Les Jours meilleurs (Fiction) (French Edition)
Chapitre 32
— J’espère pour vous que ça en vaut la peine, Archie. J’ai un article à écrire, vous vous souvenez ? demanda Kitty tandis qu’ils se retrouvaient devant le Brick Alley le dimanche matin suivant.
Il l’avait appelée tard dans la soirée, la veille. Ils étaient tous rentrés chez eux et avaient eu une journée pour digérer tout ce qui s’était passé. Steve avait fini par quitter l’appartement de Kitty pour lui permettre d’écrire son article, et c’est alors qu’Archie lui avait téléphoné pour demander à la voir de toute urgence. Elle ne savait pas ce qu’il voulait, mais elle s’attendait à tout.
— Ça en vaut la peine, croyez-moi, affirma-t-il en souriant.
— Où est Regina ?
— On est dimanche matin. D’après vous ?
— Ah, à l’église. Et vous ne voulez pas y aller ?
Il secoua la tête.
— Vous ne voulez plus aider les gens ?
— Si. J’ai décidé d’en aider certains. C’est pour ça que je vous ai appelée.
— Moi ? Mais je ne prie pas, répliqua-t-elle avec un rire nerveux.
— Je n’en suis pas si sûr, Kitty. J’ai entendu quelque chose de très clair.
Kitty déglutit en se demandant ce qui allait suivre.
— Il y a quelqu’un à l’intérieur qui voudrait vous parler, annonça-t-il en pivotant vers la porte du café.
— Qui ?
Son cœur se mit à battre la chamade.
— Regardez.
Elle jeta un coup d’œil à travers la vitrine. Un homme lui tournait le dos, assis sur le tabouret face au panneau portant l’inscription : « Chaque table a une histoire à raconter. » Instinctivement, comme s’il sentait leurs regards, il pivota.
Colin Maguire.
— Archie, murmura-t-elle, terrifiée. Qu’est-ce que vous avez fait ?
— Vous voulez qu’il vous pardonne, pas vrai ? demanda-t-il gentiment.
Elle hocha la tête.
— Je l’ai contacté hier. Il était content que je l’appelle, il m’a dit qu’il voulait vous parler, lui aussi.
— Oui, comme ça, il pourra me tuer, affirma-t-elle d’une voix tremblante.
— Non. Je pense qu’il veut tourner la page, lui aussi. Allez-y, Kitty. Vous n’avez rien à perdre.
Kitty ne savait pas si elle devait le frapper ou le remercier, mais une chose était certaine : il avait fait ça par pure gentillesse.
Elle poussa la porte et entra dans le café. Colin Maguire se leva et lui fit face.
Elle se dirigea vers lui en espérant, presque en priant, qu’il lui pardonne.
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