Les Jours meilleurs (Fiction) (French Edition)

Cecelia Ahern · Chapitre 15 sur 37

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Les Jours meilleurs (Fiction) (French Edition)

Chapitre 15

 

La sœur de Colin Maguire, Deirdre, posa devant lui une tasse de thé accompagnée d’un muffin à la myrtille, son préféré. Tout pour lui remonter le moral, même s’il était évident qu’il prenait du poids. Elle voulait juste le rendre heureux. Son pauvre petit frère en avait assez bavé comme ça, et à présent que sa femme et ses enfants avaient déménagé « pour faire un break », il avait besoin d’elle plus que jamais. Depuis le jour où tout avait commencé, il n’avait jamais manifesté aucune colère. Elle attendait que ça arrive, qu’il explose. Elle ne voulait pas être là le jour où ça arriverait, mais elle savait qu’il le faudrait. Il n’avait personne d’autre. Beaucoup de ceux qui le soutenaient levaient le pouce quand ils le croisaient dans la rue ou lui donnaient une tape dans le dos, mais ce n’était pas un vrai soutien.

— Merci, Dee, dit-il gentiment sans quitter la télévision des yeux.

— Avec plaisir. Tu es sûr que tu ne veux pas venir déjeuner avec nous ? C’est une chouette rôtisserie. Neil dit qu’ils retransmettent le match de foot sur grand écran. Il y aura les enfants et tu sais qu’ils t’adorent.

— Non. Mais merci, dit-il avec un faible sourire. Je le regarderai ici.

Deirdre se leva, s’étira et se posta devant la fenêtre.

— Elle est encore là.

Colin n’avait pas besoin de lui demander de qui elle parlait. Il jeta un coup d’œil par la fenêtre en direction du parc.

— Tu le savais déjà ? demanda sa sœur.

— Oui.

— Pourquoi tu ne m’as rien dit ?

— Parce que je ne suis pas d’humeur à te poursuivre pendant que tu traverses le square une poêle à la main.

— Une poêle ? Je trouverai beaucoup mieux, crois-moi, répliqua-t-elle, les mains sur les hanches, fulminante. Ça fait combien de fois ? Deux ? Trois ?

— Quatre, il me semble.

— Mais qu’est-ce qu’elle fait, bordel ?

Elle se rapprocha de la fenêtre pour mieux voir.

— Ne fais pas ça, Dee, elle va te voir.

— Mais je veux qu’elle me voie. Je ne sais pas ce qu’elle mijote, mais je te jure que je n’ai qu’une envie : lui éclater la tête.

— Dee, arrête.

Il parlait si gentiment qu’elle abandonna immédiatement son attitude belliqueuse. Il était comme leur père : incapable d’éprouver la moindre colère. Trop tendre, trop gentil, trop attentif aux problèmes des autres. C’était ce qui lui avait valu toutes ces emmerdes. Il aurait dû laisser partir cette stupide élève ce jour-là au lieu de chercher à la consoler. Elle avait tout interprété de travers, avait pris sa gentillesse pour autre chose, et il avait payé très cher l’embarras qui en avait découlé pour elle.

Elle soupira.

— Je ne sais pas comment tu fais, Colin. Si j’étais toi, je voudrais lui faire pis que pendre. Bon, je vais être en retard si je ne m’en vais pas tout de suite. Si tu changes d’avis pour le déjeuner, dis-le-moi. On y sera vers 14 heures, d’accord ?

Elle déposa un baiser sur le sommet de son crâne et s’en fut. Colin vérifia que sa sœur était bien partie : il avait peur qu’elle n’agresse la journaliste. Une fois la maison rendue au silence auquel il s’était habitué depuis que Simone avait dit qu’elle avait besoin de temps pour réfléchir à leur avenir, il sortit le journal de sa cachette sous les coussins du canapé et le posa sur la table basse devant lui. Il contempla le visage souriant de Katherine Logan à la une, puis celui qu’elle avait en quittant le tribunal avant de relire l’article.

Quand il regarda de nouveau par la fenêtre, elle avait disparu.

 

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