’ai laissé, par ma foi,

Sous un arbre et c’est là qu’il demeure 1…

Mais c’est la justice et non pas la mort que j’ai tel désir de trouver. Des témoins oculaires dans les parages ? Aucun. Va pour le chemin tortueux. Le chariot d’une femme de chambre est garé devant la porte de la 403, mais de cette dame, nulle trace. La chambre 405 est située après l’angle ; c’est l’avant-dernière dans le cul-de-sac. « Dance Me to the End of Love » de Leonard Cohen flâne dans mon esprit, et, à travers une ouverture en arc de cercle pratiquée dans le mur extérieur de l’hôtel, depuis le quatrième, Hershey voit des toits, une bande de ciel caribéen bleu et de crasseux nuages en forme de chou-fleur… Les lointains gratte-ciel de la côte, inachevés pour certains. Chambre 405. Toc, toc, toc. « Qui est là ? – Ta juste punition, tafiole de Cheeseman. » En bas, dans la rue, le vrombissement d’une moto grimpe dans les octaves. Et voici la deuxième carte magnétique de Cheeseman, que j’ai conservée après mon numéro de bon Samaritain hier soir ; c’est également l’occasion pour le Destin de mettre à mal un projet pourtant bien préparé : si Richard Cheeseman a remarqué qu’une de ses cartes magnétiques manquait à l’appel ce matin et qu’il en a obtenu de nouvelles configurées avec un nouveau code, la petite diode sur la serrure clignotera en rouge, la porte restera fermée et Hershey devra abandonner sa mission. Mais si le Destin souhaite que je poursuive, la diode s’allumera en vert. Il y a un lézard sur le chambranle. Sa langue frétille.

Allez. Vas-y, glisse-donc ta carte.

Vert. Go go go go go !

La porte se referme. Bien, la chambre est propre et le lit est fait. Si une femme de chambre entre, fais comme si de rien n’était. Une chemise est accrochée à la porte d’un placard, et Gens indépendants d’Halldór Laxness est posé sur la table de chevet. À l’instar des musulmanes qui ont l’interdiction de toucher au Coran pendant leurs règles, cette petite merde de Richard Cheeseman ne devrait pas avoir le droit de toucher à Laxness s’il ne porte pas une paire de gants en latex. L’excellente pensée que voilà. Retire les Maped de la poche de ta veste et enfile-les. Bien. Localise la valise de Richard Cheeseman dans le placard. Un modèle neuf, onéreux, de grande contenance : parfait. Ouvre-la et ouvre une pochette intérieure : la fermeture à glissière est un peu raide, elle semble n’avoir jamais été utilisée. Prends ton couteau suisse et, avec précaution, pratique une incision d’un centimètre et demi dans la doublure. Excellent. Sors cette petite enveloppe de la taille d’une carte de crédit de la poche de ta veste, doucement, et tout aussi précautionneusement, coupe un coin, puis répands une toute petite quantité de poudre blanche sur la valise – indétectable à l’œil humain, mais aussi odorante qu’une crotte de sconse pour la truffe d’un beagle. Pousse l’enveloppe à travers l’incision effectuée dans la doublure. Enfonce-la aussi loin que possible. Referme la pochette. Range la valise dans le placard. Et vérifie que le père Noël n’a pas laissé de miettes derrière lui. Rien. Tout va bien. Quitte le lieu du crime. Enlève d’abord tes gants, imbécile…

Dehors, la femme de chambre se relève de derrière son chariot et m’adresse un sourire las : mon cœur a des ratés de combustion. Au moment même où un tout petit « Bonjour » sort de ma bouche, je comprends que je commets une erreur fatale. En retour, elle articule silencieusement : Bonjour, et son regard de mestiza se détourne de mes lunettes de soleil, mais il n’en reste pas moins que j’ai trahi mon identité d’anglophone. Crétin, imbécile. Je m’empresse de rebrousser le chemin tortueux. Doucement ! Pas comme un cocufieur qui se carapate. La femme de chambre m’a-t-elle vu retirer mes gants ?

Aurais-je intérêt à faire machine arrière et récupérer la cocaïne ?

Du calme ! Pour cette femme de chambre illettrée, tu n’es qu’un cinquantenaire blanc à lunettes de soleil parmi tant d’autres. Pour elle, la 405 était ta chambre. Elle a déjà oublié qu’elle t’a vu. Je repasse devant les gros bras de l’entrée, puis prends un autre itinéraire pour retourner à l’épicentre du festival. Cette fois-ci, je fume. Je jette mes gants en caoutchouc dans une poubelle située à l’arrière d’un restaurant et je franchis de nouveau le portail des Claustros San Domingo en montrant mon laissez-passer de VIP. Kenny Bloke est en train de dire à un garçon : « Ah, ça c’est une question très intéressante… » Je remonte les étages par un itinéraire bis, passe devant une grande salle de trois cents personnes écoutant Holly Sykes qui, sur scène, lit à haute voix un passage de son livre. Je m’arrête. Qu’est-ce que les gens lui trouvent, foutredieu ? Bouche bée, mines concentrées, yeux rivés sur le grand écran où est projetée une traduction du texte de la dénommée Sykes. Même les petits lutins du festival négligent leur boulot de surveillance à l’entrée pour vibrer à l’unisson avec l’écrivain des anges. « Le garçon ressemblait à Jacko, lit-elle. Il avait la même taille, les mêmes vêtements et la même silhouette, mais je savais que mon frère était à Gravesend, à trente kilomètres de là. » Le silence enveloppe la salle comme la neige dans un bois. « Ce garçon m’a fait signe de la main, comme s’il avait attendu ma venue. Alors je lui ai fait signe à mon tour ; et puis il a disparu dans le passage souterrain. » Ces salades tirent des larmes à certains membres de l’auditoire ! « Comment Jacko avait-il pu faire tout ce trajet si tôt un dimanche matin ? Il n’avait que sept ans. Comment avait-il retrouvé ma trace ? Pourquoi ne m’avait-il pas attendue avant de replonger dans le souterrain ? Alors, je me suis mise à courir, moi aussi… »

Je m’empresse de remonter une autre volée de marches et regagne incognito mon siège dans le fond de la salle. Les gens parlent, se lèvent, envoient des SMS. « Mais non, je ne suis pas vraiment d’avis que les poètes sont les législateurs méconnus de ce monde, ressasse Richard Cheeseman. Seul un poète de bas étage comme Shelley se bercerait de cette illusion. »

La conférence s’achève rapidement, et je me fraie un chemin vers la scène. « Richard, tu as incarné la voix de la raison, du début à la fin. »

C’est le soir. Dans d’étroites rues tracées par les Hollandais et bâties par leurs esclaves quatre siècles plus tôt, des grand-mères arrosent leurs géraniums. Je gravis les marches escarpées qui mènent au sommet de la muraille de la vieille ville. Ses pierres restituent la chaleur cumulée dans la journée à travers la fine semelle de mes chaussures, et, à mesure qu’il s’enfonce dans la mer des Caraïbes, le soleil rose comme de la rhubarbe grossit joliment. Pourquoi est-ce que je vis dans une saleté de trou du cul de pays pluvieux à la con, déjà ? Si la boucherie d’un divorce nous attend, Zoë et moi, pourquoi ne pas lever le camp pour aller vivre au soleil ? Ce pays ferait l’affaire. En bas, entre la deux fois deux-voies et la mer, des garçons jouent au football sur un terrain nu : une équipe est en t-shirt, et l’autre torse-poil. Plus loin devant, je repère un banc libre. Bon. À quelques minutes de son exécution, vais-je décider de le gracier ?

Fichtre, non ! Il m’a fallu quatre ans pour écrire Réduire Écho au silence ; à Cheeseman et sa barbe de poils pubiens, il a suffi de huit cents mots pour l’enterrer. Il a fait croître sa renommée en foulant la mienne au pied. C’est ce que j’appelle du vol. La justice réclame que les voleurs soient punis.

Je me fourre cinq bonbons à la menthe dans la bouche, sors le téléphone portable à carte prépayée fourni par Miguel l’éditeur et, lentement, je compose le numéro de téléphone que j’ai recopié de l’affiche vue à l’aéroport de Heathrow. Le bruit généré par la circulation, les mouettes et les footballeurs diminue. J’appuie sur le bouton appeler.

Une femme répond immédiatement : « Ligne sécurisée de la douane de l’aéroport de Heathrow, j’écoute ? » Je prends le plus merdique accent à la Michael Caine qui soit, effet renforcé grâce aux bonbons. « Notez bien ce que je vais vous dire. Il y a un type, Richard Cheeseman, qui retourne à Londres depuis la Colombie par le vol BA713, demain soir. BA713. Vous notez ?

– BA713, monsieur. Oui, c’est enregistré. » Je sursaute. Mais bien sûr, évidemment qu’ils vont enregistrer la conversation. « Et pouvez-vous me répéter le nom ?

– Richard Cheeseman. Comme dans “cheese” et “man”. Il y a de la cocaïne dans sa valise. Faites-la renifler par un chien. Vous verrez bien ce qui se passe.

– Bien compris, répond la dame. Monsieur, puis-je vous demander si… »

APPEL TERMINÉ, déclarent les gros pixels sur le minuscule écran. Les bruits du soir remontent. Je recrache mes bonbons à la menthe. Ils se brisent sur les dalles et gisent là, tels des bouts de dents cassées après un pugilat. Richard Cheeseman est la cause, je suis l’effet. L’éthique est soumise à la loi de Newton. Peut-être que ce que je viens de révéler suffira à faire fouiller son sac. Mais peut-être pas. Peut-être qu’on le laissera repartir après une simple mise en garde, ou peut-être qu’on lui bottera les fesses en public. Peut-être que Cheeseman perdra sa tribune dans les colonnes du Telegraph. Mais peut-être pas. J’ai fait ce que j’avais à faire, c’est au Destin de voir, maintenant. Je redescends les marches et feins de renouer mes lacets. Je me débarrasse subrepticement de mon téléphone en le jetant dans une large grille d’égout. Plop ! Quand ce qui restera de l’appareil sera exhumé – pour peu que cela arrive –, toutes les personnes en vie au cours de cette magnifique soirée seront mortes depuis des siècles. Toi, cher lecteur, moi, Richard Cheeseman, nous tous.

1. Geoffrey Chaucer, Les Contes de Canterbury, « Conte du pardonneur », traduction de

Charles Clairmont, 1908.

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