Le secret d'argile

Navarro · Chapitre 39 sur 42

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Le secret d'argile

Chapitre 37

Gian Maria était occupé à nettoyer une tablette, dont les signes cunéiformes étaient à peine lisibles quand un ouvrier entra en s’écriant :

— Monsieur, venez vite ! Un mur s’est effondré et nous avons découvert une autre salle !

— Comment cela ? De quel mur voulez-vous parler ?

Il sortit à la suite de l’ouvrier qui courait en direction des excavations. Ayed Sahadi, visiblement contrarié, était en train de donner des ordres à l’équipe d’ouvriers qui avait, par mégarde, abattu un mur d’un coup de pioche. Gian Maria demanda au contremaître :

— Que s’est-il passé ?

— Cet homme, là-bas, a donné un coup dans le mur qui s’est effondré. Nous avons découvert une salle avec des restes de tablettes. On est allé prévenir madame Tannenberg.

Au même moment, Clara arriva en courant, suivie de Fatima.

— Qu’avez-vous trouvé ? demanda-t-elle.

Une autre salle et encore des tablettes, répondit Gian Maria.

Clara entra dans la salle que les ouvriers avaient découverte et leur ordonna de ramasser toutes les tablettes qu’ils pourraient y trouver. Gian Maria s’assit à même le sol pour y jeter un coup d’œil. Il avait les yeux fatigués à force de déchiffrer des signes à demi effacés par le temps.

Aucune ne lui parut réellement digne d’intérêt, et il commença à les aligner méticuleusement pour que les ouvriers puissent les rapporter au campement et les ranger dans le conteneur où étaient entreposées les pièces que Picot n’avait pas emportées avec lui.

C’était une bénédiction qu’Anté Plaskic ait décidé de revenir parmi eux. Ahmed Husseini avait appelé Clara pour l’informer que le Croate avait changé d’avis au dernier moment. Picot, furieux, s’était dit dégagé de toute responsabilité, lorsqu’il lui avait annoncé qu’il comptait rester en Irak et retourner à Safran.

Anté Plaskic avait réussi à convaincre Ahmed de le renvoyer là-bas, fût-ce pour quelques jours – car Clara n’allait pas y rester plus d’une semaine. Il y mit une telle opiniâtreté, qu’en dépit de la situation chaotique qui régnait à Bagdad, Ahmed accepta de le faire acheminer jusqu’à Safran par hélicoptère.

— Combien de tablettes avez-vous trouvé ? demanda Clara à Gian Maria.

Ce dernier, occupé à classer les tablettes sous l’œil attentif de Plaskic, sursauta.

— Croyez-vous qu’elles en vaillent la peine ? insista Clara.

— Je l’ignore. Certaines ne comportent que des transactions commerciales, d’autres des prières, mais je n’ai pas encore eu le temps de les examiner en détail. De toute façon, nous allons toutes les mettre dans le conteneur demain. Car j’imagine que vous allez vouloir les rapporter à Bagdad.

— Oui, mais je voudrais que vous les examiniez ici même... au cas où…

— Clara ! Vous persistez à croire que nous allons trouver les tablettes de votre grand-père ?

— Elles sont ici, j’en suis sûre ! répliqua-t-elle avec humeur.

— Allons, je ne voulais pas vous fâcher. Mais je pense qu’il faut être réaliste : il ne nous reste plus qu’une poignée d’ouvriers malgré tous les efforts d’Ayed pour les retenir. L’armée les réclame. Quant aux autres... eh bien vous savez comme moi qu’ils préfèrent rester chez eux. On dirait qu’ils ont senti que la guerre était proche.

— Il ne nous reste que deux jours, Gian Maria. Ensuite, Ahmed va nous évacuer. Le ministère a ordonné l’arrêt des fouilles.

Anté Plaskic, qui assistait à la conversation entre Gian Maria et Clara, était resté silencieux, comme toujours. Il avait remarqué que Clara Tannenberg n’était pas à prendre avec des pincettes depuis l’assassinat de son grand-père.

Elle était tellement occupée à chercher les tablettes de Chamas qu’elle n’avait même pas réagi en le voyant revenir à Safran. Elle l’avait reçu avec indifférence. La vérité, c’est qu’il ne lui servait à rien.

Sa relation avec Gian Maria était tout autre. Elle s’était prise d’une affection quasi maternelle pour le prêtre. Gian Maria la suivait comme son ombre, toujours prêt à lui venir en aide, et bien qu’elle fût avare de paroles, elle lui en était reconnaissante.

Picot et son équipe n’étaient partis que depuis quelques jours, mais Clara avait l’impression que cela faisait une éternité.

Là où se trouvait jadis le campement toujours bouillonnant d’activité, il ne restait plus que les hangars vides et silencieux. Le temps semblait avoir suspendu son vol dans ce hameau reculé du sud de l’Irak.

Les rares hommes encore présents au village en attendant d’être mobilisés, les regardaient bizarrement, et Clara avait l’impression qu’ils ne lui témoignaient plus la même considération depuis la disparition de son grand-père. Sans Ayed pour faire régner l’ordre et faire travailler d’arrache-pied les ouvriers, le chantier serait allé à vau-l’eau.

Clara savait que l’offensive allait être lancée le 20 mars, et qu’elle devait avoir quitté l’Irak le 19 au plus tard. C’est pourquoi elle mettait les bouchées doubles.

Elle savait qu’elle risquait de perdre la vie sur cette terre aride qui la retenait malgré elle. Les avions de combat ne faisaient pas la différence entre les ennemis et les traîtres.

Il était cinq heures du matin quand la sonnerie de son téléphone portable la tira du sommeil. En entendant la voix affolée de son mari, elle prit peur.

— Clara...

— Que se passe-t-il, Ahmed ? Parle ?

— Il faut que tu rentres immédiatement à Bagdad.

— Pourquoi ? Il y a du nouveau ?

— Je suis inquiet.

— Tu es surmené.

— L’un ou l’autre, c’est sans importance. Tu ne peux pas rester à Safran. Hier soir, j’ai parlé avec Picot. Il avait l’air aux anges.

— Où est-il ?

— Á Paris.

— Paris ? soupira Clara.

— Il a commencé à poser les jalons de l’exposition et voudrait savoir si tu vas les rejoindre ou non.

— Les rejoindre où ça ?

— Je n’en sais rien. À l’endroit où va se tenir l’expo, j’imagine. Je t’avoue que je ne lui ai pas posé la question.

— Et toi, Ahmed, tu as l’intention d’y aller ?

— J’aimerais t’accompagner, fut la réponse prudente d’Ahmed.

Il savait que le ministère de l’Intérieur avait placé toutes ses conversations téléphoniques sur écoute et qu’après la mort d’Alfred Tannenberg, le Palais avait ordonné qu’une enquête soit ouverte.

Parmi les collaborateurs de Saddam, la trahison était une idée fixe, et tous étaient convaincus que l’assassin du vieil homme était un de ses proches.

— Il est cinq heures du matin. Si tu n’as rien d’autre à me dire...

— Si, je veux que tu rentres à Bagdad. Nous sommes le 17 mars...

— Je suis au courant. Je vais rester jusqu’au 19. Nous avons découvert une nouvelle salle aujourd’hui et plusieurs dizaines de tablettes.

— Non, Clara, tu ne peux pas rester plus longtemps. Tu dois revenir à Bagdad. Ta place est à la maison. L’armée va mobiliser tous les hommes. Il ne te reste qu’une poignée d’ouvriers.

— Encore deux jours, Ahmed.

— Non, Clara. Je vais t’envoyer l’hélicoptère aujourd’hui même.

— Je ne partirai pas. Donne-moi au moins jusqu’à demain, Ahmed.

— D’accord pour demain. À la première heure.

***

Gian Maria avait passé la nuit à inventorier les tablettes qui devaient être classées avant d’être emballées pour être expédiées à Bagdad.

Il avait mal aux yeux à force de veiller et de déchiffrer les signes gravés dans l’argile. Soudain, son regard tomba sur le nom de Chamas, gravé dans la partie supérieure de la tablette qu’il avait prise au hasard dans le tas. Il sursauta si violemment que la tablette manqua lui échapper des mains et se fracasser. Le cœur battant, il se mit à lire en suivant du doigt les inscriptions cunéiformes.

« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux.

« Dieu dit : “Que la lumière soit” et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière et les ténèbres. Dieu appela la lumière “jour”, et les ténèbres “nuit”. Il y eut un soir et il y eut un matin :

premier jour[18]. »

Profondément ému, le prêtre sentit les larmes lui monter aux yeux. Il tomba à genoux pour rendre grâce à Dieu.

Il serra contre son cœur le morceau d’argile couvert de signes qui avaient été gravés plus de trois mille ans auparavant par un scribe qui affirmait avoir écrit l’histoire de la Création que lui avait dictée le patriarche Abraham afin que les hommes connaissent la Vérité.

Sur cette tablette d’argile se trouvaient gravées les paroles que Dieu avait inspirées à Abraham et qui, des siècles plus tard, allaient être rapportées dans le livre sacré par excellence, la Bible.

Son émotion était si grande que c’est à peine si Gian Maria parvint à lire la suite :

« Dieu dit : “Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux” et il en fut ainsi. Dieu fit le firmament qui sépara les eaux qui sont sous le firmament, et Dieu appela le firmament “ciel”. Il y

eut un soir et il y eut un matin : deuxième jour[19]. »

Il continua de lire sans même se rendre compte qu’il le faisait à voix haute. Il se sentait plus près de Dieu qu’il ne l’avait jamais été. Il comprit que parmi le tas de tablettes qui lui restait à classer, il allait en trouver d’autres gravées de la main de Chamas.

Le prêtre priait, riait et pleurait à la fois tant son émotion était forte d’avoir finalement découvert les tablettes.

Il savait qu’il aurait dû en aviser Clara, mais il éprouvait le besoin de savourer seul ce moment de spiritualité intense. C’était un miracle, songea-t-il, et il rendit grâce à Dieu de l’avoir choisi, lui, comme découvreur de cette argile sur laquelle était gravée la parole divine.

Tout en déchiffrant les signes soigneusement inscrits par le calame de Chamas, il songeait au scribe, à sa relation au prophète Abraham, et comment ce dernier en était venu à lui raconter l’histoire de la Création.

Il s’interrogeait également sur le singulier parcours de cet homme. Chamas avait commencé à graver les premières tablettes à Hâran – découvertes par le grand-père de Clara.

Mais il avait également laissé sa trace ici, à Safran, dans ce temple proche d’Ur, où l’on avait retrouvé des tablettes comportant des archives administratives, des inventaires de plantes, des poèmes...

Sur certaines apparaissait le nom de Chamas, sur d’autres le nom d’autres scribes.

La salle où elles avaient été retrouvées était petite avec des murs nus, percés d’encoches qui avaient servi à arrimer les étagères sur lesquelles les scribes entreposaient les tablettes.

Clara avait suggéré qu’il s’agissait de la chambre d’un homme. Vu son exiguïté et le type de tablettes qui s’y trouvait – elles ne comportaient que des fragments de poèmes – tout portait à croire qu’il s’agissait non pas d’une dépendance officielle du temple, mais plutôt du cabinet de travail du maître, le un-mi-a.

Gian Maria se mit à songer au tournant qu’avait pris son existence au cours de ces derniers mois. Il avait laissé derrière lui la sécurité des murs du Vatican, la routine confortable qu’il partageait avec les autres prêtres, la tranquillité de l’âme.

Il était loin le temps où il dormait sur ses deux oreilles.

Bien avant qu’il décide de partir à la recherche de Clara, ses nuits étaient déjà peuplées d’angoisses. Il avait craint de ne pouvoir arrêter la main qui s’apprêtait à commettre un meurtre.

Ses yeux se remplirent à nouveau de larmes lorsqu’il se remit à lire les inscriptions.

Celles-ci le transportèrent de nouveau à l’époque où Dieu avait créé l’homme :

« Dieu dit : “Faisons l’homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre.”

« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et la femme il les créa.

« Dieu les bénit et leur dit : “Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la ; dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, et tous les animaux qui rampent sur la terre.”

« Dieu dit : “Je vous donne toutes les herbes portant semence, qui sont sur toute la surface de la terre, et tous les arbres qui ont des fruits portant

semence : ce sera votre nourriture[20]”. »

La lumière du jour commençait à poindre à travers la fenêtre quand Gian Maria vit qu’Anté Plaskic l’observait.

Il était tellement absorbé par la lecture des tablettes qu’il ne l’avait pas remarqué.

— Anté, tu ne devineras jamais ce que j’ai trouvé !

— Eh bien parle ! répondit sèchement le Croate.

— Le grand-père de Clara avait raison d’affirmer que le prophète Abraham nous a légué l’histoire de la Création. Les tablettes existent, elles sont là...

Le Croate s’approcha de Gian Maria et s’empara d’une des tablettes. Il n’arrivait tout simplement pas à croire que des hommes puissent tuer pour un vulgaire morceau de terre cuite comme celui-là. Et pourtant... c’est ce qu’il était censé faire.

— Combien y en a-t-il ? demanda Anté.

— J’en ai trouvé huit. Je remercie Dieu de m’avoir accordé cette faveur, répondit gaiement le prêtre.

— Nous devrions les emballer soigneusement pour ne pas qu’elles s’abîment, proposa le Croate.

— Non, non. D’abord nous devons les montrer à Clara. Rien ne compensera jamais la mort de son grand-père, mais elle aura au moins la satisfaction d’avoir réalisé son rêve le plus cher. C’est un miracle !

Au même instant, Ayed Sahadi entra et, posant sur les deux hommes un regard suspicieux, leur demanda :

— Que se passe-t-il ?

— Ayed, nous avons retrouvé les tablettes ! s’exclama Gian Maria, exultant comme un enfant.

— Les tablettes ? Quelles tablettes ?

— La Bible d’argile ! Monsieur Tannenberg avait raison. Clara avait raison. Le prophète Abraham a raconté à un scribe sa propre version de l’origine du monde. C’est une découverte majeure pour l’histoire de l’humanité, expliqua le prêtre de plus en plus ému.

Le contremaître s’approcha de la table sur laquelle étaient étalées les huit tablettes. Trois d’entre elles étaient brisées et Gian Maria les avait reconstituées pour pouvoir les déchiffrer.

Il n’était pas possible de les restaurer ici même et le prêtre espérait secrètement que Clara l’autoriserait à emporter les tablettes à Rome, pour les soumettre aux experts du Vatican, lesquels disposaient en outre de moyens techniques ultrasophistiqués pour les remettre en état.

— Cette nuit avait été la plus importante de sa vie, songea Gian Maria tout en continuant à prier intérieurement sans cesser de parler avec Ayed Sahadi et Anté Plaskic.

Le contremaître demanda au prêtre d’aller avertir Clara. Il se méfiait du Croate et ne voulait pas le laisser seul avec les tablettes. Gian Maria accepta de bon cœur et fila aussitôt prévenir la jeune femme. Il la trouva déjà levée, en train de prendre une tasse de thé avec Fatima.

— Vous êtes déjà levé, lui dit-elle en guise de salut.

— Clara, la Bible d’argile existe, balbutia le prêtre la gorge nouée par l’émotion.

— Bien sûr qu’elle existe ! J’en suis sûre, et d’ailleurs j’ai deux tablettes qui l’attestent, non ?

— Je veux dire que nous l’avons trouvée. Nous avons trouvé la Bible d’argile.

Clara le regarda bouche bée. Elle n’était pas sûre d’avoir bien entendu. Gian Maria avait l’habitude de tenir des propos déconcertants.

— Elles étaient là-bas, dans la salle que vous avez découverte hier. Il y en a huit, huit tablettes. C’est la... la Bible d’argile !

— Clara Tannenberg s’était levée, en proie à une agitation fébrile.

— Comment ? Que dis-tu ? Où sont-elles ? Qu’avons-nous trouvé ? répète !

Gian Maria la saisit par la main et l’entraîna dehors. Puis ils se mirent à courir en direction de l’entrepôt, tandis que Gian Maria lui racontait les événements de la nuit.

Quand Clara entra, Ayed Sahadi et Anté Plaskic, visiblement tendus, étaient en train de se mesurer mutuellement du regard, mais elle n’y prêta pas garde et alla directement à la table sur laquelle reposaient les huit tablettes.

Elle en saisit une et fut prise d’une vive émotion quand elle vit le nom de Chamas gravé sur la partie supérieure. Elle commença à déchiffrer en silence les signes en forme de poinçons qui avaient été gravés dans l’argile plus de trois mille ans auparavant.

Elle ne put retenir ses larmes, et voyant son émoi Gian Maria s’émut à son tour. Ils riaient et pleuraient tout en palpant les tablettes comme s’ils avaient voulu s’assurer qu’elles étaient bien là, sous leurs yeux, et qu’il ne s’agissait pas d’un rêve.

Ensuite, ils les emballèrent soigneusement et Clara insista pour les garder avec elle.

— Je vais les ranger avec les autres. Je ne veux pas m’en séparer.

— Je crois que nous devrions les placer sous surveillance, suggéra Ayed Sahadi.

— Ayed, je suis sous vous surveillance vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Si je garde les tablettes avec moi, il ne peut rien leur arriver.

Sahadi haussa les épaules ; il n’avait pas envie de discuter avec cette femme obstinée qu’il avait hâte de voir partir. Si le Colonel n’avait pas exigé qu’il veille sur elle comme sur sa propre vie, il y a déjà belle lurette qu’il l’aurait abandonnée à son sort.

— Quand partons-nous ? s’enquit Anté Plaskic.

— Vous venez seulement d’arriver et vous voulez déjà repartir ? s’étonna Clara.

— En fait, j’espérais pouvoir me rendre utile, s’excusa le Croate.

— J’aimerais que les ouvriers continuent de déblayer la zone dans laquelle nous avons trouvé les tablettes. Il se peut que nous rentrions après-demain.

— Non. Nous rentrons aujourd’hui même. Je viens de parler au Colonel. Il nous envoie un hélicoptère pour nous ramener à Bagdad ce soir.

— Mais c’est impossible, voyons ! Il faut que nous poursuivions les recherches ! s’écria Clara, excédée.

— Vous devez partir, c’est un ordre ! Ne tentez pas le diable et ne mettez pas la vie d’autrui en danger, rétorqua Ayed Sahadi sur le même ton.

— Je vous interdis de me parler sur ce ton ! s’écria Clara.

— Quel ton ? J’ai des ordres et je dois les exécuter. Tenez-vous prête à partir, nous levons le camp cet après-midi.

 

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