L'effondrement (du monde) n'aura (probablement) pas lieu

Captation du carbone à la source

maîtrise de cette énergie 1. Les promoteurs d’ITER considèrent que la fusion nucléaire pourrait com-mencer à être commercialement exploitée entre 2050 et 2060 2. Ce qui constituerait une révolution énergétique sans précédent.

 

• Captation du carbone à la source

 

La troisième révolution énergétique est celle de la captation du carbone. Le potentiel de cette tech-nologie, aussi appelée CCS (Captation du carbone et stockage), pour décarboner est énorme. 60 % des émissions de CO2 d’origine anthropique pourraient être captées à la source. 40 % dans la production d’énergie et de chaleur (centrales, inci-nérateurs de déchets) et 20 % dans l’industrie (acier, ciment, raffineries).

Si les CCS sont un graal pour décarboner, ils sont aussi dans le même temps un graal… pour continuer d’exploiter les énergies fossiles ! C’est bien pour cela que les grandes compagnies gazières et pétrolières s’y mettent. Aujourd’hui, le think tank Global CCS Institute dénombre une tren-taine de sites industriels équipés de technologies CCS dans le monde et plus d’une centaine en

 

1. Annonce faite à la China Fusion Energy Conference du 25 novembre 2019

2. Audition de Bernard Bigot, directeur général d’ITER Organization, Commission des Affaires économiques du Sénat, 26 octobre 2021.

 

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projet 1. Plus de 260 millions de tonnes de CO

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ont déjà été injectées et stockées en couches géolo-giques 2. Northern Lights, le projet le plus complet avancé d’Europe, piloté par la Norvège, rassemble les industriels Equinor (compagnie pétrolière nor-végienne), Shell et Total pour stocker 800 000 tonnes de CO2 à partir de 2024 dans des gisements de pétrole et de gaz épuisés sous la mer du Nord.

Si la technologie existe, sa maturation va

prendre du temps. Maturation technique : pour injecter et stocker du CO2 en couches géologiques, il faut des sites adaptés. Le recensement de ces sites est en cours. Maturation économique : dans les centrales à charbon équipées en technologies CCS, celle de Petra Nova au Texas et celle de Boundary Dam au Canada, le procédé augmente le coût de production de l’énergie 3. Il faudra une bonne décennie à la technologie CCS pour devenir tech-niquement et économiquement viable. Raison pour laquelle elle ne pourra pas contribuer à atteindre les objectifs de court terme fixés par le GIEC (2030).

En revanche, tous les experts, GIEC en tête,

s’accordent aujourd’hui pour dire que les objectifs de décarbonation de plus long terme ne pourront

 

1. https://co2re.co/FacilityData

2. Ademe, Le Captage et stockage géologique du CO2 (CSC) en France, juillet 2020, p. 17.

3. Ibid., p. 20 et supra.

 

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jamais être atteints sans le captage et le stockage du CO2 à la source. D’ici à 2070, l’AIE estime que les technologies CCS pourraient contribuer à faire bais-ser les émissions anthropiques d’environ 15 % 1.

Couplé à l’exploitation de la bioénergie, le potentiel de la captation et du stockage du carbone est encore plus grand. Il s’agit de capter et de sto-cker le carbone issu de la combustion des végétaux, en premier lieu du bois. Ce que l’on appelle aussi la BECCS (pour Bio-Energy with Carbon Capture and Storage) est très soutenu par le GIEC. Car cette technologie va bien plus loin que le simple captage et stockage du CO2 issu de la combustion des énergies fossiles. En effet, capter et stocker le carbone issu de la combustion des végétaux revient à soustraire du carbone de l’atmosphère. Naturel-lement, les végétaux captent et stockent le CO2 atmosphérique. Lorsque ces végétaux sont brûlés, ils produisent de l’énergie et libèrent le carbone emmagasiné. Capter et stocker ce carbone revient donc bien à le retirer de l’atmosphère. Rien qu’en maintenant la part de la bioénergie constante dans le mix énergétique (10 %) et en effectuant le cap-tage et le stockage du CO2 qu’elle libère, les émis-sions anthropiques de GES baisseraient encore de 10 %. Ainsi, additionnées, CCS et BECCS com-pléteraient l’équation de la neutralité carbone au cours de la seconde moitié du siècle puisqu’elles

 

1. https://www.iea.org/reports/about-ccus

 

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