Les Jours meilleurs (Fiction) (French Edition)
Chapitre 22
Après avoir passé quelques heures en compagnie de Bob et des bouteilles de vin de Constance, Kitty se sentit plus détendue à la perspective de monter voir Pete. Elle avait enfin le plan de l’article et elle allait pouvoir lui expliquer comment elle comptait se concentrer sur les gens qu’elle avait déjà rencontrés et eux seuls. Cette partie-là était l’idée de Bob. Il l’avait aidée à comprendre que, même si elle avait enfin compris quel était le lien entre les noms, elle n’avait pas besoin des quatre-vingt-quatorze autres pour en arriver à la même conclusion. Ils n’avaient tout simplement pas le temps de faire tout ce que Constance avait planifié pour eux. Et elle avait vraiment réussi cette fois : elle avait imaginé quelque chose de majestueux et merveilleux, imprégné de ses leçons, ce qui avait à la fois enthousiasmé et ému Kitty. C’était presque comme si c’était le message d’adieu de Constance, ses dernières paroles d’outre-tombe, des paroles parfaites.
Kitty n’était pas spécialement nerveuse à l’idée de présenter son pitch à Pete, parce qu’elle savait que Bob la soutenait et que leur relation avait beaucoup évolué ces derniers jours. Elle sourit, des papillons plein le ventre comme une collégienne. Elle eut soudain conscience de son apparence, de ses joues rougies par le vin, de son jean, de son chemisier, des ballerines qu’elle portait depuis le matin. Aurait-elle dû se changer ? Elle se brossa les cheveux et chercha du rouge à lèvres et de la poudre dans son sac. La porte du magazine s’ouvrit et deux femmes de ménage en sortirent, leur tâche achevée.
— Vous voulez bien me tenir la porte ? cria Kitty en rangeant son maquillage.
Elle monta les marches quatre à quatre et pénétra dans les bureaux. Pas un bruit. Personne ne travaillait tard, sauf Pete, qui comme d’habitude portait le plus gros des responsabilités. Il n’avait pas de petite amie, mais elle pouvait très bien imaginer la frustration de l’attendre à 22 heures. Elle vérifia son reflet dans le miroir de l’accueil, fit bouffer ses cheveux, ouvrit un autre bouton de son chemisier puis repassa l’histoire dans sa tête en se demandant comment la lui vendre au mieux.
Elle entendit des meubles bouger dans le bureau de Constance et elle se dirigea vers lui. Elle était sur le point de s’annoncer quand elle entendit une femme rire. Puis soupirer. Elle regarda autour d’elle. Y avait-il quelqu’un d’autre dans le bureau ? Tout était étrangement silencieux. Puis elle eut un pressentiment et envisagea de tourner les talons et partir. Mais ce n’était pas dans sa nature de ne pas tirer quelque chose au clair, aussi poursuivit-elle son chemin. Le bruit de meuble continuait, comme si on faisait bouger une chaise d’avant en arrière. Elle ne frappa pas. Elle devinait que, si elle frappait, elle raterait ce qu’elle savait déjà. Elle ouvrit la porte et se retrouva face à face avec Cheryl, sa jupe grise remontée jusqu’au nombril, les jambes autour de l’homme contre lequel elle se frottait. Des mains caressaient son dos, ses cuisses, ses fesses, la pinçant, la pressant, si peu romantiques et tellement maladroites que Kitty s’adossa à l’encadrement en fronçant le nez. Ce n’était pas les mains d’un expert.
Elle entendit leurs baisers mouillés entrecoupés de soupirs, et lorsque son rédacteur en chef expliqua d’une voix rauque de désir à sa rédactrice adjointe ce qu’il comptait lui faire sur un ton plutôt vicieux, elle sentit que c’était le bon moment pour manifester sa présence par un toussotement. Cheryl bondit si haut sur la table que Kitty se demanda si on pouvait parler de premier vol humain.
— Bon sang, Kitty !
Cheryl rabattit sa jupe sur ses cuisses puis tenta de reboutonner son chemisier d’une main si tremblante qu’elle abandonna et se contenta de refermer les pans du vêtement et de croiser les bras.
— On était juste, j’étais juste…
— Sur le point de te faire sauter par ton patron, fit Kitty. Je sais. Désolée de vous interrompre. On dirait bien que Pete avait un plan sympa pour vous deux, mais je suis passée, sur son invitation, pour partager ma découverte capitale avec lui. Mais ce n’est pas le bon moment, apparemment.
Elle posa les yeux sur Pete, bouleversée. Elle savait qu’elle n’avait aucune raison de réagir comme ça mais elle se sentait trahie. Ça ne faisait que quelques jours qu’ils flirtaient, et cela avait eu du sens pour elle, surtout après sa nuit désastreuse avec Richie. Sa vie sentimentale était au plus mal, elle se sentait victimisée alors qu’en réalité elle n’avait à s’en prendre qu’à elle-même pour ses mauvais choix en hommes. Mais elle n’était pas encore prête à ça. Là, elle allait s’apitoyer sur son sort parce qu’il la regardait avec une expression désolée. Elle comprit alors qu’elle avait raison de se sentir trahie parce qu’il se comportait comme s’il venait de la tromper.
Pete n’avait pas bougé d’un pouce depuis que Kitty les avait surpris. Il était debout devant son bureau, les cheveux en désordre, et il la dévisageait, hésitant, incertain et angoissé à l’idée de ce qu’elle allait faire ensuite. Il avait au moins la décence de paraître honteux.
Cheryl sentit qu’il se passait quelque chose, elle aussi, parce qu’elle les regarda tour à tour, perplexe.
— Qu’est-ce qui se passe ?
Elle serrait les pans de son chemisier si fort que ses jointures avaient blanchi.
— Rien, répliqua Kitty dont la voix, hélas, ne dépassa pas le murmure. (Elle toussota et articula bien fort.) Absolument rien.
Sur ce, elle quitta le bureau.
Elle se sentait un peu humiliée et trahie, mais, sur un plan strictement professionnel, elle était au contraire en pleine possession de ses moyens parce qu’elle devinait que ce que pensait Pete de son article n’avait plus aucune importance. Elle l’écrirait comme elle voudrait et comme elle pensait que Constance l’aurait voulu. Pete pouvait lui opposer sa mauvaise humeur, son autoritarisme ou ses menaces, elle n’en changerait pas une ligne. C’était exactement ce dont elle avait besoin. Elle avait manqué de confiance, elle en avait à présent à revendre. La balle était dans son camp et l’histoire était la sienne. Elle se dépêcha de se rendre à Fairview pour voir Archie et découvrit en y arrivant à 22 heures que ce n’était pas l’idée du siècle. Tant pis, elle avait une mission à accomplir. Elle dépassa en courant les gamins qui lui barraient le chemin et monta à toute allure les quatre étages qui menaient à l’appartement d’Archie. Elle tambourina à la porte en se dandinant d’un pied sur l’autre. Elle voulait en finir tout de suite, sans attendre un jour de plus. Elle s’éclaircit la voix. Elle entendit quelqu’un faire de même, et quand elle pivota sur sa droite, elle vit le garçon de la dernière fois, assis sur son ballon de basket.
— Salut, fit-elle.
— Salut, répéta-t-il en l’imitant.
— Il est là ?
— Il est là ?
Elle leva les yeux au ciel. Lui aussi.
Elle s’éloigna de la porte et redescendit les marches en courant, retraversa la foule d’enfants qui la hua et courut jusqu’au fish and chips. On était lundi soir et il y avait foule. Elle aperçut Archie en train de préparer des hamburgers derrière le comptoir.
— Archie, fit-elle en jouant des coudes pour s’approcher de lui.
Il pivota et lui adressa son éternel sourire amusé, comme s’il se divertissait à ses dépens.
— Vous devez faire la queue, affirma-t-il en revenant à ses burgers.
— Je ne suis pas là pour manger, je veux juste vous parler.
Elle essayait de ne pas hausser la voix, mais même avec la radio allumée, il était impossible de ne pas être entendue. Le collègue d’Archie lui lança un regard noir. Archie était clairement contrarié. Elle était en train de lui attirer des ennuis.
— OK, dit-elle en reculant. Des frites, s’il vous plaît.
Son collègue hocha la tête et plongea un panier de frites dans l’huile bouillante. Son estomac gronda.
— Et un cheeseburger, ajouta-t-elle.
Archie rajouta un steak sur son gril.
Vingt minutes plus tard, elle était à la caisse. Archie la servit en personne.
— J’ai pensé à vous toute la journée, dit-elle, de nouveau tout excitée.
— Je fais cet effet-là à toutes les femmes, rétorqua-t-il en inondant ses frites de sel et de vinaigre.
— Vous devez l’aider.
Il leva enfin les yeux vers elle et croisa son regard.
— La femme dans le café. Vous devez lui parler. Peut-être êtes-vous censé l’aider. Peut-être est-ce justement pour ça que tout ça vous arrive.
Archie jeta un coup d’œil anxieux aux autres clients. Il espérait que personne n’écoutait.
— Cinq quatre-vingts.
Elle prit son temps pour rassembler sa monnaie.
— Retrouvez-moi au café demain matin. Elle sera là, pas vrai ?
Il redressa le menton tout en réfléchissant, puis il acquiesça.
— D’accord.
Elle s’éloigna du comptoir et ouvrit la porte.
— Vous pensez que ça s’arrêtera alors ? lui lança-t-il.
— Est-ce que c’est ce que vous voulez ?
Elle le laissa méditer sa question et rentra chez elle dans la nuit fraîche, salivant à la perspective du festin de frites qui l’attendait. En repassant devant l’immeuble d’Archie, elle aperçut un garçon sur un vélo familier. Elle s’arrêta et vérifia autour d’elle qu’il n’avait pas de renfort dans les parages. Les gamins qui traînaient dans le coin un peu plus tôt avaient disparu, ailleurs, chez eux ou dans la pénombre.
— Eh, dit-elle.
— Eh, l’imita une voix quatre étages plus haut.
Le garçon et elle levèrent les yeux de concert vers la voix avant de se regarder.
— C’est mon vélo, dit-elle.
— C’est mon vélo.
Le garçon monta sur le trottoir et pédala autour d’elle. Il n’avait guère plus de treize ans et pourtant il l’intimidait.
— S’il est à vous, comment ça se fait que je l’aie ?
— Parce que tu l’as volé.
— J’ai rien volé.
Il continuait à lui tourner autour.
— Je l’avais accroché à la rambarde vendredi dernier. Quelqu’un l’a pris.
Aussitôt que les mots franchirent ses lèvres, ils furent immédiatement répétés par le garçon aux taches de rousseur assis sur le ballon de basket. Il parlait en même temps qu’elle et elle avait du mal à se concentrer sur ce qu’elle disait.
— Le cadenas devait être pourri.
— Oui.
— Oui.
Il descendit du trottoir, se leva sur les pédales et freina brutalement : la roue arrière se souleva. Il fit d’autres acrobaties au beau milieu de la route.
— Vous voulez le récupérer ?
— Évidemment. Oui.
Elle entendit : « Évidemment. Oui. »
Il s’arrêta net et sauta à bas de la bicyclette. Il se tenait à quelques mètres d’elle, le vélo à bout de bras.
— Il suffisait de demander.
Elle regarda autour d’elle, persuadée qu’il y avait un piège et que sa bande était prête à lui sauter à la gorge.
Elle s’approcha lentement de lui, son hamburger et ses frites à la main, à la lumière orangée du lampadaire. Elle atteignit sa bicyclette et attendit qu’il se passe quelque chose. En vain. Elle s’empara du guidon et le garçon s’éloigna.
— Merci, fit-elle, et elle entendit de la surprise dans sa propre voix.
— Merci, répéta l’écho condescendant.
Il suffisait de demander.
Kitty était sur le point d’enfourcher son vélo lorsqu’elle éprouva le désir puissant de faire quelque chose.
— Eh ! s’écria-t-elle.
— Eh ! répéta la voix.
— Toi là-haut sur le ballon de basket ! (Pas de réponse, mais une petite tête apparut par-dessus le muret.) Tu veux jouer ?
Il ne répéta pas ce qu’elle venait de dire. Il disparut et elle entendit le bruit de ses pas dans l’escalier. Sur le terrain de basket derrière la cité, Kitty retrouva sa jeunesse tandis que le jeune garçon et elle jouaient dans l’obscurité sans prononcer un seul mot.
Lorsqu’elle revint chez elle, elle était tellement concentrée pour monter les marches avec son vélo qu’elle fut effrayée lorsqu’une silhouette surgit dans son champ de vision.
— Merde.
Elle lâcha sa bicyclette, pensant avoir affaire aux partisans de Colin Maguire venus lui mettre une raclée. Elle aurait certainement préféré, parce que face à elle se tenait Richie, le journaliste maléfique. Elle aurait bien aimé le gifler, mais son œil à moitié fermé et violet ressemblait déjà à une prune pourrie et il avait la lèvre éclatée. Elle ne savait pas quoi dire. Elle ne retrouvait aucun des commentaires sarcastiques qu’elle avait préparés.
— Qu’est-ce qui t’est arrivé ?
— Comme si tu ne le savais pas, répliqua-t-il sèchement. Rends-moi ma veste et je me casse.
Son sang ne fit qu’un tour.
— Pardon ?
— Ma veste. Je suis venu la chercher. Le mec en bas m’a dit que c’était toi qui l’avais.
— Ta veste, répéta-t-elle. Et des excuses, non ? Salut, Kitty, je suis désolé ? Je te demande pardon de m’être comporté comme une saloperie d’ordure de connard de menteur ?
Elle n’essaya pas de contrôler sa rage et la laissa se déverser.
— Ah, ça va, pas la peine de monter sur tes grands chevaux, dit-il en levant les mains. Tu connais les règles du jeu. On m’a envoyé te soutirer une histoire et j’ai fait mon boulot, c’est tout.
— Tu as fait ton boulot ? Et coucher avec moi, ça faisait aussi partie du boulot ?
Elle s’était rapprochée de lui, les mains sur les hanches, et elle était si près de lui qu’elle lui postillonnait dessus. Il eut l’audace de paraître embarrassé.
— Écoute, ce n’était, ce n’était… j’avais trop bu. Ça n’aurait pas dû se produire.
Elle n’en croyait pas ses oreilles. Elle avait répété cette conversation en boucle un millier de fois dans sa tête, elle avait imaginé comment elle se déroulerait. Elle aurait été en colère, mais si éloquente dans ses insultes qu’elle aurait permis à Richie d’avoir une révélation : il aurait baissé la tête, tellement dégoûté par son comportement qu’il aurait dû se faire violence pour formuler des excuses. Mais voilà que, dans la réalité, elle écoutait quelqu’un qui était incapable de s’excuser et que, une fois poussé dans ses retranchements, la seule chose qu’il regrettait, c’était d’avoir couché avec elle. Or le sexe avait été la seule chose à peu près convenable qui soit arrivée cette nuit-là. Elle était tellement furieuse qu’elle se mit à trembler de tout son corps. Elle ne voulait surtout pas pleurer. Pas question de montrer à cette petite merde insensible à quel point elle était blessée. Elle se creusa les méninges pour trouver une réplique cinglante, consciente que le temps s’écoulait tandis qu’elle contemplait son visage abîmé. Elle se rendit soudain compte qu’il parlait.
— Mais ce n’était pas une raison pour m’envoyer ton garde du corps. C’était ridicule, Kitty. Tu as de la chance que je ne porte pas plainte ou que je ne crie pas sur tous les toits que tout ça est ta faute, parce que sinon tu aurais des ennuis, crois-moi.
— Garde du corps ? Mais qu’est-ce que tu racontes, bordel ? Je ne t’ai « envoyé » personne. J’aurais été ravie de te faire ça moi-même, alors tu peux arrêter de m’accuser et commencer à penser à tous les gens que tu as insulté en faisant ton sale job de merde.
Il sourit. Sa lèvre fraîchement fendue se rouvrit et du sang se mit à couler. Il arrêta immédiatement.
— Alors, d’abord, mon sale job de merde, comme tu dis, est le même que le tien, donc on est dans le même bateau, Kitty Logan. Et ensuite, garde du corps ou petit ami, je ne sais pas, mais est-ce que la nuit qu’on a passée ensemble t’a causé des ennuis, Kitty ? demanda-t-il, suffisant. La dernière fois que j’ai irrité Steve Jackson, c’est quand j’ai accidentellement renversé sa pinte de bière sur toi au bar de la fac, alors je peux t’assurer que je sais exactement qui m’a cassé la gueule et pourquoi.
— Steve ? C’est Steve qui t’a fait ça ?
— Tu vas prétendre que tu ne le savais pas ? Comme tu as fait sur Trente minutes ? Je n’ai pas de temps à perdre, donne-moi ma veste.
Kitty avait envie de lui coller son poing dans la figure, ce qui lui aurait valu un deuxième œil au beurre noir, mais elle était tellement abasourdie par son attitude et par ce qu’avait fait Steve qu’elle se contenta de déverrouiller sa porte et de récupérer sa veste sur le canapé où elle l’avait balancée. Elle la lui tendit.
— Ne reviens plus jamais, lança-t-elle fermement.
Il lui lança un regard amusé et se coula dans l’escalier.
— Attends. (Il s’arrêta et remonta.) Où est ma clé USB ?
— Quelle clé USB ?
— Elle était dans ma poche. C’est pour ça que je suis là. Il y a mon roman dessus.
Il se mit à fouiller ses poches avec frénésie, comme un collégien paniqué.
— Je n’ai pas ta clé USB. Tu devrais demander aux employés du pressing. Ils l’ont peut-être noyée dans la vapeur.
Il eut l’air sincèrement affolé.
— Non, mais, sérieux, tu ne l’as pas ? Je n’ai qu’une seule sauvegarde.
— Tu aurais dû faire des copies.
Elle croisa les bras, ravie de le voir souffrir.
— C’était mon back-up, mon ordi a planté… Merde ! Kitty, est-ce que tu l’as ? demanda-t-il, désespéré. Sérieusement ?
— Non, répondit-elle sèchement, de nouveau en proie à la colère. Je n’ai pas ton roman à la con et je n’en veux pas. Ne t’approche plus jamais de moi ou j’appelle les flics.
Sur ce, elle lui claqua la porte au nez.
Elle s’assit à la table de la cuisine, la tête entre les mains, inspira et expira lentement en se repassant la conversation tellement de fois qu’elle eut envie d’ouvrir la porte et de le défier de nouveau, mieux cette fois.
Elle finit par avoir une illumination. Elle se dirigea vers le canapé où elle avait jeté la veste avant de partir chez Sally et se mit à chercher partout, sur le sol, sous le meuble puis sous les coussins. Sa main finit par trouver quelque chose. Elle souleva le coussin et éclata de rire en voyant la clé USB de Richie.
— L’heure de la vengeance a sonné.
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