Le Sirénien (French Edition)
Chapitre 16
Tasha se trompait. En fin de semaine, Thompson ne se manifesta pas. Bastien dut lui demander un nombre incalculable de fois de prendre son mal en patience. L’enthousiasme de ma meilleure amie avait laissé place au stress et elle n’en dormait plus : elle craignait qu’on ne lui vole son idée et que l’expédition se fasse sans elle.
Bastien et moi promîmes de lui changer les idées durant le week-end.
Ce qui était pour moi une bonne excuse d’éviter Jared.
Entre mon frère et moi, une tension palpable persistait, même si nous n’avions plus reparlé des siréniens. Nous avions tacitement décidé d’adopter une attitude à peu près normale – du moins devant notre mère. J’attendais des excuses de sa part, mais elles tardaient à arriver.
Le samedi midi, je quittai la maison sans avoir croisé Jared, et j’allai retrouver Tasha et Bastien à Riverside Farmers Market. Après un déjeuner sur place, nous flânâmes de boutique en boutique, car Bastien cherchait un cadeau pour l’anniversaire de son père.
En début de soirée, nous nous installâmes à notre bar préféré d’Oxford Terrace, à l’étage, avec vue sur la ville. L’océan était trop loin, mais l’air tiède transportait avec lui son odeur salée. Ma dernière baignade remontait à trois jours et mon cœur se languissait déjà. Même la perspective des cours à l’université ne me réjouissait plus. Je voulais naviguer, plonger, observer, apprendre sur le terrain et reléguer le laboratoire au second plan.
Entre les tapas et les bières, la soirée s’étira doucement. Avec Tasha et Bastien, dès qu’il était question d’avenir, le monde semblait nous offrir tant de possibilités. C’était exaltant d’être à ce tournant de nos vies où nous pouvions décider exactement qui nous voulions être.
Et pourtant, le pincement au fond de mon cœur persistait. L’appel du large se faisait pressant, mon cœur avait été contaminé par l’océan et mon corps restait dans une sensation d’expectative, comme un drogué en manque.
L’ambiance au bar prit des allures romantiques ; le gérant passa quelques slows et des couples se formèrent sur la piste de danse. Bastien invita Tasha et je regardai mes deux amis, mains liées, yeux dans les yeux, comme s’ils étaient seuls au monde. Je commençais à me sentir de trop.
À la fin de la deuxième chanson, Tasha revint vers moi avec un sourire d’excuse.
— Désolée de t’avoir laissée !
— Ne t’inquiète pas, fis-je en bâillant de manière exagérée. Je vais rentrer. Profitez de votre soirée.
— Rentre bien, Carly.
Je descendis l’escalier pour quitter le bar. Le ciel était limpide, l’air tiède jouait sur mes jambes nues et dans mes cheveux lâchés. L’été s’étirait encore, mais bientôt les feuilles deviendraient rouille, l’eau se rafraichirait et les sorties à la plage s’espaceraient. Et lorsque l’hiver s’installerait pour de bon, l’envie de me baigner – dans une eau à moins de dix degrés – me quitterait complètement.
Absorbée par mes pensées, je ne vis pas le groupe d’étudiants qui passait à côté de moi. Je manquai malencontreusement une marche et bousculai quelqu’un.
— Désolée !
L’étudiant en question se retourna. Des épaules carrées, les cheveux bruns légèrement négligés… Ce n’était autre que Tobias.
— Carly, ça fait plaisir de te revoir. Comment tu vas ?
Le fameux groupe d’étudiants se trouvait à la terrasse voisine du bar que je venais de quitter, certains assis autour d’une table, d’autres debout. L’haleine de Tobias sentait l’alcool.
— Je suis en train de rentrer, lui dis-je.
— Il n’est pas tard, tu ne veux pas plutôt prendre un verre avec nous ?
Il ne sembla pas s’émouvoir de rester au milieu du chemin. Je dus le frôler pour passer devant lui.
— Bon d’accord, décida-t-il, je te raccompagne.
— Pas besoin, merci.
Depuis la dernière soirée où Tasha avait tenté de me caser avec lui, j’étais sur mes gardes. Des rumeurs couraient sur lui dans les couloirs de l’université – un séducteur qui usait et abusait de son charme et changeait de conquête toutes les semaines.
— Allons, tu ne vas pas refuser un peu de compagnie.
— Tu ferais mieux de retourner auprès de tes amis.
Il posa sa main sur mon épaule. Je me dégageai.
— Tu es farouche !
— Je veux juste rentrer chez moi, Tobias.
— Et je veux juste te raccompagner, reprit-il avec un sourire goguenard.
Nous avions fait seulement quelques pas et je dus m’arrêter au pont pour céder le passage.
Tobias en profita pour se rapprocher de moi.
— Tu as un joli bronzage et on dirait que tu sens le soleil et l’océan…
Je ricanai :
— Je crois que tu te montes la tête.
Il glissa un bras autour de ma taille et je me dégageai un peu vite. Il fronça les sourcils.
— D’habitude les filles se jettent plutôt dans mes bras.
Des mots désagréables me titillaient la langue pour remettre son ego à sa place. Je me retins. Les passants avaient fini de traverser le pont, et ne nous prêtaient pas attention. Lorsque je voulus m’y engager à mon tour, Tobias m’agrippa le poignet et dans le même élan me fit pivoter vers lui.
— Arrête ! criai-je.
— Tu me dois une danse, tu te souviens ?
Il me tira à lui et soudain sa bouche fut sur la mienne, féroce, sans échappatoire. Jamais je n’aurais appelé ça un baiser. Son autre main descendit sur mes fesses. Je luttai, d’abord en tentant de dégager mon visage du sien, puis en utilisant mes poings contre sa poitrine pour le repousser. Rien à faire. Lorsque je relevai le genou pour viser son entrejambe, il consentit à s’écarter.
— Tobias ! appelèrent les autres étudiants.
Ce dernier jeta un regard irrité de l’autre côté de la route, où ses amis lui faisaient signe.
— Lâche-moi, répétai-je alors qu’il tenait toujours mon poignet.
Mon cœur battait dans mes oreilles. Tobias hésitait. Laisser tomber et rejoindre ses amis ? Insister jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il voulait de moi ?
Un remous dans l’eau attira mon attention. Une éclaboussure jaillit sur Tobias, mouillant son entrejambe.
L’un des étudiants le pointa du doigt.
— Oh-ho, je crois que Tobias s’est fait dessus !
Les autres s’esclaffèrent. Rouge de confusion, Tobias desserra mon poignet :
— Qui a fait ça ?
— Je crois que tu as trop bu, répliquai-je.
Il continuait de me fixer, puis de regarder autour de nous, comme s’il s’attendait à voir surgir l’auteur de la plaisanterie.
Je profitai de son air contrit pour me libérer d’un coup sec, reculer à grandes enjambées et terminer de traverser le pont afin de mettre un maximum de distance entre lui et moi. Les mains qu’il avait posées sur moi me donnaient la nausée. J’étais en colère et humiliée… J’attendis d’avoir trouvé un endroit calme et désert pour m’approcher de la rivière.
De l’autre côté du pont, Tobias avait choisi de rejoindre son groupe d’amis, mais je ne poussai pas encore un soupir de soulagement. Je me penchai vers l’eau en retenant mon souffle.
— Eridan ?
Sa tête surgit hors de l’eau si vite qu’il me fit sursauter. Contrairement à d’habitude, son visage était crispé, ses muscles contractés.
— Qu’est-ce que tu fais là ? dis-je. Ce n’est pas prudent, on risquerait de te voir !
Il plissa les yeux.
— M’en veux-tu d’être intervenu ? J’ai cru que cet humain se comportait mal, mais peut-être ai-je mal interprété…
Je déglutis.
— Carly ? Tu trembles.
Il posa un doigt sur mon poignet qui avait rougi sous la poigne de Tobias.
Je n’eus pas besoin de lui expliquer. Son visage en devint ténébreux.
— Il n’a pas eu ce qu’il méritait. Cette simple humiliation n’est pas à la hauteur de ce qu’il a fait.
Je lui agrippai un peu vite l’avant-bras.
— Non Eridan !
Je manquai de basculer à sa suite dans l’eau. Ses mains humides se posèrent sur mes épaules pour m’aider à conserver mon équilibre.
— Ce n’est pas grave, d’accord ?
— Pas grave ?
— Tu as fait diversion. Il m’a laissée tranquille, c’est ce qui compte.
— Je ne supporte pas l’idée qu’on te fasse du mal.
Il ne me regardait plus, l’esprit accaparé par Tobias. De l’autre côté, on percevait encore les rires des étudiants.
— Viens, je te raccompagne.
Nous continuâmes d’avancer en silence, lui immergé, et moi marchant le long d’Avon River.
Il avait nagé bien plus loin que la dernière fois. Nous étions au cœur de la ville, de ses animations, de ses lumières et de ses passants. N’importe qui aurait pu le voir. Tobias y compris.
Nous nous arrêtâmes au niveau du club d’aviron. Marcher m’avait permis de me remettre les idées en place.
J’enlevai mes sandales et m’assis sur le rebord, en laissant tremper mes pieds dans l’eau.
— Ne refais plus ça, Eridan, promets-le-moi.
Il leva un sourcil.
— Tu parles de venir aussi près de la ville ? Ou de m’en prendre à cet humain ?
— Les deux. Si jamais on te voit… Je ne veux même pas imaginer la réaction des gens.
Je fixais mes pieds, honteuse de devoir énoncer cette vérité :
— Les humains ne sont pas tous tolérants. Surtout envers la différence. Pour nous, vous êtes un peuple de légende et vous n’existez pas. Si on vous découvre, il y aurait des gens malintentionnés qui seraient prêts à vous faire du mal.
Je relevai un peu le menton pour croiser son regard.
— Tu penses vraiment que je serais en danger ?
J’acquiesçai.
Il marqua une pause, comme s’il enregistrait les informations que je lui avais données.
— Je crois comprendre, dit-il alors. Mais je ne regrette pas d’être venu.
Le stress remonta d’un cran.
— Tu n’as pas l’air de te rendre compte…
— Carly, c’est toi qui ne comprends pas. En dépit des risques, je serais quand même venu… car j’en avais assez d’attendre avant de te revoir.
— Attendre ?
— La flûte est notre seul moyen de communication, et à sens unique. Comment suis-je censé faire si j’ai envie de te voir ?
Là, il me prenait au dépourvu.
— J’aurais fini par l’utiliser.
— Vraiment, Carly ? Je me demande si c’est ainsi que tu traites ceux auxquels tu tiens.
Il touchait une corde sensible ; ses mots frappaient à la porte de mon cœur, sans s’émouvoir d’en faire trembler les murs.
— Je pense beaucoup à toi, reprit-il lentement. Tu occupes mes pensées en permanence.
Sa confidence se termina presque en murmure. Ses paroles n’étaient plus des assauts contre mes murs intérieurs, mais des effleurements.
J’étais perdue.
— J’aime être avec toi, murmura-t-il.
Il se rapprocha. Posa une main sur le ponton en pierre. Si je voulais, j’aurais pu toucher ses doigts palmés. Plonger avec lui, tête la première, dans les émotions qu’il évoquait.
— J’aime aussi passer du temps avec toi, dis-je.
Je n’aurais pas dû. Il me sourit, révélant ses fossettes ; son air taquin le rendait irrésistible.
Il me détaillait à présent. Il ne m’avait jamais vue habillée ainsi : je portais une robe beige aux fines bretelles, qui moulait ma taille. Ses regards me donnaient chaud. Bon sang, quelles étaient mes résolutions déjà ?
— J’aimerais te poser une question, dit-il. Tu es très proche de Bastien. Est-ce que Tasha et toi étiez toutes les deux intéressées de l’avoir comme compagnon ?
Sa remarque me fit rire malgré moi.
— Non, pas du tout ! Bastien est un ami, il ne m’a jamais intéressée comme ça. Tasha et lui sont faits pour être ensemble. Il y a de vrais sentiments amoureux et de l’attirance entre eux.
— De l’attirance, répéta Eridan, pensif.
Ses yeux, d’un bleu plus profond que jamais, m’entrainaient dans les abysses de son monde. Quelque chose me souffla que s’il ne comprenait pas toujours les rapports entre humains, le mot attirance lui parlait.
Je sursautai en sentant sa main effleurer mon pied sous l’eau.
— Excuse-moi, je peux ?
Il y avait beaucoup de curiosité dans sa voix.
— Notre conversation l’autre jour…
— Je m’en souviens parfaitement. Tu as parlé de limites. Et je ne les franchirai pas si ça te met mal à l’aise. C’est pour ça que je demande. Est-ce que je peux toucher tes jambes ?
Le visage d’Eridan était à hauteur de mon genou gauche. Mon corps me trahissait, j’avais envie de son contact plus que tout… Très lentement je fis oui de la tête. Sa main palmée passa sur ma malléole, sortit de l’eau pour grimper le long de mon mollet, puis redescendit en faisant le contour de ma cheville.
— C’est fascinant.
Son souffle chatouilla la peau nue de mes jambes. Un sourire se dessina sur ses lèvres.
— Cet humain avait raison sur un point, ta peau sent bon le soleil.
J’avais perdu la faculté de parler. Deux pensées se querellaient en moi :
Encourage-le !
Dis-lui d’arrêter !
— Carly ?
— Oui ?
— Préviens-moi si je vais trop loin.
Ses lèvres n’étaient plus qu’à un centimètre de mon genou lorsqu’elles se posèrent sur ma peau. Fraîches. Tendres. Flatteuses. Le contact était aussi léger que l’effleurement d’un pétale de rose. Je fermai les yeux. Il les promena autour de mon genou, goûtant et humant ma peau, puis il passa sur le côté intérieur. J’écartai un peu les cuisses pour lui faire de la place. Ses baisers se firent plus ambitieux, plus appuyés, plus charnels. J’aurais dû avoir honte de sentir le désir monter.
— Eridan, commençai-je.
— Oui ?
Je ne savais par où commencer. Sa joue resta collée contre mon genou, sa main cessa son va-et-vient sur mon mollet, mais il ne l’avait pas ôtée.
— Je crois que nous allons trop loin.
— Déjà ?
Je sentis son sourire sur ma peau. Il s’écarta légèrement.
— Tu sais, me confia-t-il, nous sommes encore loin des limites du convenable. Si tu apprécies ceci – sa main grimpa jusqu’à mon genou – ça ne peut pas être une limite abominable à franchir.
Je secouai la tête en souriant malgré moi face à sa manière de présenter les choses. Je posai ma main par-dessus la sienne. Il l’attrapa alors pour la déposer sur son visage. Sa peau était douce, lisse, complètement imberbe. Je touchai du bout des doigts ses lèvres, devenues chaudes suite à ses baisers.
— Tu vois ? murmura-t-il. Pour moi la limite est encore loin d’être atteinte.
— Peut-être que nous n’avons pas les mêmes.
— Je nous trouve plutôt sur la même longueur d’onde.
Il prit appui sur ses mains de chaque côté de mes genoux et se hissa à ma hauteur. En appui ainsi, il me dominait légèrement, ses hanches prirent place entre mes jambes, sa nageoire reposant dans l’eau. Quelques gouttes d’eau glissèrent le long de ses épaules et de son torse pour atterrir sur mes cuisses brûlantes.
Je le détaillai avidement, caressant du regard le contour des muscles de ses bras contractés. Mes mains se retrouvèrent sur son torse par je ne sus quel moyen ; je mentirais si je prétendais vouloir le repousser.
— Eridan.
— Oui ?
— À quoi tu penses ?
— Je me demandais si tes lèvres avaient le même goût que ta peau et je voulais te demander si je pouvais les embrasser.
Sa sincérité était désarmante.
— Est-ce que tu réfléchis seulement aux conséquences avant de poser une telle question ?
— La seule chose qui m’importe est de savoir si tu en as envie.
Je frissonnai. Je ne pouvais pas répondre, du moins pas sans mentir. Si je ne le repoussais pas maintenant, allait-il braver la limite que j’avais fixée ? Il m’avait promis de ne pas recommencer.
Il se mit à rire. Il y avait bien trop d’assurance dans son regard et mon cœur n’en menait pas large. Après un bref soupir, il s’écarta et s’immergea à nouveau dans l’eau.
— D’accord, capitula-t-il. Nous avons assez repoussé les limites pour ce soir. Nous continuerons une autre fois.
— Il ne faudrait pas qu’il y en ait d’autres, protestai-je d’une voix rauque.
— J’ai l’impression que tu ne penses pas un seul mot de ce que tu viens de dire.
— L’un de nous deux doit se montrer raisonnable.
Le charme était loin d’être rompu. Mon corps dégageait bien trop de chaleur. La cloche de l’église sonna onze heures.
— Tu me raccompagnes ? demanda-t-il.
Pour toute réponse, je me levai et récupérai mes sandales.
— J’aime beaucoup ta ville de nuit, dit Eridan en nageant sur le dos. Lorsque je la regarde depuis le large, elle a quelque chose de magique avec ses lumières. Elles me rappellent les méduses bioluminescentes des profondeurs.
— J’imagine combien ça doit être beau.
Tous les reportages du monde ne me suffiraient pas pour découvrir le monde marin. J’aurais besoin de plus.
— Peut-être qu’un jour tu feras plus qu’imaginer, dit Eridan comme s’il avait lu dans mes pensées.
Nous étions arrivés à Bridge Street, le dernier pont avant que la rivière ne se jette dans l’océan. Encore un pont. Le lieu de tous les au revoir.
Je m’accroupis à son niveau sur le bord.
— La prochaine fois que tu penses à utiliser la flûte, fais-le, tout simplement. Il n’y a pas besoin de raison. Dis-moi que tu le feras, Carly.
Je me mordis la lèvre. Mes résolutions n’étaient pas loin de lâcher.
— Tu es sûr que c’est une bonne idée ?
Eridan se hissa un peu plus à ma hauteur, sa main caressa ma joue avant de se retrouver nichée dans ma nuque. Nos fronts se collèrent l’un à l’autre, comme après le jour où Nalu avait été malade et qu’Eridan débordait de reconnaissance envers moi.
Ce jour-là, il m’avait embrassée.
Son odeur saline me faisait tourner la tête. Son contact était frais et chaud à la fois. Deux opposés, deux contradictions. De ses doigts humides, quelques gouttes glissèrent de ma nuque, le long de ma colonne vertébrale. Pendant une folle seconde, je me vis pencher la tête et goûter ses lèvres, comme une affamée qui se jette sur un festin après des jours de jeûne forcé. Je voulais me rappeler cette sensation qu’en un baiser, il m’avait ouvert la porte des merveilles de l’océan.
Mais il se détacha de moi et l’image mentale disparut.
— Bonne nuit, Carly.
— Bonne nuit, Eridan.
En allant me coucher un peu plus tard, mon corps entier restait avec une sensation de désir inassouvi.
Peu importait le nombre de fois où je réfrénais mon désir, il revenait avec plus de force encore. Mon corps avait été marqué de ses doigts et de ses lèvres.
Le désir d’Eridan me troublait. Ressentait-il la même chose pour les sirènes ? Était-il en train de me confondre avec l’un des siens ? Cette pensée était absurde, le temps qu’il avait pris à découvrir mes jambes était bien la preuve qu’il ne niait pas nos différences. Alors était-ce de la simple curiosité ?
Je pense beaucoup à toi. Tu occupes mes pensées en permanence.
Je tournai encore et encore dans mon lit. La sensation de chaleur dans mon ventre ne diminuait pas. Je mis un temps fou à chasser mes interrogations et lorsque le sommeil me happa, ce fut pour m’entrainer une fois de plus dans les bras d’Eridan.
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