Le Sirénien (French Edition)

Capucine Sergent · Chapitre 18 sur 32

Pages du PDF

Le Sirénien (French Edition)

Chapitre 18

 

Le départ eut lieu à l’aube. Thompson avait réussi à obtenir la mise à disposition d’un bateau à moteur tout confort et facile à manœuvrer. Le matériel était tout aussi sophistiqué : une caméra avec lampe intégrée, équipée d’un sondeur et d’un sonar mettant en évidence le relief des fonds, capable de mesurer l’oxygène, le méthane, et le champ magnétique. Les images seraient restituées et enregistrées automatiquement par l’ordinateur à bord.

Le bateau quitta le port.

Nous nous installâmes dans la cabine, pendant que le soleil se levait timidement à l’horizon. Bastien fit circuler des tasses de thé et de café, ainsi que des petits pains aux lardons, des brioches et des fruits secs.

L’idée de voir en images les profondeurs nous mettait dans un état d’enthousiasme communicatif : la journée promettait d’être riche. Les abysses étaient un terrain de jeu qui, pour tout biologiste marin, s'apparentait à la découverte d’un nouveau continent.

Si l’épave s’avérait être le Clifford, alors nous allions découvrir un lieu inexploré et remonter le temps de près de deux siècles.

Postée à tribord pour avoir la meilleure vue sur l’horizon, je guettais depuis un moment Eridan. La houle était faible, le temps radieux, avec une très bonne visibilité. Sa caudale bleue fut repérable entre mille.

Je me précipitai à la poupe du navire, en criant à Thompson qu’Eridan était arrivé. Je descendis la marche qui m’amenait sur le tableau arrière, soit au plus près de l’eau. Eridan se dirigea vers moi. 

Tout le monde le salua. 

— Tu arrives de loin ? Tu n’es pas trop fatigué ?

— Je suis en pleine forme. Et même si cette journée va être longue, je sais à quel point elle en vaut la peine.

Il souriait comme un gamin. Je levai les yeux au ciel.

Tasha s’approcha de moi avec l’équipement.

— Tu veux lui expliquer ?

J’acquiesçai et prit la caméra par les deux poignées, aussi large qu’un volant et pesant entre trois et quatre kilos.

— Tu dois la tenir comme ceci, dis-je à Eridan. Il y a une lampe frontale intégrée, que j’allumerai au dernier moment. Tu n’auras pas besoin d’y toucher. D’ailleurs, il vaut mieux que tu évites de poser tes mains ailleurs que sur les poignées, et surtout pas devant l’objectif. C’est cette partie-là qui filmera.

— Je crois que je commence à comprendre.

— Ok, tu vas descendre à environ mille deux cent mètres de profondeur, c’est communément ce qu’on appelle la zone bathyale, la température sera aux alentours de cinq degrés, et…

Eridan m’interrompit en riant.

— Pas besoin de ce genre de détail, c’est mon domaine.

Bien sûr. L’appréhension mettait mes nerfs à rude épreuve.

— Tu as des questions ?

— Est-ce que vous pourrez communiquer avec moi depuis le bateau ? 

— Non. Nous verrons les images en direct, en même temps que toi, mais nous n’avons pas d’appareil capable de communiquer avec la pression.

— Comment savoir ce que vous voulez voir ?

— C’est une exploration, on veut voir le maximum. Mais sans que tu te mettes en danger.

Il pencha la tête.

— Je suis toujours prudent.

Une fois les derniers réglages faits, Thompson indiqua que tout était opérationnel en cabine. Il donna son feu vert à Eridan. Ce dernier tint fermement la caméra et plongea sans le moindre remous.

C’est parti. 

Je m’assis à côté de mes amis face à l’écran d’ordinateur.

Le bleu dans toutes ses nuances.

La zone épipélagique tout d’abord, jusqu’à deux cents mètres de profondeur.

Puis venait la zone mésale, le bleu s’assombrissait pour devenir noir, jusqu’à mille mètres.

Nous entrions dans la zone bathyale. Il n’y avait aucun son par le biais de la caméra, l’image aurait pu paraître statique et on devinait à peine les mouvements de la nageoire d’Eridan.

Qu’est-ce que nous allions trouver ? La physionomie des environnements à une telle profondeur était variée et complexe, reflétant l’évolution tectonique du sous-continent Zealandia ; on pouvait y trouver des bassins, des abreuvoirs remplis de sédiments, des plateaux, des monts sous-marins, des canyons, ou encore des crêtes volcaniques…

Un animal traversa le champ de vision de la caméra.

— Un rhinochimère à nez mou ! s’exclama Thompson. C’est une espèce de poisson encore très mal connue.

Il avait un museau allongé, pointu, et plat sur le dessous. Sa longue queue formait un filament.

— Regardez, murmura alors Bastien.

Une forme se précisait.

— On dirait… un canon ?

Il y en avait deux. Puis, plus loin, la forme reconnaissable d’une ancre.

Une forme sombre se précisait. Tasha l’avait deviné : il s’agissait bien d’une frégate. Posée droit sur sa quille au fond de l’océan, l’hélice était encore en place.

Eridan avança vers la proue, puis nagea par-dessus le pont, brisé en plusieurs endroits.

Thompson prenait des notes sans quitter l’écran des yeux. Tasha en faisait de même. 

Des coraux s’était développés sur le pont, bien préservé grâce à l’eau froide.

Au détour suivant, nous croisâmes un requin-lézard. La tête large et aplatie avec un museau court et arrondi, son nom lui venait de ses narines situées sur le dessus de sa tête.

— On en observe si peu souvent, murmura Thompson pour lui-même. Vous saviez qu’il a la période de gestation la plus longue chez un vertébré : elle peut durer trois ans et demi.

— On l’a longtemps comparé au serpent de mer des mythes, renchérit Tasha.

— Ça ne m’étonne pas, marmonna Bastien avec un frisson.

La seule chose qui m’importait était que le requin-lézard n’embête pas Eridan.

Il n’y avait plus qu’un trou là où aurait dû se situer le grand mât. On en distinguait une partie qui s’était écroulée, puis qui avait été colonisée par des milliers d’algues et de coquillages.

— Ah, s’enthousiasma Tasha, il se dirige vers la cale !

Eridan commença à descendre le long d’un escalier, et accéda à la chambre du capitaine. Les sédiments la recouvraient, ce qui avait permis de préserver son bureau.

— C’est dans cette pièce qu’on pourra trouver des instruments scientifiques et des cartes, dit Thompson.

À côté du lit, reposait un coffre, d’aspect sain et surtout toujours scellé. Il devait y avoir des documents importants à l’intérieur, peut-être des informations sur les personnes à bord et leur destin funeste.

La caméra pivota et se retrouva devant une porte close.

— Les quartiers personnels du capitaine ? devina Bastien. 

— Hmm, ils sont inaccessibles, dommage !

Eridan ressortit, et prit de nouveau de la distance. Il passa devant un pan de la coque qui avait été enfoncé, formant un creux.

— On dirait qu’un objet lourd s’est enfoncé dedans, réfléchit Tasha. Mais ça ne ressemble pas aux dégâts causés par un canon, n’est-ce pas ?

— Peut-être un choc au moment du naufrage. Ou encore, lorsque le navire a atteint le fond. C’est difficile à dire avec si peu de contexte, répondit Thompson.

— Eridan remonte, indiquai-je.

Quelques minutes plus tard, il était de retour et tendait la caméra à Thompson. Lui et Bastien la transportèrent jusqu’en cabine.

— Vous avez vu ce que vous vouliez voir ? demanda-t-il.

— C’était parfait. On se retrouve avec pas mal de mystères à résoudre, mais ce sera le boulot des archéologues.

Eridan croisa les bras en appui sur le tableau arrière, pensif.

— C’est vraiment important pour les humains d’avoir toutes les réponses ?

— Le passé regorge d’enseignements précieux pour nous, expliqua passionnément Tasha. Comprendre, c’est éviter de répéter les mêmes erreurs à l’avenir. 

Malgré tous les efforts qu’Eridan déployait pour intégrer ce concept, cela lui restait étranger.

— Prenons par exemple la coque abîmée : si on découvrait qu’un choc contre un rocher a endommagé…

— Un choc ? J’aurais dit que l’eau avait été en cause, interrompit Eridan.

J’échangeai un regard avec Tasha.

— Comment ça ?

— Le creux ressemble à la force de l’eau lorsqu’elle est dirigée par une créature.

Il nous fit la démonstration et manipula un filet d’eau qu’il projeta contre la poupe du bateau.

— Qui aurait fait ça ?

J’avais tressailli malgré moi.

— Une créature plus grande et plus forte que moi, qui vit dans les eaux profondes. C’est une simple intuition.

Tasha fronça les sourcils sans renchérir. Lorsqu’elle voulut poser une question, Thompson nous avait rejoints.

— Eridan, si vous êtes d’accord, j’aimerais vous demander une deuxième plongée.

— Une deuxième ? répétai-je, sur la défensive.

— Pour remonter le coffre que nous avons vu dans la chambre du capitaine.

Les yeux de Tasha s’illuminèrent.

— Vous pensez qu’il contient des documents importants ?

— C’est une certitude. Et il y a de fortes chances que des livres et des lettres à bord aient été préservés dans l’eau froide. Les écrits pourraient éclaircir ce qui s’est passé, la chronologie des événements. On a déjà trouvé des photographies prises par un daguerréotype qui a survécu sur d’autres épaves dans des conditions froides.

— Le coffre doit être lourd.

— Je sais, c’est pourquoi j’ai pensé au parachute de relevage.

Il continua son explication en montrant les sangles, le parachute en toile blanche ainsi que la bouteille d’air comprimé.

En théorie, l’idée de Thompson paraissait simple. Le parachute était équipé d’un bouchon de vidange et d’un système de fixation avec quatre anneaux et une manille. Il suffisait de fixer les sangles au parachute, puis de diriger le tuyau d’air à l’intérieur du parachute et lorsqu’il se gonflerait, le coffre remonterait.

Cette fois, il n’y aurait pas de caméra avec Eridan. Simplement une lampe frontale pour lui permettre de se guider dans le noir. Eridan écouta attentivement les indications de Thompson, sans faire plus état de la « créature des profondeurs ».

C’était il y a longtemps, me dis-je pour me rassurer. 

— Je ferai de mon mieux, dit Eridan.

Puis il repartit.

L’attente parut interminable. Nous étions tous postés à chaque coin du bateau, à guetter la surface.

Je me rongeai les sangs. Je pensais à tout ce qui pouvait mal tourner à cette profondeur et au fait que personne ne pourrait lui porter secours. Pire encore : personne ne le saurait. Le soleil était haut dans le ciel. Que se passerait-il si Eridan ne réapparaissait pas ? Pourrais-je contacter Kailano ou Adaro ? Que dirais-je à Nalu s’il arrivait quelque chose à son père ?

Thompson était effroyablement silencieux. Il devait partager les mêmes incertitudes que moi, à la différence qu’il n’avait pas hésité à renvoyer Eridan chercher le coffre. J’aurais dû dire non. Nous avions notre film, c’était au sous-marin de prendre le relais.

— Je vois quelque chose, dit Bastien.

Des bulles. Suivies de la toile du parachute de relevage. Thompson et Bastien s’empressèrent de se pencher pour récupérer l’équipement, en tirant doucement le parachute.

— Vous avez besoin d’aide ? demanda Tasha.

Mais tout à leur occupation, Thompson ne répondit pas. Le coffre n’était même pas encore visible.

— Je sens que quelque chose glisse, dit Bastien.

Thompson et lui tirèrent plus lentement. Le coffre perça la surface de l’eau, mais il était lourd. Des gouttes de sueur perlèrent aux tempes de Thompson. Tasha joignit ses forces à celles de Bastien.

Je m’avançai contre le franc-bord. Où était Eridan ? Je plissai les yeux, à la recherche de sa silhouette. Enfin je le vis, bras tendus en-dessous du coffre. L’eau se mit à bouillonner : il utilisait son pouvoir pour les assister.

— La sangle ! cria Bastien. Celle de mon côté va céder.

— Ne tirez pas trop fort, dit Thompson, on doit synchroniser nos mouvements.

Je me penchai un peu plus.

— Bastien…, commençai-je.

— Ça glisse, marmonna-t-il en réponse.

— Eridan ! criai-je. Ne reste pas là !

C’était stupide, il n’entendait rien sous l’eau. Il y eut un clac assourdissant : la sangle à gauche venait de lâcher. Le coffre retomba dans l’eau dans un plouf… et heurta la tête d’Eridan.

Je n’entendis rien à l’impact. Thompson tenait toujours l’autre sangle et poussa un râle ; Bastien accourut pour l’aider.

Sans réfléchir, je sautai par-dessus bord. L’eau fraîche m’accueillit et me coupa le souffle. Je clignai des yeux ; tout était flou. La silhouette d’Eridan, sa nageoire bleue sur fond bleue, était là. Immobile, à la dérive, une tache rouge s’élargissait au-dessus de sa tête. Je nageai jusqu’à lui et l’attrapai par la taille pour le pousser vers la surface. Il était lourd ! Je le tins sous les aisselles, tirant tout en battant des jambes. Dès que j’eus la tête hors de l’eau, j’ouvris la bouche pour inspirer ; le poids d’Eridan m’alourdissait, m’entrainant vers le fond. Je dus lutter pour rester à la surface. Je positionnai mon bras droit sous l’aisselle d’Eridan, mais son torse était tellement large que je peinais à trouver la bonne position.

— Eri…dan !

Je bus la tasse et recrachai de l’eau salée. J’en avais dans le nez, dans les yeux et je toussai. J’allais me noyer en voulant sauver quelqu’un qui pouvait respirer sous l’eau !

— Carly ! Attrape !

Tasha. Une bouée fut jetée à quelques mètres de moi, je l’empoignai de mon bras valide. Lorsqu’on commença à me tirer, je retins mes larmes, écartelée entre la force de la bouée et le poids d’Eridan. Ça ne dura que quelques mètres.

Dès que je fus à portée, Tasha me saisit par les épaules. 

— Ça va ?

Mon dos butait contre le tableau arrière et j’inspirai de réelles bouffées d’air.

— Aide-moi à le sortir de l’eau.

J’entendis alors la voix faible d’Eridan.

— Ma tête.

Il est conscient !

Pendant que Tasha le tenait sous les aisselles, je me hissai à bord. Accroupie, je pris le visage du sirénien entre mes mains.

— Eridan, tu m’entends ?

— Oui, oui.

Il avait une entaille sur le front, au niveau de la tempe gauche. Ses yeux s’ouvraient et se fermaient par intermittence. 

— Je vais chercher la trousse de secours, me dit Tasha. Tiens le bien.

J’enroulai mes bras autour de son torse. Lorsque Tasha le lâcha, le poids d’Eridan manqua de m’attirer dans l’eau. Je me plaçai perpendiculairement à lui et enroulai cette fois mes jambes autour de sa taille. J’avais ainsi les mains libres pour orienter son visage et regarder sa blessure. 

— Tu saignes encore un peu, remarquai-je. Ne bouge pas, on va te soigner.

— Si j’avais su qu’une petite entaille me permettrait d’être à nouveau entre tes bras… Ou devrais-je dire entre tes jambes.

Malgré moi, je souris.

— Tu m’as fait peur, avouai-je.

Sonné, il cligna des paupières, mais ne répondit pas.

Tasha revint avec la trousse de secours et l’ouvrit devant moi.

— Comment tu te sens Eridan ?

— On ne peut mieux.

Tasha leva un sourcil interrogateur, mais je l’ignorai.

— Il faudrait désinfecter la plaie.

Tasha me tendit tout ce dont j’avais besoin et j’appliquai le désinfectant sur sa blessure. Cela lui déplut.

— Ce n’est qu’une petite blessure qui va vite guérir.

— Je préfèrerais qu’on t’ausculte, par mesure de précautions.

— Et le coffre ? demanda Eridan.

— Bastien et Thompson ont réussi à le sortir de l’eau, l’informa Tasha. Je suis désolée, ils ont réagi un peu tard.

Je gardai mes reproches pour moi. Thompson avait complètement manqué de prudence !

Tasha remballa la trousse de secours et retourna en cabine.

Mes jambes enserraient toujours la taille d’Eridan, mes vêtements trempés me collaient à la peau. Il posa sa main sur mon genou, redressant la tête pour me regarder dans les yeux.

— Alors, penses-tu que j’ai gagné ma journée avec toi ?

J’étais partagée entre l’envie de rire et de pleurer.

— D’accord, dis-je dans un souffle. Si c’est vraiment ce que tu veux.

— C’est vraiment ce que je veux, confirma-t-il d’une voix un peu plus intense.

— Tu pourrais le regretter, et me trouver de terrible compagnie.

— J’en doute.

Thompson appela mon nom. Je me redressai – Eridan grogna lorsque je défis mes jambes enroulées autour de sa taille.

— Je suis tellement désolé, répétait Thompson. Il n’y a eu que la tête ?

— Oui.

Il ausculta à son tour la blessure laissée par l’impact.

— En cas de commotion cérébrale, on préconise le repos et de faire attention pendant les jours suivants.

— Ne vous en faites pas pour moi, dit Eridan, c’est ce que je répète à Carly, cette blessure guérira rapidement.

— Eh bien, je fais confiance à votre jugement. Mais je vous déconseille de rester seul.

— Je vais prévenir Adaro.

Bastien appela Thompson au sujet du coffre et ce dernier s’excusa encore avant d’aller retrouver son interlocuteur.

Pour prévenir Adaro, Eridan devrait retourner dans l’eau.

— Pas encore, protestai-je en le voyant amorcer un mouvement. Attends au moins d’avoir récupéré, de toute façon le bateau ne va nulle part pour l’instant.

Et pour lui prouver que je ne plaisantais pas, je repris place à ses côtés, mes jambes enroulées autour de sa taille.

— Et les limites dont tu parlais ?

— Il n’y a pas de limites lorsqu’il s’agit de ta santé.

— Hmm, peut-être qu’il faudra que je m’en souvienne.

Sa main glissa jusqu’à ma taille et il m’attira un peu plus près de lui. Qui de nous deux tenait l’autre dans ses bras ?

Eridan ferma les yeux, s’octroyant quelques minutes de repos. J’observai sa poitrine se soulever lentement, les traits de son visage détendus. Tout doucement, je posai ma joue sur son épaule. Il n’eut pas de réaction, pas de frémissement. Et heureusement, pas de commentaire.

Nous restâmes ainsi enlacés un long moment, alors que Thompson, Bastien et Tasha discutaient de leur trouvaille et de la manière dont ils allaient présenter l’épave une fois de retour sur terre.

Eridan se redressa et me fit un sourire d’excuse avant de se défaire de mon étreinte.

Il disparut de la surface pendant quelques minutes et je bénis l’écholocation qui lui permettait de communiquer sur de telles distances. Lorsqu’il revint vers moi, il m’assura qu’Adaro était proche. 

Je le regardai avec la crainte que sa blessure soit quelque chose de plus sérieux. Et s’il se retrouvait désorienté dans l’eau ? S’il perdait certaines de ses capacités ? Les créatures aquatiques qui ne pouvaient plus se nourrir mouraient.

Eridan s’agrippa au rebord. 

— Arrête d’avoir l’air aussi désolé, Carly.

— C’est moi qui t’ai demandé de venir pour cette expédition.

— Et c’est moi qui ai accepté.

Son argument ne me convainquait pas.

— Parlons d’autre chose, proposa-t-il. Quand puis-je passer cette journée avec toi ?

Je soupirai et finalement murmurai :

— Quand tu veux.

Ma réponse lui fit plaisir.

— Il me semble que vu ton emploi du temps, c’est plutôt à toi de me dire quand tu es disponible.

— Tu dois d’abord récupérer. Nous pouvons attendre…

— Trois jours suffiront, me contredit-il.

Je réfléchis. Ce moment coïnciderait avec la fin de la semaine. 

— Alors, le matin du quatrième jour, je serai libre.

 

OceanofPDF.com